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jeudi 23 juin 2011

Des disques volants nazis aux Ovnis militaires Partie 1 : Le dessous des cartes

Dans le monde ufologique, la question d'une possible origine humaine des OVNIS (ou de certains d'entre eux), de ces disques (ou triangles) volants aux performances incroyables a taraudé une partie assez marginale des enquêteurs et des spécialistes en ufologie, et à l'occasion, certains chercheurs et historiens en aéronautiques à l'esprit plus ouvert. Car il faut dire que le dossier est chaotique, complexe, rachitique en matière de preuves matérielles incontestables et qu'il a surtout des relents nauséabonds. C'est devenu -on le comprend aisément- un sujet "politiquement incorrect" parce que récupéré par la frange "ésotérico-scientifico-historique" de l'extrême droite. Pour certains enquêteurs, cette affaire d'Ovnis nazis ne serait qu'une grossière fabrication historique destinée à de bien sombres buts. Le mythe des Ovnis Nazis ferait vendre au grand public des millions d'exemplaires de livres plus ou moins bien ficelés, aux relents pro-nazi dont les bénéfices permettraient de financer la diffusion d'une littérature encore plus indigeste: le révisionnisme et la négation de l'holocauste. Tout ceci serait donc l'œuvre de faussaires plus ou moins doués. Malgré un malaise évident, malgré la certitude que certains des "auteurs" de ces articles et livres sur les Ovnis nazis flirtent avec l'extrême droite, il est ardu de départager les deux camps; celui des sceptiques et celui des croyants car l'un et l'autre n'amènent aucune preuve matérielle incontestable permettant d'emporter une fois pour toute le morceau. A notre sens, il ne suffit pas de dire qu'une chose a l'air absurde pour qu'elle le soit effectivement. Encore faut-il amener des éléments matériels solides. Nous ne pouvons également nous empêcher de penser que peut-être, tout ne mérite pas d'être jeté dans les poubelles de l'histoire sous prétexte de dérapages idéologiques fumeux qui pourraient se révéler être la meilleure couverture possible contre les esprits trop fouineurs. 

Ovnis nazis : croyants versus sceptiques 


Avant de rentrer dans le vif du sujet, un mot d'abord sur la disponibilité des informations sur le sujet des Ovnis nazis. Autant dire que la recherche d'informations de « première main » est très difficile voire impossible et c'est sans doute le sujet ufologique le plus rétif à l'analyse et qui nous a donné très curieusement le plus de difficultés. Certes, sur le Web, si vous tapez « Ovnis nazis » ou « Nazi Ufo » dans un moteur de recherche, vous trouverez pléthore de sites et d'informations mais qui sont presque tous du même tonneau, à savoir une approche conspirationniste du problème dans le registre « fantastique » et sans références précises, sans grand recul ni discernement. Ce qui est étrange, c'est que la majorité des personnes « croyantes » qui ont écrit sur le sujet ont toutes adopté un même canevas, se copiant et se créditant les unes les autres à propos d'une même présentation de l'affaire que l'on sait pourtant être douteuse. Douteuse parce que les témoignages des très rares protagonistes de cette époque sont quasi inexistants ou d'origine très contestée. Des propos et des histoires sur le mode du « c'est à prendre ou à laisser », des anecdotes qui nous contraignent soit à un acte de foi aveugle, soit à un rejet prudent, cynique et parfois tout aussi aveugle. Tous le savent et pourtant, ces auteurs continuent à présenter certains faits tout à fait invérifiables comme étant d'incontournables vérités historiques (l'existence des Vrils, des Haunebu, les vols d'essai de certains prototypes et leur performance supposée, la biographie de certains des inventeurs nazis, les bases nazies en Antarctique etc.). Lorsque l'on tente de rentrer en contact avec ces auteurs croyants et enthousiastes, ils se montrent aussi intarissables qu'aimables. Comme par exemple Peter Moon , alias Vince Barbarik de la bande du Montauk Project, d'une part absolument affable, serviable et passionné et croyant totalement en son propos ; d'autre part décrié, critiqué et dont l'honnêteté et la véracité des enquêtes ont été mises en doute à de nombreuses reprises. L'homme est entre autre chose l'auteur d'un livre « The Black Sun » (éditions Sky Books) traitant du nazisme sur un mode ésotérique et occulte mais aussi des relations des idéologues du 3ième Reich avec une secte tibétaine, avec des sociétés secrètes avec en toile de fond l'usage de technologies exotiques, notamment les soucoupes volantes. Il nous a accordé un entretien téléphonique sans aucune réticence. 


Par contre, les détracteurs et les sceptiques sont très curieusement soit très réticents à répondre à nos questions, soit font carrément mine de vous ignorer pour des raisons qui m'échappent à ce jour. Comme par exemple, le chercheur hollandais Théo Paijmans , auteur d'une enquête sur le sujet (surtout sur l'affaire Vril) et apparemment unanimement appréciée par le « clan » des sceptiques et à qui j'ai envoyé de nombreuses demandes d'interviews, me recommandant de personnes qui lui sont proches. Le mystérieux hollandais terre à terre ne nous a même pas envoyé un accusé de réception ou un simple refus… Peut-être, en guise d'explication partielle à cette apparente mauvaise volonté, je vous renvoie aux propos de Kevin Mc Lure , un sceptique assez consciencieux qui a la vision la plus pénétrante de l'affaire en affirmant que ce domaine de l'ufologie est très chaud et qu'il est très inconfortable, voir périlleux de se trouver dans le camp des sceptiques. L'attitude très frileuse de Nick Cook par exemple quant à ma demande d'interview est sans doute également très révélatrice. Pour rappel, Nick Cook est un consultant très apprécié en aérospatiale et en aéronautique pour la vénérable et très sérieuse institution qu'est le « Jane's Defence Weekly », média on ne peut plus respecté en matière d'aérospatial, de renseignements, de défense nationale, de sécurité et d'armements. Après un premier échange très civil de courriels, Nick Cook, que j'avais mis au courant de mes intentions de parler des Ovnis nazis, du conspirationnisme version « lunatic fringe » incarné par des gens comme Icke , van Helsing , Branton etc… et du fait qu'une frange très particulière l'extrême droite (spécialisée en littérature révisionniste du genre Ernst Zündel ) se délecte du sujet, Nick Cook donc s'est subitement ravisé pour m'affirmer : «  Comme vous le savez de par mon livre, je me suis expliqué très longuement à propos des affirmations folles émanant des gens que vous mentionnez dans vos questions (van Helsing, Icke etc…) et par conséquent, je suis en quelque sorte très peu enclin à me voir impliqué dans ce débat même si je peux voir que votre article sera rédigé pour toutes les bonnes raisons… J'espère donc que vous allez me pardonner de décliner de répondre à votre demande d'interview à cette occasion  ». Signe incontestable d'un malaise et sans doute d'un ras-le-bol du seul « consultant » professionnel en aérospatial qui se soit exprimé sur le sujet dans son livre « the Hunt for Zero Point », ouvrage qui a été très critiqué aussi bien par les sceptiques sans doute déçus de la position et les conclusions de Cook que par les « croyants » qui ne retrouvaient pas dans l'ouvrage les histoires relatives aux Vril , Haunebu et aux bases nazies en Antarctique. 


Fantasmes douteux 


Depuis que des indices ont été rassemblés avec plus ou moins de rigueur par certains chercheurs pour asseoir l'hypothèse selon laquelle les Nazis, plus particulièrement un cartel militaro-industriel très organisé et compartimenté mis en place par la SS aurait développé des programmes de recherches dans le domaine des disques volants et de toute une série d'armes exotiques, on constate que la couverture "médiatique" de ce sujet sent subitement le souffre. Et ce, de façon tout à fait compréhensible puisque de nombreuses histoires aux allures rocambolesques, ésotériques et bien sombres ont été récupérées et sans doute brodées par l'extrême droite conspirationniste afin de conférer à Hitler et à son ordre noir une aura de magie et d'invincibilité, une sorte de légitimité quasi divine et un parfum d'éternité. Grâce à la perpétuation de certains mythes (une réalité pour certains!) comme celui de la fuite d'Hitler en Antarctique vers un nouvel Eden abritant les secrets de l'invulnérable race Aryenne alliée à une civilisation intra terrestre très en avance sur nous, pauvres terriens mortels, on réactualise l'idéologie et la science nazie. Ou par exemple encore, l'hypothèse de la terre creuse, une vision typiquement germanique de la cosmogonie, installant une sorte de paradis sur terre ou plutôt à l'intérieur de la terre, le centre de la planète étant constitué par un cœur en fusion qui fait office de soleil et les continents intérieurs étant "collés" sur la surface interne, concave de notre bonne vieille croûte terrestre. Les tenants contemporains de cette thèse affirment que les photos satellites des pôles sont en fait maquillées afin de ne pas révéler au grand public l'existence de trous, de véritables gouffres permettant de passer de la surface extérieure de la terre vers ce mystérieux monde intérieur. Et pour mieux nous faire avaler cette histoire, on nous parle d'anomalies climatiques aux Pôles, de découvertes d'éléments de faunes et de flores que l'on ne trouve pas sous ces latitudes mais plutôt sous des climats tempérés ou encore d'observation d'animaux fabuleux aujourd'hui disparus comme les mammouths. Des tas de choses invérifiables qui sont en totale contradiction avec les récits et observations des très nombreux explorateurs, randonneurs, skippers, fanatiques de traîneaux tirés des attelages de chiens etc. A moins qu'ils ne fassent eux aussi partie d'une conspiration. Mais bon, le problème n'est pas tellement que ces thèses existent, - après tout, pourquoi pas (voir à ce sujet la mystérieuse expédition de l'Amiral Byrd en 1947 dont on peut trouver des traces fugaces à la bibliothèque du Congrès US mais dont le but a été interprété par certains et l'histoire, réécrite sans preuves!) - mais bien qu'on nous les assène comme des faits, des évidences en nous affirmant que les preuves innombrables existent mais qu'elles ne sont pas vraiment disponibles pour deux raisons: d'abord parce que personne (sauf des milieux très autorisés) n'y croit (et donc, qu'on ne financera jamais des recherches officielles) et qu'ensuite, le gouvernement américain ainsi que ceux de certaines autres nations ayant autorité sur des parties de l'Antarctique et de l'Arctique se seraient arrangés pour occulter ou censurer lesdites preuves. Et puis surtout, le plus gênant est que cette thèse n'est que le prolongement des recherches menées par des gens comme Hans Horbiger et ses disciples, un véritable exalté raciste et colérique qui a enflammé l'imagination de Hitler et de certains de ses proches et qui aurait par la suite orienté toute la recherche scientifique nazie. Et dans l'esprit de Horbiger, créateur de la stupéfiante théorie de la glace éternelle (théorie sur les cycles climatiques de la terre et de l'influence de la lune), la terre ainsi que toutes les autres planètes ne peuvent qu'être creuses. Pour Horbiger et consort, la terre est une sorte de dynamo qui agit en interaction avec d'autres dynamo, les sociétés humaines pour autant qu'elles soient correctement dirigées et composées de races pures aryennes. Il convient de savoir profiter des cycles de la terre, cycles qui favoriseraient la croissance des civilisations vers la grandeur dans tous les sens du terme (à cause de la gravité et de l'influence de l'attraction entre lune et terre qui auraient permis la création de races de géants). On a vu où ce genre de théorie pouvait mener. Et surtout, on voit très précisément que la résurrection de ces thèses -qui méritent certes d'être examinées mais sans adjonction idéologique ou ésotérique- profite à certains groupements idéologiques ou sectaires et permet de perpétuer au cœur du public l'image d'un Reich magique et éternel. Dans le même ordre d'idées, les disques volants nazis et la façon dont ils ont été présentés sur le Web et dans certains ouvrages prolongent également cette idée pernicieuse d'une supériorité magique, quasi de droit divin ou de droit extraterrestre dont les nazis seraient les héritiers. Un parfum douteux qui fait fuir tous les ufologues raisonnables et qui, dans l'hypothèse d'une dissimulation, se révèle être un merveilleux repoussoir. 


Ovnis nazis et révisionnisme historique 


Pour les gens du Fortean Magazine - un groupe de recherche assez pointu et incisif en paranormal que l'on trouve sur le Web-, l'affaire des Ovnis construit par la SS n'est qu'une vaste blague (ils ne sont pas les seuls à penser cela), une fraude grossière qui s'est développée chronologiquement en 3 phases temporelles successives et dont le but principal était double: atteindre le grand public avec un sujet qui rendrait les nazis "attirants", ce qui permettrait de faire passer l'air de ne pas y toucher certaines idées qui, dans un autre contexte seraient totalement "invendables", des idées révisionnistes à propos d'une supériorité scientifique, technologique, quasi magique du nazisme, des SS et du 3ième Reich. Pour illustrer ce fait, un des chercheurs du Fortean a repris les propos proférés par le très prolifique et actif Ernst Zündel , l'un de ces auteurs qui a pondu quantité de textes sur les disques nazis, qui possède son propre site Internet (The Zundelsite), son organisation (Samisdat Antarctik Expedition) et qui se serait exprimé tant à la radio que dans ses publications en ces termes: " Je réalise que j'ai découvert un outil médiatique extrêmement puissant avec ce sujet (ndr: les soucoupes nazies) qui pouvait m'amener à apparaître à de multiples reprises dans des shows télé et radio afin d'exposer à de larges audiences d'autres sujets plus "politiquement incorrects"...J'ai ainsi pu glisser de plus en plus d'allusions sur le "révisionnisme historique".... J'ai aussi parlé des procédures de désinfection utilisées pour protéger les travailleurs de valeur employés dans les usines de Dora-Mittelwerke qui fabriquaient les fusées... J'ai pu faire mention des installations médicales dans les camps de concentration, le nombre de calories dans les repas servis aux détenus etc...Mes livres sur les Ovnis eux-mêmes comportent de nombreux messages très importants politiquement mais qui dans un autre contexte seraient impossibles à exprimer comme le programme du parti national-socialiste, les analyses de Hitler sur la question juive... Avec toute cela, j'ai pu amasser un bon paquet d'argent! L'argent que j'ai récolté grâce aux livres sur les Ovnis, je l'ai réinvesti dans la publication d'opuscules sur "le mensonge d'Auschwitz", le petit livre du Dr Austin App sur "l'escroquerie des 6 millions de morts et un regard honnête sur le 3ième Reich" et aussi, plus tard, dans un autre livre écrit par Richard Harwood : "est-ce 6 millions (de juifs) sont-ils vraiment morts.("Did 6 million really dies").?. ". Voilà des phrases qui, si elles ont été vraiment proférées par Zündel, ont le triste mérite d'être directes et qui nous en apprennent beaucoup sur les intentions du personnage: lorsque la construction d'un mythe ufologique sert à financer la propagation d'un autre mythe, une vicieuse campagne révisionniste bien épaisse et haineuse. Et comme dit l'auteur de l'article du Fortean: " les fictions de Zündel à propos des Ovnis nazis ont pu financer la distribution du matériel révisionniste à travers le monde de façon tout à fait substantielle ". Et de conclure que Zündel doit être aussi peu crédible dans sa perception de l'holocauste et du 3ième Reich que dans sa vision du programme nazi en matière de disques volants. Voilà qui donne à réfléchir. Malheureusement, pour en revenir à l'analyse du chercheur du Fortean, le reste de son analyse critique sur les Ovnis nazis pèche par certains raccourcis un peu brutaux, une façon de dire par exemple que telle ou telle anecdote, telle ou telle affaire racontée par tel ou tel auteur sur les soucoupes nazies n'a tout simplement jamais existé, point final. Ce qui nous laisse sur notre faim. Comment le sait-il? Sur quel élément historique se base-t-il pour raconter, de façon abrupte que par exemple le Général Hans Kammler dont nous parlerons plus tard n'a jamais eu aucun rapport avec la construction de soucoupes volantes et de recherches sur l'antigravitation? Le simple argument qui consiste à dire que si ces recherches et ces projets d'armes "super" miracles des nazis avaient vraiment existé, les historiens les auraient repérées et cela se serait su, nous semble un peu court. Une sorte d'appel à un bon sens, à une logique qui ne mène pas bien loin. On pourrait dire la même chose de la critique acerbe que le Fortean fait du travail de Nick Cook , ce journaliste anglais, consultant pour le très respectable Jane's Defence Weekly qui a consacré un livre sur l'antigravité et les recherches des nazis en la matière et sur lequel nous nous attarderons. La critique nous semble également brutale et peu argumentée également. Certes, Cook a pu se faire "balader" par l'un ou l'autre témoin aux intentions plus ou moins troubles, certes, il a peut-être un peu trop facilement accordé du crédit aux propos du fils de Victor Schauberger ou à ce chercheur polonais, Igor Witkowski (voir plus loin). Mais il n'y a pas que cela dans son livre. Car l'ouvrage de Cook est dense, réalisant un bon équilibre entre vécus et faits historiques et rapporte une vision subtile du problème. Mais nous y reviendrons. 


Les Ovnis nazis entre argent et idéologie 


Revenons à Zündel car le personnage mérite que l'on s'y attarde. Sous le nom de Christoph Friedrich , cet Allemand (né en 1939), commercial dans l'âme, établi au Canada (vers l'âge de 19 ans), a écrit nombre d'articles, de livres ("Ufos Nazi secret Weapon?", "The Cia-Kgb Cover-up", "The Antarctica Theory", The Last Battalion") et a surtout réussi à mettre sur pied une véritable PME sur les OVNIS nazis. C'est lui qui par le biais de son "organisation" Samisdat a voulu récolter 2 millions de dollars pour financer une illusoire expédition en Antarctique dans le but de prouver "la théorie de la terre creuse" et la "recherche des bases de soucoupes volantes de Hitler". Chaque participant , "chaque chercheur qui veut véritablement se vouer à l'Ufologie " sera tenu de verser à l'organisation un minimum de 10.000 dollars pour participer ou posséder des parts dans l'expédition. Il était piquant de constater qu'au terme de la newsletter qui conviait les membres et amateurs du site de l'organisation à mettre la main au porte-monnaie, une menace de se faire tout bonnement virer du cercle des intimes y était clairement inscrite si l'on faisait pas chauffer sa carte de crédit: " Tous ceux qui ne répondraient pas à cette lettre ou qui n'achèteraient aucun livre et objet « Samisdat » seront éliminés de notre mailing list. Nous sommes désolés qu'une telle politique soit nécessaire mais il le faut si nous voulons demeurer une organisation active, dynamique et de premier plan dans ce domaine de recherches multi-facettes... Les exclus ne connaîtront donc pas la vérité et ce que nous découvrirons au cours de notre future expédition... ". Et Zundel alias Friedrich de conclure qu'il conservait "toute sa sincère gratitude aux seuls supporters de Samisdat qui ont su montrer de la loyauté, de la fidélité et de la diligence.. . " . On croit rêver avec cette « fidélité au chef ». Mais il faut croire qu'il n'y a que les grosses ficelles marketing teintées d'un brin de menace qui portent ses fruits. On le comprendra, Zundel défend la thèse que la plupart des Ovnis, si pas la totalité sont d'origine humaine, très vraisemblablement construits ou inspirés par le génie des nazis. Pour lui , "les charlatans des soucoupes volantes ont tenté pendant plus de 30 années de dissimuler la vérité derrière des fantasmes et des contes de fée à propos de petits hommes verts ". C'est donc l'un des sens qu'il donne à ce qu'il désigne comme une conspiration ufologique. Et outre son intérêt marqué pour le révisionnisme historique, il diffuse et inspire sans doute le plus de textes ces dernières années sur les bases nazies en Antarctique et sur la théorie de la terre creuse. Il se présente enfin comme ayant été le " seul prisonnier d'opinion au Canada " puisqu'il a connu certains démêlés judiciaires avec les autorités canadiennes pour infraction aux lois relatives à l'émigration mais aussi et surtout pour avoir publié et distribué de la littérature révisionniste comme le fameux "Did Six Million Really Die?" et fut condamné au début des années 80 à une peine de 15 mois de prison en première instance pour obtenir dans le cadre d'un autre procès en 1993 devant la Cour Suprême du Canada, l'équivalent belge ou français de la Cour de Cassation la reconnaissance d'une violation de sa liberté d'expression. Diverses organisations anti-racistes canadiennes ont poursuivi Zündel afin qu'il ait à répondre de ses actes par rapport aux lois réprimant l'incitation à la haine raciale et afin qu'il arrête de publier du matériel révisionniste. Ce judéophobe convaincu (il n'est pas le seul, nous le verrons !) estime bien entendu que les ennuis qu'il a connu et qu'il connaît ces derniers temps (pour infraction à l'émigration) proviennent du fait que les gouvernements et autres lobbies veulent le faire taire car il veut révéler "la vérité sur les Ovnis". 


Côté francophone, dans le même registre, on peut citer le cas plus anecdotique de Jean-Claude Monet , alias Karl Thor, qui se présente lui-même comme l'héritier d'Hitler. A partir de 1961, l'intéressé va fonder toute une série d'associations hétéroclites, sortes de groupements hybrides politico-ésotérique: le parti national-socialiste ouvrier français (mouvement néo-nazi), l'organisation des Vikings de France, le Parti prolétarien national socialiste et enfin, l'U Xul Klub, qui se présente comme une émanation de la Golden Dawn. Monet affirme être "commandant des Forces spatiales extraterrestres" et se confère le titre de grand pacificateur du monde. Son groupe le U-Xul Klub comptait à la fin des années 90 une cinquantaine de membres selon Renaud Marhic de la revue Phenomena et s'apparente plus aux activités d'une secte que d'un parti ou d'une milice nationale-socialiste même si, dans ce cas de figure, les différences entre les deux formes d'organisation sont peu signifiantes et opérantes. Repéré par la commission parlementaire anti-secte française, les adeptes de Monet se sont regroupés sous l'appellation du club des "surhommes", vénèrent la mythologie des Ovnis nazis et considèrent les vaisseaux Vrils comme "l'arme absolue". Certes, ce phénomène est marginal mais il dénote sans ambiguïté l'idéologie qui environne bien souvent le thème des Ovnis nazis et la façon dont l'affaire est récupérée. Monet avait prédit l'apocalypse pour juillet 1999. 


« Pas des nazis d'opérette » 


Peter Moon , bien que faisant partie de la frange des « croyants » en l'existence de disques volants type Vril ou Haunebu confirme qu'à son avis et au fil de son expérience de « conspirationniste », une partie non négligeable de l'Ufologie et du conspirationnisme a été infiltrée et récupérée par l'extrême droite. Il nous a déclaré dans l'entretien qu'il nous a accordé : «  A mon sens, tout cela (le fait que l'on parle de plus en plus des soucoupes nazies) ne relève pas du hasard, c'est une chose volontaire, préméditée par des gens qui manipulent tout cela… Il y a de toute évidence une connexion, ce que les gens ont une étrange tendance à ignorer ou à nier. Mais connexion, il y a. J'ai écrit là-dessus de nombreuses fois.  ». Moon croit donc en une sorte de conspiration nazie, pas une conspiration d'opérette menée par quelques néonazis, miliciens adeptes de la survie, skinheads et nostalgiques du régime hitlérien mais bien à un plan d'ensemble (dont l'affaire des Ovnis n'est qu'une petite facette) qui a démarré en ce qui concerne les Etats-Unis avec l'opération Paperclip par l'infiltration et la main mise d'anciens de la SS, de la Gestapo et du SD (renseignement de la SS) sur la CIA et les diverses agences de renseignements dans leur lutte contre le communisme. Un groupe de gens «  farouchement antisémites, une sorte de société secrète  », précise encore Moon «  que j'ai appelée « Bon » ( à la base, les « Bon » se révèlent être une secte religieuse tibétaine) dans mon livre « the Black Sun », des gens qui ont entretenu un rapport certain par exemple avec l'islamisme radical et le 11 septembre…  ». Il ajoute : «  J'ai rencontré deux personnes qui ont participé à une réunion des « Bon » à New York. A la suite de cette réunion, ils savaient que quelque chose de grave allait se passer à New York et ils ont quitté la ville et le pays avant le 11 septembre, un mois avant je crois. Ils ont prédit ce qui allait arriver. Ils font partie donc d'un groupe composé de vrais antisémites qui dispose de connexions industrielles avec des technologies secrètes ... Le dénominateur commun entre la CIA et les arabes,  ce sont les nazis… Une sorte de 5 ième colonne d'individus affiliés aux nazis. Mais c'est une autre histoire, nous sortons du sujet .». Poursuivant sur cette même thématique, Moon illustre encore son propos avec l'affaire Adamski  (note : un des plus célèbres « contactés » des années 50 qui aurait été visité par des extraterrestres): «  vous savez, le témoignage d'Adamski n'est pas innocent. Les gens qui ont soutenu Adamski étaient en relation avec des nazis ou bien c'étaient des néonazis. Avec en toile de fond, cette idée que les extraterrestres étaient des individus de grande taille, blonds avec des yeux bleus, s'exprimant avec un accent allemand. Les nazis croient en ce qu'ils croient quelles qu'en soient les obscures raisons mais ils représentent ou soutiennent tout ce qui entoure cette technologie Ovni. J'ignore pourquoi c'est ainsi mais c'est ainsi !  » Et de conclure sur le scepticisme qui entoure l'affaire : «  écoutez, si c'était une vaste blague, une manipulation, il n'y aurait pas eu tant de livres et d'articles parfois rédigés par des gens faisant partie du « mainstream journalism » reconnaissant que les nazis avaient mis au point avec un certain succès des programmes de recherche en la matière et qu'ils se sont tous recyclés dans l'industrie et les technologies de pointe  ». 


D'étranges conspirationnistes et leur regard ambigu sur le nazisme! 


Malheureusement, des gens comme Ernst Zündel, Jean-Claude Monet, le pseudo Dr Frank Stranges (auteur d'un livre sur les "Ovnis et bases secrètes" publié en 1982), Jan van Helsing , David Icke etc. s'ils ont popularisé auprès d'un public de plus en plus large l'idée selon laquelle les nazis étaient les premiers à avoir réussi à faire voler des soucoupes, ont causé un certain tort à la recherche en ces domaines, d'une part pour certains à cause de leur lien avéré avec l'extrême droite, d'autre part pour d'autres, à cause de la façon dont ils ont présenté le fruit de leurs « découvertes », de leur raccourcis, de leur imprécisions historiques et du manque de sources. On peut donc leur reprocher de ne pas avoir été jusqu'au bout de leurs investigations, de ne pas avoir été "sur le terrain" pour interroger certains témoins ou ne fut-ce que valider leur existence, bref de ne pas avoir approfondi leur méthode et de ne pas avoir sourcé la plupart des quelques documents (surtout iconographiques) dont ils se servent pour accréditer leur thèse et donc de ne pas les avoir soumis à une critique historique. Exemple: le livre de Jan van Helsing sur "les sociétés secrètes et leur pouvoir au 20ième siècle", réimprimé toujours par les Editions Felix sous le titre du "Livre Jaune n°5", collectif d'auteurs. Van Helsing, de son vrai nom Jan Udo Holey , mystérieux personnage que l'on dit tantôt être de nationalité autrichienne, tantôt suisse, hollandaise tantôt allemande publiait donc en 1997, dans cet ouvrage qui a fait beaucoup de barouf des photos en noir et blanc de vaisseaux Vril et Haunebu, des noms des prototypes de ces soit-disantes soucoupes volantes nazies et reproduisait des sortes de fac-simile de plans de coupe généraux desdits engins en forme de disques, plans affublés du sceau « Geheim- top secret » de la SS. Pas un mot sur l'origine de ces documents bizarres et qui se révèlent en fin de compte les seuls indices matériels indiquant que ces recherches nazies ont bel et bien eu lieu et ont débouché sur quelque chose de concret, à savoir la construction de modèles opérationnels qui pouvaient évoluer à des vitesses de plusieurs milliers de kilomètres par heure (comme la série des Vrils dont le Vril 1 de 11 m de diamètre qui aurait fait son premier vol en 1942). On était en droit de se demander où van Helsing avait dégotté ces plans, schémas et documents photos. Dans les archives secrètes de l'armée allemande et capturées par les alliés (USA, France, UK ou URRS?), dans d'autres fonds d'archives privés de groupes industriels qui auraient participé à ces recherches comme BMW, Skoda, Krupp, Porsche ou Messerschmitt ou encore grâce à un informateur anonyme? Van Helsing ne dit pas un mot sur ses sources, il évoque non dans son propre livre mais incidemment dans un autre livre, celui de Peter Moon - the Black Sun (Sky Books), en français "le Soleil Noir" - de mystérieux contacts avec les membres de sociétés secrètes allemandes affiliées aux nazis et omet de dire que Renato Vesco et David Hatcher Childress publiaient par exemple en 1994 un ouvrage assez épais (ouvrage qui est une suite d'un autre livre de Vesco bien plus ancien « Intercept but… ») et enrichi par plusieurs rééditions (dont la dernière daterait de 1997) sur le sujet , livre intitulé "Man Made Ufos, 50 years of supression" (Adventures Unlimited Press Publishers), "des Ovnis construits par la main de l'homme, 50 ans de supression...", une brique de près de 400 pages lourdement fournies en iconographies et reprenant certaines de ces mêmes photos et mêmes plans des Vrils, Haunebu et autres "Schriever-Miethe Diskus" que ceux que l'on trouvait dans "Les sociétés secrètes au 20ième siècle. (remarque: curieusement, ces clichés ont presque complètement disparu dans le "Livre Jaune n°5" qui n'est qu'une réédition "des sociétés secrètes..." mais amputée du nom de l'auteur). Dans le livre de Peter Moon qui reprend aussi certaines de ces illustrations, van Helsing affirme avoir préparé à la publication un second ouvrage entièrement consacré aux "soucoupes volantes Vril" comportant " des centaines de photographies de Vril" mais qu'il en fut dissuadé par le comportement du gouvernement allemand qui avait fait interdire, son premier ouvrage , "les sociétés secrètes et leur pouvoir au 20Ième siècle" parce que selon van Helsing " le gouvernement allemand considérait que le livre constituait un trouble à l'ordre public ". Ce que van Helsing ne dit pas, c'est qu'il avait inclus dans la première édition « des sociétés secrètes » des extraits du très contesté "Protocole des Sages de Sion", un texte qui a servi de texte fondateur et de "document" à charge pour tous les mouvements antisémites d'avant-guerre et largement repris aujourd'hui par l'extrême droite et les milices nationalistes nord-américaines. Le mystérieux "Allemand" ajoutait à Moon (qui affirme qu'il est Allemand) que "jamais son livre sur les Vril ne verrait le jour". A la fin des années 90, lorsque la première édition française de l'ouvrage fut distribuée dans les librairies ésotériques, je me souviens que l'on disait qu'il fallait se dépêcher d'acheter un exemplaire car le livre avait été interdit à l'étranger. Un argument marketing imparable. Et il y eut de fait interdiction de diffusion en Allemagne et en Suisse (en 1998, selon un rapport du 1ier trimestre de la Commission fédérale helvétique contre le racisme) où le livre fut retiré de la vente à la suite de procès entamés pour "infraction à la loi contre le racisme" (réf: WoZ 22/01/1998; Bund 22/01/98), antisémitisme et incitation à la haine raciale, justement à cause de l'insertion d'extraits des protocoles des Sages de Sion. Pour la petite et la grande histoire (nous sortons du sujet Ovnis), sachez qu'au cours de ces dernières années, la polémique a refait surface autour de l'authenticité présumée de ces fameux protocoles qui attesteraient de l'existence d'un infâme complot "mondial" orchestré par une bande de rabbins exaltés et psychopathes. Une très bonne enquête réalisée par un historien russe a permis d'identifier l'auteur réel des protocoles qui serait le fils d'un aristocrate russe, avocat radié du barreau -Mathieu Golovinski - qui serait le faussaire qui a forgé de toute pièce ce brûlot au début du 20ième siècle à Paris. Mais il s'agit d'une autre histoire.


Mais qui est donc van Helsing ? 

A ma grande surprise, il s'est avéré difficile d'obtenir des informations fiables et crédibles en français ou en anglais sur ce Jan van Helsing, personnage donc très populaire dans certains milieux New Age en France et en Belgique, sans doute à cause de la traduction française de son livre sur les sociétés secrètes. Au fil des sites et des moteurs de recherche, on trouve surtout des éléments d'informations relatives à son livre, à certaines de ses « théories » et aussi à ses démêlés judiciaires que nous venons d'évoquer. Mais rien sur son identité réelle – Jan Udo Aley- paraît-il ou son pays d'origine, l'Allemagne. Il semble que les sites en langue allemande sont plus bavards sur le gaillard mais j'avoue une faiblesse énorme en ce sabir germanique et personne n'était là pour m'aider. Finalement, c'est par le biais de Peter Moon que nous en saurons plus. Et nous lui accordons une certaine crédibilité sur le sujet puisque Moon a rencontré l'intéressé, a conclu des liens d'éditions avec lui, l'apprécie tout en déplorant «  certains excès  » du personnage. On ne peut donc pas soupçonner Moon de trop en rajouter. Tout d'abord, dans son livre « the Black Sun », Moon décrit van Helsing comme un jeune type, un ancien agité de la scène Punk Rock allemande qui a abandonné l'alcool, la drogue et le Rock suite à une sorte de brutal épiphanie, une révélation sur ses capacités médiumniques grâce à un skinhead rencontré par hasard. Van Helsing se serait étonné de voir qu'un skinhead était capable de faire preuve de sensibilité. Moon poursuit le récit en affirmant que le jeune ex punk tombe alors dans un coma d'une semaine et demi au cours duquel il subit des sorties astrales, des décorporations qui lui révèlent ses talents de médium, des visions diverses du genre « pyramides », divinités diverses et l'aperçu d'un certain avenir. C'est alors que l'intéressé aurait décidé d'entreprendre des études sur l'ésotérisme, l'occultisme et les sociétés secrètes. Voilà pour la « légende ». Moon affirme en outre avoir rencontré van Helsing en 1994 en escale à Newark alors que l'Allemand volant se rend à Hawaï. Van Helsing veut profiter de son arrêt sur le continent nord-américain pour y rencontrer Bill Cooper (« Behold a Pale Horse ») et Brad Steiger …, s'amourache de la secrétaire de Cooper et tout ce petit monde, en ce compris Moon et Al Bielek (l'associé et ami de Peter Moon) se retrouvent à une conférence ufologique en Arizona. Cette rencontre a débouché sur la traduction et la publication en langue allemande du livre de Moon sur le projet Montauk . Et Moon de préciser dans la conversation téléphonique que nous avons eu avec lui «  qu'à cet égard, van Helsing est vraiment un type honnête. C'est rare dans ce milieu, il a toujours été très scrupuleux pour nous reverser l'argent que nous avions gagné avec la publication de la traduction de notre livre en langue allemande  ». Un petit peu sur ma faim, je veux en savoir plus et mes questions se bousculent : «  OK, c'est bien, mais qui est-il vraiment, van Helsing ? Est-il d'apparence normale, est-ce un exalté, est-il vrai qu'il entretiendrait des relations avec l'extrême droite autrichienne ? Ou bien ce sont des bobards ?  ». Moon hésite un instant avant de répondre par cette anecdote : « Est-ce que vous savez pourquoi il a décidé de s'appeler van Helsing ? Est-ce que vous connaissez ce personnage dans la littérature, le chasseur de vampires ? Et bien, il se considère comme un chasseur de vampires et van Helsing veut chasser les vampires d'Allemagne, vampires qu'il estime être les juifs. En fait chasser les vampires du monde, plutôt du monde entier. Il en est vraiment persuadé. Vous comprenez ? Ce type est OK mais il a sérieux problème avec ça   ». Après un moment de silence, le temps que j'avale l'histoire, Moon poursuit «  Vous connaissez l'une des raisons de son voyage à New York quand il est venu nous voir ? … Il nous a dit qu'il ne savait pas vraiment à quoi ressemblaient les juifs, qu'il n'y en avait plus en Allemagne et qu'il voulait se rendre compte sur place. Il nous disait qu'il n'avait en fait jamais vu de juifs et on a bien essayé de lui montrer que c'était des gens comme tout le monde, vivant leur quotidien mais bon, il restait dans son monde …  ». J'embraie alors par cette remarque : « C'est donc un vrai antisémite , les accusations sont donc fondées ?  ». «  Disons qu'il est excessif, … comme beaucoup de gens qui s'occupent de conspirations. Comme de nombreux conspirationnistes, on peut dire qu'il est trop polarisé sur cette histoire. Il est un peu jeune, inexpérimenté… Vous savez, au lieu d'attaquer les juifs ou qui que ce soit d'autres, et bien les gens qui commettent des crimes, il faut s'en occuper, il faut les poursuivre  ». Si les propos de Moon sont exacts, les précautions, remarques prudentes par lesquelles van Helsing ou encore le « collectif d'auteurs » se défendent dans « le livre jaune » de vouloir s'en prendre spécifiquement à un groupe ou à un autre ou de jeter le blâme «  sur nos frères juifs qui sont manipulés  » ne valent pas tripette. Et l'usage que van Helsing fait de l'ufologie et de l'hypothèse de l'existence de soucoupes volantes nazies doit vraiment être considéré avec la plus grande des méfiances. Car en lieu et place d'une louable curiosité sur une possible aventure technologique et historique, nous avons face à nous une grossière manipulation idéologique.

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