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jeudi 23 septembre 2010

L’après Roswell

The day after Roswell
Est ce que:
les gouvernements nous mentent?
un ovni s'est écrasé à rosswell en 1947?
certaines techniques sont issues de cette récupération?
les "puces" et microprocesseurs faisaient partie de cette récupération?
etc.etc
                            La réponse est: OUI !
Jusqu'à quand pourront ils maintenir ces mensonges?
(L’après Roswell)





Le texte qui suit est une traduction du livre "The day after " du colonel CORSO paru aujourd'hui en Italien et en Anglais.


Colonel Philippe Corso
Qui est Philip Corso ?
Philip Corso était un officier des Renseignements de l’Armée Américaine. Il a fait partie de l'équipe du Général Mac Arthur en Corée. Plus tard, il a travaillé comme Lieutenant Colonel au Bureau de Sécurité Nationale du Président Dwight. D. Eisenhower.
Pendant les 21 ans de sa carrière militaire, Corso a été décoré plus de 19 fois. Il est parti à la retraite en 1963 et s'est mis au service des Sénateurs James Eastland et Strom Thurmond comme membre d'une équipe spécialisée dans la sécurité Nationale.
Depuis, il a travaillé dans le secteur privé comme consultant. Il est apparu récemment dans une émission comme expert sur les vols de U2 au-dessus de la Russie pendant la Guerre Froide..

Thierry Mallet — 1997
Introduction


En 1960 et pendant deux ans, le Lieutenant Colonel Philip Corso a mené une double vie. Il travaillait au Bureau des Technologies Étrangères au Pentagone, service de l’Armée des R&D ( Recherche et Développement ). Son travail habituel consistait à enquêter sur les technologies des autres pays, comme par exemple l’hélicoptère développé par l'Armée Française pour les adapter à leurs propres technologies afin de préserver des vies militaires sur le terrain.
Corso lisait des rapports techniques et rencontrait des Ingénieurs de l'Armée afin de budgéter les projets à venir. Il envoyait des rapports à son patron, le Lieutenant Général Arthur Trudeau, chef de la section des R&D de l’Armée Américaine. Celui-ci avait la responsabilité de 3000 personnes travaillant sur différents projets plus ou moins avancés.
En apparence, pour les Membres du Congrès qui surveillent le Budget et la finalité de ses dépenses, tout n'est que routine.
Une partie du travail de Corso était celle d'un officier de renseignement et de conseiller pour le Général Trudeau. C'était un travail qu'il connaissait bien pour l'avoir pratiqué pendant la Guerre de Corée. Au Pentagone, il travaillait sur les sujets les plus secrets, il avait accès à tous les documents classifiés et en faisait part au Général Trudeau.
Comme officier de renseignement, il savait que les plus grandes institutions Gouvernementales étaient infiltrées par le KGB et que cette "police étrangère" était directement dirigée par le Kremlin.
Mais en plus de toutes ces tâches, Corso eût la responsabilité du secret le mieux gardé : les Dossiers sur Roswell qui traitent de la récupération de l’épave et des bris d’une soucoupe volante qui s’est crashée à Roswell au Nouveau Mexique, ainsi que de toute la collecte d’informations par l'équipe du 509ème Groupe à Roswell.
Le dossier Roswell constitue tout l’héritage de ce qui s'est passé dans les heures et les jours qui suivirent le crash ainsi que toute la censure (cover-up) mise en place ensuite par le Gouvernement.
Corso n'était pas à Roswell en 1947 et n'en avait même pas entendu parler, à ce moment-là, tellement c'était secret, même au sein de l'Armée !
Les Militaires pensèrent, au début, que l'appareil était une arme secrète Soviétique parce qu'elle avait une certaine ressemblance avec la forme des ailes volantes Horton. Et si les Soviétiques avaient développé leur propre version de cet appareil ?
Les différentes versions de l’histoire de Roswell varient dans les détails. Comme Corso n'était pas là-bas, il a pris connaissance de ces différentes versions de la part de campeurs, d'archéologues ou du fermier Mac Brazel qui trouva l'épave.
Corso lut différents rapports militaires sur différents crashs à différents endroits à proximité de la zone militaire de Roswell, comme San-Augustin ou Corona ainsi que d'un site en ville.
Tous ces rapports étaient classifiés et donc Corso n’en fit aucune copie et ne conserva aucun de ces rapports après son départ de l'Armée.
Quelquefois, les dates du crash varient d'un rapport à l'autre, le 2, 3 ou 4 Juillet 1947.
En 1961, les informations top-secrètes sur Roswell arrivèrent en possession de Corso à son bureau des R&D. Le Général Trudeau voulait que celui-ci incorpore la technologie de Roswell dans les développements d'armes en cours. Aujourd'hui, les lasers, les circuits intégrés, la fibre optique, le faisceau à particules accélérées et le Kevlar dans les gilets "pare-balles" en proviennent.
Dans les heures confuses qui suivirent la découverte de l'appareil à Roswell, l'Armée détermina qu'en l’absence de toute autre information, l'objet devait être extraterrestre. De fait, ce vaisseau et d'autres devaient surveiller les installations défensives Américaines. Ces ovnis avaient sans doute des intentions hostiles et pouvaient même avoir interféré dans le déroulement de la Deuxième Guerre Mondiale.
L'Armée estimait qu'à cause de ces événements et en raison des mutilations de bétails, ils constituaient des ennemis potentiels. Dans le même temps, les USA entraient en Guerre Froide avec les Soviétiques et le KGB infiltrait les Agences Américaines.
Les Militaires se trouvaient confrontés à deux lignes de fronts, une guerre contre les Communistes et une guerre contre les Extraterrestres qui pouvaient être un bien plus grand problème que les Communistes. Dès lors, l'Armée utilisa la technologie des Extraterrestres contre eux, en l'adaptant pour créer un système de défense spatial.
Croyez-le, si vous le voulez, voici l'histoire de ce qui s'est passé dans les jours qui ont suivi le crash de Roswell et comment un petit groupe d'Officiers des renseignements ont changé l'histoire de l'Homme.

2 – Le désert de Roswell

Corso eut connaissance de beaucoup de versions différentes de l'accident de Roswell. Beaucoup d'entre elles racontaient en substance ceci ; pendant toute la nuit du 1er Juillet, les radars du 509e Groupe de Roswell, pistèrent d'étranges signaux radar. Les radars étaient proches de White Sands, là où s’effectuaient les essais de lancement de V2 Allemands à la fin de la Guerre, on y effectuait également, dans la région, les essais nucléaires à Alamogordo. Ces bips apparaissaient à un endroit de l'écran et le traversaient à une vitesse incroyable pour disparaître ensuite. Puis ça recommençait. Aucun appareil de fabrication humaine ne pouvait se déplacer aussi vite et changer de direction si rapidement. Ou c'était un appareil ou c'était une anomalie des radars, due à de puissants éclairs d'orage. C'est pourquoi les opérateurs radars re-calibrèrent leurs appareils sans trouver de problèmes particuliers. Les observations furent confirmées par la base de White Sands.
Pendant toute la nuit et la nuit suivante, les Services de Renseignement de l'Armée restèrent en alerte de haut niveau parce que quelque chose d'étrange se passait à l'extérieur. Il fut présumé que ces appareils inconnus étaient hostiles et des éléments des Services de Renseignements furent envoyés à Roswell, au 509e Groupe, là où l'activité semblait se concentrer.
Les observations radars continuèrent la nuit suivante. Pendant ce temps, Dan Wilmot, propriétaire d'un magasin à Roswell, se tenait assis sur son perron, après dîner, pour regarder les éclairs, au loin. Peu après 22h00, les éclairs s’intensifièrent. Dan et sa femme regardaient le spectacle quand ils virent un objet ovale et lumineux passer au-dessus de leur maison et disparaître vers le Nord-Est. Ce même phénomène se produisit aussi au-dessus de Steve Robinson alors qu'il conduisait son camion de lait sur la route au Nord de la ville. Robinson vit un objet ovale lumineux passer à très grande vitesse. Les bips radars continuèrent à s'intensifier jusqu'à ce que cela devienne une violation aérienne continuelle. Dès lors, cela devenait plus sérieux. Il devenait évident aux Autorités de la base qu'ils étaient sous surveillance et pouvaient en déduire qu’il s’agissait d’activité hostile.
Les Officiers de la base pensaient que cela pouvait être des Russes espionnant la base nucléaire et son site de lancement de missiles. Mais maintenant, le service de contre-espionnage le plus secret - CIC, qui opérait en 1947, aussi bien dans le Civil que dans l'Armée envoya du personnel à l'extérieur de Roswell. Le Personnel du CIC arriva de Washington, et se mit en civil pour enquêter sur les activités de l'ennemi dans le secteur. Ces gens rejoignirent les Officiers de renseignement de la base, comme Jesse Marcel ou Steve Arnold.
Dans l’après-midi du 4 Juillet 1947, les opérateurs radars notèrent que les objets sur les écrans semblaient changer de forme. Ils émettaient des impulsions. Ils semblaient devenir plus lumineux et ensuite moins lumineux alors que d'énormes orages éclataient dans le désert.
Steve Arnold qui se trouvait dans la tour de contrôle, vit un objet sur l'écran disparaître quelques instants puis réapparaître et exploser dans une brillante fluorescence blanche et enfin disparaître pour de bon.
L'écran était vide, les bips avaient disparu. Les contrôleurs et les officiers du CIC pensèrent tous la même chose : UN « OBJET » DEVAIT S'ÊTRE ÉCRASÉ. Alors que l'opérateur radar passait l'information au Colonel Blanchard, l'équipe du CIC avait déjà mobilisé une équipe de récupération pour baliser et sécuriser la zone du crash.
Ils pensaient que c'était un appareil ennemi venu prendre des photos de la base. Ils voulaient tenir les civils à l'écart au cas ou une fuite radioactive du système de propulsion de l'appareil se produirait. En fait, personne ne connaissait le système de propulsion de cet appareil.
Blanchard donna l'ordre à l'équipe de récupération d'aller sur les lieux, le plus vite possible et d'emmener avec elle tout l'équipement nocturne possible ainsi que des camions et une grue.
Si c'était un crash, il voulait ranger l'épave dans un hangar avant que les civils ne mettent la main dessus et racontent tout aux Journaux.
Mais les Contrôleurs de la base n'étaient pas les seuls à avoir vu un appareil s'écraser dans le désert. Des fermiers, des familles qui campaient dans le désert et des habitants de la ville avaient vu un appareil exploser dans une lumière intense et tomber vers Corona.
George Wilcox, le Shériff de la ville, commença à recevoir des appels, après minuit, selon lesquels un avion s'était écrasé dans le désert. Wilcox appela les pompiers de Roswell dès qu'il eut connaissance de la localisation approximative du lieu de l'accident.
Trouver le site du crash ne fut pas bien long, un groupe de chasseurs d’antiquités Indiennes, campait dans le désert, au Nord de Roswell, et avait vu aussi la lumière pulsante et entendu un sifflement. Ces chasseurs avaient ressenti l'étrange secousse au moment du crash, à relativement faible distance. Avant d'inspecter l'étrange épave fumante, ils avaient appelé le Shériff Wilcox et lui avaient donné la position de l'accident. Wilcox envoya les pompiers à un point situé à 60 Kms au Nord-Ouest de Roswell.
Vers 04h30 du matin, un convoi de pompiers accompagné par des policiers prit la route de Pine Lodge dans le désert.
Ils ne savaient pas qu'une équipe de Militaires était aussi en route. L'équipe militaire arriva la première. Un Lieutenant, dans la jeep de tête, posta des sentinelles et des lampes tempêtes furent installées tout autour de la zone.
Là, Arnold eut sa première impression de l'épave. Ce n'était pas réellement une épave, en tout cas pas celle d'un avion qu'il ne connaisse. Dans l'obscurité, le vaisseau de couleur foncée, semblait intact et n'avait pas perdu d’éléments importants. La zone était pleine de petits débris mais le vaisseau lui-même ne semblait pas abîmé.
Les militaires installèrent des projecteurs reliés à un générateur autour du site pour compléter l'éclairage des lampes-tempête. Sous cette lumière, Arnold put voir que l'objet avait une forme d'aile delta. Il était en un seul morceau même si l’avant était profondément enfoncé dans le sol et que sa queue pointait en l’air. Avec toute cette lumière, le terrain ressemblait à un terrain de football avant une nocturne.
Pour Arnold, ça ressemblait plutôt à un atterrissage forcé parce que l'appareil était intact même s’il avait une fissure sur toute sa longueur et qu'il faisait un angle de 45° avec le sol. Il ressemblait plus à une aile volante qu'à une soucoupe volante. Il était petit et avait deux ailerons de queue qui pointaient vers le haut et vers le bas.
Dans l'ombre, Arnold vit des créatures, d’une taille de 1,2 mètre environ, étalés sur le sol. "Qui sont ces gens ?" entendit dire Arnold, alors que l'équipe médicale approchait, avec des brancards, près de la lacération, du vaisseau, à travers laquelle les corps avaient, apparemment été, éjectés.
Arnold regarda autour du périmètre de lumière et vit une autre créature immobile et une autre encore appuyée contre un petit monticule de sable. Il y avait cinq créatures à côté de la lacération dans l'appareil. Les techniciens constatèrent l'absence de radiations et les médecins accoururent vers les corps avec leurs brancards.
Arnold regarda à travers la déchirure du vaisseau et leva les yeux. De l’intérieur, c'est comme s'il faisait jour à l’extérieur. Pour être sûr, Arnold jeta un oeil à l'extérieur et il faisait trop sombre pour appeler cela l'aube, mais à travers l'appareil, Arnold pouvait voir de la lumière. Pas celle de l'aube ou celle des projecteurs, mais néanmoins de la lumière. Il n'avait jamais vu ça auparavant et il se demandait si cela pouvait être une arme, que les Russes avaient développée.
Le site du crash était un véritable chaos. Beaucoup de gens étaient présents ; il y avait des techniciens qui exécutaient des tâches spécifiques, des médecins, des opérateurs radio, des sentinelles, et bien d'autres. Tous étaient estomaqués. Ils n'avaient encore jamais vu rien de semblable auparavant.
"Hé ! il y en a un de vivant ! " entendit Arnold, et il se retourna pour voir une des petites créatures se démener sur le sol. Avec le reste des médecins, il courut vers elle et la regarda frémir et pousser un cri qui résonnait non pas dans l'air mais dans son cerveau. Il n'entendit rien avec ses oreilles mais ressentit comme une onde de folie alors que la créature se convulsait par terre en tournant la tête d'un côté à l'autre comme si elle étouffait.
C'est là qu'il entendit le cri d'une sentinelle, " Hé ! Toi !", il se retourna vers le côté opposé du site qui se trouvait dans l'obscurité." Halte ! " hurla la sentinelle à la petite créature qui essayait de grimper désespérément par-dessus la butte." Halte ! " hurla à nouveau la sentinelle tout en brandissant son arme. D'autres soldats coururent vers la colline alors que la créature glissait dans le sable et recommençait à grimper.
" Non ! ". Trop tard un des officiers avait tiré. Arnold ne put voir lequel avait tiré mais il était trop tard. Il y eut une salve de coup de feux provenant des soldats nerveux et la petite créature roula sur le sol, comme une poupée, sous l'impact des balles.
" Merde ! " cracha à nouveau l'officier, " Arnold, vous et vos hommes partez d'ici et allez arrêter les civils qui s'approchent du périmètre."
Il annonça qu'un petit convoi de véhicules approchait. Ensuite, il appela, de loin, " Médecins, par ici ! ".
Les médecins chargèrent la créature sur une civière et Arnold installa du personnel du CIC pour bloquer l'entrée du site. Il entendit l'officier ordonner aux médecins de charger les corps sur des civières puis de les mettre à l’arrière des camions GMC pour les emmener à la base immédiatement.
" Sergent ! ", dit-il, "je veux que vos hommes mettent tout ce qui peut être ramassé dans les camions et embarquez moi ce damné machin.", il indiquait l'objet en forme d'aile Delta, "avec la grue et emmenez-le. Je veux cet endroit reluisant de propreté. Rien ne s'est passé ici, vous comprenez ?". Et les soldats formèrent une ligne pour ramasser tous les débris du site.
Une équipe de M.P. fut envoyée au devant du convoi de civils qui approchait du site. Ils mirent baïonnettes aux canons, chargèrent leurs M1 et les maintinrent tendus, droit devant eux.
Dan Dwyer, un des pompiers du convoi, put voir un oasis de lumière dans l'obscurité. Son petit convoi roulait avec les gyrophares mais sans les sirènes. On lui avait dit que c'était un avion crashé.
Alors qu'il s’approchait de la zone lumineuse, qui ressemblait plus à un parc d'attractions qu'à un crash d'avion, il put voir les soldats en cercle autour de l'objet. En s'approchant encore, il put voir l'objet en forme d'aile Delta.
Trois ou quatre soldats chargeaient l'objet sur un camion et étaient occupés à le fixer avec chaînes et câbles.
Pour quelque chose, tombé du ciel, c'était plutôt indemne. Puis les soldats recouvrirent l'objet avec une bâche et il fut totalement camouflé. Un Capitaine de l'Armée s'approcha et derrière lui se tenait une ligne de soldats armés, baïonnettes au canon, avec des insignes M.P. aux bras.
" Vos gars peuvent repartir " dit le Capitaine à un officier de police de Roswell, " Nous avons sécurisé la zone".
"Et les blessés ?" demanda le policier." Pas de blessés, nous avons tout, sous contrôle. " répondit le Capitaine. Mais Dwyer put voir des petits corps sur les brancards chargés dans les camions. Deux d'entre eux se trouvaient dans des sacs à cadavres, mais un était attaché à son brancard. L'officier de police le vit aussi. Celui-là semblait vivant. "Et à propos d'eux ?" demanda t'il.
" Hé ! chargez tout ça !" dit le Capitaine aux hommes occupés à charger les brancards dans les camions. "Officier, vous n'avez rien vu ce soir ! ".
Dwyer, qui connaissait le personnel de Roswell, reconnut Jesse Marcel. Il vit aussi les débris à l’arrière des camions. Dwyer descendit de son camion et contourna la ligne de soldats dans la zone sombre. Il y avait tellement de remue-ménage que Dwyer se doutait que personne ne ferait attention à lui pendant qu'il jetait un oeil.
Il alla derrière un camion et regarda directement dans les yeux de la Créature attachée sur le brancard. Elle n'était pas plus grande qu'un enfant, pensa t'il, mais ce n'était pas un enfant. Une tête en forme de ballon et disproportionnée. Elle ne ressemblait pas à un humain bien qu'elle ait des caractéristiques humanoïdes. Ses yeux étaient larges, noirs et inclinés. Ses oreilles étaient juste des petites rainures sur les côtés de la tête. Sa bouche et son nez étaient très petits. La couleur de la créature était marron-gris et elle était complètement chauve.
Elle le regarda comme un animal pris au piège qui demande de l'aide. Elle ne produisait aucun son mais Dwyer comprit qu'elle savait qu'elle était en train de mourir.
Dwyer put voir les débris sur le sol qui provenaient de l'appareil. Il pouvait voir ces débris répandus dans le petit cratère et dans l'obscurité derrière les projecteurs. Des soldats marchaient à quatre pattes et ramassaient dans des sacs tout les débris. D'autres, devant eux, marchaient avec des détecteurs de métaux.
Il lui sembla qu'ils nettoyaient la zone. Dwyer ramassa un morceau métallique qui brillait dans le sable. Il le prit dans son poing et le roula en boule. Puis il le relâcha et le morceau reprit sa forme originale, sans aucuns plis. Il mit ce morceau dans sa poche pour le ramener à la caserne afin de le montrer à sa fille.
Un sergent M.P. s'approcha de lui et lui dit," Hé vous ! que faites vous ici ?". "Je fais partie de la compagnie des Pompiers" répondit-il le plus innocemment possible. "Hé bien vous mettez votre cul de civil dans votre camion et vous partez d'ici" ordonna t'il "Avez-vous prit quelque chose ?". " Pas moi, Sergent" dit Dwyer.
Alors le sergent l'agrippa et l'emmena jusqu'au Major qui donnait des ordres à côté du générateur alimentant les projecteurs. Il reconnut Jesse Marcel, un habitant de Roswell.
"J'ai attrapé ce pompier en train de flâner autour des débris, Major " dit le sergent.
Marcel reconnut Dwyer, bien qu'ils ne soient pas amis. Il lui jeta un regard tendu et lui dit "Vous devez partir d'ici et ne dire à personne ou vous étiez ni ce que vous avez vu". Dwyer hocha la tête. Marcel se tourna vers le sergent et dit, "Sergent, conduisez le jusqu'à son camion et faites le partir."
Dwyer remonta dans son camion et dit au chauffeur de revenir à la caserne."Vous avez l'ordre de quitter cet endroit" dit le sergent "tout de suite !".
Le camion transportant l'objet avait déjà traversé la ville de Roswell endormie. L'observation d'un grand objet bâché derrière un camion militaire n'avait rien d'inhabituel. Le soleil commençait à se lever lorsque le camion franchit la porte de la base du 509ème Groupe.
Roy Danzer, plombier, qui avait travaillé toute la nuit sur la tuyauterie de la base, savait que quelque chose se passait à cause du convoi de camions dans l'obscurité. Il se trouvait à l'Hôpital de la base pour fumer une cigarette et pour se faire soigner une coupure faite, quelques jours plus tôt.
C'est pendant cette pause qu'il vit que l'agitation à la porte de la base s'était transformée en un tourbillon de soldats pressés et qu'un groupe de M.P. repoussait la foule afin de se faire un passage. Ensuite cette foule alla directement vers l'Hôpital, tout droit vers l'endroit où se tenait Roy. Personne ne lui dit de se pousser ou de partir. En fait, personne ne lui parla.
Roy en regardant les soldats passer, vit la Créature attachée sur le brancard et portée par deux soldats. Ceux-ci entrèrent directement dans l'Hôpital. Pendant leur passage, Roy regarda la créature, la créature regarda Roy et Roy sut en un instant que ce qu'il regardait n'était pas humain. C'était une créature venant d'ailleurs.
Le regard implorant sur le visage de cette créature et le sentiment de douleur et de souffrance que Roy vit et ressentit dans sa tête, lui fit comprendre que c'était la fin pour elle. Elle ne parlait pas et bougeait à peine. Les deux porteurs jetèrent un regard mauvais à Roy en passant à côté de lui.
"Mais qu'est ce que c'est que ça ?" demanda t'il à personne en particulier. Deux MP l’attrapèrent brutalement et l’emmenèrent jusqu'à un officier, un Capitaine pensa t'il, qui posa le doigt sur le visage de Roy et lui hurla dans les oreilles, "Qui êtes-vous ?". Sans attendre de réponse, les deux autres officiers lui demandèrent avec qu'elle autorisation il se trouvait dans la base.
Ces gars ne plaisantaient pas et Danzer pensa qu'il ne reverrait jamais sa famille. Il était effrayé. Mais un Major s'approcha et brisa la tension." Je connais ce gars", dit-il, "Il travaille ici avec d'autres, il est OK".
"Major" dit le Capitaine mais le Major le prit par le bras et Danzer put les voir discuter un peu plus loin et le regarder. Le visage cramoisi du Capitaine retrouva peu à peu sa couleur normale et les deux hommes retournèrent à l'endroit où les deux MP plaquaient Danzer contre le mur.
"Vous n'avez rien vu, vous comprenez ?" dit le Capitaine à Danzer qui hocha la tête, "Vous ne direz rien, ni à votre famille, ni à vos amis, vous comprenez ?". "Oui, Monsieur" dit Danzer. Il était moins effrayé maintenant.
"Nous saurons quand vous parlerez, nous saurons ce que vous aurez dit et alors tout de vous disparaîtra, tout simplement".
"Capitaine !" le coupa le Major." Monsieur, ce gars n'a rien à faire là et s'il parle, je ne peux rien garantir." répliqua le Capitaine.
"Donc, oubliez tout ce que vous avez vu" dit le Major directement à Danzel. "Oui, Monsieur" répondit-il.
Danzel ne jeta même pas un regard derrière lui pour voir l'équipe de soldats transportant les sacs à cadavres entrer dans l'Hôpital. Les créatures furent préparées pour une autopsie.
Bull Blanchard autorisa la rédaction d’une dépêche sur "La soucoupe volante" qui fut envoyée par le service des relations publiques. Le Général Ramey ordonna à Jesse Marcel de retourner là-bas et de retirer l'histoire de la soucoupe volante. Cette fois, Marcel reçut l'ordre de dire qu'il avait fait une erreur et que les débris étaient ceux d'un ballon météo.
Dans les jours et les semaines qui suivirent le crash et la récupération, les Services de Renseignement militaire et le personnel du CIC allèrent à Roswell et dans les communautés alentours pour supprimer toute information possible ; par la violence, l'intimidation physique et d’après certaines rumeurs, il y eut même un homicide. Les Officiels de l'Armée réduisirent la Communauté au silence.
Mac Brazel qui était le propriétaire de l'endroit où le crash avait eu lieu et qui fut un des tout premiers visiteurs du site fut menacé et soudoyé. Il devint tout à coup silencieux sur ce qu'il avait vu dans le désert. Les officiers du bureau du Shériff Wilcox furent forcés d'admettre que cela était du ressort de la Sécurité Nationale et que ça ne pouvait être discuté ouvertement.
"Ce n'est jamais arrivé " décréta l'Armée.
Quelques-uns des témoins déclarèrent avoir eu des séances d'intimidations par des Militaires de Roswell. Parmi eux, la fille de Dan Dwyer, se rappelle la visite d'un officier avec des lunettes noires, dans sa cuisine, il lui dit que si elle racontait quelque chose, elle et sa famille disparaîtraient dans le désert.
La fille de Roy Danzer, elle aussi fut effrayée par la vue de son père à son retour de la base de Roswell le 5 Juillet 1947. Il ne lui raconta jamais rien mais elle entendit des bribes de conversations dans la chambre de ses parents. Ils parlaient de petites créatures et la phrase : "Ils nous tueront tous !"
Les débris récupérés dans le désert furent envoyés à Fort Bliss, Texas, et sommairement analysés.
Aussitôt arrivés, quelques-uns des débris furent envoyés à la base de Wright Airflied, future Wright Patterson. Le reste fut chargé dans des camions et envoyé à Fort Riley, Kansas.
Jesse Marcel retourna à son travail habituel comme s’il n’avait jamais touché l'épave de l'étrange vaisseau de ses propres mains.
Voici l'histoire telle qu'elle fut racontée à Philip Corso. Il n'était pas à Roswell cette nuit là.





3 – Convoi pour fort Riley

Le 6 Juillet 1947, le Lundi suivant la fête du 4 Juillet, personne ne remarqua les cinq camions entrer dans la base de Fort Riley, cet après-midi la, en provenance de Fort Bliss, Texas, et en partance pour Wright Field, Ohio.
En 1947, Corso se trouvait dans cette base de Riley, à l'école militaire. Il ne se doutait pas à cette époque que ce qui se trouvait dans ces camions atterrirait sur son bureau des années plus tard.
Tout était calme ce soir là, Corso était l'officier responsable de la garde. Alors qu'il s'apprêtait a faire sa ronde, il vit sur l'ordre de mission que Mr Brownie, un de ses amis qui faisait partie de son équipe de bowling et collègue de travail, faisait partie de la garde et que son poste se trouvait devant le vieil immeuble de la clinique vétérinaire.
Corso commença son tour des différents bâtiments afin de voir si tout le monde faisait bien son devoir et se trouvait à son poste. Corso alla à l'immeuble de la clinique où devait se tenir Brownie. Mais quand il arriva Brownie n'était pas là où il était censé être. Quelque chose n'allait pas.
"Major Corso" dit une voix dans la pénombre. La voix était excitée et terrorisée.
"Mais qu'est ce que vous faites la, Brownie ?" demanda Corso à la silhouette qui le regardait de derrière la porte. Brownie était supposé être à l’extérieur de l'immeuble, pas à l’intérieur. C'était un manquement aux règles.
"Vous ne comprenez pas, Major " chuchota t'il à nouveau," Vous devez voir « Ça »".
"Il vaudrait mieux que vous sortiez" dit Corso en s'approchant de l'endroit ou se tenait Brownie et attendit qu'il sorte." Maintenant, vous sortez pour que je puisse vous voir " ordonna t'il. Brownie sortit sa tête de derrière la porte et dit "Vous savez ce qu'il y a ici ?". L'immeuble était interdit d'accès à quiconque. Même les sentinelles devaient rester dehors parce que ce qui était à l’intérieur était classifié "Accès interdit".
"Brownie, vous n'êtes pas supposé être là" dit Corso, "Sortez et dites-moi ce qui se passe". Brownie sortit par la porte et Corso put voir que son visage était pale, comme s'il avait vu un fantôme. "Vous n'allez pas croire ça" dit-il, "Je ne le crois pas moi-même et je viens pourtant de le voir."
"De quoi parlez-vous ?" demanda Corso.
"Les gars qui ont déchargé ces caisses", dit Brownie, "ils nous ont dit qu'ils emmenaient ces caisses de Fort Bliss et que cela provenait d'un accident au Nouveau Mexique."
"Oui et alors ?" demanda Corso avec impatience. "Hé bien, ils nous ont dit que tout cela était Top-Secret mais qu'ils avaient regardé à l'intérieur des caisses. Tout le monde l’a fait pendant le chargement des caisses dans les camions. Les gars qui ont chargé ces caisses ont dit qu'ils ne croyaient pas ce qu'ils avaient vus. Vous avez l'autorisation d'accès, Major, vous pouvez venir."
Corso était l'Officier de la garde, il avait donc accès à tous les endroits de la base pendant la garde. Donc il entra à l'intérieur de la clinique vétérinaire. Il n'y avait personne à part lui et Brownie.
"C'est quoi toutes ces caisses ?" demanda t'il.
"Justement, Major, personne ne le sait" dit Brownie, "les chauffeurs nous ont dit que cela venait d'un avion crashé dans le désert quelque part autour de la base du 509e Groupe. Mais quand ils ont regardé à l'intérieur, ce n'était rien de connu. Rien qui ne soit de cette planète."
C'était la chose la plus stupide que Corso ait entendu. Lui et Brownie marchèrent jusqu'aux caisses. "Vous n'êtes pas supposé être ici" dit Corso, "Vous feriez mieux de partir."
"Je surveille dehors pour vous, Major" répondit Brownie. Corso attendit que Brownie reprenne sa place dehors. Il y avait une trentaine de caisses en bois entassées le long d'un mur. Corso utilisa sa lampe torche et marcha autour jusqu'à ce que sa vue s'habitue à l'obscurité. Corso trouva une caisse sur laquelle le couvercle semblait avoir été ouvert récemment.
Corso posa sa lampe et commença à retirer les clous qui avaient visiblement déjà été retirés. Il fit glisser le couvercle le long de la caisse, reprit sa lampe et jeta un coup d'oeil à l'intérieur.
Son estomac se retourna et Corso se figea. Cette caisse était une sorte de cercueil, mais un cercueil comme il n'en avait jamais vu. L'intérieur était entouré d'une sorte de paroi en verre et était rempli d'un liquide bleu lumineux, un peu comme un gel. La chose flottait et brillait comme la peau d'un poisson.
Au début, Corso pensa que c'était le cadavre d'un enfant qu'ils emmenaient quelque part, mais ce n'était pas un enfant.
Cela avait une forme humaine, de 120 cm de haut, avec des bras, des jambes, des pieds, et une tête énorme. Corso toucha la peau grise, mais cela ressemblait plus à une sorte de vêtement en une seule pièce qu'à de la peau.
Ses yeux avaient dû rouler dans leurs orbites parce qu'il ne put voir de pupilles ou d'iris. Ces yeux étaient démesurés et pointaient vers le bas, de chaque côté du très petit nez. Cela ressemblait à un nez de bébé. La chose n'avait pas d'oreilles, pas de pommettes saillantes, pas de sourcils et aucuns cheveux.
Elle avait une bouche très fine et fermée, ressemblant plus à un pli qu'à un orifice fonctionnel. Le corps n'avait aucun dommage et aucune indication qu’il ait été impliqué dans un accident. Il n'y avait pas de sang, pas de coupures. Dans le conteneur, Corso trouva un document des Services de renseignement militaires qui décrivait la créature comme étant un occupant d'un vaisseau qui s'était écrasé à Roswell, Nouveau Mexique, ce week-end, et envoyé à la base de Wright Field puis à la morgue de Walter Reed. Corso remit le document dans la caisse. À cause du temps perdu à examiner la chose, il avait raté certains points de contrôles de sa garde mais personne, apparemment, ne le remarqua le lendemain.
Corso espérait avoir vu une sorte de mutation humaine due à la radioactivité. Il savait qu'il ne pouvait parler de cela à personne et espérait ne jamais revoir ça. Il tenta d’imaginer l'origine de la ‘chose’ : expérience génétique Nazie, monstre de cirque mort mais il savait que cela ne pouvait être qu'une seule chose : un Extraterrestre.
Corso remit le couvercle sur la caisse et enfonça les clous avec le dos de sa lampe. Il rejoignit Brownie à la porte. "Vous savez que vous n'avez jamais vu ça" dit Corso, "et vous ne direz rien à personne".
"Vu quoi, Major ?" répondit Brownie.
Corso retourna au quartier des Officiers en repensant à l'image de la Créature.

4 – Les objets de Roswell

Corso ne revit jamais le corps de la créature sauf à travers des photos d'autopsies et des rapports médicaux envoyés à son attention en 1961, au Pentagone.
Quand Corso arriva au Pentagone, en 1961, il était Lieutenant Colonel. Il entra dans le bureau du Général Trudeau. "Alors quel est le grand secret, mon Général ?" demanda t-il à son nouveau patron. C'était une façon bizarre de parler à un Général, mais ils étaient devenus amis pendant que Corso travaillait dans l'équipe d'Eisenhower. "Pourquoi pas le bureau d'en face ?" proposa t'il.
"Parce qu'ils vous ont toujours observé, Phil" dit Trudeau. Il marcha avec Corso au travers de bureaux d'archives. "Les choses n'ont pas beaucoup changées depuis votre retour d'Allemagne." Dit il, "Nous savons qui sont nos amis et qui nous pouvons croire.".
Ils étaient en pleine Guerre Froide et il y avait des ennemis partout, alentour : dans les Services de renseignement et même à la Maison Blanche. Ils savaient que la CIA était infiltrée par le KGB.
Trudeau dit à Corso, "J'ai besoin de vous pour couvrir mes arrières, mon Colonel. J'ai besoin de vous, pour voir pour moi, parce qu'avec tout ce que j'ai à faire, je ne peux pas me protéger moi-même."
Corso devint donc l'assistant spécial de Trudeau au département de R&D (Recherche et Développement), une des divisions du Pentagone et une des plus sensibles parce qu'elle travaille avec des plans très secrets et par son entremise, la conception des armes du futur devient une réalité.
Le R&D était le relais entre la lueur dans l'oeil de quelqu'un et le prototype sortant d'une usine pour démontrer son potentiel. Le travail de Corso était de garder tout cela secret jusqu'à ce qu'il soit développé.
"Mais il y a autre chose que vous allez faire pour moi, Phil" dit Trudeau, "Je vais faire déplacer cette armoire dans votre bureau.". Corso avait son bureau au deuxième étage, juste sous celui de Trudeau. Il pouvait ainsi entrer par la porte de derrière dans le bureau de Trudeau sans que quiconque ne puisse le voir.
"Ce sont des dossiers spéciaux, du matériel de guerre que vous n'avez encore jamais vu. Je veux que vous les preniez sous votre responsabilité au R&D" dit Trudeau.
Le rôle de Corso au R&D était de lire les rapports des Services de renseignement, de visionner des tests d'armes, de discuter avec Scientifiques et Universitaires pour savoir ce qu'ils savaient du travail de leurs collègues au-delà des mers. Puis il devait écrire des propositions d'armes nouvelles dont l'Armée Américaine aurait sûrement besoin.
L'Armée cataloguait les recherches sur les armes en deux catégories : les domestiques et les étrangères. Corso devait savoir ce que les Français faisaient avec leurs hélicoptères, si les Anglais étaient capables de fabriquer un avion à décollage vertical. Il y avait le V3 Allemand, la petite-fille de la "Grosse Bertha" avec laquelle les Allemands pilonnèrent Paris pendant la Première Guerre Mondiale. Ils découvrirent après l'invasion de Normandie, tout le travail des Nazis effectué sur les avions à réactions et les nouveaux Panzers qui auraient changé le cours de la Guerre s'ils avaient eu un peu plus de temps de les développer.
Le rôle de Corso était de récupérer cette technologie, de reprendre les idées qu'ils n'avaient pas eues eux-mêmes et il devait émettre des recommandations sur la façon d'incorporer tout cela dans les plannings d'armements en cours.
"Le matériel dans cette armoire est légèrement différent de celui qui nous passe habituellement dans les mains" dit Trudeau, "Je ne sais pas ce que vous avez eu l'occasion d'apprendre à ce sujet quand vous étiez à la Maison Blanche, mais avant d'écrire quoi que ce soit, vous devriez faire une petite recherche sur le dossier Roswell."
Corso ne fit pas tout de suite, la relation entre le dossier de Roswell et ce qui se trouvait dans le bureau du Général Trudeau. Trudeau appela quatre hommes qui transportèrent l'armoire jusqu'au bureau de Corso au 2ème étage.
Trudeau dit aux hommes, "Ne vous arrêtez sous aucun prétexte. Ne parlez à personne. Si quelqu'un vous arrête, dites-lui de venir me voir. C'est un ordre."
Trudeau se tourna vers Corso et dit "Pourquoi ne passeriez vous pas un peu de temps avec tout cela  ? mais pas trop quand même  ! ".
Corso passa quelques temps à réfléchir dans son bureau sur la raison selon laquelle ces dossiers l'attendaient dans le bureau de Trudeau et pourquoi il avait voulu lui en parler directement, seul à seul. Trudeau n'avait rempli aucun bordereau pour le transfert de l'armoire. Donc quoi que ce fût, c'était certainement sérieux et très secret.
Corso se rappela ce 6 Juillet 1947, au Kansas, où il avait vu la « Chose » dans la caisse, à Fort Riley et espérait que ce qui se trouvait dans l'armoire n'ait pas de lien avec tout ça.
Corso ouvrit l'armoire et immédiatement eut la chair de poule. Il savait déjà en regardant les boîtes à chaussures pleines de circuits et de fils enchevêtrés, l'étrange morceau de tissu de la visière nocturne et bien d'autres choses qui y étaient mêlées que sa vie allait radicalement changer.
C’était donc ça : du matériel récupéré à Roswell. Corso entendit des pas et Trudeau, passa la tête par la porte, "Vous avez regardé à l'intérieur ?" demanda-t-il.
"Qu’êtes vous en train de me faire, mon Général ?" répondit Corso, "Je pensais que nous étions amis ?!"
"C'est justement pour cela que je vous ai donné tout ça." dit Trudeau. "vous savez combien tout cela est précieux ? vous savez ce que feraient toutes les autres Agences pour l’avoir en mains ?"
"Ils me liquideraient" dit Corso. "Ils voudraient vous éliminer, de toute façon " répondit Trudeau, "L'Air Force le voudrait parce qu'elle pense que c'est à elle. La Navy le voudrait également parce qu'elle veut tout ce qu'a l'Air Force. La CIA le voudrait aussi pour pouvoir le donner aux Russes."
"Que voulez vous que je fasse, mon Général ?", demanda Corso.
"J'ai besoin d'un plan, Phil, pas seulement de savoir à qui sont, ces éléments mais surtout ce que nous pouvons en faire."
Cela ressemblait tout simplement à un complot. "Regardez ; quel est notre plus grand problème ?" demanda Corso.
"Les mêmes que ceux qui ont contribué à nous faire perdre la Guerre de Corée et que vous avez combattu à la Maison Blanche." dit Trudeau, "vous savez exactement ce que je veux dire. Cela ne doit pas tomber dans de mauvaises mains sinon aussi sûr que nous sommes dans le Pentagone, cela ira directement au Kremlin."
"Nous devons d'abord savoir ce que nous avons. C'est donc votre travail. Avons-nous quelque chose d'utilisable ?"
"Est ce que quelqu'un sait déjà ce que j'ai ?" demanda Corso.
"Ils vous épient comme ils m’épient moi-même " répondit Trudeau.
D'abord, il y avait un filament clair et flexible composé de fils, ressemblant à du verre, entortillés dans une espèce de gaine grise comme s'ils c’étaient des câbles de jonction.
C'étaient des filaments étroits, plus fins que des fils de cuivre. Quand Corso tenait la gaine à la lumière du bureau, il pouvait voir une lueur passer au travers comme s'ils la transportaient et la cassaient en différentes couleurs.
Quand le personnel trouva ceci à côté de l'épave, ils ont dû penser que c’était un relais électrique.
Ensuite, il y avait le mince morceau gris mat, en forme d'ouvre huître de 5 cm de diamètre qui ressemblait à du plastique mais qui révélait de minuscules empreintes de fils électriques, à peine en relief à la manière d’un réseau routier sur sa surface.
Ces traces avaient la taille d'une pièce de 25 cents, mais la gravure qui en résultait rappelait à Corso celle de corps d'insectes plaqués/écrasés à sa surface, en raison des centaines de pattes étalées qui en partaient à angle droit. Quelques unes de ces formes étaient arrondies et d'autres elliptiques. C'était un circuit, comme il était possible de le constater à travers une loupe, mais un circuit inconnu de Corso. C'était un morceau de circuit qui provenait d'un grand tableau de bord du vaisseau.
Corso était aussi intéressé par un dossier descriptif qui accompagnait deux pièces d'une sorte de peau noire. Comme une lentille d’œil, de forme elliptique.
Les médecins pathologistes de Walter Reed prétendaient que ces lentilles adhéraient aux yeux des Créatures extraterrestres et semblaient réfléchir la lumière existante. Même s'il faisait sombre, cela illuminait et intensifiait les images afin de permettre aux porteurs de voir les objets. Les rapports disaient que les médecins pathologistes de l'Hôpital de Walter Reed qui avaient pratiqué l'autopsie d'une de ces créatures, avaient essayé de regarder au travers en pleine nuit pour voir les sentinelles et les aides médicales marcher dans un corridor adjacent au laboratoire.
Les silhouettes étaient illuminées d'une lueur orange, selon la façon de tenir ces lentilles. Les médecins pathologistes ne pouvaient voir que les silhouettes mais avec les lentilles, ils pouvaient voir les rangées de fournitures accrochées aux murs et les objets sur les bureaux.
Corso pensa que peut-être les soldats pourraient porter une lunette de vision qui intensifierait les images afin de permettre la navigation dans l'obscurité. Ces choses ne transformaient pas la nuit en jour, elles illuminaient seulement les silhouettes des objets.
Il y avait une feuille argentée, terne, que l’on pouvait tordre, plier, comprimer et qui reprenait sa forme originale, sans aucuns plis. C'était une fibre métallique qui avait les caractéristiques de ce qui s’appellerait plus tard, "Super Résistant ". Quand Corso essayait de couper la feuille avec des ciseaux, les lames glissaient dessus. Les fibres semblaient aller dans une même direction.
Pour Corso, c'était un vêtement avec des fibres métalliques, qui avait la douceur et la malléabilité d'un tissu et la force et la résistance d'un métal.
Il y avait une description et un croquis d’un autre objet. Comme une sorte de lampe torche avec sa propre source d'énergie qui n'était pas une pile.
Les Scientifiques à Wright Field qui l’avaient examiné disaient qu'ils ne pouvaient pas voir le rayon de lumière sortir de l'objet mais que lorsqu'ils le tenaient face à un mur, ils pouvaient voir un petit rond rouge de lumière sur celui-ci. Quand ils faisaient passer un objet entre le mur et la lampe, le rayon était si intense que l'objet commençait à fumer. Ils jouèrent longtemps avec avant de comprendre que c'était un couteau extraterrestre.
Lorsque de la fumée passait dans le rayon, celui-ci devenait tout à coup visible.
Pourquoi les occupants du vaisseau avaient un couteau de cette sorte ? C'est plus tard que Corso, en lisant des rapports militaires sur les mutilations de bétail durant lesquelles des organes étaient retirés sans traumatisme des tissus, réalisa que le rayon de lumière était un scalpel qui avait été utilisé par les Extraterrestres lors d'expériences médicales sur les troupeaux.
Il y avait un objet étrange, une sorte de bandana qui avait des connexions électriques sur une face. Peut-être récupérait-il les ondes cérébrales comme un encéphalogramme. Mais aucune expérience ne prouva qu'il faisait quelque chose d'équivalent. Les Scientifiques ne savaient pas comment l'utiliser et ne savaient pas qu'elle en était la source d'énergie.

5 – À l'intérieur du Pentagone, au bureau des R&D

Le Pentagone ne dort jamais, il y a toujours quelqu'un qui y travaille.
Corso passait plus de temps dans son bureau que chez lui. Soirée, week-end, tôt le matin avant l'aube, Corso réfléchissait sur la stratégie à recommander à son patron.
Tout le monde pense que le Pentagone est une énorme entité avec un seul esprit et avec un seul but. Tout le monde pense aussi que l'Armée Américaine n'a qu'un seul but que tout le monde fonctionne ensemble.
C'est totalement faux.
L'Armée Américaine et le Pentagone sont comme n'importe quelle grosse entreprise avec des centaines de bureaux différents. Beaucoup de buts différents et des ordres du jour très différents.
Comme la Navy, l'Air Force avait des partisans différents avec des buts différents. Chacun jouait avec l'autre dans un seul but : avoir la plus grosse part du budget militaire. Et au centre de tout cela, le service où serait dépensé tout cet argent par les gens qui développeraient des armes dans leur branche militaire respective.
Donc avec toutes ces tensions entre les bureaux du Pentagone, Corso ne mit pas longtemps à comprendre la politique à suivre pour son nouveau travail. Avec les rapports de terrain, les analyses scientifiques, les autopsies médicales et les débris technologiques du crash de Roswell, il devait tout laisser sous clefs.
Quand les gens pensent que vous n’êtes pas là, ils parlent. Et c'est à ce moment-là que vous apprenez des choses. Durant les deux premières semaines de son travail, Corso entendit beaucoup de choses, notamment sur la politique utilisée pour la découverte de Roswell durant les 40 ans séparant le crash et les intenses discussions à la Maison Blanche après qu’Eisenhower soit devenu Président.
Chaque branche de l'Armée avait protégé ses propres dossiers sur Roswell et avait essayé de récupérer le plus possible de matériel de Roswell. Il est à peu près sûr que tous les services avaient leurs propres rapports des Examinateurs de Walter Reed et Bethesda en ce qui concernait la physiologie des Extraterrestres.
Il était clair, pour Corso, que vu la façon dont l'Air Force et la Navy formulaient leurs plans de développements d'armes avancées, quelques pièces de même nature que celles de Corso se trouvaient dans ces autres services.
Personne ne disait rien mais tout le monde voulait savoir ce que possédait l'autre. Malgré tout, il y avait de réelles histoires qui circulaient. Par exemple, Corso entendit une rumeur selon laquelle l'Air Force gardait l'ovni à la base d’Edwards, en Californie et qu'elle étudiait la technologie du vaisseau et plus particulièrement le système de propulsion par ondes magnétiques.
D'autres rumeurs circulaient autour de l'Air force à propos de l'implication de Roswell dans le design des bombardiers en formes d'ailes. L'Armée avait développé des avions en formes d'ailes après la Première Guerre Mondiale et un an après le crash de Roswell, la compagnie Northrops commençait les essais de leur aile volante, YB49 : un bombardier.
Le YB49 avec ses 4 queues verticales était si ressemblant à la forme de l'appareil de Roswell qu'il était difficile de ne pas faire le lien.
Mais le développement des ailes volantes commença 10 ans avant l'arrivée de Corso aux R&D donc il n'avait pas de preuves sur ce lien entre le bombardier et le vaisseau extraterrestre.
Le Général Trudeau avait raison lorsqu'il disait que tout le monde au Pentagone épiait le bureau des R&D parce qu'ils pensaient que les R&D avaient quelque chose en leur possession. Les gens voulaient savoir sur quoi les R&D travaillaient, juste pour être sûr que ce n'était pas sur la même chose que la leur et que les R&D ne gaspillaient pas le budget.
En plus des attentions des autres services, Corso et Trudeau devaient faire face aux analystes de la CIA. La CIA collectait le maximum de pouvoir possible. L'information c'est le pouvoir, et plus la CIA essayait de se renseigner sur les programmes de développements en cours, plus les R&D étaient nerveux.
"Vous m'avez mis sur un siège brûlant, mon Général" dit Corso, "Comment la CIA sait-elle ce que nous avons ?"
"Ils ne font que des suppositions, je pense" répondit-il, "Ils doivent procéder par élimination. Regardez, tout le monde suspecte, ce que possède l'Air Force".
Trudeau avait raison. Tout le monde au Pentagone pensait que l'Air Force possédait le "SaintGraal", un vaisseau spatial et même un extraterrestre vivant.
Personne n'en était certain mais tout le monde savait qu’après la séparation de l'Air Force d’avec le reste de l'Armée, en 1948, celle-ci avait envoyé du matériel de Roswell à Wright Field, Ohio, base de l'Air Force.
La Navy avec sa technologie sous-marine et ses sous-marins lanceurs de missiles nucléaires luttait avec son propre problème : Les UUO ou USO - Unidentified Submerged Objets ( objets sous-marins non identifiés ) -.
La Navy cherchait où Ils avaient construit leurs bases sous-marines, bien plus en profondeur que les capacités de leurs meilleurs sous-marins. La Navy était toute pré-occupée à faire sa propre guerre contre les vaisseaux extraterrestres en l'air et sous la mer.
Les R&D devaient développer un système de camouflage sur la technologie de Roswell. Ils opéraient avec le budget normal pour l'analyse des nouvelles armes.
Ils avaient des contrats avec les plus grandes entreprises nationales. Les buts des recherches étaient d'améliorer les armes actuelles avec les renseignements collectés dans les autres pays. Les Français, les Italiens, les Allemands avaient leurs propres systèmes d'armements et leurs propres développements en cours qui semblaient exotiques pour les standards Américains mais qui pouvaient avoir certains avantages.
Ce que l'Armée avait récupéré à Roswell était probablement le secret le mieux gardé. Jusqu'en 1961, l'Armée n'avait pas eu de plan particulier pour utiliser cette technologie sans en révéler sa nature.
En 1961, Trudeau lança le développement. D’abord, il fallait savoir comment les informations - rapports sur le terrain, autopsies, descriptions d'objets et les objets eux-mêmes étaient arrivés au bureau des R&D. La recherche de Corso ne concernait pas le crash lui-même.
Le jour suivant le crash, Bill Blanchard du 509e Groupe, envoya les débris extraterrestres à Fort Bliss, où l'équipe du Général Roger Ramey détermina sa position finale en même temps que la censure du Gouvernement commençait à être mise en place.
Dans les heures qui ont suivi l'arrivée de Corso au Texas, il y a eut tellement de confusion sur ce qui avait été trouvé que les Officiers militaires, qui avaient la responsabilité de la découverte, créèrent rapidement une histoire de remplacement et un plan de mise au silence des témoins militaires et civils fut lancé.
L'histoire de substitution était facile, le Général Ramey ordonna au Major Jesse Marcel de se rétracter sur son histoire de soucoupe volante et de poser pour de nouvelles photos avec des débris de ballon météo, qu'il décrivit comme les restes découverts à Roswell.
Marcel suivit les ordres et la soucoupe volante devint officiellement un ballon météo.
Le silence des témoins militaires fut facile grâce à l'ordre du Général Ramey, au personnel du 509e Groupe et de Fort Bliss, de nier qu'ils faisaient partie d'une opération de récupération différente de celle d'un ballon météo. Une fois que le matériel arriva à Wright Field, sous la responsabilité du Lieutenant Général Nathan. P. Twining, Ramey nia tout de l'histoire et que ce n'était plus sous sa responsabilité.
Le Général Ramey traita l'accident comme relevant de la "Sécurité Nationale". Il déploya le Personnel des Renseignements du 509e Groupe et lui ordonna d'aller en ville pour étouffer l'histoire du crash et de sa récupération.
Aucune info ne devait filtrer, aucune spéculation n’était tolérée. L'histoire circulant sur une soucoupe volante devait cesser d’exister.
Le 8 Juillet, la suppression de l'histoire du crash était en cours. L'Armée avait fourni une nouvelle histoire pour la Presse. Les officiers du CIC soudoyaient ou menaçaient les témoins, les forçant à se rétracter sur leurs témoignages.
Mac Brazel, le fermier qui fut le premier sur le site lors de la récupération, disparut pendant deux jours puis réapparut en ville avec un pick-up neuf. Il nia n’avoir jamais vu quoique ce soit.
Les Officiers du CIC rencontrèrent les habitants de la ville et parlèrent avec les parents à propos de ce que leurs enfants entendaient dire. Quoi que les gens puissent penser sur ce qui s'était passé, l'Armée prétendait que c'était faux et que cela devait le rester.
Le travail de mise au silence fonctionna si bien que pendant les 30 années suivantes, l'histoire resta étouffée. Nathan Twining est devenu important aux yeux des ufologues à cause de son implication dans des réunions top-secrètes à la Maison Blanche. Elles avaient pour but de découvrir l'implication des ovnis dans la Sécurité Nationale.
Il intéressait aussi les ufologues en raison de ses relations avec Robert Cutler, l'assistant spécial de la Sécurité Nationale qui était le lien entre la NSC et le Président Eisenhower.
Corso était au sein de la NSC, dans les années 50.
Le Général Twining était celui qui avait fait la première étude et qui avait disséminé le matériel de Roswell. En partie à cause des ses capacités à gérer l'AMC, il devint membre d'un groupe de Militaires et de Civils rassemblés par le Président Truman afin de l'aviser sur la découverte de Roswell et des ses implications dans la Sécurité Nationale.
Le Général Twining se rendit jusqu'à la base d'Alamogordo, Nouveau Mexique et y resta jusqu'au 10 Juillet.
La base d'Alamogordo n'était pas seulement importante en raison de son site d'essais nucléaires, entre 1940 et 1950, mais aussi parce que s’y trouvait le bureau de l'AMC. Là-bas, se trouvaient les spécialistes des fusées, comme Werhner von Braun et bien d'autres. Il y avait des installations sensibles, spécialement durant l'activité ufologique de ce week-end et il est parfaitement sensé de penser qu’immédiatement après la découverte de l'ovni, le Général, qui en était responsable, ait voulu gérer cette découverte directement sur les lieux avec ses meilleurs spécialistes.
Corso n'a jamais eu connaissance du mémo du Général Twining au Président Truman, à propos de son voyage au Nouveau Mexique. Il eut vent d’histoires comme quoi Truman aurait directement contacté Twining au Nouveau Mexique et lui aurait donné l'ordre d’enquêter sur le crash et de lui rapporter directement, à la Maison Blanche, ce qu'il avait trouvé.
Corso pense que le rapport du Général Twining au Président confirmait que l'Armée avait récupéré quelque chose dans le désert et que cela suggérait la création d'un groupe pour définir la politique à adopter sur cette découverte. Dans les 48 heures après le crash, personne ne savait ce qu'était l'objet.
Pendant que les débris étaient transportés de Fort Bliss à Wright Field, le Général Twining se rendait à Wright Field pour voir les analyses et l'évaluation du trésor de Roswell.
Twining revint rapidement à son bureau. Les corps des Extraterrestres furent autopsiés dans le secret et le vaisseau et son contenu, analysés, catalogués, et préparés pour être disséminés dans différentes installations militaires. Tout ce qui avait un rapport avec le crash était classifié au plus haut niveau.
La censure officielle était très importante en 1947 et toujours aussi importante en 1961. Elle était importante parce que l'Armée était impliquée, en 1947, dans une guerre, une Guerre Froide mais une guerre quand même. Donc, l'Armée traita le matériel de Roswell comme si c'était une opération dans des conditions de combat pour que les Soviétiques ne mettent pas la main dessus.
Le Général Twining vit lui-même le matériel et avant son départ de Wright Field, il discuta avec les spécialistes des fusées qui faisaient partie de son équipe à Alamogordo. Ensuite, il compila un rapport qu'il donna au Président Truman. Il recommandait la création d'un groupe de Militaires et de Civils qui deviendrait, plus tard, le groupe responsable de ce qui pourrait devenir un futur contact avec des Extraterrestres.
Comme des histoires de crashs d'ovnis et d'observations d'ovnis apparaissaient sans cesse, le Général Twining eut besoin d'établir un chaînon de sécurité inférieur afin qu’il puisse échanger des informations avec d'autres Commandants qui n'avaient pas accès aux niveaux supérieurs. Le Général Twining avait besoin de maintenir une censure à l'intérieur même de l'Armée.
Le premier des rapports de Twining au commandant de l'Air Force à Washington datait du 23 Septembre 1947. Il était écrit à l'intention du Général George Shulgen. Ce rapport faisait état, en termes très généraux de la prise en considération, par le Service des Renseignements de l'Air Force, des ovnis. Twining écrivit un certain nombre de conclusions basées sur ses propres informations de première main, comme par exemple le matériel en possession de l'Armée.
"Les soucoupes volantes ne sont pas des illusions", disait Twining, "elles sont quelque chose de réel et pas une vision."
"Bien que certaines observations aient été dues à des météorites ou à d'autres causes naturelles" écrit-il "Ces rapports sont basés sur des observations de vrais objets".
"Approximativement de la forme d'un disque avec une taille appréciable pouvant être de fabrication humaine."
Comme le rapport n'était pas destiné au Public, Twining s'émerveilla sur les caractéristiques de ces appareils. Il écrivit que leur extrême manoeuvrabilité et leurs actions évasives pour éviter tout contact devaient être le résultat d’intentions hostiles.
Les Officiers estimaient que ces objets ainsi que leurs occupants constituaient une menace militaire.
Il décrivit le vaisseau de la même façon que les témoignages, "Réflexion lumineuse ou surface métallique. Absence de queue, excepté dans les conditions de très hautes performances. Forme circulaire ou elliptique. Plat sur le dessous et bombé sur le dessus. Vols en formation de 3 à 9 objets. Pas de sons exceptés dans quelques cas ou un grondement était entendu. Ces objets se déplacent trop vite pour être des avions de cette époque".
Pour que les USA puissent développer un tel appareil, le coût et la charge de travail nécessiteraient que le projet soit indépendant et extérieur aux développements normaux.
En fait, Twining, suggérait au commandant de l'Air Force, qui deviendrait une branche à part dans l'Armée l'année suivante, d'exploiter la technologie récupérée séparément et indépendamment des programmes de développements normaux.
La description des projets Top-secrets de la base de Nellis ou de l'Area 51, au Nevada, semblait avoir le profil des recommandations de Twining.
Il ne fut pas révélé au commandant de l'Air Force que Twining lui-même avait visité des bases au Nouveau Mexique dans les heures qui avaient suivi le crash. Le Général disait à ses patrons que les Militaires devaient traiter les soucoupes volantes comme étant de chez eux, "Les produits d'un projet de haute-sécurité", développé par les USA en dehors des circuits normaux ou développé par une puissance étrangère.
Quand Twining suggérait aux officiers de l'A.F. que toutes les branches de l'Armée devaient participer à cette information, la dispersion du matériel de Roswell était déjà en route. Et c'est pourquoi cette technologie est arrivée en possession des R&D.
Trois jours après ce mémo, le 26 Septembre 1947, Twining donna son rapport sur le crash de Roswell et son implication pour les USA au Président TRUMAN et il fournit aussi une petite liste d'Officiels qu'il rassemblerait pour commencer à gérer le sujet. Ce groupe était composé de :
Roscoe H.Hillenkoetter
Dr Vannevar Bush
Secrétaire James Forrestal
Général Hoyt Vandenberg
Dr Detlev Bronk
Dr Jerome Hunsaker
Sidney W.Souers
Gordon Gray
Dr Donald Menzel
Général Robert M.Montague
Dr Lloyd V.Berkner
Général Nathan Twining
Ce groupe, à la Maison blanche, était appelé, "Le Groupe". Il était aussi connu sous le nom "MAJESTIC 12".
Mais le plan ne s’arrêtait pas à la création de ce groupe de travail. En fait, l'opération se développa rapidement en quelque chose de plus sophistiqué parce que les soucoupes volantes de Twining ne s'en iraient pas.
De plus en plus d'informations arrivaient : des Officiers de la Police tapaient des rapports sur des civils effrayés, des pilotes de lignes étaient suivis par d'étranges objets... etc.
Le groupe réalisa qu'il devait définir une politique pour bien appréhender quelque chose qui prenait les proportions d’un phénomène de masse. Ils avaient besoin d'un dispositif pour gérer les centaines de rapports d'ovnis. Le groupe devait aussi estimer la menace de l'Union Soviétique et d'autres Pays, en présumant, bien sûr, que les soucoupes volantes ne se contentaient pas de survoler les USA.
Ce groupe devait aussi chercher à utiliser la technologie de Roswell. Il créa donc des petits comités et des sous-groupes, quelquefois des organisations complètes, comme le projet BLUE BOOK, sans qu'il n’y ait aucune fuite. Tout était dirigé par le Groupe principal.
Les plans à long terme sur la technologie de Roswell pouvaient commencer. Mais comment faire ? Où mettre le matériel ? Et comment camoufler ce que les militaires faisaient ? Twining avait un plan.
Dans le rapport 100-203-79 de 1948, intitulé, "Analyses des accidents de soucoupes volantes aux USA", les ovnis ne sont pas présentés comme des Extraterrestres mais comme des éléments de "Technologie étrangère".
Ce rapport inoffensif pour la plupart des gens parce qu'il ne disait pas que les soucoupes volantes viennent de l'Espace est un des premiers qui montre comment le plan de camouflage était supposé fonctionner pour les années à suivre.
Les auteurs de ce rapport localisèrent dans l'Administration Militaire, le seul endroit où toutes les recherches pourraient se faire : Le bureau de Recherche et Développement des technologies étrangères. Ici, le matériel pourrait être en sécurité jusqu'à ce que l'Armée décide de quoi en faire.
Il ne fallait pas appeler cela extraterrestre mais "Technologie Étrangère".
Et c'est pourquoi, 12 ans plus tard, la technologie de Roswell qui se trouvait dans une vieille armoire se retrouva dans le bureau de Corso.

6 – La Censure ou « cover-up ».

Corso entendit cette histoire racontée par l'équipe de la Sécurité Nationale d'Eisenhower, six ans plus tôt.
Pendant que le Général Twining se rendait du Nouveau Mexique vers l'Ohio, à Moscou, Joseph Staline était furieux. Il tenait une copie du "Roswell Daily Record" daté du 8 Juillet 1947.
Il n'avait pas besoin d'un journal Américain pour lui dire ce que ses gens du NKVD lui avaient rapporté une semaine avant : qu'une équipe de récupération militaire avait obtenu un vaisseau extraterrestre crashé dans le désert du Nouveau-Mexique et qu'elle était en train d'évaluer la technologie découverte.
Au début, les Renseignements Soviétiques prirent tout ça avec scepticisme. Ils pensaient que c'était une histoire fausse pour tromper leurs Espions suspectés d'avoir infiltré les bases secrètes Américaines. Ainsi, si les Soviétiques réagissaient à l'histoire, les Américains pourraient localiser ces espions. Mais quand les journaux parlèrent du crash puis du ballon météo, les Soviétiques comprirent que c'était bel et bien réel.
Lors d'une réunion avec des Scientifiques Soviétiques, Staline leur demanda ce que les USA pouvaient en faire. Dans ce groupe se trouvait le chef du programme, embryonnaire, sur les missiles à carburant liquide.
Lui et d'autres avaient les dossiers des armes secrètes Allemandes, de la fin de la guerre, et savaient exactement où en étaient les Américains avec leur programme de missiles guidés. Toutes les informations nécessaires étaient données par les agents sur le terrain. Mais ils n'avaient jamais entendu parler du crash.
Les programmes de missiles Américains étaient entièrement basés sur les recherches Allemandes récupérées avant la fin de la guerre. Ce fut le projet "PAPERCLIP" qui débuta en 1944. Les concepteurs du V2 comme Wernher von Braun, Willy Ley et d'autres furent envoyés aux USA. L'Armée Américaine s'était appropriée, avec succès, leur technologie et commençait ses essais au Nouveau Mexique.
Les Soviétiques avaient eux aussi leur propre technologie Allemande récupérée par les Services de Renseignement et par les partis Communistes locaux dans les pays occupés. Les Allemands avaient développé un Jet en forme d'aile volante, un Messerschmitt et des sous-marins U-Boat lanceurs de V1 et de V2.
Tout ce dont ils avaient besoin, était d'un peu de temps pour déployer une petite flottille de UBoat prés des côtes Américaines afin de bombarder le pays. C'était leur stratégie à la fin de l'année 1944.
Avec leurs armes nouvelles, ils pouvaient battre les Alliés. Les Américains et les Soviétiques voulaient posséder les armes Allemandes et en particulier les V2.
Après la Guerre, les deux camps étaient à égalité dans la récupération des armes Allemandes, mais le crash du vaisseau, c'était une autre affaire. Les Américains pouvaient prendre un énorme avantage sur les Soviétiques. C'est pourquoi ceux-ci cherchèrent ce que les Américains avaient bien pu récupérer du crash.
Les agents Soviétiques rapportèrent que la petite ville de Roswell parlait de petites créatures sur le site du crash et d'un vaisseau que l'Armée avait emmené dans un camion. Mais ces histoires avaient été rapidement mises sous silence grâce au Service de Renseignement militaire Américain.
Les Américains n'étaient pas les plus efficaces pour capturer des espions mais les Renseignements étaient en alerte bien avant que les Russes ne sachent qu'une soucoupe volante avait été récupérée.
Pendant l'été 1947, et à partir de la base du Nouveau Mexique, les agents du CIC questionnèrent quiconque semblait intéressé par ce qui s'était passé à Roswell. Si vous posiez des questions, un couple d'agents frappait à votre porte et fouillait vos affaires sans mandat de perquisition.
Début Août, cette méthode commença à porter ses fruits. Pendant que le Général Twining écrivait son rapport au Commandant de l'Air Force à Washington, les Commandants de la Navy et des Renseignements de la Navy savaient que les Soviétiques avaient une opération de haute priorité sur place, dans les bases militaires, autour de la région. Les agents Soviétiques étaient partout.
Roscoe Hillenkoetter, membre du Groupe sur les ovnis, du Président Truman et directeur du Service Central des Renseignements, informait le Président.
Une opération de renseignement fut immédiatement mise en place.
Il y avait beaucoup de questions : est-ce que cette soucoupe volante était un prélude à quelque chose de plus grand ? Est-ce qu'ils communiquaient avec les Soviétiques ? Étaient-ils alliés avec les Soviétiques ? Est-ce qu'ils sondaient les défenses militaires pour une invasion planétaire ?
Les Militaires avaient toujours estimé que les intentions de ces vaisseaux étaient hostiles, mais que voulaient-ils ?
Un secret si grand, à propos des soucoupes volantes, révélé au public, causerait une panique dans la population civile. C'est pourquoi un plan de camouflage élaboré fut établi. De plus, jusqu'à ce qu'ils sachent ce qu'ils possédaient, les Américains devaient tenir à l'écart les Soviétiques.
Certains disent que ce fut l'idée du Secrétaire à la Défense James Forrestal, d'autres que l'idée vint de Hillenkoetter. Corso ne le sut pas, car pendant la mise en route du plan, il se trouvait à Fort Riley, essayant d'oublier l'image de la Créature flottant dans la caisse.
Peut-être était-ce Forrestal, après tout. Il était la seule personne du cabinet qui pouvait parler au Président. Truman savait comment une histoire pouvait se transformer. C'était pareil pour le Général Twining qui s'était trouvé, lui-même, sur le site du crash. Si Truman voulait des réponses, il devait passer par quelqu'un qui s'était trouvé directement sur les lieux.
"Savons-nous à quoi s’intéressent ces emmerdeurs ?" demanda Truman à propos des Extraterrestres trouvés dans la soucoupe volante.
"C'est une question que nous devons résoudre" répondirent Forrestal et Hillenkoetter.
"Comment allez vous procéder pour cela ?" demanda Truman.
Forrester et Hillenkoetter expliquèrent qu'ils voulaient que le Président écoute ce que le Général Twining avait à dire et ensuite qu'il devait convoquer un groupe de Militaires, de Civils et de Personnels des Renseignements. Dans cette logique, quoi qu'ils décident de faire, cela ne devait pas être rendu public, pour éviter le risque de fuite auprès des Soviétiques.
"Nous ne voulons pas que les journaux et les radios aient quoi que ce soit en mains" dirent ils au Président.
"Winchell voudra me crucifier s'il découvre ce que nous allons faire." dit, apparemment, Truman lors de cette réunion. Personne n'aimait beaucoup le Président Truman et il en avait conscience.
"C'est comme le projet Manhattan, Mr le Président" lui rappela Hillenkoetter, "c'était la guerre, nous ne devions rien dire à personne. C'est à nouveau la guerre : c’est la même chose."
Ensuite, ils expliquèrent qu’après avoir convenu d'un Groupe de travail, ils voulaient créer un détachement spécial pour la recherche extérieure sur la technologie alors que la machine à espionner Soviétique était en route.
"Nous le cacherons au Gouvernement lui-même" expliqua le Secrétaire.
"Créez un nouveau niveau de sécurité juste pour ça" dit le Directeur du Centre des Renseignements. "Toutes les informations que nous déciderons de diffuser, même en interne, devront descendre à un niveau inférieur empêchant, ainsi, ceux qui auront cette information de remonter plus haut. La seule façon de cacher ça aux Soviétiques, c'est de la cacher à nous-mêmes."
Le Président réfléchissait sur la difficulté à cacher un sujet qui était devenu très chaud. Qu'était-il supposé dire quand les gens questionneraient le Gouvernement sur les soucoupes volantes ?
Comment faire des recherches sur ces étranges Créatures sans que les journaux ne mettent la main dessus ?
Comment étudier les propriétés physiques du matériel décrit par Hillenkoetter sans impliquer des gens externes au Gouvernement ?
Truman ne voyait pas comment un Gouvernement dans un Gouvernement pourrait travailler sans perdre le contrôle. Malgré les assurances de Forrestal, le Président restait sceptique.
"Et il y a un point final" dit Truman, "Devons-nous dire au peuple Américain ce qui s'est réellement passé ?".
Il y eut un silence.
"Hé bien" dit Truman, "Le faisons nous ?".
C'était une question simple avec une réponse simple, "Oui ou non". Forrestal et Hillenkoetter répondirent par réflexe, "NON". Forrestal vit cependant que ce ne serait pas aussi facile. Comme Administrateurs en temps de guerre, leur première réponse était naturellement de garder tout secret. Ce que le peuple ne sait pas, il n'avait pas besoin de le savoir. Mais le Président Truman, qui n'avait pas de passé militaire, avait vu autre chose que ni Forrestal ni Hillenkoetter n'avaient expérimenté. Si ces vaisseaux pouvaient échapper aux radars et pouvaient atterrir n'importe où, qu'est ce qui pouvait les empêcher d’atterrir devant la Maison Blanche où devant le Kremlin ? Certainement pas l'Armée Américaine.
"Alors que dirons-nous lorsqu'ils atterriront " continua Truman, "pour ne pas créer plus de panique dans la rue que si nous avions révélé d’emblée ce que nous pensons savoir maintenant. ?"
"Mais nous ne savons concrètement rien" répondit le Directeur des Renseignements. "Rien jusqu'à ce que nous analysions ce que nous avons récupéré".
Le Secrétaire à la Défense et le Directeur des Renseignements étaient d'accord avec le Président Truman sur le fait qu'il soit sceptique et plus spécialement sur ce point final de la révélation publique.
"Donc nous ne pouvons tirer aucune conclusion tant que vous n'aurez pas rencontré le Général Twining" dit Hillenkoetter. "Je pense qu'il fournira quelques réponses à nos questions."
Pendant que Hillenkoetter et Forrestal étaient en discussions avec le Président Truman à propos du groupe de travail, le Général Twining terminait ses premières analyses des rapports et du matériel envoyé à Whrigt Field. Il envoya immédiatement les restes des Extraterrestres à l'Hôpital Naval de Bethesda et à l'Hôpital militaire de Walter Reed pour différentes analyses. Le vaisseau lui-même fut envoyé à Whight Field, mais comme Twining l'avait promis dans son mémo, il se préparait à distribuer le matériel de l'épave à travers les différents bureaux militaires et civiles pour des évaluations complémentaires.
Il avait eu l'assurance de l'Amiral Hillenkoetter qu'une nouvelle classification de sécurité serait mise en place pour Roswell. Personne dans l'Armée, autres que les noms qu'il avait reçu du Président lui-même, ne possédait le niveau de sécurité suffisant pour prendre connaissance de l'histoire de Roswell que Twining devait fournir au Président et au Groupe de travail.
Trois mois après sa visite au Nouveau Mexique afin d’en savoir plus sur ce qui s'était passé à Roswell, le Général Twining rencontrait le Président Truman comme Hillenkoetter et Forrestal l'avaient suggéré. Il expliqua très clairement ce qu'il pensait de l'objet récupéré dans le désert par l'Armée. C'était en dehors de toute compréhension, décrivit-il au Président, rien qui ne pouvait venir de notre Terre. Si les Soviétiques travaillaient sur quelque chose comme ça, c'était si secret qu'aucun Commandant n'en avait entendu parler.
Pour Twining, ce qu'ils avaient trouvé n'était pas "de cette Terre". Après que le Président Truman l’ait entendu, il appela Forrestal, pendant que Twining retournait dans l'Ohio.
Il en était convaincu. C'était plus gros que le projet Manhattan et nécessitait d'être géré à une plus grande échelle et manifestement pour une longue période. Le groupe proposé par Forrestal et Hillenkoetter devait prendre en considération ce qu'ils devraient réellement gérer et pour combien de temps.
Ils devaient essayer de garder le secret du vaisseau extraterrestre crashé à Roswell. Ils devaient le cacher dans ce qui deviendrait plus tard, le plus grand programme de recherche parallèle de l'histoire, la gestion de ce qui pouvait devenir une relation entre l'Amérique et les Extraterrestres.
Le Général Twining montrait clairement dans ses analyses préliminaires qu'ils enquêteraient sur le phénomène des disques volants, Roswell inclus. Ces entités étaient hostiles, disait le Général. Si elles étaient en mission pacifique, elles n'utiliseraient pas des manoeuvres d'esquives pour éviter tout contact, même lorsqu'elles pénétraient dans l'espace aérien Américain au-dessus des installations les plus secrètes.
Elles avaient une technologie bien supérieure à la notre. Ils devaient l'étudier et l'exploiter au cas où ces Entités deviendraient plus agressives. S'ils étaient obligés de se battre dans une guerre spatiale, ils devaient comprendre mieux la nature de leurs ennemis et plus spécialement s'ils devaient préparer le peuple Américain à faire face à un ennemi.
Ça, Truman le comprenait. Il comprenait que Twining lui décrivait les étrangetés d'un vaisseau spatial qui semblait n'avoir ni moteur, ni carburant, ni aucun système de propulsion apparent, bien qu'il dépasse en vitesse nos plus rapides chasseurs. Il décrivait les curieuses créatures à l'air d'enfant, qui étaient à l'intérieur de l'appareil et dont une avait été tuée par balle.
Il décrivait le fait que l’on pouvait voir l'aube de l'intérieur du vaisseau, même si le soleil n'était pas encore levé. Il décrivait également, les débris métalliques qu'ils ne pouvaient pas brûler ou fondre, un rayon de lumière que vous ne pouviez pas voir jusqu'à ce qu'il touche un objet et le brûle,.. etc...
Plus de questions que de réponses, disait Twining. C'était hors des capacités Militaires de faire quoi que ce soit de tout ça. Ça consommerait beaucoup d'énergie humaine, disait le Général, et tout le travail à venir devrait rester secret.
Le Général Twining montra des photos de ces Créatures humanoïdes et des rapports d'autopsies qui suggéraient qu'elles étaient très humaines. Elles devaient avoir eu des rapports avec notre espèce à un moment donné. Elles étaient intelligentes et capables de communiquer. Des témoins, sur les lieux de l'accident, avaient constaté une sorte de télépathie. Ils ne savaient pas si elles venaient d'une autre planète comme Mars, dans notre système solaire ou d'une autre galaxie.
Mais elles possédaient une technologie militaire qui, apparemment, était compréhensible et exploitable même si c'était seulement pour se défendre contre les Soviétiques. Mais en étudiant ce que possédaient ces Extraterrestres, les Américains seraient capables de fabriquer un système de défense valable aussi contre Eux.
A la fin, Twining disait que comme le vaisseau extraterrestre était très ressemblant avec les ailes volantes Allemandes Horten, appareils vus par les aviateurs Américains à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, il suspectait les Allemands d'avoir trouvé quelque chose qu'e nous ne connaissions pas.
La conversation de Twining avec Werher von Braun et Willy Ley, à Alamogordo, dans les jours suivants le crash, le lui avait confirmé. Ils pensaient qu'il y avait une autre histoire à propos de ce que construisaient les Allemands. Les similitudes entre les ailes Horten et le vaisseau récupéré n'étaient pas un accident. Les Américains avaient toujours été émerveillés par la technologie avancée utilisée dans les développements d'armes Allemandes dans un temps si court et pendant la grande dépression. Avaient-ils eu de l'aide ? Peut-être les Américains seraient ils aussi en veine de chance que les Allemands et peut-être allaient-ils récupérer une partie de cette technologie pour eux-mêmes.
Avec des telles capacités de manoeuvres et d'accélérations, ce vaisseau occuperait les ingénieurs Américains pendant des années rien que pour pouvoir en intègrer le concept.
Tout ça était trop gros à cacher pendant tout ce temps alors que les journalistes tournaient comme des chiens autour d'un os. Donc, mettre tout cela sur le plus haut degré de classification n'était pas suffisant. On ne pourrait prévenir les fuites, elles pouvaient venir de partout. Le Général y pensait avant que le groupe ne prenne sa décision finale. Le Président aviserait.
Mi-septembre, tout ça était évident pour chaque membre du Groupe de travail du Président Truman. Le Groupe était constitué de :
Roscoe Hillenkoetter : Directeur du Bureau Central des Renseignements.
James Forrestal : Secrétaire à la Défense.
Le Général Nathan Twining : Commandant de l'AAF puis de l'USAF.
Donald Menzel : Astronome et expert sur les renseignements cryptographiques de la Navy.
Vannevar Bush : Président du "Joint Research and Developpement Board".
Detlev Bronk : Président du "National Research Council" et biologiste qui sera nommé au "National Committee on Aeronautics".
Le Général Robert Montague : Camarade de classe du Général Twining à West Point. Commandant à Fort Bliss, avec un niveau de commandement supérieur au Commandement de White Sands.
Gordon Gray : Secrétaire du Président Truman et Président du "CIA's Psychological Strategy Board".
Sidney Souers : Directeur du "National Security Council (NSC)".
Le Général Hoyt Vandenberg : Directeur du "Centre Intelligence Groupe" puis chef de l'équipe de l'USAF en 1948.
Jérome Hunsaker : Ingénieur en aéronautique et Directeur du "National Advisory Committee on Aeronautics".
Llyod Berkner : Membre du "Joint Research and Development Board".
À moins que ce groupe n’établisse un plan à long terme pour protéger et développer le projet Roswell, le secret serait bientôt divulgué.
Corso pensait que c'est le Général Twining qui fit la remarque selon laquelle l'histoire était déjà éventée. Elle était sortie, dit-il, quelques heures après le crash puis s'était effacée. En fait, la population du Nouveau Mexique parlait, mais après l'histoire du ballon météo de l'Armée, les journaux Nationaux traitaient les rapports sur les soucoupes volantes comme une vision de gens qui avaient trop regardé de films de Buck Rogers. La presse Nationale avait déjà fait le travail du Groupe. Ce qui était réellement nécessaire, suggéra Twining, c'était une méthode pour rassembler l'information à propos des activités continuelles des ovnis, spécialement les crashs, les observations très probantes des pilotes ou des militaires, ou les rencontres physiques individuelles, et furtives, il fallait faire filtrer cette information par le Groupe pour que l'explication devienne un phénomène complètement identifiable et explicable.
Sous la couverture des explications des soucoupes volantes, les agences appropriées, représentées par des membres du Groupe, pouvaient enquêter librement sur le vrai phénomène ovni. Mais par-dessus tout, dit Twining, il fallait nier complètement et durablement le phénomène des ovnis jusqu'à ce que le public soit préparé à une révélation graduelle, de manière à réduire le potentiel de peur d'une confrontation avec une entité biologique plus puissante venant d'un monde différent. Cela devait être, suggéra Twining, la plus grande Censure et le plus grand programme de relations publiques jamais effectué.
Le groupe fut d'accord. Il ne formait, en fait, rien de plus qu'un gouvernement dans le gouvernement.
"Ce sera" dit le Général Twining, "Un cas où la censure est une révélation et la révélation une censure. Nier tout, mais laisser le sentiment du public faire son chemin ; rester sceptique jusqu'à ce que la vérité devienne plus acceptable".
Le groupe fut d'accord pour établir un projet d'information et de collecte. Il fut nommé BLUE BOOK, et il fut géré par l'Air Force. Pendant que les Officiels du projet BLUE BOOK donnaient des explications sur les observations, le projet entier, en fait, était une machine de collecte des enregistrements photographiques sur l'activité des soucoupes volantes pour l'évaluation et la recherche.
Les observations les plus intrigantes et ayant les plus grandes chances d’être véridiques étaient envoyées au Groupe de travail pour ensuite être envoyées aux différentes Agences de recherches.
Quand Corso entra au Pentagone, la section traitant de la recherche et de l'évaluation des soucoupes volantes s'appelait simplement "Technologie étrangère".

7 – La stratégie

Il y a une vieille histoire qu'entendit une fois Corso à propos des secrets.
Un groupe d'hommes essayaient de cacher les plus importants secrets du reste du monde. Ils prirent leurs secrets et les rangèrent dans une cabane dont la localisation était secrète. Mais la localisation secrète fut bientôt trouvée et dedans furent découverts les secrets que le groupe cachait. Mais avant que les secrets ne soient révélés, les hommes construisirent, rapidement, une autre cabane où ils rangèrent les secrets qu'ils essayaient de garder pour eux. Bientôt, la deuxième cabane fut découverte et le groupe réalisa qu'il devrait donner quelques secrets pour protéger le reste. Donc, ils construisirent une troisième cabane pour protéger tous les secrets possibles. Le processus se répéta de lui-même jusqu'à ce que quiconque voulant trouver les secrets de la première cabane poursuive sa route de cabane en cabane jusqu'à ce qu'il arrive à un cul-de-sac parce qu'il ne connaissait pas la localisation de la cabane suivante.
Pendant 50 ans, ce fut comme ça que les secrets de Roswell furent maintenus secrets et ça continue encore aujourd’hui. Ceux qui cherchent des documents Gouvernementaux déclassés afin de trouver les secrets de Roswell et les contacts que maintiennent les USA avec ceux qui les visitent, trouveront des projets, nom de code après nom de code, chacun avec ses propres dossiers, son propre système de classification, sa propre administration militaire ou gouvernementale, son propre budget et même ses propres rapports sur des documents hautement classifiés. Tous ces projets avaient la même fonction. Gérer la relation en cours avec les visiteurs extraterrestres découverts à Roswell. Ainsi, à chaque niveau, une fois la sécurité violée, pour n'importe qu'elle raison, une partie du secret était révélée à travers la dé-classification, pendant que le reste était emmené dans un nouveau projet classifié ou déplacé dans un projet déjà existant.
Pour ceux qui travaillent dans la logique militaire et gouvernementale, le gouvernement est dynamique, très réactif. Pendant toutes les années après Roswell, ils n'ont pas été seulement une poignée à vouloir savoir ce qui s'était réellement passé, ils étaient des centaines voire même bien plus. En fait, ils n'ont jamais caché la vérité, elle a toujours été là, les gens ne savaient pas ce qu'ils regardaient et ne reconnaissaient donc pas ce qu’ils voyaient.
Le projet BLUE BOOK fut créé pour calmer le Public et le satisfaire d'avoir un organisme qui permette de rapporter les observations. Les projets "GRUDGE" et "SIGN" étaient classés au plus haut niveau de sécurité afin de permettre aux Militaires d’enquêter sur les observations qui n'étaient pas explicables par des ballons, des oies, ou la planète Vénus. BLUE FLY et TWINKLE avaient d'autres buts, comme par exemple camoufler d'autres projets comme HORIZON, HARP, RAINBOW et même la SDI (Space Defense Initiative). Tous avaient en commun la technologie extraterrestre. Mais personne n’en a rien su.
Quand des journalistes, aujourd'hui, décrivent des rencontres extraterrestres, ils se tordent de rire ou vendent l'histoire aux tabloïds, lesquels impriment un dessin d'Extraterrestre avec une grosse tête, des yeux en amande, et six doigts. À nouveau tout le monde rigole, mais c'est ce à quoi ces Choses ressemblent réellement parce que Corso en a vu une en partance pour Wright Field.
Les soucoupes volantes ont vraiment volé au-dessus de Washington en 1952 et il y a plein de photos et de rapports de radars pour le confirmer. Mais ils nièrent tout et ils encouragèrent les écrivains de Science-fiction à faire des films comme "THE MAN FROM PLANET X" pour dégonfler la pression à propos de la vérité sur les soucoupes volantes. C’était appelé camouflage avec révélation limitée et ça marchait plutôt bien. Si le Public pouvait s'en amuser voire même s'en effrayer, en suivant des voies pourvues de leurres placés à cet effet par le Groupe de travail, il serait moins à même de tomber sur ce que nous faisons réellement. Mais que se passait-il réellement ?
Comme l'avait suggéré le Général Twining, dans son rapport, la "Technologie étrangère" était la section pour effectuer des recherches sur les objets extraterrestres de Roswell. "Technologie étrangère" était un terme qui englobait beaucoup : De l’hélicoptère Français, au Mig Russe capturé.
Et si quelques débris technologiques d'un étrange vaisseau en forme d'aile arrivaient dans les bureaux des R&D ?
Toute cette recherche était classifiée parce qu'il s'agissait de mises au point d'armes contre les Russes et les journalistes le savaient. Donc les R&D n'avaient rien à dire. Les R&D étaient la couverture parfaite. Tout ce qu'avait à faire Corso, c'était de chercher quoi faire avec les objets qu'il possédait.
"Venez Phil, allons-y" dit le Général Trudeau à Corso par l'intercom de son bureau.
Corso rejoignit Trudeau dans son bureau. C'était une routine répétée 3 ou 4 fois par jour. Trudeau voulait être mis au courant en personne parce que les murs avaient des oreilles au Pentagone. Leurs discussions étaient toujours privées.
"Donc maintenant, vous savez comment le paquet est arrivé ?" demanda Trudeau. Sur une feuille, Corso avait tracé le chemin de l'information de Roswell du 509e Groupe jusqu'à Fort Bliss, puis de là, à Wright Field, le point de dissémination.
"Je me doutais que cela n'était pas arrivé par la Poste" dit-il, "Je ne pense pas qu'Elle avait un camion assez gros."
"Est-ce que cela peut nous aider à trouver ce que nous devons faire ?" demanda t'il.
Même s'il avait été négligé pendant des années, il était clair que le bureau des R&D était la destination voulue de ce paquet. Le Général Twining, plus que quiconque, savait combien le budget des R&D était protégé pendant les années de Guerre Froide.
Corso comprenait désormais comment la censure s’était mise en place et il voyait maintenant combien le plan du Général était brillant. À moins qu'ils ne fassent partie du groupe de travail d'Eisenhower, même les membres de la Sécurité Nationale de la Maison Blanche ne savaient pas que les R&D servaient de dépôt pour les objets de Roswell. Corso en faisait partie. En fait, c'est jusqu'à ce qu'il voie les dossiers par lui-même que Corso réalisa ce que Twining et son groupe de travail avaient accompli. Au moment où Corso était à la Maison Blanche, tout était, apparemment, de l'histoire ancienne. Les gens étaient plus inquiets à propos des informations sur les observations qui inondaient chaque jour le projet BLUE BOOK que par l'histoire oubliée de Roswell.
Trudeau voulait savoir ce que les recherches de Corso avaient données et ce qu'il savait sur Roswell pendant ses années à la Maison Blanche et ce qu'il avait vu.
"Phil, nous savons tous les deux que le paquet que vous possédez n'est pas une surprise." dit Trudeau.
Corso ne répondit pas car en répondant à cela, il brisait la confidentialité auquel il était assigné par l'équipe de N.S.C. à la Maison Blanche.
"Vous n'avez rien à dire officiellement" continua t'il, "et je ne vous en veux pas. Mais vous pouvez me donner vos impressions sur la façon de parler des gens qui travaillaient pour le Groupe."
"Je n'ai pas travaillé pour le Groupe, mon Général" dit Corso, "Et quoi que j'ai pu voir ou entendre, est dû au fait que c'est passé à côté de moi. Pas parce que j'étais supposé travailler dessus."
Mais Trudeau poussa Corso à se rappeler comment la N.S.C. avait traité avec le Groupe et combien l'équipe du Centre des Renseignements, à la Maison Blanche, pressait pour avoir toute l'information possible sur ce que faisait le Groupe.
Bien sûr, Corso se rappelait de ce qui avait pu se passer à Roswell, à propos de ce qui se cachait derrière le projet BLUE BOOK et aussi à propos de ces lumières survolant Washington en 1952. En 1961, avec les informations que Corso venait de recueillir, il pouvait voir clairement ce qu'il n'avait pas compris en 1955. Il ne comprenait pas pourquoi la CIA était si agressive à propos des observations répétées d'ovnis et pourquoi elle cherchait toutes les informations possibles sur la technologie de Roswell.
Trudeau voulait savoir comment travaillait la bureaucratie, combien d'activités différentes gérait lui-même le Groupe. Le Général W. B. Smith avait remplacé Forrestal après son « suicide » durant la deuxième année de l'Administration Truman. À travers les questions du Général Trudeau, Corso se rendit compte que non seulement il connaissait déjà parfaitement l'histoire mais qu'en plus il savait quels types de problèmes rencontreraient les R&D et comment les résoudre.
Ce Groupe était au-dessus du Top-secret et officiellement, n'avait pas le droit d'exister.
Des sous-groupes furent formés pour enquêter sur des zones spécifiques de la Recherche. Ces groupes avaient des niveaux de classifications inférieurs. Le groupe devait déterminer ce qui pouvait être diffusé au public et ce qui devait rester secret, coûte que coûte.
Comme dans l'histoire des cabanes, les membres du groupe créèrent de nouvelles structures de protection pour l'information qu'ils devaient préserver.
Le camouflage officiel pliait sous le poids de l'information que le Groupe devait étudier. La structure du groupe a changé depuis sa formation à la fin des années 40. Ce qui avait commencé comme un groupe de vieux amis était devenu un désordre incontrôlable dans les cinq années à suivre.
Beaucoup de morceaux du gâteau s'échappaient alentour et chaque branche militaire voulait une part du "budget noir". Il était donc nécessaire d'avoir une Administration entière juste pour gérer les gestionnaires de la censure. Ainsi, à un certain moment, en cours d’Administration Eisenhower, le grand camouflage semblait craquer. Personne ne savait ce que faisaient les autres.
Dans les années 50, une cascade d'effets se développa. Ce qui avait commencé par une simple opération de camouflage s'était fragmenté en plusieurs petites unités. Les fonctions de contrôle et de commandement commençaient à faiblir et comme un sous-marin faisant surface, des morceaux d'information émergeaient. Le CIC de l’Armée, une des forces les plus efficaces pour préserver le secret de Roswell, avait faibli à cause de la CIA et du FBI qui poussaient derrière.
À la fin des années 50, le schéma original pour perpétrer le camouflage était défectueux. Les fonctions étaient maintenant gérées par une série de groupes individuels dans les agences militaires et civiles, chacun avait accès à une information limitée, et chacun poursuivait ses propres recherches et enquêtes et chacun se comportait comme si le Super Groupe du renseignement était aux commandes.
Mais comme le Magicien d'Oz, il n'y avait pas de super groupe du Renseignement. Ses fonctions avaient été absorbées par les différents groupes, mais personne n'en parlait parce que ce Groupe n'était pas supposé exister officiellement. Et, pendant les quarante années suivantes, chaque agence crût être gérée par des gens hauts placés.
Rappelez-vous les files d'attente de voitures pendant la crise pétrolière de 1973. Quand un conducteur, pensant qu'une station d'essence était ouverte, attendait à la pompe, 50 minutes après, d'autres voitures attendaient derrière lui. De grandes files de voitures attendaient derrière des pompes qui n'ouvraient jamais parce qu'elles n'avaient pas d'essence.
C'était ce à quoi ressemblait le grand camouflage pendant l’ère Kennedy.
"Il n'y a personne à la maison" dit Trudeau en lisant les notes de Corso, "personne excepté nous. Nous devons faire notre propre politique."
Trudeau était Général, le produit d'un procédé politique et de l'approbation du Congrès. Les Généraux sont faits par le Gouvernement, pas par l'Armée. Ils se trouvent entre le Gouvernement et la vaste machine militaire. Les Généraux sont là pour créer la conduite à suivre afin que la politique militaire fonctionne telle qu'elle est censée le faire.
Trudeau s’apprêtait à appliquer une politique là où 10 ans de groupes de travails secrets avaient échoué : exploiter la technologie de Roswell.
"J'ai besoin de vous pour me dire ce que vous avez trouvé et aussi pour trouver le chemin à suivre en dehors du bureau" dit Trudeau. "Il y a sûrement quelques pièces technologiques dans vos dossiers qui pourraient faire des armes que nous pourrions utiliser pour un de nos hélicoptères. Qu'avons nous à disposition ?" dit-il "Nous devons faire quelque chose sinon personne ne le fera."
Cinq ou six personnes, à la Navy, à l'Air Force et à l'armée savaient ce que possédaient les R&D et ils ne diraient rien à quiconque dans leurs branches respectives et rien à la CIA. Donc, dans le cas où ça devrait se passer dans la bureaucratie militaire, la censure deviendrait la censure de la censure, laissant chacun d'entre eux libre de faire ce qu'il veut.
Les Renseignements Militaires disaient que les Soviétiques étaient si infiltrés dans les secrets Américains qu'au Kremlin ils savaient des choses avant que les Militaires Américains soient mis au courant par le Congrès.
L'Armée savait que le KGB avait pénétré la CIA et le responsable de la CIA avait fait partie intégrante du Groupe de travail sur les soucoupes volantes depuis les années 50. Donc, quels que soient les secrets que le Groupe possédait, ce n'était certainement pas des secrets pour le KGB. Mais le KGB et la CIA n'étaient pas réellement les adversaires que tout le monde pensait.
Ils s'espionnaient les uns les autres, si bien qu’en fin de compte ils fonctionnaient comme une seule organisation. Ils étaient tous Espions professionnels. L'information est un pouvoir à utiliser. Vous ne la donnez pas simplement à vos responsables politiques, Républicains, Communistes ou autres, juste parce qu'ils vous le demandent. Vous ne pouvez pas croire les Politiciens, mais vous pouvez croire les autres espions. Les espions étaient donc, finalement, fidèles à leurs groupes et tous les groupes jouaient le même jeu. La CIA, le KGB, les Services Secrets Britanniques et d'autres Agences de Renseignement étaient loyaux envers eux-mêmes et leur profession en premier lieu, seulement ensuite vis à vis de leur gouvernement respectif.
Les Militaires savaient que le KGB, pas le Parti Communiste officiel, récupérait le maximum d'information sur le gouvernement Soviétique et la CIA sur le gouvernement Américain. Des organisations professionnelles d'espionnage comme la CIA et le KGB avaient tendance à se préserver eux-mêmes et c'est pourquoi pas plus les Militaires Russes que les Militaires Américains n’avaient confiance en eux.
Si l'on examine la grande guerre de l'espionnage pendant la Guerre Froide, on s’aperçoit que la CIA et le KGB se comportaient comme une seule organisation. Corso pensait qu'il y avait une raison à cela. Il savait qu'Ils pensaient que les Autres étaient trop stupides pour garder le monde en sécurité. Corso le pensait car il a connu des agents du KGB pendant son activité, il a de plus bénéficié de suffisamment d'information pour se faire une image de l'Union Soviétique durant les années 50 et 60 et cette image était très différente de ce que l'on pouvait lire en première page du "New York Times".
Ils savaient que dans les années 50 et 60, la CIA avait été infiltrée par le KGB et que la plupart des gens du Pentagone jouaient à l’espion entre eux. Ils changeaient d'itinéraires pour aller travailler, utilisaient toujours de fausses histoires pour tester les lignes téléphoniques non sûres, exploraient leurs bureaux à la recherche de micros espions, utilisaient toujours un code lorsqu'ils parlaient avec d'autres sur un sujet sensible.
Ils avaient un agent de renseignement qui lui-même avait des amis dans l'armée Russe qui ne croyaient pas plus au KGB qu'à la CIA. Si le nom de Corso était associé à une histoire, cet agent le prévenait, mais il ne prévenait jamais la CIA. Dans la capitale de son propre pays, ce genre d'information permit à Corso de rester en vie.
La CIA a suivi Corso de très prés pendant ses 4 années à la Maison Blanche. Cela le rendit malade. Puis lorsqu'il revint à Washington, en 1961, pour travailler avec le Général Trudeau, la CIA recommença sa surveillance rapprochée. Le jour suivant, après avoir dit à son patron ce qu'il allait faire, Corso alla directement à Langley, Virginie et entra dans le bureau de son vieil adversaire, le directeur des opérations de camouflages, Frank Wiesner, un des meilleurs amis du KGB.
Corso dit à Wiesner qu'hier serait la dernière journée durant laquelle il se promènerait sans arme. Il posa son 45 sur le bureau de Wiesner et lui dit que s'il voyait encore une surveillance rapprochée le lendemain, Wiesner serait retrouvé dans le Potomac avec deux trous à la place des yeux.
Wiesner lui dit, "Vous n’en ferez rien, mon Colonel". Mais Corso lui rappela qu'il savait très précisément où tous les cadavres étaient incinérés. Tous ces gens qu'il avait fait assassiner par son incurie et pire encore lors de sa coopération avec les Russes. Il raconterait tout ce qu'il savait au Congrès.
Wiesner se rétracta. Lors d'un voyage à Londres, Wiesner se suicida, il fut trouvé pendu dans sa chambre d'hôtel.
Corso n'a jamais raconté son histoire. Deux ans plus tard, en 1963, un des amis de Wiesner à l'Agence lui dit que tout était "Pour rire". Ça faisait partie d'un processus pour recruter Corso à la CIA après son départ à la retraite de l'Armée. Mais Corso voulait travailler pour le Sénateur Strom Thurmond, au Comité des Relations Etrangères et pour le Sénateur Richard Russel à la Commission Warren.
Leurs connaissances communes sur la CIA et le KGB faisaient que lorsque Trudeau exigeait que la CIA sorte pendant les délibérations sur le budget, il savait parfaitement que toute la discussion serait passée au KGB dans les 24 heures.
La CIA était l'ennemi. Vous ne deviez croire personne. Donc il fut évident qu'avant 1961, plus personne ne se rappelait ce que l'Armée avait reçu de Roswell. Tout ce qu'avaient à faire Trudeau et Corso, c'était d'élaborer leur propre stratégie sans faire participer la CIA et les Espions du Gouvernement.
Donc quand le Général Trudeau disait qu'ils devaient faire silence radio sur le paquet de Roswell, Corso savait exactement de quoi il parlait. Si personne ne sait ce que vous possédez, ne le divulguez pas. Mais si vous pensez que vous pouvez en tirer quelque chose à l'extérieur, dites-le. Utilisez toutes les ressources à votre disposition mais ne dites pas tout à tout le monde ce que vous faites. Les seules personnes présentes dans la pièce étaient Trudeau et Corso.
Le Général Trudeau promit, "Je ne dirais rien si vous ne dites rien, Phil."
"Il n'y a personne à part nous, mon Général" répondit Corso.
Dés lors ils commencèrent à élaborer une stratégie. "Hypothétiquement" dit Trudeau, "quelle est la meilleure conduite à tenir pour exploiter ce que nous avons sans que quiconque ne devine que nous faisons quelque chose de spécial ?"
"Simple mon Général" dit Corso, "Nous ne faisons rien de spécial"
"Vous avez un plan ?" questionna Trudeau.
"Plus une idée qu'un plan" commença Corso, "Mais elle commence comme ça : c'est ce que vous avez demandé. Si nous ne voulons pas que quelqu'un pense que nous faisons quelque chose sortant de l'ordinaire et bien, nous ne ferons rien qui sorte de l'ordinaire. Quand le Général Twining a fait ses recommandations au Président Truman et à l'Armée, il n'a pas suggéré qu'ils feraient quelque chose de différent avec ce dossier qu'avec les dossiers habituels. Donc travail habituel. C'est comme cela que le groupe opérait. Ce qu'ils ont fait, c'est d'organiser un plan de travail même si ça n’avait jamais été fait auparavant. C'était le camouflage : Ne changez pas les choses mais utilisez vos procédures habituelles pour manipuler cette technologie extraterrestre."
"Donc, quelles sont vos recommandations ? " demanda Trudeau.
"Nous allons suivre le même chemin que ce bureau a toujours utilisé : les rapports." dit Corso, "Je vais écrire des rapports sur la technologie extraterrestre comme tout autre rapport sur une technologie étrangère. Ce que je vois, ce que je pense des potentiels, où nous pouvons les développer, avec quelles entreprises et avec quels styles de contrats."
"Quand commencez-vous ? " demanda le Général.
"Je vais établir une liste du dossier, je vais aller voir les Scientifiques autorisés avec lesquels nous pouvons agir en confiance, comme Oberth et von Braun, pour des conseils."
"Je vois ce que vous voulez dire" dit Trudeau, "bien sûr, nous allons lister tous nos Entrepreneurs dans la Défense, aussi. Pour savoir lesquels ont des contrats de développements en cours qui nous permettraient d'y insérer nos projets directement."
"Exactement, les contrats existants seront la couverture sur ce que nous développerons." dit Corso, "Rien ne sortira de l'ordinaire parce que nous ne commencerons jamais rien qui ne soit déjà commencé dans un contrat précédent."
"C'est juste un grand brassage" dit Trudeau.
"Ce que nous allons seulement faire" dit Corso, "C'est de mélanger la technologie actuelle en cours de développement avec la technologie extraterrestre et nous allons laisser les entreprises déposer leurs propres brevets d'inventions."
"Bien sûr" réalisa Trudeau, "S'ils possèdent leurs propres brevets, nous aurons complètement inversé l'étude de la technologie."
"Exactement, c'est cela. Personne ne le saura jamais. Nous ne dirons jamais aux entreprises d'où vient cette technologie, ainsi le monde connaîtra l'histoire de ces brevets comme faisant partie de l'histoire des inventions."
"C'est une couverture parfaite" dit le Général, "Où allez-vous commencer ?"
"Je vais écrire mes premières analyses et recommandations cette nuit." promit Corso, "Il n'y a pas un moment à perdre."
Corso commença son propre rapport par les rapports d'autopsies dans lequel il indiqua :
"Il faisait état d’un être de 110 cm. Le corps semble décomposé et les photos elles-mêmes ne sont pas très utilisables sauf pour la curiosité. Ce sont les rapports médicaux qui sont intéressants. Les organes, les os, et la peau sont différents des nôtres. Le coeur de la créature et ses poumons sont plus gros que ceux des humains. Les os sont plus fins mais semblent plus solides comme si les atomes étaient alignés pour une plus grande résistance à la tension. La peau démontre aussi un alignement atomique différent avec ce qu'il semble avoir pour finalité de protéger les organes vitaux des rayons cosmiques ou des ondes gravitationnelles que nous ne comprenons pas.
Les rapports médicaux suggèrent que les médecins ont été plus surpris par les similitudes entre l’être trouvé dans le vaisseau et l’être humain que les différences (note : les rapports de la NSC font référence à cette créature comme une entité biologique extraterrestre ou EBE). En particulier le cerveau est plus gros dans l’ EBE mais différent du nôtre."
Corso décrivit tout ça pendant une des nombreuses nuits qu'il allait passer cette année-là, ébauchant des notes qu'il taperait plus tard dans des rapports officiels qui ne seraient vus que par le Général Trudeau et apportant des conclusions qui ressembleraient plus à de la Science-fiction qu'à la réalité.
Corso pensait que ses rapports ne verraient jamais la lumière du jour. Dans la réalité quotidienne du monde, ils semblaient, même maintenant, fantastiques. Est-ce que c'était réellement ce qu'il avait écrit ? ou quelqu'un d'autre ?d'où venaient les idées ?
"Si l'on considère les facteurs biologiques similaires qui affectent l’être humain, comme les coureurs de fonds pour lesquels le coeur et les poumons sont plus gros que la moyenne, les montagnards dont la capacité pulmonaire est plus grande que ceux qui vivent au niveau de la mer et même aux athlètes dont l'alignement musculaire est différent des autres, on peut supposer que les EBE représentent la fin d'un processus génétique pour les adapter aux voyages spatiaux de longues distances, dans un environnement électromagnétique et à des vitesses telles que décrites dans la théorie de la relativité d'Einstein ?

(note : le Dr Herman Oberth suggéra qu'il faudrait considérer l'appareil de Roswell, non pas comme un vaisseau spatial, mais comme une machine temporelle. Son rapport technique sur la propulsion est joint.) ".

8 – L'E.B.E.

Les EBE sont décrites dans les rapports d'autopsies plutôt comme des robots humanoïdes que comme une forme de vie. Vie fabriquée spécialement pour les voyages longue distance dans l'espace et le temps.
En été, Corso fit son premier rapport pour le Général Trudeau. Et quel rapport ! Il donnait le ton pour tous les autres ainsi que les recommandations que ferait Corso pour le Général pendant les deux années suivantes. Ce rapport commença avec la plus grosse trouvaille : les Extraterrestres eux-mêmes.
Les rapports médicaux et les photos, qui se trouvaient devant Corso, lui suggéraient que la Créature était remarquablement adaptée à un long voyage spatial.
Par exemple, le temps biologique.
Les médecins de Walter Reed émettaient l’hypothèse que le temps devait passer très lentement pour cette Entité parce qu'elle possédait un métabolisme très lent, mis en évidence, disaient-ils, par les énormes capacités du coeur et des poumons. La physiologie de cette créature indiquait que ce n'était pas une créature qui avait un corps devant travailler dur pour se sustenter. Un gros coeur impliquait qu'il battait moins vite qu'un coeur humain pour conduire le fluide, comme du fluide lymphatique, à travers un système circulatoire limité, primitif et de capacité réduite.
Le résultat devait être que l'horloge biologique battait moins vite que celle d'un humain et probablement permettait à la créature de voyager sur de grandes distances dans un temps biologique plus court que celui d'un humain.
Le coeur était en état de décomposition avancé au moment où les chercheurs de Walter Reed avaient mis la main dessus. Ils pensaient que l’atmosphère Terrestre était légèrement toxique pour les organes de la Créature. Le personnel médical du 509e Groupe avait rapidement mis dans un gel de préservation une de ces créatures : ce que Corso avait vu des années auparavant.
Les médecins pathologistes de Walter Reed furent incapables de déterminer avec certitude la structure du coeur de la créature excepté qu'il fonctionnait comme une réserve passive de sang ainsi que comme une pompe qui ne travaillait pas de la même façon qu'un coeur humain. Ils disaient que le coeur de l'Extraterrestre semblait avoir un diaphragme musculaire interne qui devait travailler plus dur qu'un coeur humain parce que les créatures devaient survivre dans une zone de gravité réduite, en tout cas, telle que la gravité est comprise actuellement.
Comme les chameaux stockent l'eau, la Créature stockait une atmosphère respirable dans ses poumons de grande capacité. Ces poumons travaillaient comme un réservoir d'essence, envoyant l’atmosphère, très lentement, dans le système de la Créature.
À cause de son gros coeur et de la capacité de ses poumons, les Chercheurs croyaient que ça permettait de réduire le transport d'un volume important d’atmosphère pendant le voyage. Les créatures ne faisaient que 120 cm de haut et les poumons occupaient une grande partie de la cage thoracique. Cela indiquait aussi que peut-être la créature était spécialement conçue pour les voyages de longues distances.
Ils pensaient que le coeur et les poumons étaient "Bio-fabriqués" et donc le squelette aussi.
Bien qu'elle soit en état de décomposition avancée, les os de la Créature ressemblaient à de la fibre. Ils étaient comparables aux os humains tels que : côtes, sternum, clavicules et pelvis. Les pathologistes spéculèrent sur les os qui étaient plus flexibles que ceux d'un humain et plus résistants. Ceci pouvait avoir pour but d'absorber les chocs. Les créatures semblaient bien adaptées, avec ce type de squelette, aux chocs et aux forces extrêmes.
L'équipe de récupération, à Roswell, avait signalé que deux Créatures vivantes après le crash avaient des difficultés pour respirer notre atmosphère. Peut-être était-ce dû au fait qu'elles avaient été éjectées de leur vaisseau, non protégées de notre gravité ou de notre atmosphère. Personne ne le savait. Personne ne savait non plus si la créature morte peu après le crash était morte à causes des blessures causées par les armes des sentinelles ou pour d'autres raisons. Les témoins militaires racontèrent des histoires différentes à propos de la Créature qui survécut et qui essaya de s’échapper.
Certains disaient qu'elle luttait pour respirer, d'autres disaient qu'elle agonisait uniquement après avoir été "flinguée" par les sentinelles. Corso pensa que c'était peut-être la forte gravité de la Terre qui l’avait d'abord fait paniquer. Ça pouvait expliquer sa respiration laborieuse. Puis après avoir été "flinguée", elle avait de la peine à respirer en raison de ses blessures. Le rapport médical ne mentionnait rien à propos de gaz toxique ou d'une atmosphère quelconque que la Créature aurait pu respirer.
Si le vaisseau de Roswell était un appareil de surveillance, comme le pensaient des Chercheurs à Wright Field, alors il est probable que les Créatures n'avaient pas l'intention de quitter ce vaisseau. C'était un vaisseau équipé avec un appareillage capable de percer la nuit en utilisant la différence de température des objets pour créer une image visuelle permettant aux occupants du vaisseau de voir dans l'obscurité. Et parce qu'il pouvait apparaître et disparaître des écrans radars, les chercheurs pensaient que les Créatures restaient simplement à l'intérieur du vaisseau et observaient.
Peut être que d'autres types de vaisseaux de la même culture étaient équipés pour atterrir ou effectuer des missions à l'extérieur ce qui permettaient à l'équipage de sortir sans conséquences aucunes. Les médecins ne spéculèrent pas là-dessus.
Ce qui intrigua ceux qui inspectaient le vaisseau, une fois envoyé à Wright Field, c'était la totale absence de nourriture et de moyens pour la préparer. Il n'y avait aucun garde-manger à bord. À l'époque ou le voyage dans l'Espace était de la science-fiction, les analystes militaires étaient toujours au travail pour formuler des idées sur la façon d’intégrer cette technologie. Ce n'était pas pour voyager vers d’autres planètes mais pour naviguer autour de la Terre. Si vous voulez mettre des hommes en orbite terrestre, comment allez-vous gérer leurs déchets, fournir l’oxygène adéquat et les nourrir pendant des périodes prolongées ?
Après avoir développé un véhicule assez puissant pour mettre un vaisseau en orbite autour de la Terre, le garder assez longtemps pour qu'il puisse effectuer sa mission était le problème suivant.
Le vaisseau de Roswell semblait avoir résolu ce problème, mais il n'y avait aucune indication sur la façon de préparer la nourriture et comment gérer les déchets.
Il y avait beaucoup de spéculations de la part des Chercheurs à propos de la composition de ces créatures et de ce qui pouvait les nourrir. D'abord, les médecins étaient plus intéressés par les similitudes entre les Créatures et les humains que par les différences. Plutôt qu'une apparence hideuse d'insecte ou de reptile mangeur d'homme comme dans "La Guerre des mondes", ces Créatures ressemblaient à de petites versions d'hommes, différentes voilà tout. C'était sinistre.
Bien que les médecins n'aient pas pu définir les fonctions chimiques de leurs corps, ils avaient déterminé qu'elles ne contenaient pas de nouveaux organes. Le rapport que Corso avait en sa possession suggérait une nouvelle organisation des organes qui nécessitait une plus ample évaluation avant de formuler une opinion. Un intérêt spécifique en était le fluide qui servait de sang à la Créature mais qui servait aussi à réguler les sécrétions glandulaires de façon plus marquée que dans un corps humain. Pour ces entités biologiques, les systèmes sanguins et lymphatiques semblaient combinés. Si un échange nutritionnel se produisait entre ces deux systèmes, cet échange pouvait seulement prendre place à travers la peau de la Créature parce qu'elle ne possédait ni organes digestifs ou intestinaux.
Le rapport médical révélait que les créatures étaient recouvertes d'une pellicule protectrice, d’un seul tenant, une autre peau dans laquelle les atomes étaient alignés afin de fournir une meilleure résistance tissulaire et une grande flexibilité. Un examinateur décrivit que ceci lui rappelait une toile d'araignée. Ça semblait très fragile mais était très résistant. La qualité unique de la toile d'araignée provient de l'alignement de ses fibres qui permet de résister à une grande pression.
Le vêtement, ou seconde peau, de la créature avait été littéralement tissé autour de son corps, lui fournissant une parfaite peau protectrice. Les médecins n'avaient jamais rien vu de tel.
L'alignement des fibres du vêtement suggérait aux médecins qu'il pouvait aussi protéger le porteur des rayons cosmiques qui bombardent tout vaisseau évoluant dans l'espace. Les organes internes semblaient si fragiles et si grands que les médecins de Walter Reed pensaient que sans ce vêtement, la Créature aurait été trop vulnérable au constant bombardement de particules d'énergie. Tout voyageur de l'espace subirait, sans protection, le même sort : il cuirait comme dans un four à micro-ondes. Le bombardement de particules à l'intérieur du vaisseau serait si intense qu'il accélérerait la structure atomique de la Créature et la chaleur résultante l’aurait littéralement cuit.
Les médecins étaient fascinés aussi par la peau interne de cette Créature. Elle ressemblait à une couche de peau de tissus gras comme ils n'en avaient jamais vu auparavant. Elle était, de plus, complètement perméable comme si elle faisait constamment des échanges chimiques avec les systèmes sanguin et lymphatique. Était-ce la façon dont la Créature se nourrissait et la façon dont les déchets étaient gérés ?
La très petite bouche et l'absence de système digestif, troublèrent les Chercheurs, au début, parce qu'ils ne savaient pas comment ces Créatures se nourrissaient. Mais leurs hypothèses selon lesquelles les processus chimiques de la peau et peut-être même le « gaspillage chimique » lors de la circulation, pouvaient peut-être expliquer l'absence de moyens pour la gestion de nourriture et l’absence de déchets dans le vaisseau.
Corso pensait que ces Créatures n'avaient pas besoin de nourriture ou de toilettes parce qu'elles n'étaient pas des formes de vies, juste une sorte de robot ou d'androïde. Une autre explication suggérée par les ingénieurs de Wright Field était que ce vaisseau devait être juste un petit vaisseau qui ne s'éloignait pas trop d'un plus gros. Le métabolisme démontrait qu'elles pouvaient survivre pendant des périodes prolongées en se nourrissant d'une petite ration alimentaire jusqu'à leur retour à la base. Ni les ingénieurs, ni les médecins n’avaient d’explication sur l'absence de toilettes à bord du vaisseau.
Personne ne concevait le circuit des excréments. Corso pensait que la peau de la créature était plus ressemblante à une écorce de plante qu'à de la peau humaine. Cela pouvait expliquer l'absence de nourriture et de toilettes. Une attention toute particulière fut apportée, lors de l'autopsie, au cerveau de ces Créatures, leurs tailles, nature et anatomie.
Des témoins lors de la récupération du vaisseau, avaient signalé l'impression de recevoir des sensations de la Créature mourante. Sensations de douleurs et de souffrances. Personne n'entendit la Créature produire un son, les sensations pouvaient être de la télépathie. Les témoins avaient déclaré qu'ils n'avaient pas entendu de mots distincts dans leurs cerveaux, juste des sensations, plus simples que des phrases mais aussi plus complexes parce que ces mêmes témoins étaient capables de prendre part, non seulement à la souffrance de cette Créature, mais aussi à son désarroi, comme si elle pleurait les autres qui avaient péri dans le vaisseau.
Les médecins pensaient que le cerveau extraterrestre, disproportionné en relation au cerveau humain et à la taille de cette Créature, était constitué de quatre parties. Les Créatures étaient mortes et leurs cerveaux avaient commencé à se décomposer. Même avec ces Créatures vivantes, la technologie médicale de 1947 n'aurait rien fait de plus, faute des scanners à ultrasons des laboratoires d'aujourd'hui. Les médecins n'avaient pas de moyens pour évaluer la nature des lobes ou des "sphères" comme ils les appelaient dans un rapport. Excepté la grande interrogation sur la nature du cerveau et de son pouvoir psycho-kinétique, les rapports étaient très légers en véritables données.
Une des preuves possibles de la manière de travailler des cerveaux extraterrestres était ce que Corso appelait dans ses rapports : "Le bandana".
Cet objet ressemblait à un bandeau de tête sans aucun ornement ou décoration. Fabriqué dans une sorte de plastique flexible avec des senseurs et des contacts électriques similaires à ceux d'un électroencéphalogramme.
Cet élément était placé autour du crâne de l'Extraterrestre, juste au-dessus des oreilles, à l'endroit où le crâne commençait à s'enfler pour contenir le gros cerveau. En ce temps-là, les rapports de Wright Field indiquaient que les ingénieurs pensaient que ça pouvait être une sorte d'appareil de communication, comme le micro des pilotes pendant la Deuxième Guerre Mondiale.
Inutile de dire que pendant les quelques heures durant lesquelles cet objet s'était trouvé à Walter Reed, plus d'un officier du 509e Groupe l’avait mis autour de la tête pour voir ce que ça produisait. Au début, ça ne faisait rien. Il n'y avait pas de boutons, pas d'interrupteurs, pas de fils électriques, rien qui ne puisse suggérer que c’était un panneau de contrôle.
Personne ne savait comment l'allumer ou l'éteindre. Cette bande n'était pas vraiment ajustable bien qu'elle soit assez élastique pour s'adapter à toutes les têtes. Toutefois, les rapports indiquaient que quelques Officiers qui avaient un tour de tête assez large pour l’avoir en contact avec toute la surface du crane avaient eu le choc de leur vie.
Les Officiers signalèrent comme une sensation de picotement dans le crâne et un impressionnant ballet de couleurs changeantes et qui explosaient sous les paupières alors qu'ils le tournaient autour de la tête et posaient les capteurs à différents endroits du crâne.
Ces rapports de témoins suggéraient à Corso que ces senseurs stimulaient différentes parties du cerveau et en même temps échangeaient des informations avec le cerveau. Cet objet était un système sophistiqué pour traduire les impulsions électriques, du cerveau des Extraterrestres en ordres spécifiques de fonctionnement. Peut-être cela permettait-il de gérer les systèmes de propulsion et de navigation du vaisseau.
C'est seulement lorsqu'ils développèrent le projet de recherche sur les ondes cérébrales que Corso comprit ce qu'ils possédaient et comment il devait être développé. Cela prit très longtemps pour récolter les fruits de cette technologie mais 50 ans après Roswell, des versions de ce système sont devenues un composant du système de navigation de quelques uns des hélicoptères les plus sophistiqués et plus tard une interface électronique pour les jeux sur ordinateurs individuels.
Les ingénieurs du 509e Groupe étaient aussi surpris par l'absence de contrôles traditionnels et de système de propulsion dans le véhicule crashé. D'après ces rapports et les objets, Corso imagina que les clefs pour comprendre ce qui faisait bouger et ce qui dirigeait le vol du vaisseau n'était pas dans le vaisseau lui-même mais dans la relation entre les pilotes et le vaisseau. Avec l’hypothèse d'un système de guidage par ondes cérébrales, cela démontrait un concept de guidage de vol révolutionnaire dans lequel le pilote était le système. Corso pensait que c’était de cette façon que se faisait la navigation du vaisseau, avec une relation directe entre les ondes cérébrales du cerveau des pilotes et les systèmes de contrôles.
Les ondes cérébrales étaient interprétées par le ‘bandana’ qui servait d'interface. Corso ne reçut jamais de copie de l'autopsie de l'extraterrestre que la Navy avait reçu du Général Twining. Il avait seulement lu les rapports militaires. Initialement, les cadavres furent stockés à Wright Field, puis ils furent envoyés dans d'autres services. Quand l'Air Force devint une branche à part de l'Armée, les corps stockés à Wright Field, ainsi que le vaisseau, furent envoyés à la base de Norton, Californie où l'Air Force commença ses expériences pour dupliquer la technologie du véhicule.
L'Air Force étudia les capacités de vol du vaisseau et comment s’en défendre.
Ces expériences eurent lieu à Norton, puis finalement, à Nellis, Nevada, au fameux site de Groom Lake où la technologie Stealth fut développée. L'Armée n'était intéressée que par les systèmes d'armements à bord du vaisseau et leur réutilisation possible dans ses propres installations.
Le vaisseau original de Roswell resta à Norton où l'Air Force et la CIA maintinrent une sorte de musée extraterrestre. Mais les expériences sur la réplique du vaisseau extraterrestre continuèrent pendant les années durant lesquelles les Ingénieurs cherchèrent à adapter les systèmes de navigation et de propulsion à la technologie actuelle et ça continue encore..
Corso n'a jamais vu le vaisseau à Norton mais il vit assez de rapports passer dans son bureau pour savoir quel en était le secret et comment il était mû. Il n'y avait pas de système de propulsion conventionnel pour expliquer le vaisseau de Roswell. Il n'y avait pas de moteur nucléaire, pas de fusées, pas de réacteurs. Certains du R&D cherchèrent à adapter le système de guidage du vaisseau à la technologie actuelle. Mais des années 1960 aux années 1970, ils échouèrent pour le rendre opérationnel. Le vaisseau de Roswell était capable de déplacer la gravité à travers la propagation d'ondes magnétiques. Une fois ceci découvert, les Ingénieurs cherchèrent comment le vaisseau pouvait contenir sa capacité électrique et comment les pilotes pouvaient vivre à l'intérieur d'un champ magnétique.
Le résultat ne serait pas seulement une grande découverte, mais aussi des bénéfices chiffrés en milliards de dollars au travers de contrats de développements pour une nouvelle génération d'appareils militaires aériens et de sous-marins.
Les premières révélations sur la nature du vaisseau et son interface avec le pilote arrivèrent très rapidement pendant les premières années de tests à Norton. L'Air Force découvrit que le véhicule entier fonctionnait comme un conducteur géant. Le vaisseau stockait lui-même l'énergie nécessaire pour propager la vague magnétique afin de le soulever afin qu'il puisse atteindre des vitesses supérieures à 7000 km/h.
Les pilotes n'étaient pas affectés par la force G durant l'accélération parce qu'à l'intérieur du vaisseau, tout se passait comme si la gravité était pliée autour de l'onde développée par le vaisseau. C'était peut-être comme voyager à l'intérieur d'un ouragan. Mais comment l'interface travaillait-elle entre les pilotes et l'onde générée ?
Corso écrivit dans son rapport à Trudeau que le secret de ce système pouvait se trouver dans le vêtement que portait les créatures. Ces créatures n'étaient pas simplement les pilotes d'un véhicule, elles étaient partie intégrante du circuit électrique de ce véhicule, le déplaçant de la même façon que l'on bouge un muscle. Le vaisseau était simplement une extension de leurs propres corps parce qu'il était lié à leurs systèmes neurologiques. Donc ces créatures étaient capables de survivre de manière prolongée à l'intérieur d'un haut champ d’énergie en devenant le circuit primaire de contrôle de l'onde.
Elles étaient protégées par leurs vêtements qui les recouvraient de la tête aux pieds. Leurs vêtements les rendaient capables de faire un avec le vaisseau, de faire partie de l'onde. En 1947, c'était une technologie si nouvelle qu'elle était effrayante et frustrante. Si les Américains pouvaient reproduire seulement la source d'énergie de l'appareil, ils obtiendraient une technologie qui dépasserait toutes les formes de propulsions à réactions classiques.
C'est ce qu'ils essayent encore de faire aujourd'hui, 50 ans après le crash de Roswell.
Corso voulait commencer son propre rapport avec les rapports d'autopsies des Extraterrestres et ensuite sur ce qu'ils pouvaient comprendre de la technologie du vaisseau spatial.
Corso entra dans le bureau du Général Trudeau et dit : "Voici le rapport que vous attendez, mon Général".
Ce rapport contenait bien plus que Trudeau ne le pensait parce que le sujet était nouveau et compliqué. Corso savait qu'il traitait de quelque chose qui pouvait changer le monde. Il était dans les R&D et avait la responsabilité de ce matériel comme le Général Twining l’avait prédit, 50 ans plus tôt.
Corso avait trouvé des pièces d'un puzzle pour une nouvelle ère de technologie. Pendant des années, les Scientifiques avaient imaginé ce que pourrait être un voyage dans l'espace, spécialement depuis que les Russes avaient lancé Spoutnik. Les plans pour une base militaire lunaire étaient développés par l'Armée dans les années 50 sous la responsabilité du Général Arthur Trudeau mais cela avait été stoppé en raison de la création de la NASA. Ces plans avaient pour but de se confronter avec les problèmes de voyage dans l'Espace. Mais le vaisseau montrait qu'une race extraterrestre s'était adaptée elle-même au voyage dans l'espace, aux différentes gravités, aux rayons cosmiques et aux ondes magnétiques.
Tout ce qu'avaient à faire les R&D, c'était utiliser les vastes ressources militaires et industrielles à leur disposition pour récolter les fruits de cette technologie.

9 – Les projets démarrent

« C’est un rapport diabolique », dit le Général Trudeau, en regardant la liasse de papiers que Corso lui avait emmené ce matin-là. Corso avait attendu depuis 6h00 du matin son retour au Pentagone. «Que faites-vous? Vous avez passé la nuit à écrire?»
« J’ai fait quelques heures supplémentaires » dit Corso, « je ne veux pas passer trop de temps avec ce dossier dingue quand les gens sont supposés travailler. »
Le Général sourit mais au fond était impressionné.
La Recherche militaire et les Agences de développements étaient mises sous pressions par le Congrès afin d’obtenir des succès. Le projet Horizon dormait dans sa propre armoire et prenait la poussière.
Il y avait un intérêt croissant dans l’Armée sur le fait qu’elle soit impliquée avec les Français en Indochine contre le Vietcong.
C’était une guerre que les Américains ne pouvaient pas gagner mais qui pomperait toutes les ressources de la vraie guerre avec l’Europe de l’Est.
Donc, plutôt que de marquer quelques buts, le Général Trudeau avait besoin de projets pour garder les Agences civiles sous pression et empêcher la fuite de leurs ressources.
Le Général Trudeau poussa pour un plan tactique.
« Nous savons ce que nous voulons faire, mon Général » dit Corso, « et voila comment j’aimerais commencer. »
Corso expliqua qu’il voulait compiler une liste de toutes leurs ressources humaines, comme les scientifiques Allemands sur les fusées qui travaillaient à Alamogordo et White Sand. Corso avait rencontré beaucoup de spécialistes sur les systèmes de guidages de missiles pour le programme de missiles guidés à Red Canyon.
C’étaient ces gens que Corso voulait rassembler dans un ‘Brain Trust’. Des gens avec lesquels il pourrait parler des étranges objets qui n’étaient pas originaires de la Terre.
C’étaient ces Scientifiques qui pourraient lui dire quoi faire de tout cela.
« Et après ce ‘brain trust’ », demanda Trudeau, « Quoi ? »
« Opposez-les à ces technologies » dit Corso. Il savait qu’ils (Trudeau et lui) marchaient en aveugle avec ce matériel. Ils ne pouvaient pas parler de tout ça avec la Communauté scientifique et académique parce qu’ils auraient perdu rapidement le contrôle de leurs secrets.
D’un autre côté, beaucoup de ces secrets concernaient l’armement et il y avait des règles très strictes sur ce qu’ils pouvaient dévoiler ou non sans les autorisations appropriées.
Mais leur ‘brain trust’ était inestimable. Et avec les bonnes orientations et contrôles de sécurité, ils pourraient donner leurs secrets.
« Quels Scientifiques avez-vous en tête? » demanda Trudeau.
« Je pense à Robert Sarbacher » dit Corso, « Wernher von Braun, bien sûr, Hans Kohler, Hermann Oberth, John von Neumann. »
« Que savent-ils sur Roswell ? » voulut savoir Trudeau. S’ils avaient été consultés en 1947 sur le matériel de Roswell, comme Wernher von Braun l’avait été par le Général Twining, alors ils ne révéleraient aucuns secrets. S’ils ne savaient rien sur le crash, alors ils prendraient des risques en divulguant des informations classées au-dessus du Top-secret.
Trudeau voulait savoir à quel point il était risqué d’impliquer ces Scientifiques. Mais Corso le rassura sur le fait que tous savaient déjà quelque chose sur Roswell en raison de leurs relations avec les R&D.
Durant l’Administration Eisenhower, l’information à propos des recherches classifiées sur les Extraterrestres était filtrée par le bureau des R&D parce que la tête des R&D était une des premières personnes membres du groupe à l’origine.
« J’étais à la Maison Blanche quand Sarbacher était dans le comité, mon Général » dit Corso, « Je suis presque sûr qu’il était dans le secret avec Hermann Oberth. Il m’a toujours dit que les objets que l’on voyait sur les radars à Red Canyon, et qui disparaissaient, étaient probablement du même genre que le vaisseau extraterrestre récupéré à Roswell. Donc il savait, mais je ne sais pas comment. »
« Hé bien! Ce sont en fait de bonnes nouvelles » dit le Général Trudeau, « Je ne voudrais pas être celui qui autorisera la diffusion d’information classifiée à quelqu’un qui n’en connaissait au préalable, rien et je ne veux pas vous mettre dans la position, d’avoir à expliquer, aux plus hautes autorités, la raison de la diffusion d’informations top-secrètes à des gens sans autorisations, même pour la sécurité du pays. »
Corso apprécia tout cela, mais pour que leur plan réussisse, ils avaient besoin de l’aide d’experts comme von Braun, Oberth et Sarbacher.
« Comment allez vous les approcher? » demanda Trudeau.
« Nous devons d’abord faire un inventaire de tous les contrats industriels avec la Défense que nous pourrons gérer, mon Général » dit Corso, « Mêler les contrats et les systèmes que nous développons avec le matériel que nous possédons pour voir comment ils l’adapteront. Ensuite nous introduirons les Scientifiques pour consultation afin d’être sûr de ce que nous avons. »
« Voyons une première liste de production potentielle » suggéra le Général, «pour voir où nos contrats nous emmènent et où les Scientifiques peuvent aider. Et vous savez ce qui se passera alors ? » questionna Trudeau.
"Nous allons vous coller dans des vêtements civils et vous envoyer sur la route pour rendre visite à nos amis qui ont des contrats avec la Défense"
"Je ne vais quand même pas y aller avec mes décorations" s'enhardit Corso en plaisantant.
"Je veux que personne ne sache qu'un lieutenant Colonel en bonne place sur la liste de recherche de la CIA, rend visite aux entreprises impliquées dans les différents contrats avec la Défense, qui plus est équipé d'une mystérieuse mallette pleine de trucs que personne ne connaît. On ne va quand même pas vous mettre un écriteau !" Il rigola. Cet après-midi là, Corso retourna à son rapport sur l’EBE et son vaisseau et commença à faire la liste des énigmes qu’il contenait et les opportunités pour de nouvelles productions qu’il représentait.
Quel était le moteur ou l’énergie utilisée par ce vaisseau? il n’avait pas de propulseurs, pas de réacteurs. Il n’avait pas de système de propulsion comme les V2, il ne contenait aucun carburant. À la base de Norton où le vaisseau fut éventuellement rangé, les ingénieurs étaient émerveillés par le prodigieux amalgame du cuivre le plus raffiné et de l’argent le plus pur encore jamais vu qui recouvrait l’extérieur du vaisseau.
Ce métal était remarquable par sa conductivité, comme si le vaisseau en entier était un circuit électrique n’offrant aucune résistance au courant.
C’était quelque chose que les techniciens ne pouvaient dupliquer. Dans les années 50, à la base de Norton, deux prototypes du vaisseau extraterrestre furent fabriqués mais ils n’eurent jamais la puissance du vaisseau qui s’était écrasé.
À la place, on mit des générateurs de fusion nucléaire mais ils étaient inefficaces et dangereux. Même le générateur nucléaire qui fournissait l’énergie pour les satellites Soviétiques et Américains dans les années 60 était inefficace pour les besoins de la réplique du vaisseau spatial.
Donc la question restait entière : quelle était l’énergie du vaisseau spatial ?
Corso fit la liste de toutes ses découvertes:
Le vaisseau en forme de croissant n’a pas de systèmes de contrôles directionnels que nous connaissions. Il n’y a pas de manettes, pas de roues, pas de pédales, pas de câbles, pas de vannes, pas de volets ou gouvernes. Comment ces Créatures contrôlaient ce vaisseau et comment contrôlaient-elles la vitesse, accélérant d’un point stationnaire, comme un hélicoptère, à des vitesses supérieures à 7000 miles/h en quelques secondes?
Comment ces créatures étaient protégées des forces d’accélération ? les pilotes pendant la Deuxième Guerre mondiale devaient porter une combinaison spéciale pour diffuser l’oxygène et éviter le ‘black out’. Mais rien ne fut trouvé dans les vêtements de ces Créatures qui indique qu’elles devaient faire face au même problème.
Leur vaisseau pouvait manoeuvrer dans des forces d’accélération, 10 fois supérieures à celles de nos pilotes. Comment les géraient-elles ?
Pas de contrôle, pas de protection, pas de source d’énergie, pas de carburant. Ce sont les éléments que Corso lista. À côté de ceci, Corso nota que:
Le vaisseau lui-même était un circuit électrique
Que les vêtements de vols – ‘peaux de vols ’ est une meilleure description- que les Créatures portaient étaient faites d’une substance dans laquelle la structure atomique était allongée, renforcée dans sa longueur, pour fournir un sens directionnel à tout courant qui y était appliqué.
Les Ingénieurs découvrirent que cette peau était un conducteur pur, fonctionnant comme la peau du vaisseau lui-même et qu’elle était destinée à protéger leurs porteurs, tout en conduisant un champ électronique de quelconque nature. Où était la jonction physique entre le pilote et le vaisseau ? Est-ce que c’était le pilote lui-même qui servait de commutateur ?
Corso nota le ‘ bandeau de tête ’ avec ses senseurs qui avait tant intrigué les Officiers à Roswell et qui le fascinait aussi. Si, comme il le supposait, cet objet récupérait les signatures électroniques du cerveau des Créatures, qu’en faisait-il ?
Corso pensait que cet objet transmettait les ondes électroniques du cerveau au système de commande du vaisseau pour contrôler la vitesse, la direction et la hauteur. Peut être que ce ‘bandeau de tête’ devait être ajusté individuellement à chaque pilote ou peut être que le pilote était calibré au ‘bandeau de tête’. De toute façon, ces ‘bandanas’ étaient les interfaces entre le pilote et le vaisseau. Mais cela ne résolvait pas la question de l’absence de câbles, de manettes ou de volants.
Peut être la réponse était non pas dans la forme des contrôles mais dans la façon dont le vêtement, le ‘bandana’, le cerveau de la Créature et le vaisseau en entier travaillaient ensemble. En d’autres termes, quand Corso regardait la fonction entière du système, la synchronisation entre le ‘bandana’, la conductivité du vaisseau et la structure des peaux qui travaillaient aussi comme un circuit, il pouvait concevoir comment les informations de pilotages pouvaient être envoyées du ‘bandana’ par une sorte de courant traversant les peaux et entrant dans une sorte de panneau ou se trouvait des empreintes de mains des Créatures.
Ces empreintes sur les panneaux, comme les décrivent les rapports, ressemblaient aux empreintes de mains laissées au « Grauman’s Chinese theater » à Hollywood.
Les instructions électroniques étaient transmises directement du cerveau de la Créature, puis le long de son corps et ensuite à travers les panneaux dans le vaisseau lui-même. Comme si ce vaisseau n’était qu’une partie du corps de la créature
Toutefois quelque chose manquait encore : Les moteurs.
A nouveau, Corso retombait dans l’idée de fonctions aux delà des structures. Les débris et le vaisseau indiquaient qu’un moteur ne s’était pas détaché au moment du crash. Ce qu’ils ont trouvé c’est que le vaisseau semblait avoir la capacité d’accumuler, comme un condensateur, une grande quantité de courant.
Et si le vaisseau était lui-même le moteur, avec un courant continu provenant d’une autre source, qu’il stockait comme un grand condensateur ? Cela reviendrait à charger des batteries pour une voiture électrique et de la conduire jusqu’à ce que ses batteries soient vides. Ce n’est pas diffèrent d’une voiture que l’on remplit d’essence ou d’un avion plein de carburant volant et atterrissant avant la panne sèche.
Corso suspectait le vaisseau de Roswell de n’être qu’un condensateur qui stockait le courant, qui était dirigé et contrôlé par le pilote et était capable de se recharger d’une façon ou d’une autre.
Mais quels étaient les moyens de propulsion et de direction ? S’il y avait une force qui fonctionnait comme ils le pensaient, cela n’expliquait pas comment elle était créée et dirigée. Début Septembre 1947, les Scientifiques qui étaient allés à Wright Field pour voir les débris, spéculèrent que le potentiel électronique de l’appareil de Roswell rappelait les expériences d’anti-gravité des Allemands et des Anglais de 1920 à 1930.
Le Général Twining fut cité pour avoir mentionné plus d’une fois le nom de l’Ingénieur Électricien Serbe, inventeur du courant alternatif, Nikola Tesla. Son nom revenait souvent dans la conversation parce que les Scientifiques qui avaient examiné le vaisseau endommagé avaient décrit la façon dont il devait convertir un champ électromagnétique en un champ d’anti-gravité.
Et bien sûr le vaisseau rappelait l’avion de combat Allemand qui avait fait son apparition vers la fin de la Deuxième Guerre Mondiale mais qui était en développement depuis les années 30.
Tesla et un certain nombre d’autres Scientifiques Européens avaient été les pionniers dans la conversion restreinte de petites zones d’anti-gravité à partir de champs magnétiques.
Toutefois, l’effort pour développer des avions à anti-gravité ne porta jamais ses fruits parce que l’essence et les réacteurs fournirent une parfaite réponse à la technologie d’armement.
Mais la théorie de l’antigravitation n’était pas inconnue même si elle n’était pas très bien comprise et sans une source d’énergie comme une petite pile nucléaire, rien n’était réalisable.
Et si le vaisseau était capable de porter assez d’énergie et avait une capacité de stockage pour garder son énergie, comme une batterie volante très avancée ? Alors il devait avoir toute l’énergie nécessaire pour propager et générer une vague directionnelle par déplacement de ses pôles magnétiques.
Si la théorie de l’onde magnétique portée, émise par des ingénieurs comme Paul Biefeld et Townsend Brown dans les années 20, à l’Institue de Californie pour les Études Avancées, était fidèlement rapportée, alors la théorie sur le vol par anti-gravité existait avant la Deuxième Guerre Mondiale.
En fait, des prototypes en forme de disques étaient sur les planches à dessins de l’Institute de Californie avant la guerre. Personne n’y prêta attention aux USA. Les Allemands avaient développé et fait voler des soucoupes volantes, même si cela n’a pas eu d’impact dans le déroulement de la guerre, à part stimuler une course entre les USA et la Russie pour récupérer le plus possible de technologie Allemande. Ainsi, même si les ingénieurs avaient tenté de fabriquer des avions en formes d’ailes avec succès, le vaisseau spatial de Roswell avec sa vraie « fonctionnabilité » qui dépassait tout ce qu’ils savaient en la matière de voyage dans l’espace, représentait un challenge technique bien réel pour les scientifiques.
Ils savaient ce que faisaient les EBEs mais ils ne pouvaient pas le dupliquer. Les rapports, de Corso pour les R&D, analysaient les types de technologies qu’ils devraient développer pour construire une défense crédible contre ce vaisseau ou pour en construire un, eux-mêmes.
Dans ces notes pour le Général Trudeau, Corso passa en revue toutes les implications technologiques qu’ils pourraient récolter du vaisseau de Roswell.
Il écrivit aussi ce qu’il comprenait de la technologie par champ magnétique et comment des Ingénieurs non conventionnels avaient brouillonné des prototypes ‘anti-gravitationnels’ pendant le siècle.
Corso suggéra que tout ceci pointait dans la même direction: Ils possédaient un vaisseau et pouvaient exploiter industriellement ses composants en incluant cette énergie d’anti-gravité et le contrôle de navigation par ondes cérébrales.
Pour cela, ils devaient avoir le conseil de Scientifiques qui pourraient éventuellement faire partie de leurs ‘brain trust’, des individus en qui ils pourraient faire confiance et mieux élaborer sur les débris de Roswell.
C’étaient ces Scientifiques qui travaillaient habituellement avec les premiers fournisseurs des R&D et pourraient leur dire comment les aborder dans leurs branches respectives au R&D pour des consultations privées et sécurisées.
Corso espérait que l’évaluation des éléments qu’ils possédaient de l’EBE et de son vaisseau pourrait leur apporter quelques solutions sur les problèmes physiologiques connus des Astronautes durant les vols spatiaux.
Au début des années 60, les Astronautes Américains et Russes avaient fait leurs premiers vols orbitaux et avaient subi les effets négatifs de l’apesanteur pendant leurs missions.
Malgré les déclarations officielles selon lesquelles l’Homme pouvait voyager dans l’espace, les médecins disaient que même de courtes périodes en apesanteur désorientaient extrêmement les Astronautes et que plus le vol était long, plus les symptômes devenaient inconfortables.
La perte de force physique les tracassait, la réduction de la capacité musculaire du coeur et du diaphragme, la réduction de la capacité des poumons et la perte de résistance à la flexibilité des os.
Les Créatures éparpillées sur le sol désertique de Roswell semblaient complètement adaptées au voyage spatial. Le simple fait de pouvoir les examiner était une énorme opportunité.
L’oxygène renouvelable et les provisions de nourriture étaient les directions à prendre et dans les années 60, les Ingénieurs de la NASA étaient prêts à concevoir des façons de recharger l’atmosphère à l’intérieur d’une capsule spatiale et de fournir de la nourriture.
Les R&D donnèrent un coup de main. Ils développèrent un processus d’irradiation de la nourriture qui fournit encore aujourd’hui les bases de la nourriture non réfrigérée dans les vaisseaux spatiaux.
Mais la réadaptation du corps humain à la gravité terrestre après un voyage en apesanteur était un autre problème à résoudre.
La physiologie des EBEs fournissait un important indice. Ils devaient examiner la façon d’entraîner les Astronautes physiquement, de façon à ce qu’ils soient plus adaptés aux périodes en apesanteur et à la désorientation spatiale. Dans le même temps, ils devaient développer des rations nutritionnelles qui ne seraient pas exagérées dans un système digestif qui aurait besoin de compenser la perte de la gravité.
Il n’y avait pas de moyens de préparer de la nourriture à bord du vaisseau de Roswell et ils ne savaient pas comment ils stockaient la nourriture ou même la nature de ce qu’ils mangeaient.
S’ils devaient voyager dans l’espace, il était clair avec ce que l’Armée avait trouvé à Roswell, qu'une Culture avait, en fait, développé la technologie pour y arriver, alors les R&D devaient trouver un moyen pour nourrir les pilotes dans l’Espace.
Mais avant, ils devaient développer un moyen pour préserver la nourriture qui ne nécessiterait pas une réfrigération ou une consommation excessive d’énergie.
Le problème des voyages spatiaux longue distance n’était pas encore résolu, en partie, parce qu’ils comptaient sur les moyens de propulsions conventionnels qui mettraient les Astronautes dans de grandes périodes de tensions physiques.
Ils n’avaient pas non plus de moyens pour réadapter les Astronautes à la gravité Terrestre après un long voyage dans l’espace comme la station Russe MIR.
Corso suggéra à Trudeau, dans son rapport, que ce n’était pas explicitement la mission des R&D. La NASA devrait commencer à préparer les Candidats astronautes dès leur entrée à l’école.
« Si nous entraînons nos Astronautes depuis leur enfance comme nous le faisons pour les athlètes, nous créerons un groupe d’Officiers capables, physiquement, d’entrer dans la nouvelle génération de voyage dans l’Espace. » fit valoir Corso. Il sut que Trudeau avait passé cette recommandation à la NASA parce qu’elle créa un camp d’entraînement pour les futurs Astronautes quelques années à peine après le départ de Corso de ce service.
Derrière l’entraînement des Astronautes pour les voyages spatiaux avec des moyens conventionnels, l’examen de l’EBE et du système de propulsion possible du vaisseau laissait d’autres interrogations.
Et si, en plus d’être bio-fabriqués pour les voyages spatiaux, les EBEs n’étaient pas soumis aux mêmes forces que celles auxquelles les pilotes humains devaient faire face?
Si les EBEs utilisaient une technologie par propagation d’ondes comme propulsion par anti-gravité, alors ils voyageaient à l’intérieur d’une sorte d’onde électromagnétique ajustable. Corso suggéra à Trudeau d’étudier les effets physiologiques sur les humains après une longue exposition à cette sorte d’énergie générée par la propagation d’une onde électromagnétique. Les biologistes avaient besoin de déterminer comment cette radiation pourrait désorganiser l’activité des cellules dans le corps humain. Peut-être que la peau externe, en un seul morceau, portée par les EBEs, leur offrait une protection contre les effets d’une onde électromagnétique.
Bien que les R&D de l’Armée n’entreprirent jamais ces études parce que les problèmes médicaux sur les voyages spatiaux étaient gérés par la NASA à travers des contrats avec les Militaires, des recherches médicales indirectes furent conduites des années plus tard. Les études relatives aux effets physiologiques sur des personnes vivant à côte des lignes à hautes tensions et sur celles utilisant des téléphones portables furent peu concluantes.
Bien que certaines personnes argumentaient qu’il y avait de hautes incidences sur ces groupes de personnes, d’autres argumentaient du contraire.
Derrière tout ça, pour que l’Homme puisse atteindre des destinations au-delà du système solaire, une technologie de propulsion radicalement différente était nécessaire pour atteindre la vitesse de la lumière ou au-delà.
Dans l’esprit de Corso, ce n’était rien de plus qu’une confirmation des recherches sur l’électromagnétisme des années 20, des expériences sur les soucoupes pour les développements d’un vaisseau par les Alliés montraient la voie pour une nouvelle génération d’appareils.
Corso savait que ses rapports étaient lus dans les hautes sphères de l’Armée parce que la recherche top-secrète a continué jusqu’à nos jours sur les concepts et les systèmes de propulsions du Chasseur Furtif ainsi que des prototypes de bombardiers sub-orbitaux, développés à Nellis et Edwards, pouvant voler à des vitesses supérieures à 7000 miles/heure.
Après avoir fini son rapport sur les opportunités qu’ils pouvaient tirer des EBEs et du vaisseau, Corso tourna son attention sur une petite liste des opportunités immédiates qu’ils pouvaient atteindre aux R&D avec les éléments récupérés dans le crash.
Il s’agissait de choses spécifiques, pas comme les questions théoriques sur la physiologie des EBEs ou de leur vaisseau. Bien que pour certains, ces objets soient banals, chacun de ces objets, avec intervention directe des R&D, engendrerait une industrie technologique complète de laquelle sortirait de nouvelles armes militaires.
Parmi les objets de Roswell, les questions et les problèmes issus du crash et pointés sur la liste préliminaire de Corso, qui nécessitaient un plan de développement ou simplement une étude de la part des Scientifiques militaires, se trouvait ce qui suit :

Intensificateurs d’images, qui deviendraient plus tard la « vision de nuit »
Fibre optique
Fibres « super résistance »
Lasers
Alliage métallique avec alignement moléculaire.
Circuits intégrés et miniaturisation des circuits logiques.
HARP (High Altitude Research Project)
Projet Horizon (base lunaire)
Pile atomique portable (énergie à propulsion ionique)
Nourriture irradiée
« Troisième cerveau » système de guidage (bandeau de tête EBE)
Faisceau à particules (« Star Wars » armes anti-missiles)
Systèmes de propulsions électromagnétiques.
Projectiles d’uranium appauvri.
Pour chacun de ces articles dans la liste de Corso, le Général Trudeau chercha dans les fichiers des ressources humaines et trouva les noms de Scientifiques qui travaillaient sur des projets de la Défense ou sur des projets Alliés dans les Universités où Corso pourrait se rendre pour des conseils et des consultations. Corso ne fut pas surpris de voir Von Braun apparaître à chaque problème de propulsion de fusée.
Von Braun avait été enregistré en 1959 lorsqu’il avait annoncé que les Militaires Américains avaient acquis une nouvelle technologie suite à des recherches top-secrètes sur les ovnis.
Corso ne fut pas surprit non plus de voir le nom de John von Neumann à côté de la mention de l’étrange tranche en silicone avec des empreintes argentées. « Si c’est ce à quoi je pense, alors ça devrait être » dit le Général Trudeau, « des circuits imprimés. Il n’y a qu’une seule personne à qui nous pouvons en parler »
Le Dr Robert Sarbacher était une personne importante à contacter dans notre liste parce qu’il avait déjà travaillé au « Research and Development Board » pendant l’Administration Eisenhower.
Non seulement Sarbacher avait été consulté par les membres de l’Amiral Hillenkoeter et par le Groupe de travail sur les ovnis du Général Vandenberg dans les années 50, mais il avait fait partie, aussi, de la décision originale du Général Twining pour envoyer tous les débris de Roswell à Wright Field pour examens préliminaires avant de les envoyer à la Recherche militaire.
En 1950, Sarbacher, commentant la nature des débris, dit qu’il était sûr que la légèreté et la solidité de ces matériaux devraient être très soigneusement étudiées par les laboratoires gouvernementaux qui avaient pris possession des débris après le crash. Parce qu’il était bien informé sur la nature des débris de Roswell, le Dr Sarbacher était un autre candidat pour les R&D.
Ils listèrent aussi le Dr Wilbert Smith qui dans un mémo au contrôleur des télécommunications, en Novembre 1950, avait demandé au gouvernement Canadien d’enquêter, avec urgence, sur la nature de la technologie extraterrestre que les USA avaient récupéré de véhicules extraterrestres crashés. Il implora le gouvernement de faire un effort substantiel pour utiliser la technologie extraterrestre.
Le Général Trudeau plaisanta sur le fait que même si le Dr Smith savait qu’ils avaient récupéré de la technologie à Roswell, il ne savait pas réellement ce que c’était. « Je suis impatient de voir sa tête lorsque vous ouvrirez votre serviette devant lui » dit le Général Trudeau.
Chacun de ces Scientifiques maintenait des relations avec beaucoup de fournisseurs de la Défense durant les années 50.
Le Général Trudeau avait aussi des relations avec des fournisseurs de l’Armée qui travaillaient sur des nouveaux systèmes d’armements pour les Militaires.
Il s’agissait d’entreprises comme, Bell Labs, IBM, Monsanto, Dow, General Electric, et Hughes avec qui le Général Trudeau voulait discuter des produits technologiques qu’ils avaient compilés dans le dossier de Roswell aux R&D.
« Vous allez commencer à appeler nos amis Scientifiques » dit le Général Trudeau, « et prendre tous les rendez-vous que vous voulez. ».
« Où serez-vous mon Général?» demanda Corso.
« Je vais aussi faire quelques voyages «  dit il »d’abord aux chefs d’Équipes de Recherche pour être sûr que nous aurons le budget dont nous avons besoin et ensuite à quelques personnes auxquelles je veux parler une fois que vous aurez eu les informations de la part de la Communauté Scientifique sur les projets de votre liste. »
« Par où commencer d’abord ? » demanda Corso.
« Qu’aimeriez vous ? » répondit le Général
« Nous allons travailler sur les intensificateurs d’images pour quelques temps » dit Corso, « Nous avons même en mains les articles sur lesquels travaillaient les Allemands à la fin de la guerre. »
« Hé bien, pourquoi ne faites-vous pas un voyage préliminaire à Fort Belvoir » dit le Général Trudeau, « ils ont un projet de vision de nuit en gestation depuis les 10 dernières années, mais il ne donne rien de comparable à ce que vous avez en votre possession. »
« Je m’occupe d’abord de ça » dit Corso.
« Oui mais vous allez quitter cet uniforme et mettre un vrai costume d’avocat » ordonna le Général, « et ne prenez pas votre voiture ringarde » Trudeau vit Corso faire les gros yeux.
« Tout ce que vous allez faire, c’est d’alimenter un projet », continua Trudeau, « Ils ont aussi des voitures ringardes, mais vous allez leur donner un choc. Après les avoir vus, vous disparaîtrez et j’assignerai un projet de vision de nuit ici pour en suivre le développement. »
« Personne ne le saura » dit-il, «comme vous l’imaginez, la visionneuse de nuit de Roswell va certainement faire germer une graine dans l’esprit de quelqu’un à Fort Belvoir puis elle fera partie d’un long projet historique. Elle disparaîtra, comme vous, dans l’histoire du développement. »
« Oui, mon Général » dit Corso, il réalisa combien ce travail serait solitaire.
« Bonne chance, Phil » dit le Général Trudeau, « soyez sûr que personne ne sache ce que vous faites et je ferai en sorte que vous ayez tout le budget dont vous aurez besoin ».
Ça n’était le début.
Corso salua le Général mais celui-ci tendit sa main que Corso serra.
Un Lieutenant Général affectant l’argent pour son budget de développement et un Lieutenant Colonel cherchant quelqu’un pour développer une protection visuelle inoffensive qu’un GI inconnu avait ramassé dans le sable à côté d’un ovni qui s’était écrasé sur des cailloux du côté de Roswell pendant un orage 40 ans plus tôt.
Quelle paire faisaient-ils ?!

10 – Intentions hostiles et l'autre Guerre Froide

Le projet avait officiellement commencé.
Le Général Trudeau alla voir son patron au Pentagone pour démarrer le processus de financement des nouveaux éléments identifiés dans leur budget de R&D. Corso rentra chez lui et essaya son costume trois pièces.
Le Président Eisenhower avait dit une fois à Corso qu’il croyait toujours un homme qui portait une veste, Corso ne l’avait jamais oublié.
Bien que certaines fois le Président lui ait demandé de porter son uniforme pour des réunions spéciales où il devait avoir le look militaire, Corso portait, habituellement, un costume pendant son travail. Mais après des années passées à la base de missiles de Red Canyon et en tenue de combat en Allemagne, Corso avait perdu l’habitude de porter des vêtements civils.
Néanmoins, après toutes ces années, il devrait à nouveau être en civil, comme tous les autres gars de l’extérieur faisant leur journée de 9 à 17 heures à Fort Belvoir, sans doute la base militaire la plus importante dans tout le dispositif militaire de Washington.
Fort Belvoir était une de ces bases où les activités d’entraînements et les tests d’armes étaient une efficace couverture de ce qui serait connu comme le secret vital de Fort Belvoir. Le Fort se trouvait à 30 minutes du Pentagone et c’est là-bas que s’effectua une des recherches les plus secrètes sur la technologie des ovnis.
Belvoir hébergeait l’École militaire des Services techniques et entretenait une base de données, vitale sur les tests de balistiques et sur les développements de nouvelles armes.
Mais sur sa face cachée, Fort Belvoir était le berceau où les officiers du NSC (National Security Coucil), qui avaient le niveau de sécurité approprié, pouvaient s’entraîner.
Même des années après le départ à la retraite de Corso, des histoires traînaient encore à propos d’archives sur les ovnis qui étaient stockées à Fort Belvoir, celles-ci incluant des photos et même des films sur la récupération de vaisseaux extraterrestres par les Militaires.
Ce que quelques personnes savaient, c’est qu’il y avait une unité d’élite de l’Air Force qui opérait à l’extérieur de Fort Belvoir qui était responsable de la récupération des ovnis tombés. C’est pourquoi Fort Belvoir devint le dépôt des films classifiés sur les ovnis.
Ces secrets sont restés à Fort Belvoir, gardés de très près, pendant des années et à la longue, ce stockage s’est enveloppé de mystère.
Pour ceux qui suspectent le genre d’information préservée, Fort Belvoir garde une partie des légendes entourant la censure militaire sur les ovnis.
Corso était en route pour cette base afin de parler du projet de vision nocturne et pour voir les dossiers Allemands de la Deuxième Guerre Mondiale qu’ils possédaient sur les viseurs infrarouges que les Nazis essayaient de déployer pour leurs troupes de combats nocturnes.
Ces viseurs étaient encombrants, peu maniables, pesaient très lourds et encombraient beaucoup l’infanterie. Ces viseurs ne furent jamais efficaces pour la guerre mais ils montraient l’énorme promesse que pouvait avoir une armée qui pourrait manoeuvrer autour d’un ennemi aveugle et impuissant.
C’était la promesse qui tourmentait aussi bien les forces Soviétiques qu’Américaines dans les derniers mois de la guerre, au moment où ils approchaient des installations des armes secrètes Allemandes.
Les forces Américaines mirent en sécurité toutes les archives Allemandes sur les viseurs nocturnes mais ce n’est que lorsqu’ils regardèrent dans le vaisseau tombé à Roswell, et qu’ils notèrent de l’intérieur cette aube brumeuse, qu’ils réalisèrent le potentiel de la vision nocturne.
Ils le comprirent peu après que le véhicule ait été emmené à Wright Field et que le Général Twining ait fait son rapport initial sur le fait qu’ils étaient un ennemi aveugle et impuissant, face aux EBEs.
Ces Créatures contrôlaient nos cieux noirs. Ils observaient les humains avec une facilité qui n’amusa pas les Américains jusqu’à ce qu’ils aient à leur tour leurs propres lunettes de vision nocturne, des années plus tard, leur permettant ainsi, d’élever le niveau de jeu.
L’Oldsmobile bleue de Corso n’était sûrement pas une arme secrète de l’arsenal Américain mais elle transportait la description d’un minuscule composant qui deviendrait une des armes les plus efficaces de la Guerre Froide.
Les Guérilleros utilisent la nuit, elle-même, comme arme pour passer les lignes ennemies sans être repérés. Mais si vous équipez un groupe de combat avec des lunettes de vision nocturne, montées sur des chars ou des véhicules d’observations ou sur un hélicoptère au-dessus de la zone de combat, et que soudainement la nuit devienne le jour et que les ennemis invisibles deviennent visibles dans votre viseur, ils sont comme une proie pour un chasseur.
Pour les EBE, les Humains étaient les proies et ils savaient que ces EBEs surveillaient leurs défenses, étudiant les avions qu’ils envoyaient pour les chasser, planant également autour des satellites expérimentaux qu’ils lançaient. Ils pouvaient les voir sur les radars.
Les EBEs avaient un avantage sur eux tant qu’ils n’auraient pas acquis une habilité technologique suffisante pour avoir une défense pouvant sérieusement réduire leurs pertes et ainsi éviter une guerre de grande ampleur.
Ce n’était pas seulement un avantage de récupérer le maximum de technologie extraterrestre lors des rencontres avec eux, mais c’était aussi un des facteurs qui les obligeait à garder le silence sur la présence extraterrestre.
S’il n’y avait pas d’ennemi public, il n’y aurait pas de pression de la part du public pour qu’ils fassent quelque chose. Ils nièrent donc tout de l’activité extraterrestre mais pendant ce temps, ils planifièrent, mesurèrent leurs intentions hostiles et poussèrent le développement d’armes qui réduiraient l’avantage des EBEs.
Tout cela n’aurait pas été possible si les Américains n’avaient pas reçu d’aide de la part de leurs vieux adversaires, les Russes et les Chinois.
Les Soviétiques ne laissaient aucun doute sur leurs intentions de dominer le monde à travers leur révolution Communiste et défiaient les USA même avant la fin de la Deuxième guerre Mondiale.
En 1948, le rideau de fer était tombé sur l’Europe de l’Est et les Soviétiques essayaient de mettre les USA dans une position d’asservissement.
C’étaient des temps difficiles, pas seulement pour le monde libre mais pour le monde entier qui était sous menace militaire et sous une emprise bien plus grande que les forces combinées de l’Amérique, de la Russie et de la Chine.
Ils ne savaient pas, au début, ce que les EBEs voulaient mais ils savaient qu’entre les mutilations de bétail, la surveillance de leurs installations d’armements secrètes, les étranges rapports sur les enlèvements d’êtres humains, leurs bourdonnements incessants autour des lancements, habités ou non, dans l’Espace, les EBEs n’étaient pas seulement des visiteurs amicaux et courtois disant, « Hello ! Nous ne vous voulons pas de mal ». Ils leurs voulaient du mal et les Américains le savaient. Le problème était qu’ils ne pouvaient rien faire, et tout ce qu’ils essayeraient de faire devrait rester secret, à défaut ça créerait une panique mondiale, pensaient-ils.
La Guerre froide était une énorme opportunité pour eux, parce qu’elle leur permettait d’améliorer leurs préparations militaires pour combattre, publiquement, les Communistes pendant que secrètement ils créaient un arsenal et une stratégie pour se défendre contre les Extraterrestres.
En fait, la Guerre Froide, aussi réelle et dangereuse qu’elle ait été, était aussi une couverture afin de développer une détection planétaire et un système de défense qui scruterait aussi bien l’Espace que la Russie. Et les Soviétiques faisaient exactement la même chose, observant au même moment en haut et en bas.
Dans une tentative de coopération tacite entre les Blocs, pendant que chacun tentait de prendre l’avantage sur l’autre durant la Guerre Froide, Soviétiques et Américains cherchaient à développer un système de défense contre les Extraterrestres.
Quand le Président Reagan fit la démonstration à Mikhaïl Gorbatchev que les USA étaient capables de déployer une défense de missiles anti-missiles et de la tourner contre les Extraterrestres, tous les prétextes de la Guerre Froide prirent fin et le grand monolithe Soviétique en Europe de l’Est commença à s’effriter.
La Guerre Froide permit à ces Superpuissances de préparer des défenses contre les Extraterrestres sans ne jamais rien révéler au public.
Si vous étudiez la période, les archives elles-mêmes montrent qu’il y avait un autre ordre du jour pendant la Guerre Froide. Après tout, pourquoi chaque côté avait-il dix fois plus d’ogives que nécessaires afin de détruire l’arsenal nucléaire de l’autre côté ainsi que ses zones habitées ?
La vraie histoire derrière l’immense arsenal d’ogives, l’énorme flotte de bombes et les plate-formes sous-marines ICBM que chaque côté avait déployé, était celle de la menace que les Extraterrestres feraient s’ils occupaient une partie de notre planète. Ils avaient ainsi le pouvoir de les faire disparaître.
Si les Extraterrestres avaient voulu attaquer les USA ou la Russie pour rendre un arsenal inopérant, ils avaient assez de missiles restant pour leurs faire payer le prix de vouloir commencer une guerre.
C’était une partie de leur ordre du jour secret derrière l’immense développement militaire dans les années 50 et 60 : sacrifier une partie de la planète pour permettre au reste de vivre. Elle permit aux USA et à l’URSS d’intimider l’autre mais elle permit aussi d’intimider toutes les cultures Extraterrestres.
Personne n’écrivit de mémo sur ce sujet parce que les déploiements d’armes pendant la guerre froide étaient la couverture pour l’ordre du jour secret contre les Extraterrestres.
Chaque côté essayait de faire dépenser à l’autre plus d’argent qu’il n’en possédait afin de l’affaiblir économiquement. La CIA communiqua constamment des estimations fausses parce qu’elle s’alimentait avec des informations du KGB, les Américains essayaient de faire la même chose envers les Soviétiques. Et si les Soviétiques avaient pu gagner la Guerre Froide en répandant le moins possible de sang, ils l’auraient fait.
Mais à la fin, la futilité de la destruction mutuelle rendit la Troisième Guerre Mondiale infaisable et leur attention mutuelle se focalisa sur leur ennemi commun : les Extraterrestres qui refusaient de partir.
Il y eut de subtiles et de moins subtiles allusions durant toute la Guerre Froide selon lesquelles un ordre du jour occulte était en développement. La plupart des gens ne savaient pas où regarder. Pour ceux qui l’on fait, et il y en eut beaucoup, les réponses étaient clairement visibles.
Bien qu’il y ait eu censure et des menaces de carrières brisées, beaucoup de Militaires et de Civils rapportèrent des observations de soucoupes volantes. Les histoires d’abductions continuaient à foisonner.
Certaines étaient vraies et il en résultat une grande consternation au sein des membres du Groupe de travail sur les ovnis. Si le Gouvernement ne pouvait pas protéger les citoyens contre les enlèvements par des Extraterrestres, est-ce que cela ne signifiait pas un échec de l’autorité gouvernementale ?
De même, si trop de soucoupes volantes étaient vues par trop de gens en même temps, les Superpuissances militaires ne seraient plus en mesure de protéger leurs populations ? C’est ce qui arriva pendant un temps mais le Public ne s’en rendit jamais compte.
Bientôt, ils seraient capables d’améliorer la défense de leur espace aérien et d’envoyer un grand nombre d’intercepteurs contre les EBEs et donc de leur poser des problèmes. Ainsi, la course entre les Superpuissances pour dépenser des milliards de dollars afin de construire le meilleur et le plus rapide intercepteur avait deux vrais buts. Les Superpuissances avaient besoin de ces avions parce qu’ils leurs donnaient la réponse alternative pour simplement se détruire eux-mêmes avec des missiles guidés, mais en même temps, ces mêmes Superpuissances développaient une technologie de défense aérienne pour protéger la planète contre les Extraterrestres.
La stratégie alternative était toujours présente et la Guerre Froide fournit l’élan budgétaire dont les Militaires avaient besoin : ils construisaient des appareils pour se protéger contre les soucoupes volantes. Et dans une certaine mesure, ils réussirent.
Les USA et l’URSS étaient préoccupés par un autre domaine où les Extraterrestres agressaient le Personnel militaire : les programmes d’explorations spatiales. Dès le début de leurs efforts pour envoyer des satellites en orbite, les Extraterrestres avaient surveillé et interféré activement dans les lancements de véhicules, habités ou non, en causant des interférences dans les transmissions radios, en causant des problèmes électriques ou de dysfonctionnements mécaniques.
Les Cosmonautes Américains et Soviétiques avaient séparément, fait des rapports sur des observations d’ovnis tellement de fois que c’en était devenu banal.
Les liaisons audio et vidéo entre les capsules spatiales et la NASA, toutefois, étaient des liaisons sécurisées, donc les commentaires sur ces ovnis n’étaient pas accessibles par des auditeurs privés. Malgré cela, les astronautes avaient des instructions spécifiques pour ne pas rapporter d’observation d’ovni jusqu’à ce qu’ils reviennent au sol.
L’astronaute Gordon Cooper, par exemple, rapporta que lorsqu’il était pilote de chasse au-dessus de l’Allemagne dans les années 50, il fut mobilisé avec d’autres jets Sabre pour intercepter une formation d’ovnis volant au-dessus de sa base, mais quand sa formation s’approcha de trop près, la formation d’ovnis s’éloigna.
Cooper décrivit aussi le film qu’il vit à la base d’Edwards en Californie en 1957 sur un atterrissage d’ovni. Il dit qu’il envoya le film à Washington et qu’il en envoya aussi une copie aux Officiers du projet BLUE BOOK mais ils ne lui répondirent jamais.
De même, le pilote du X-15, Joe Walker, révéla que sa mission de 1961 pour battre le record de vitesse mondiale était aussi une chasse aux ovnis durant les vols en haute-altitude. Il confirma aussi avoir filmé des ovnis durant un vol en X-15 en 1962. Des rapports persistèrent au sujet des astronautes de Mercury 7 suivis par des ovnis et à propos de Neil Armstrong qui vit une base extraterrestre sur la lune durant l’atterrissage d’Apollo 11. La NASA n’admit rien de tout ça et ce fut traité comme affaire de haute sécurité nationale.
Une présence extraterrestre sur la lune, vraie ou fausse dans les années 50, était un problème si important pour les Militaires qu’elle devint un sujet de débat au « National Security Council » avant que l’Amiral Hillenkoeter et les Généraux Twining et Vandenberg le récupèrent dans leur Groupe de travail.
Le problème n’atteint jamais formellement le « National Security Council », quoique les R&D, sous le nouveau commandement du Général Trudeau, développèrent rapidement les plans préliminaires pour Horizon, un projet de construction de base lunaire pour fournir aux USA une présence militaire sur la surface lunaire.
Commencé à la fin des années 50 en prévision d’être achevé entre 1965 et 1967, Horizon était supposé établir une fortification défensive sur la Lune contre une tentative d’invasion Soviétique. Le but en était de l’utiliser comme une base militaire et comme système de surveillance et d’alerte contre les attaques de missiles Soviétiques mais plus important encore, pour se pourvoir d’une capacité de surveillance et de défense contre les ovnis.
C’était, pour dire les choses carrément, un plan pour établir une ligne de front dans l’espace afin de protéger la Terre contre une attaque surprise. Mais le projet fut mis sur une voie de garage quand le « National Space and Aeronautics Act » donna le contrôle de l’exploration spatiale à la NASA civile qui élimina les branches militaires et poursuivit ses propres projets jusqu’à la fin des années 70.
La peur d’une attaque contre notre planète était une idée qui était bien ancrée au National Security Council et dans les États-Majors durant les années 50.
Même après qu’il se soit retiré de l’Armée, le Général Douglas MacArthur était encore dans la mêlée, en recommandant aux Militaires de se préparer eux-mêmes pour ce qu’il sentait être la prochaine guerre.
Il fit part au New York Times, en 1955, que « Les nations de la Terre devraient faire un jour front commun contre l’attaque venant d’autres planètes ».
Le public prêta peu attention à cette déclaration, mais c’était en fait une révélation sur la pensée stratégique militaire à la fin des années 1950 expliquant une partie de la paranoïa gouvernementale à propos des soucoupes volantes et des vaisseaux non identifiés.
Une partie de la recherche militaire sur ce qu’ils percevaient être une menace militaire, fut d’abord une analyse des moyens utilisés par les vaisseaux extraterrestres pour interrompre, passivement, les communications mondiales à l’aide d’ondes d’interférences magnétiques et électriques et d’ensuite pouvoir développer des circuits protégés. Ensuite, Le Général Trudeau et ses homologues dans les autres branches de l’Armée au Pentagone, furent chargés d’établir une stratégie envers le comportement agressif des EBEs.
Les EBEs ne suivirent ou ne surveillèrent pas seulement les vaisseaux en orbite, ils essayèrent de provoquer des dégâts dans les communications de la NASA suffisamment souvent pour obliger à repenser la sécurité des astronautes des programmes Mercury et Gemini.
Des années plus tard, il y eut même des spéculations parmi les Analystes des renseignements militaires qui n’étaient pas au fait de la stratégie de la NASA, comme quoi le programme d’alunissage d’Apollo avait finalement été abandonné parce qu’on ne disposait pas de solution pour protéger les Astronautes contre une possible menace extraterrestre.
Les vaisseaux extraterrestres bourdonnaient, aussi, au-dessus des lignes de défenses Américaines en Europe de l’Est. Corso qui se trouvait là-bas, les vit de ses propres yeux, sonder leurs systèmes radars pour évaluer leur rapidité de réponse.
Ils voyaient sur leurs écrans des bips qui disparaissaient soudainement avant qu’ils n’aient pu les identifier. Ils réapparaissaient alors, mais cette fois plus près des aérodromes ou des lanceurs de missiles. Après avoir déterminé qu’ils n’étaient pas sondés par des avions Russes ou d’Allemagne de l’Est, ils décidèrent, dans la plupart des cas, de ne pas répondre aux menaces.
Très souvent, ils disparaissaient simplement, mais ils pouvaient aussi jouer au chat et à la souris, s’approchant de plus en plus près, jusqu’à ce que les Militaires se sentent obligés de répondre.
Ce que les EBEs voulaient évaluer était ; le temps que les Américains mettaient à mobiliser des intercepteurs après détection radar.
Les EBEs volaient à plus de 7000 miles / heure.
Les seuls succès défensifs contre Eux eurent lieu à la fin des années 50, début des années 60, quand ils furent capables de suivre une cible avec un radar. Quand ils y arrivaient, les signaux que les missiles étaient supposés suivre afin de poursuivre la cible, interféraient quelquefois dans les capacités de manoeuvres des ovnis et le vol de leurs véhicules devenait erratique.
Si les Américains avaient suffisamment de chance et se montraient capables d’augmenter l’intensité du signal avant de perdre leurs traces, ils pouvaient effectivement les mettre au tapis. Quelquefois, ils eurent effectivement la chance de tirer un missile avant que l’ovni ne puisse effectuer une action évasive.
Un bataillon de l’Armée de l’Air y arriva avec un simple missile air du côté de la base de Ramstein, en Allemagne, en Mai 1974.
Le vaisseau spatial s’écrasa dans une vallée, il fut récupéré et envoyé à la base de Nellis, Nevada. Le crash de Roswell était diffèrent. Il y avait, d’ailleurs, plus de spéculations á son sujet, il semblait que l’action combinée des éclairs (foudre !?) et de leurs traques radars suffisamment persistantes avaient contribué à faire tomber le vaisseau extraterrestre dans le désert du nouveau Mexique en 1947.
Ensuite, il y avait les mutilations de bétail suspectes et les rapports d’abductions, peut-être les formes d’interventions les plus directes contre notre Culture ainsi qu’une attaque directe au-dessus d’installations militaires.
Pendant que les ‘’debunkers’’ (thèse officielle) disaient qu’il s’agissait d’une combinaison de canulars, d’attaques journalières de prédateurs contre le bétail, de flash-back psychologiques d’enfance dans le cas des abductions et d’une fabrication des médias, les enquêteurs sur le terrain, trouvèrent qu’ils n’étaient pas en mesure d’expliquer certaines mutilations animales, spécialement quand de la chirurgie laser semblait avoir été utilisée. Les psychologues trouvèrent des similitudes alarmantes dans les descriptions des personnes enlevées qui ne connaissaient rien aux histoires des autres.
La Communauté des Renseignements militaires considéra ces histoires de mutilations et d’abductions très sérieusement.
Ils travaillèrent sur ces descriptions pour en fin de compte définir trois scénarii différents dans lesquels :
1) Les EBEs faisaient simplement des expériences scientifiques sur les formes de vies terrestres et collectaient tous les spécimens qu’ils pouvaient sans causer de rupture ou alerter les humains.
2) Les EBEs collectaient activement des spécimens et effectuaient des expériences afin de déterminer si cela était un environnement hospitalier pour eux afin d’y habiter, et toutes les perturbations qu’ils faisaient ne les ennuyaient pas outre mesure.
3) Toutes les expérimentations et les collectes de spécimens étaient un prélude à une sorte d’invasion de notre planète. Personne ne savait leurs réelles motivations mais on pouvait imaginer le pire et de fait, nous avions besoin de nous défendre aussi bien que possible.
Bien que cela ne fut jamais révélé au public, les Analystes des renseignements militaires soutenaient la vision que la Terre était toujours sous une sorte de prélude d’attaque par une ou plusieurs Cultures Extraterrestres qui testaient les défenses humaines.
Sans qu’il n’y ait jamais eu de contact direct entres les Extraterrestres et les Gouvernements Terriens, -- les notes du Groupe de travail d’Hillenkoeter n’ayant jamais été communiquées aux Chefs de services ou aux Officiers des renseignements --, les Responsables des Services Militaires décidèrent, collectivement, qu’il était préférable d’établir un plan de guerre plutôt que d’être pris par surprise.
Au même moment, les responsables civils du programme spatial de la NASA décidèrent que les Renseignements militaires étaient excessifs concernant les filatures dont les vaisseaux Américains étaient l’objet par les ovnis.
La NASA, bien qu’informée par les rapports relatant l’activité extraterrestre autour des véhicules spatiaux Américains, décida d’adopter une attitude interne officielle, »Attendre et voir ce qui se passerait », parce qu’elle pensait qu’il était impossible de lancer un programme de défense spatiale explicite tout en parachevant les visées des Scientifiques civils dans le même laps de temps.
Donc la NASA s’accorda pour tout cacher. Comme couverture, Elle accepta, en 1961, de coopérer avec les Militaires afin de travailler sur un second programme spatial non déclaré, auprès des missions scientifiques civiles. Ils furent d’accord pour ouvrir un « canal arrière », de communication, confidentiel afin de créer un lien avec les Renseignements militaires à propos des activités hostiles conduites par les EBEs contre leurs vaisseaux spatiaux même si cela n’étaient que des filatures et de la surveillance.
Corso prit connaissance de tout ceci grâce à ses contacts au sein des Renseignements militaires. Ce que la NASA ne dit pas aux Renseignements militaires, bien sûr, c’est qu’elle avait un autre « canal arrière », classifié, avec le Groupe de travail d’Hillenkoetter et qu’elle tenait informé ce Groupe sur chaque rapport d’astronaute faisant état d’ovni, spécialement pendant les premiers vols Apollo, quand le vaisseau extraterrestre commença à virevolter autour des modules lunaires après leurs sorties de l’orbite terrestre.
Même si les Renseignements n’étaient pas au courant du lien entre la NASA et le Groupe de travail, Corso et quelques autres avaient leurs Connaissances dans la communauté du Renseignement civil qui les tenait informés.
L’Armée et l’Air Force s’arrangèrent pour trouver 122 photos prises par les Astronautes sur la lune qui montraient des preuves d’une présence Extraterrestre. C’est une des raisons pour laquelle le gouvernement Reagan poussa si fort pour le SDI en 1981. (Space Defense Initiative).
En 1960, une fois l’approbation du Groupe de travail et à la requête de la NSA qui était préoccupée de la vulnérabilité de ses vols : U2, la NASA fut d’accord pour que certaines de ses missions deviennent des couvertures pour des satellites de surveillance militaire.
Ces satellites, bien qu’approuvés pour la surveillance de l’activité ICBM Soviétique, étaient aussi supposés détecter l’activité extraterrestre dans les régions éloignées de la Terre.
Peut-être qu’en 1960, les Américains n’avaient pas la technologie d’aujourd’hui pour intercepter les vaisseaux extraterrestres, mais en utilisant la nouvelle technologie de surveillance par satellite, ils étaient capables de détecter une présence extraterrestre sur la surface de la planète. Les Planificateurs des Renseignements spéculèrent que si la visite des bases terrestres était rendue plus difficile aux Extraterrestres, peut-être partiraient-ils tout simplement.
C’est un autre exemple démontrant comment la Guerre Froide était utilisée avec la double intention de surveiller l’activité Extraterrestre tout en surveillant l’activité Soviétique.
Toutefois, pendant les années 60, les projets critiques démarrèrent au bureau des R&D pour protéger les systèmes vitaux de contrôles et de commandements, ceux-ci incluaient le renforcement des communications et des circuits informatiques en enfouissant les composants sensibles aux ondes électromagnétiques, le même type d’énergie dégagée après une explosion nucléaire et dégagée également par les vaisseaux extraterrestres.
En fait, les recherches sur les effets des ondes électromagnétiques ou EMP, étaient si importantes, que jusqu’à la fin des années 50, le département de la Défense avait simulé des EMP afin de déterminer comment protéger les circuits des avions, des chars, des missiles et de l’appareillage.
Des générateurs EMP furent installés dans le pays, celles-ci incluant les laboratoires de Harry Diamond, Adelphia, Maryland et les simulateurs d’EMP I et II de l’Armée au milieu de « Chesapeake Bay » et un autre à « China Lake » en Californie.
L’Air Force mit des simulateurs EMP dans des installations additionnelles, à la base de Kirkland, Nouveau Mexique, ainsi qu’a celles de l’Armée à White Sands, et enfin à l’arsenal de Redstone en Alabama.
Ils lancèrent le développement de l’équipement de vision nocturne pour rendre leurs troupes capables de voir la nuit de la même façon que les EBEs.
C’est seulement à ce moment-là qu’ils commencèrent à réaliser qu’elles étaient les intentions des EBEs et l’effrayant secret à propos de leur existence sur notre planète.
C’était à la vision nocturne que pensait Corso alors qu’il passait le poste de garde de la porte principale et qu’il fila rapidement aux laboratoires de développements à Fort Belvoir, accueilli par un spécialiste militaire qui sembla surprit de ne pas le voir en uniforme.
« Colonel Corso, » dit le Dr. Paul Fredericks, consultant à la section de développement technologique sur la vision nocturne à Fort Belvoir, en lui tendant la main et le conduisant jusqu’à son fauteuil en cuir couleur tabac. Le fauteuil était disproportionné par rapport à la taille de son petit bureau et c’était, manifestement, son siège de prédilection.
Corso apprécia l’honneur et la courtoisie qui lui furent accordés, « Le Général Trudeau m’a dit que vous nous apportiez quelques informations remarquables à propos d’un des projets que nous avons déjà en développement ici. »
« J’espère que cela vous aidera, Dr. Fredericks » commença Corso, « je ne suis pas physicien, mais je pense que nous avons quelque chose qui réduira le temps de recherche et nous montrera quelques nouvelles possibilités. »
« N’importe quoi qui puisse aider, mon Colonel » dit le Dr Fredericks alors que Corso ouvrait sa mallette et qu’il commençait à étaler ce qu’il avait, « N’importe quoi ! »

11 – Le programme U2 et le projet Corona

« Bien sûr, le Général Trudeau a eu des contacts avec Don et avec l’équipe de développement, ici » continua le Dr. Fredericks alors qu’il regardait Corso ouvrir le dossier sur la vision nocturne qu’il avait sorti de sa mallette.
« Je suis au courant de la nature du matériel que vous avez. Ce n’est pas quelque chose dont nous voulions parler au téléphone. »
« J’apprécie votre discrétion sur ceci, Dr. Fredericks », dit Corso, « Si vous pensez que ce que je vais vous montrer peut vous aider dans le processus de développement, c’est à vous de l’utiliser. Mais l’arrangement sera que tout était d’origine ici à Fort Belvoir. Les R&D fourniront le budget nécessaire pour financer ce développement. Vous utiliserez vos propres ressources pour fabriquer cette production et pour récupérer tout le mérite du processus. »
« Et cette conversation ? » demanda le Dr. Fredericks.
« Une fois que vous m’aurez dit ce que vous pouvez utiliser et que nous vous aurons donné le budget que vous demanderez » commença Corso, « Cette conversation n’aura jamais eu lieu et vous retirerez mon nom de votre carnet d’adresses ».
« Maintenant vous avez réellement toute mon attention » dit le Dr. Fredericks avec une légère pointe de sarcasme dans la voix. « Ce que vous transportez dans cette mallette est si secret ? »
Corso tendit le croquis au Dr. Fredericks qui le prit en main et le fit tourner avec ses doigts comme s’il tenait les manuscrits de la Mer Morte.
« Pas besoin d’être aussi prudent avec ça, Docteur » dit Corso « J’en ai fait plusieurs photocopies ».
« Avez-vous l’objet actuellement ? » demanda t-il.
« De retour au Pentagone » répondit Corso.
« Qui portait ça ? » continua le Dr. Fredericks.
« Au moment de la prise, personne ! » dit Corso, « d’après les rapports de terrain, ils le trouvèrent dans le sable à côté d’un des cadavres »
« Cadavres ? au crash de Roswell ? », maintenant, il était devenu incrédule, « Le Général Trudeau n’a rien dit à propos de cadavres »
« Non, c’est vrai » dit Corso, « Ce n’est pas une information que nous donnons. Le Général Trudeau m’a autorisé à répondre à toutes vos questions jusqu’à un certain niveau de sécurité. »
« Nous n’en sommes pas encore là » demanda et affirma en même temps le Dr. Fredericks.
« Mais nous en sommes proches », suggéra Corso, « je peux parler de l’objet, parler de l’endroit où il a été trouvé, mais c’est tout ce que je peux faire. Si le Général Trudeau me l’autorise, alors j’irai plus loin. »
« Amusant, mais j’ai toujours pensé que Roswell était une légende. Vous savez, ils ont trouvé quelque chose mais peut-être était-ce Russe.» dit le Dr. Fredericks. Ensuite il demanda à nouveau si quelqu’un de l’équipe de récupération avait vu une des créatures porter ce système de vision nocturne.
« Non, » dit Corso, « Il y avait beaucoup de débris répandus par le vaisseau. Les soldats de l’équipe de récupération ont regardé à travers une des fissures qui courait le long du vaisseau et ils ont vu des hublots dans la coque. Hé bien, ce qui les a étonné, c’était que lorsqu’ils regardaient à travers ces hublots ils pouvaient voir l’aube ou une lumière diffuse grise qui ressemblait au crépuscule, mais à l’extérieur il faisait complètement noir. »
Paul Fredericks était maintenant sur le bord de son siège.
« Personne sur le site du crash ne connaissait quoi que ce soit de ces visionneuses nocturnes que les Allemands avaient développé durant la guerre » expliqua Corso, « donc même si les Officiers de l’équipe de récupération étaient stupéfaits de ce qu’ils ont vu, quand ils autopsièrent l’Extraterrestre au 509e Groupe et lui retirèrent ces « lentilles », c’est le seul mot que je peux utiliser, ils réalisèrent que ces « lentilles » étaient une paire de réflecteurs compliqués qui rassemblaient toute la lumière disponible dans des intensifieurs d’image nocturne. » continua Corso, en montrant du doigt le croquis que tenait Paul Fredericks. « Quelques Officiers médicaux essayèrent de regarder au travers dans un hall sombre et des images apparurent, mais rien n’en n’a été jamais fait et ce fut rangé avec les restes de l’Extraterrestre. »
« Est-ce qu’ils ont effectué quelques analyses la-dessus avant qu’il ne soit envoyé ? » demanda Fredericks
« Quelques unes », dit Corso, « Mais ils n’en n’avaient pas les moyens au 509e et ils durent attendre qu’il soit envoyé à Wright. C’est seulement quand les gars des Renseignements de ‘ l’Air Materiel Command ’ le reçurent qu’ils réalisèrent que c’était quelque chose que les Allemands avaient déjà essayé de développer.
« Mais c’est bien plus sophistiqué », dit le Dr. Fredericks, « Les Allemands n’étaient pas aussi proches de réaliser quelque chose comme ça.»
« Oui » dit Corso, « pas aussi proches. Et c’est pourquoi les gens des Renseignements à Wright étaient si préoccupés. Comment les Allemands ont fait pour être aussi avancés à la fin de la guerre ? qu’avaient-ils en mains ? ont-ils bénéficié d’aide ? »
« Ou » dit très lentement le Dr. Fredericks , « Peut-être ont ils, eux aussi, trouvé un crash, comme vous  ? »
« C’est exactement cela, Docteur » dit Corso, « qu’avaient-ils trouvé ?»
« Si les Allemands ont pu mettre les mains sur ce matériel, et les Russes donc ? » demanda Fredericks. Il parlait tout seul, maintenant.
« Pourquoi pas les Chinois ou un de nos pays alliés Européens ? Qu’en est-il de la véritable quantité de ce matériel?» demanda t-il finalement.
« Nous n’avons aucune réponse à ces questions » lui dit Corso, « En tout cas, personne à l’Armée. Pour des raisons évidentes, personne ne nous tournait autour pour tenter de récupérer des informations. Nous avons ce que nous avons. »
« Et ne voudriez vous pas que j’en parle ou que j’essaye de renifler alentour pour de plus amples informations » dit Fredericks.
« Si nous avions pensé que vous le feriez, je ne serais pas ici. » dit Corso, « j’ai ces rapports ici et des descriptions de l’appareil. Je vais prendre congé. Si vous pensez que vous pouvez travailler là-dessus dans vos programmes de développements, j’ai le matériel, lui-même, et je vous le ferai suivre de cette manière il sera totalement en vos mains. Exploitez le partout où vous voudrez le développer. Offrez le droit, à vos fournisseurs, de le breveter. Ne leur dites jamais où vous l’avez eu et d’où il peut provenir. Tout ce que nous voulons c’est le faire développer. C’est tout. »
« Puis-je ? » demanda le Dr. Fredericks, en tendant la main vers les rapports que Corso avait étalé sur le siège en cuir.
Corso lui tendit la liasse.
« C’est plus à propos de la façon dont ils ont manipulé l’Extraterrestre à Wright Field que sur les lentilles elles-mêmes » dit Corso, « Parce que dans la réalité, ils ne savaient pas vraiment ce qui faisait marcher la « chose » et ils ne voulaient réellement pas les séparer. »
« Alors ils l’on juste mis dans le paquetage ? » demanda Fredericks
« Fondamentalement, c’est ce qui c’est passé, » dit Corso, « au début, ils ne savaient pas comment ça fonctionnait. Ou peut-être pensaient-ils que cela rendrait un être humain aveugle ou quelque chose comme ça. Ça les effrayait. Après un certain temps, ils l’ont rangé dans un entrepôt en espérant que quelqu’un d’autre les en débarrasse. »
« Et ça a été vous » dit le Dr. Fredericks.
« En réalité, »répondit Corso, « ça peut-être vous, si vous le voulez » .
« J’ai besoin de lire ces papiers plus complètement et voir où nous pouvons glisser votre vision nocturne dans le projet sans causer une ride en surface. » expliqua le Dr. Fredericks.
« Est-ce que ça sera facile ? » demanda Corso.
« À Fort Belvoir, » répondit Fredericks, « les équipes, ici, doivent garder leurs idées pour elles-mêmes. Si vous leurs dites que c’est une pièce de technologie étrangère que nos gars des renseignements ont pris dans un autre pays et que nous sommes supposés l’intégrer dans ce que nous sommes en train de faire, c’est de l’histoire. »
« Personne ne pose de questions ? » demanda Corso.
« Personne ne pose de questions en quelque circonstance que ce soit » dit-il, « Cela devra avancer rapidement et créer son propre petit développement bureaucratique si nous avons le budget pour l’intégrer dans un projet de développement d’urgence avec une réelle phase de développement avec limite de date ».
« Et alors que ce passera-t-il ? » demanda Corso.
« C’est juste comme le magasin du père Noël le premier jour de l’hiver. Aucun des elfes ne lève les yeux de son établi jusqu’à ce que le travail ne soit fini. Ensuite le projet suivant arrive et tout le monde oublie. À partir du moment où les troupes porteront ces équipements sur le terrain, la vision nocturne sera juste un bon souvenir, avec les détails ré-écrits pour arranger la vision de l’histoire. Personne n’essaiera de deviner, mon Colonel, » dit-il, «du moment où nos gars auront le matériel en mains, il ira dans la soupe de développement à Fort Belvoir et deviendra de l’autre côté une arme de terrain. »
Corso se leva et referma sa mallette en contournant le bureau.
« Alors qu’allez vous recommander au Général Trudeau ? » demanda Fredericks.
« Je vais suggérer au Général d’envoyer l’appareil, vous nous indiquerez le budget dont vous aurez besoin et le Général Trudeau trouvera les financements » dit Corso.
« Et vous ? » demanda t’il.
« Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Dr. Fredericks, » lui dit Corso, « bien sûr, il y aura un lien avec la R&D qui aura officiellement la charge du développement de la vision nocturne. Il fera des rapports au Général Trudeau et tout ce dont j’aurai besoin, je le trouverai auprès du Général. Je me réjouis de voir vos rapports de développements arriver. Félicitation pour votre nouvelle pièce de technologie. Et félicitation à la boite qui aura le contrat avec la Défense. »
« Félicitations, vraiment ! » dit le Dr. Fredericks.
Ils se serrèrent la main et Corso sortit du bureau. L’espace d’un instant, ça revenait à sortir de l’irréel et de re-rentrer dans le réel. Ils venaient juste de lier une de leurs Pièces avec la réalité, créant un peu d’Histoire.
Les gars des R&D de Fort Belvoir allaient recevoir un appareil d’un de leurs consultants qui leur chuchoterait que cela provenait d’un de nos ennemis. Ne posez aucune question. Mais c’était juste quelque chose que les gens de Fort Belvoir allaient regarder pour voir à quoi ressemblait un appareil fini. Ça prendrait 5 ans ou plus.
Le programme actuel de développement d’armes à Fort Belvoir servant de couverture pour la dissémination de la technologie de Roswell était si parfait que quiconque prétendant regarder en arrière dans l’histoire récente ne verrait qu’une soudaine accélération dans le programme de développement peu après 1961.
Le projet de vision nocturne subit une accélération dans son financement, un nouvel officier lui fut assigné par le Général Trudeau et son nom commença à être présenté de façon régulière comme un des bienfaiteurs du programme.
En 1963, quand Corso et lui étaient au Pentagone, le projet était chez Martin Marietta Electronics - maintenant une partie de Lockheed Martin - et déjà en route pour son déploiement initial qui prendrait place en Europe et au Vietnam.
Mais Corso ne le savait pas en quittant la base de Fort Belvoir pour rejoindre son bureau au Pentagone. Il était seulement satisfait d’avoir inséré un de leur projet de technologie étrangère dans un développement déjà en cours ce qui allait camoufler leur appropriation d’une pièce de technologie extraterrestre.
Corso rejoint son bureau plein d’autres dossiers qui nécessitaient des dispositions. Un de ceux ci, qui était parallèle à celui de la vision nocturne, était le projet embryonnaire « CORONA », une idée apparue soudainement avec la « descente » d’un avion U2 de surveillance et de la capture de son pilote, Francis Gary Powers.
L’Air Force et la CIA avaient lancé le programme U2 durant une certaine période pendant l’Administration Eisenhower et les photos et rapports passaient régulièrement sur le bureau de Corso au National Security Council. Comme beaucoup d’autres événements durant la Guerre Froide, le U2 n’avait pas qu’un objectif : il s’agissait de la surveillance de l’Union Soviétique sur son programme de développement de missiles guidés. Il avait une triple intention. Bien sur, ils voulaient savoir exactement ce que les Soviétiques faisaient, mais ils voulaient aussi connaître leurs capacités de défenses aériennes. Ils voulaient savoir avec précision comment leurs radars pouvaient suivre l’U2 et si un de leurs missiles pouvait le descendre.
Donc ils les provoquèrent volontairement en leur faisant connaître leur présence quand ils voulaient se faire tirer dessus. Pouvaient-il le descendre ? Les caméras à bord du U2 filmaient les sites de lancements de missiles pendant que le pilote survolait les installations sensibles où les Russes essayaient de rivaliser ou de céder, aux Américains, le contrôle de zones classifiées de leur territoire spatial.
Donc, ils jouèrent avec eux afin de tester leurs défenses, en sacrifiant délibérément des pilotes ou en les croyant morts après que leur avion ait été descendu, et ils nièrent toujours ce qu’ils faisaient même quand Khrouchtchev hurla à Eiseinhower que le programme U2 l’exposait lui-même, considérablement au Kremlin.
« Nous devrions conclure un marché » dit le Président du Parti Communiste. « Mais pas si vous m’obligez à sortir du bureau ». Bien qu’Eisenhower détestât le programme U2 et le danger dans lequel ils mettaient leurs pilotes, le Président devait s’accommoder d’un des autres ordres du jour de surveillance : la recherche de preuves d’atterrissages de vaisseaux extraterrestres ou de crash dans l’immensité de l’Union Soviétique.
Ils devaient aussi savoir si les Russes avaient récupéré de la technologie extraterrestre. C’est ce à quoi servait aussi le programme U2 jusqu’à ce qu’ils aient une alternative. L’alternative, bien qu’elle existe dans l’Air Force et pas dans l’Armée, faisait partie d’un partage entre les Services de Renseignements des R&D et le duo : National Security Council / CIA mais était toujours en développement chez Lockheed dans une division appelée, »Travail de salauds ».
Parce qu’ils avaient lancé des U2 pour provoquer les Soviétiques et parce qu’ils savaient qu’ils commenceraient à perdre des pilotes et des avions, l’équipe du National Security Council avait commencé à considérer, avec plus d’agressivité, un programme mieux structuré dès 1957 ; dernière année de Corso à la Maison Blanche.
Les Renseignements avaient décidé de prendre, des photos satellites, des installations Soviétiques mais uniquement s’ils pouvaient avoir un ‘’oiseau’’ assez fiable. Aussi, ne voulaient-ils pas que les Soviétiques sachent qu’ils tournaient en orbite terrestre pour les surveiller, afin de ne pas les encourager à aller déranger leurs satellites. Donc la ruse fut d’envoyer un satellite dans le plus complet secret.
Mais comment faire ça quand le monde entier vous regarde ?
L’Armée et l’Air Force avaient une idée. Lockheed avait démontré qu’ils seraient en mesure de développer un avion de surveillance, l’U2 et éventuellement le SR71, en dehors de l’attention du Public et effectuer ses vols sans trop d’interférences avec les chiens de garde du Sénat et sans la présence des journalistes. Pourraient-ils faire la même chose avec un satellite ? S’ils le pouvaient, est-ce que les photos du satellite seraient aussi fiables que celles de l’ U2 ?
L’Armée et l’Air Force formulèrent le tout dans un programme commun avec la NASA sur l’envoi de satellite dans l’espace pour montrer leur drapeau au monde. Les Soviétiques les avaient battus dans la course avec Spoutnik, et les échecs de lancements de satellites de l’Armée et de la Navy donnaient aux Américains encore plus de rancoeur.
Après un certain nombre d’essais, le National Security Council avisa le Président Eisenhower de jeter l’éponge, et de mettre en commun toutes les ressources scientifiques Nationales et de confier la course dans l’Espace à une agence civile. Les Militaires apprirent leurs leçons dans ce domaine technologique en regardant faire la NASA.
La NASA eut quelques succès immédiats et avant la fin de l’Administration Eisenhower, en 1960, ils savaient gérer la mise en orbite de satellites et avaient entrepris des expériences sur les effets d’un vol orbital, avec des animaux plus sophistiqués que dans les expériences entreprises par l’Armée, sur les V2, avec des petits primates à Alamogordo à la fin des années 40 et début des années 50. Quand les Renseignements de l’Armée et de l’Air Force virent les succès des satellites de la NASA et la vulnérabilité grandissante des U2, ils conçurent une réponse possible à leur besoin en programme de surveillance.
Quand la NASA commença son programme orbital Discoverer, en lançant une charge utile en orbite basse et en la récupérant, les Services militaires pensèrent y voir une solution. S’ils pouvaient d’une façon ou d’une autre fabriquer un satellite photographique assez petit pour être casé à l’intérieur, très réduit, de la capsule Discoverer, et récupérer l’appareil de surveillance quand l’Orbiter reviendrait sur Terre et de cette manière intégrer entièrement leur programme d’espionnage militaire dans le programme d’exploration scientifique civil sans alerter le Public, cela pourrait être leur meilleure couverture.
Ils savaient que les Soviétiques seraient très rapidement au courant de leur programme et ce n’était pas, en fait, une si mauvaise chose. Ils partaient du principe que comme la CIA était infiltrée par le KGB, il n’y avait pas moyen de garder le projet caché. Et Khrouchtchev n’aurait plus à s’inquiéter sur la violation délibérée de son espace aérien, et donc il serait tiré d’affaire au Kremlin et leur en serait reconnaissant.
Tout ce qu’ils avaient à faire, c’était d’éloigner les civils et ils seraient libres. Le programme « Corona » était en mesure de passer sans un chuchotement.
Les Soviétiques suivraient sans une protestation, et ils pourraient prendre leurs photos de surveillance.
Ils ajoutèrent une prime additionnelle, pour les Soviétiques, afin de les encourager à dire à leurs amis dans la CIA d’ébruiter l’histoire aux journalistes amis et de souffler la couverture sur l’ensemble de l’opération.
Ils les encouragèrent à participer avec eux à l’ordre du jour caché de Corona : surveillance de crashs extraterrestres potentiels. Les Renseignements de l’Armée, avec l’approbation de la NSC et d’Eisenhower, firent savoir à leurs homologues, dans l’armée Soviétique, que tout Renseignement aérien révélant la présence d’Extraterrestres sur le territoire Soviétique serait partagé avec les Militaires. Ce qu’ils faisaient de l’information, les Américains ne sans souciaient guère. Mais l’Armée leur en serait plus que reconnaissante. Les Militaires professionnels n’avaient aucune confiance dans les Commissaires du Parti Communiste.
Ainsi, bien que les Américains renseignent les Soviétiques d’une présence extraterrestre sur leur territoire, les Américains ne disaient en fait rien au Gouvernement Soviétique en raison de la très grande division existant entre le Parti Communiste et l’Armée.
La simulation faite par les Américains fonctionna bien et le KGB encouragea la CIA à ne pas révéler l’histoire.
Maintenant c’était à l’Air Force et à Lockheed de fabriquer le satellite de surveillance Corona, en dehors de la scène publique et de charger l’appareil dans la fusée de Discoverer, juste sous le nez des journalistes.
C’était une des plus grosses supercheries de la Guerre Froide parce que les Russes savaient ce que les Américains faisaient.
La NASA permit au projet de s’effectuer entièrement, même la presse affamée de la moindre information sur les vols spatiaux resta complètement dans le noir. Si cela était nécessaire, les Militaires pouvaient leur raconter des histoires. Ils savaient qu’ils disposaient de peu de temps sachant que les Soviétiques essayeraient d’embarrasser Ike à la fin de son mandat, en mettant au tapis un de leurs avions U2 et de capturer son pilote vivant.
Ils étaient maintenant en course avec les Soviétiques pour remplacer les U2 par Corona, même si les Soviétiques comprenaient et acceptaient ce que faisaient les Américains.
Ce fut une des ironies de la Guerre Froide.
Les ingénieurs de Lockheed conçurent le satellite pour qu’il puisse entrer dans le cône de charge utile de la capsule Discoverer. Ils travaillèrent sous des contraintes de temps brutales parce que le Président Eisenhower faisait pression sur le National Security Council afin d’arrêter complètement les vols d’U2.
Le vieux Général savait que ce n’était qu’une question de temps avant que les Russes ne capturent un pilote Américain vivant, obtiennent sa confession et le montrent à la télévision pour humilier les USA. Eisenhower était un homme qui se tenait à ce qu’il disait et qui détestait les Politiciens parce qu’ils cherchaient toujours la solution la plus opportune, pas forcément la plus honorable.
Alors que Khrouchtchev se plaignait des vols d’U2, Ike continuait à nier qu’il les avait autorisés. C’était un mensonge si évident que Khrouchtchev essayait de prendre Eisenhower en défaut : « Nous en descendrons un et verrons bien ce que vous direz ? ».
Mais Eisenhower nia l’existence des U2, puis se retourna vers son équipe, furieux de la situation dans laquelle, il se trouvait. « Arrêtez les vols » ordonna t’il. Mais la CIA poussait pour un dernier vol. Il allait servir un ultime but, argumentèrent-ils. Ils avaient entendu parler du système de défense aérien Russe pendant qu’ils surveillaient les zones, possibles, d’activité extraterrestre. Corso ne sut pas s’ils trouvèrent une preuve d’atterrissage extraterrestre en Russie pendant la surveillance U2, mais les Extraterrestres s’apercevraient sûrement qu’ils étaient désormais capables de surveiller le territoire Russe et par le fait connaissant cette capacité Américaine, contribuerait à la dissuasion de continuer à voler au dessus du territoire de l’Union Soviétique en toute impunité.
La CIA prétendait que les U2 étaient si importants pour la Sécurité Nationale de l’Amérique qu’ils étaient prêts à sacrifier leurs pilotes. Cependant, Corso pense que les taupes du KGB, qui avaient pénétré la CIA, voulaient qu’Eisenhower soit embarrassé devant le monde entier. Et quand Francis Gary Power fut abattu en Mai 1960, ils pensèrent avoir leur chance.
Il y avait encore un grand doute à propos de l’U2 abattu. Sa mission était de voler au-dessus des installations de missiles Russes les plus sensibles et de faire de lui une cible. Ils pensaient que les SAM Russes ne pouvaient pas atteindre son altitude. Mais que Powers se soit endormi sur son manche à balai par manque d’oxygène ou qu’il soit descendu à trop basse altitude sur ordre de la CIA pour prendre de meilleures photos ou pour en faire une cible plus provocante, ils ne le sauront jamais.
Corso pense que Powers commençait probablement à perdre connaissance en raison du manque d’oxygène et qu’un missile SAM explosa suffisamment prés, pour lui faire perdre le contrôle de son avion. Son avion ne fut pas abattu par un missile. Le U2 était un avion très difficile à faire voler. Alors que son avion tournoyait vers le sol, Powers, trop désorienté pour reprendre le contrôle, poussa sur le levier à côté de son siège et s’éjecta.
Powers fut capturé vivant, paradant devant les cameras et forcé de confesser qu’il espionnait l’Union Soviétique. Khrouchtchev avait une excuse pour annuler la réunion au sommet avec Eisenhower. Eisenhower, comme il le craignait, fut publiquement humilié et forcé d’admettre à Khrouchtchev qu’il avait envoyé l’U2 au-dessus de l’Union Soviétique. Il promit à Khrouchtchev que les vols d’U2 seraient désormais arrêtés, éliminant un outil de surveillance valable en les rendant potentiellement aveugles, non seulement sur ce que faisaient les Soviétiques, mais aussi sur ce que faisaient les Extraterrestres en Asie. Ce fut une mauvaise expérience pour le vieil homme qui était convaincu avoir été compromis par sa propre Administration.
Durant les derniers mois de préparation du vol de Gary Powers en U2, la NASA complétait les détails techniques pour insérer Corona dans la charge utile de Discoverer.
Si tout allait bien, le premier lancement de Corona donnerait au National Security Council les résultats qu’ils espéraient et le programme U2 deviendrait obsolète grâce à Corona.
Gary Powers fut descendu et le programme U2 prit fin par décision d’Eisenhower.
Ils étaient désormais aveugles. Discoverer fut lancé de Cap Canaveral et tous ceux qui en connaissaient les enjeux retinrent leurs souffles.
Ça fonctionna plutôt bien, ils avaient maintenant des yeux. Si ça avait échoué, leur meilleure opportunité de surveillance aurait échoué.
Vous pouvez imaginer la jubilation du Pentagone quand la charge utile de Corona fut récupérée et que les premières photos furent développées. Elles étaient meilleures que celles obtenues avec l’U2 et Corona demeurait complètement invisible aux Soviétiques.
Khrouchtchev cacha l’information à son propre gouvernement et Eisenhower ne fit jamais de déclaration publique au peuple Américain. En plus de suivre les développements des missiles Soviétiques, ils pouvaient aussi suivre toutes les tentatives extraterrestres de surveillance de base dans les régions éloignées d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du sud. Ils corrigeaient le déséquilibre entre eux et les EBEs ; une petite victoire certes mais néanmoins une victoire.
Ce qui satisfaisait le plus Corso, à propos du projet Corona, c’est qu’il était aussi élégant que couronné de succès.
Avec la même facilité avec laquelle ils avaient intégré le viseur nocturne de Roswell dans le torrent de développement de Fort Belvoir, ils avaient réussi à intégrer la surveillance photographique Corona dans le programme en cours : Discoverer.
Personne ne réalisait bien ce qu’ils avaient accompli et comment les Militaires utilisaient les programmes traditionnels pour prendre en compte leurs propres développements de systèmes d’armements secrets.
Au même moment, ils savaient qu’ils gagnaient du terrain sur les Extraterrestres. Avec chaque nouveau projet réussi dont quelques-uns basés sur la technologie de Roswell, ainsi que d’autres commencés spécialement pour contrer les capacités extraterrestres découvertes à Roswell, ils pensaient faire avancer leur pion.
Ils pensaient que, peu importaient les intentions Extraterrestres hostiles, ces derniers n’auraient plus les pleins pouvoirs pour lancer une guerre globale contre les Américains.
Les EBEs étudiaient les Hommes, ils les infiltraient, les utilisant jusqu’à ce qu’ils ne soient plus capables de leur résister mais ils n’ont jamais eu l’intention, pas plus que la capacité, pensaient-ils, de détruire la planète et de se l’approprier.
Mais ce dont ils avaient besoin, c’était d’un avant-poste, un endroit qui pourrait leur donner un avantage stratégique, une base pour frapper les Extraterrestres suffisamment fort afin de les faire déguerpir sans créer de panique sur Terre.
Ils avaient besoin d’une base sur la lune.
C’était une chose à laquelle rêvait l’Armée depuis la rencontre avec les Extraterrestres à Roswell. C’était un projet ambitieux qui avait rebondi et généré du scepticisme dans l’Armée, pendant un an, jusqu’à ce qu’il arrive sur le bureau de Corso.

12 – Le projet de Base Lunaire.

« J’envisage un développement expéditif de la proposition pour établir un avant-poste lunaire d’une importance décisive pour l’Armée US dans le futur. Cette évaluation est, apparemment, partagée par le chef d’État-Major en considération de son approbation accélérée et à son enthousiasme pour l’initialisation de l’étude » écrivit le Général Trudeau au Chef du service du Matériel en Mars 1959, en soutien au projet de l’Armée : HORIZON, un plan stratégique pour déployer un avant-poste militaire sur la surface de la lune. C’était la réponse la plus ambitieuse de l’Armée à la menace Extraterrestre. C’est un des projets que le Général Trudeau donna à Corso.
« Les gars de la NASA vont récupérer entièrement l’affaire des lancements de fusées » dit Trudeau, « et l’Armée n’en aura même pas les miettes. »
Corso venait juste de quitter la Maison Blanche à l’avènement de la NASA en 1958 et il savait ce que cela présageait. Ça transfèrerait la responsabilité de la conquête de l’Espace des Services Militaires à une agence civile qui était supposée répondre à toutes les promesses Américaines, vis à vis des autres pays sur la démilitarisation de l’Espace. C’était une louable intention, tout le monde voulait la soutenir : démilitariser l’Espace, ainsi les pays pourraient explorer et expérimenter sans le risque de perdre leurs véhicules ou satellites lors d’activités hostiles.
Pour les USA et la Russie, cet accord disait que leurs Astronautes et Cosmonautes ne pourraient pas se faire la guerre. Bonne idée. Mais quelqu’un oublia de le dire aux Extraterrestres qui violaient systématiquement l’espace aérien de la planète depuis des décennies, sinon des siècles et avaient déjà une base opérationnelle sur la Lune.
Pour le Général Trudeau et beaucoup de commandants militaires US, la capacité des Russes à envoyer des Cosmonautes et des véhicules de grande charge utile, avec une relative facilité était une perspective effrayante.
À moins que l’Amérique ne concurrence la technologie Soviétique avec son propre programme de lancement et d’expansion de satellites de surveillance, l’Armée pensait qu’elle cèderait une partie stratégique importante à l’Union Soviétique.
En 1960, les USA avaient atteint une situation critique. En raison du créneau de développement et le temps que cela prendrait pour faire passer les projets par ces développements, les programmes commenceraient trop tard pendant la décennie 60 et seraient irrémédiablement obsolètes dans les années 70, quand les Soviétiques, comme ils s’y attendaient, auraient établi une présence dans l'Espace.
Comme dans les programmes U2, les Américains avaient un autre ordre du jour occulte qui les préoccupaient bien plus que la capacité Soviétique à les menacer dans l’espace avec des missiles nucléaires. Ils étaient aussi très conscients des risques d’une puissance militaire, dominante sur Terre, afin d’établir leurs propres conceptions des conventions avec les Extraterrestres.
Ils avaient déjà vu comment Staline avait négocié un pacte de non agression avec Hitler, permettant aux Allemands de stabiliser leur front à l’Est et d’envahir l’Europe de l’Ouest. Ils ne voulaient pas voir Khrouchtchev gagner un pouvoir incontesté dans l’Espace que les Extraterrestres lui auraient facilement accordé pour garantir à chacun d’eux un certain degré de liberté pour dominer les affaires politiques de la planète.
Ça peut sembler paranoïaque aujourd’hui, mais à la fin des années 1950, c’était exactement la pensée de la communauté des Renseignements militaires.
Les intérêts du Général Trudeau étaient les mêmes que quiconque, connaissant la vérité sur la présence Extraterrestre autour de la planète. Ils ne savaient pas si une de ces nombreuses observations pouvait devenir, pour de bon, un atterrissage en force ou si une invasion avait déjà commencé.
En l’absence de toute information contredisant leurs craintes, il était du devoir des Militaires de prévoir le pire scénario. C’est pourquoi l’Armée poussa pour le projet Horizon. Ils se devaient d’avoir un plan.
Les documents Horizon étaient franchement, l’expression de leurs inquiétudes : ils devaient mettre un avant-poste militaire armé sur la Lune d’abord parce que si les Soviétiques achevaient cet effort avant eux, les Américains seraient en devoir de donner l’assaut à une montagne ou d’assurer une position militaire. Ils se devaient plutôt d’être les défenseurs d’une solide enclave fortifiée plutôt que d’en être les attaquants. Leur avant-poste devait être assez solide pour résister à un assaut et avoir assez de personnel pour conduire des expériences scientifiques et une surveillance continuelle de la Terre et de son espace.
Au début, le Général Trudeau argumenta que l’avant-poste devait avoir une taille suffisante et une activité constructive suffisante pour permettre une survie et une activité modérée pour 10 à 20 personnes. Il devait permettre une extension des installations permanentes, et une rotation du personnel afin de garantir le maximum de temps pour une occupation soutenue.
Le Général Trudeau ne voulait pas seulement une tête de pont sur la lune, il voulait que cela soit permanent et capable de se subvenir à lui-même pour de longues périodes sans aide de la Terre.
Par conséquent, l’emplacement et l’étude étaient critiques et nécessitaient, du point de vue de l’Armée, une station avec un système de surveillance spatiale triangulaire qui faciliterait :
Une capacité de communication avec la Terre et une observation optimum de celle-ci.
Des voyages de routines entre la Terre et la Lune.
La meilleure capacité d’exploration possible pas seulement dans la zone environnante de la surface lunaire mais en vue de plus longues expéditions d’explorations militaires.
La défense militaire sur la Lune. L’objectif initial de l’Armée était d’établir la première installation permanente sur la Lune, rien de moins. Le potentiel militaire sur la Lune était d’une importance primordiale, mais la mission permettrait, aussi, de potentielles recherches scientifiques et commerciales.
L’Armée voulait rendre Horizon conforme à la politique Nationale existante pour l’exploration spatiale, même dans la mesure où la démilitarisation de l’espace était en jeu.
Mais ce n’était pas simple parce que tous ceux dans l’Armée qui avaient été en contact avec le dossier Roswell pensaient qu’ils étaient déjà soumis à une sorte d’attaque.
Démilitariser l’Espace était seulement un moyen d’être un jouet dans les mains d’une Culture qui avait étalé une intention hostile envers eux. Mais ils réalisèrent que vouloir l’établissement d’une présence militaire dans l’Espace encouragerait les Soviétiques à les battre, étape par étape, avec pour résultat une course à l’armement dans l’Espace qui pourrait exacerber les tensions de la Guerre Froide.
L’armement dans l’Espace serait bien difficile à contrôler et un échange militaire accidentel pourrait facilement précipiter une crise sur Terre. Ainsi, le problème entier sur l’établissement d’une présence militaire dans l’Espace était une devinette. Horizon était la tentative militaire pour accomplir des objectifs militaires dans le contexte d’une politique Gouvernementale de désarmement.
L’Armée devait aussi, pour satisfaire sa planification, faire face à l’obstacle des membres du Groupe de travail sur Roswell qui avaient établi une politique de niveau de sécurité au-dessus du top-secret. Le Groupe de travail pouvait parfaitement établir que toute expédition militaire indépendante dans l’espace avec l’objectif d’établir un avant-poste sur la Lune, avait une grande probabilité de rencontre extraterrestre.
Pour cette rencontre, il n’y avait pas de garantie qu’un échange militaire ne s’ensuive pas ou dans une moindre mesure, un rapport militaire serait archivé.
Même si ces rapports étaient gardés secrets, il était hautement improbable que la presse n’entende pas parler de la rencontre des militaires avec des Extraterrestres.
Ainsi, le principe fondamental du Groupe de travail et de sa mission, le camouflage de leurs découvertes sur des formes de vie visitant et probablement, menaçant la Terre, serait incertain et des années d’opérations successives pourraient facilement avoir une fin peu satisfaisante.
Non, le Groupe de travail devait plutôt mettre l’exploration spatiale dans les mains d’une agence civile dans laquelle la bureaucratie serait plus facile à contrôler dont le personnel serait trié sur le volet et pour commencer, par les propres membres du Groupe de travail.
Ainsi, la scène était plantée pour une lutte bureaucratique acharnée parmi les membres du Groupe de travail, tous issus de la même organisation mais avec des niveaux de sécurité et des objectifs politiques différents et même la connaissance de ce qui s’était passé ces dernières années n’était plus de mise. Demeurait en sous main, l’hypothèse que la population civile mondiale n’était pas prête à connaître la vérité sur l’existence de Cultures extraterrestres sans parler de la menace probable que posaient ces Cultures à la Terre.
Le Général Trudeau était intrépide comme Corso ne l’avait jamais vu. En Corée, il avait chargé la montagne : Pork Chop, face à l’attaque ennemie, si furieusement que les Militaires qui étaient avec lui avaient pensé que leur dernière heure était arrivée. Ils ne pouvaient pas le laisser aller seul, c’est exactement ce qu’il comptait faire quand il jeta son casque et enlaça un Sergent blessé. Il arma son automatique et dit « J’y vais. Qui est avec moi ? ». Corso imaginait qu’il devait avoir le même visage qu’aujourd’hui, alors qu’il lui tendait le rapport du projet Horizon. « Nous y allons, Phil » dit-il, c’est tout ce que Corso avait besoin d’entendre.
Quand les partisans de l’agence spatiale civile firent valoir à l’Armée que toutes les questions évoquées sur le besoin d’établir d’abord une présence seraient accomplies par les missions civiles, le Général Trudeau argumenta que les plans civils ne parlaient pas explicitement d’une base sur la Lune mais seulement de la possibilité d’un avant-poste en orbite terrestre qui serait, ou pas, capable de servir comme halte pour les vols vers la Lune ou vers d’autres planètes.
Et le temps nécessaire pour construire une station spatiale orbitale la rendrait obsolète avant même qu’elle ne soit sortie des planches à dessins.
À côté de cela, le Général Trudeau fit valoir aux Scientifiques du « Eisenhower’s Aeronautics and Space Advisory Commitee », qu’il ne pouvait pas faire confiance à une agence civile pour remplir une mission militaire. Ce n’est jamais arrivé dans le passé et ça n’arrivera pas dans le futur. Si vous voulez remplir une mission militaire, seuls les Militaires peuvent le faire. Le Président Eisenhower comprenait cette sorte de logique.
A la fin des années 50, la Maison Blanche avait mis en avant ses interrogations auprès du Général Trudeau à propos de la recherche militaire et de la politique de développement en rapport avec le projet Horizon et plus particulièrement la raison pour laquelle les Militaires avaient besoin d’être sur la Lune, il convenait de comprendre également pourquoi une mission civile ne pourrait pas accomplir la plupart des objectifs scientifiques.
C’était au moment où la Maison Blanche soutenait la « National Aeronautics and Space act » et aussi la création de la NASA.
Le Général Trudeau répondit qu’il ne fallait pas écarter d’emblée le potentiel militaire au complet, « Mais », écrivit-il dans son rapport, « il est probable que l’observation de la terre et des vaisseaux spatiaux à partir de la Lune démontrera son important avantage. »
Plus tard, il écrivit qu’une ligne Lune/Terre, qu’une surveillance spatiale par triangulation, en d’autres termes, l’utilisation d’un point de référence sur Terre et un point de référence sur la Lune afin de pointer les positions de missiles ennemis, de satellites ou de vaisseaux spatiaux, promettait une plus grande autonomie et une plus grande précision d’observation.
Au lieu d’avoir un seul point d’observation, ils disposeraient d’un avantage décisif ayant une base lunaire comme référence supplémentaire et un autre point d’observation. Ce serait surtout le cas pour les missions lunaires et martiennes que la NASA s’apprêtait à planifier dans les années 60. Il dit que les stations radars terriennes étaient déjà inadéquates pour les opérations, en espace profond prévues par l’agence civile. Donc, cela n’avait aucun sens de dépenser de l’argent pour développer des réseaux de contrôles et de communications qui seraient obsolètes pour leurs utilisations prévues.
« L’utilisation d’un système d’armement sur une base lunaire contre la Terre ou des cibles spatiales devait être faisable et était souhaitable. » écrivit-il au chef du Matériel, révélant pour la première fois qu’il croyait, comme Douglas MacArthur, que l’Armée pourrait être amenée à faire une guerre dans l’Espace aussi bien que sur Terre.
Le Général Trudeau entrevoyait qu’un réseau de communication sur la Lune aurait un avantage pour suivre les missiles guidés, lancés de la Terre, mais il réalisa, aussi, que les armes pourraient être tirées de l’espace pas seulement par les Gouvernements Terriens mais aussi par des vaisseaux extraterrestres. C’était le projet de base lunaire, pensait-il, qui serait capable de protéger les populations civiles et les forces militaires sur Terre contre des attaques lancées de l’orbite terrestre comme de l’Espace. Mais l’initiative d’une base lunaire de défense avait une caractéristique additionnelle.
« La puissance militaire d’une base lunaire serait plus fortement dissuasive pour éviter de combattre en raison de l’extrême difficulté, du point de vue logistique ennemie, d’éliminer les capacités Américaines de ripostes. », supposait il, « Toute opération militaire pour l’ennemi, sur la Lune, serait difficile de par la difficulté inhérente à atteindre l’objectif, par contre si les forces Américaines y étaient présentes en permanence, elles auraient les moyens de contrer un atterrissage ou d’éliminer toutes forces hostiles qui tenteraient d’y atterrir. »
« Si des forces hostiles avaient la possibilité d’y être postées les premières, elles pourraient contrer les atterrissages Américains et tenteraient d’accuser, politiquement, les Américains d’utiliser leur propriété. »
L’Armée conçut le développement d’une base lunaire comme une tentative similaire à la construction de la bombe atomique : une vaste somme de ressources appliquées à une mission particulière, complètement secrète de par sa nature et un programme d’urgence pour compléter la mission avant la fin de la décennie à suivre. Il fit valoir que l’établissement d’un avant-poste devrait être un projet spécial ayant l’autorité et la priorité similaire au projet Manhattan pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Une fois établie, la base lunaire devrait être opérationnelle sous le contrôle d’un commandement spatial unifié, lequel serait une extension de la politique de commandement et de contrôle militaire actuel.
Le contrôle de toutes les forces militaires Américaines par un commandement unifié était déjà effectif à la fin des années 50, donc le plan du Général Trudeau pour un commandement spatial unifié n’était pas une exception à la pratique en cours.
La seule différence était que le Général ne voulait pas que le commandement unifié exerce son autorité uniquement sur la base lunaire, il voulait de ce commandement pour contrôler et utiliser les satellites militaires, les véhicules spatiaux militaires, les systèmes de surveillances spatiaux, et la gestion entière du réseau installé pour appuyer les avantages militaires.
Pour le Général, être second derrière l’Union Soviétique, pour le déploiement et le soutien d’une base militaire lunaire permanente, serait « désastreux », pas seulement pour le prestige de la Nation, mais pour tout le système démocratique lui-même. Dans l’estimation du Général Trudeau, l’Union Soviétique avait à ce moment planifié de construire une base lunaire dans le milieu des années 60 et voulait la déclarer territoire Soviétique. Il pensait que si les USA essayaient d’atterrir sur la Lune, et plus particulièrement s’ils essayaient d’établir une base là-bas, les Soviétiques voudraient profiter de cet événement comme un acte de guerre, étant une invasion de leur territoire, et ils essaieraient de montrer les USA comme agresseur et leur présence serait comme hostile. S’ils défendaient la Lune comme une de leurs colonies ou s’ils étaient la force déléguée au nom des Extraterrestres, les USA seraient dans une situation de faiblesse.
Ainsi, le Général Trudeau conclut et donc avisa le chef de l’ « Ordnance Missile Command » qu’il était de la plus extrême urgence que les USA imaginent un plan réalisable pour bénéficier d’un atterrissage habité sur la surface lunaire au printemps 1965, avec un avant-poste lunaire déployé et totalement opérationnel sur place 1966 pour un coût, réparti sur huit ans et demi, de 6 milliards de dollars.
Les 2 premiers astronautes, le fer de lance de l’équipage d’avant-garde, seraient prêts à atterrir sur la surface lunaire en avril 1965, dans une zone proche de l’équateur lunaire où, d’après des études, l’Armée croyait que le terrain supporterait de multiples atterrissages militaires, des installations de décollages et la construction d’une structure cylindrique, avec des murs tubulaires, construite sous la surface, dans une crevasse qui pourrait accueillir un personnel initial de douze 12 Militaires.
Le poids du matériel de construction pour cet avant-poste lunaire, 300.000 livres (135 tonnes), serait déjà sur le site, ayant été transporté dans les trois mois précédents. D’après les plans de l’Armée, une cargaison additionnelle de 190 000 lbs (86 tonnes) devrait être envoyée sur la Lune entre Avril 1965 et Novembre 1966. Et de Décembre 1966 à Décembre 1967, une autre cargaison de 266 000 lbs (120 tonnes) et des fournitures devraient être envoyées régulièrement à la base lunaire désormais opérationnelle.
C’était en Avril 1965 et le véhicule lunaire avec un équipage de deux Astronautes venait juste de toucher la surface lunaire. Bien que ce soit un appareil à capacité de décollage immédiat pour renvoyer les Astronautes sur Terre, leur reconnaissance orbitale avait déterminé que la zone était sûre et qu’il n’y avait pas de menaces aussi bien Soviétiques qu’Extraterrestres. La radio grésilla avec les premières instructions pour l’équipage.
« Ici contrôle Horizon, base lunaire. Vous êtes partis pour les premières 24 heures. » les informa le contrôle Horizon à Cocoa Beach, Floride, Cape Canaveral Space Command Center.
Ils sécurisèrent leur lieu d’atterrissage, lequel, s’ils recevaient l’ordre d’y rester pour des périodes supplémentaires, deviendrait immédiatement leur logis pour les deux mois suivants alors que les équipes de construction arriveraient de Terre pour commencer à assembler l’avant-poste.
Toutefois, avant même que la première cargaison habitée n’arrive, l’équipe d’avant-garde de deux Astronautes aurait confirmé la situation de la cargaison qui avait déjà été livrée sur site, affinant les études environnementales conduites par des sondes de surveillance non habitées et vérifierait que les mesures initiales et les suppositions d’établissement du site de la base lunaire étaient correctes.
En Juillet 1965, la première équipe de neuf personnes arriverait pour commencer à installer les tubes cylindriques dans la crevasse sous la surface et à installer les deux réacteurs nucléaires portables qui fourniraient l’énergie à l’avant-poste. Un certain nombre de facteurs avaient influencé la décision de l’Armée d’enfoncer les conduites sous la surface de la lune. Les plus importants d’entre eux étaient les températures uniformes, l’isolation de la matière lunaire elle-même, la protection contre une pluie potentiellement dangereuse de petites météorites et météores, le camouflage ainsi que la sécurité et la protection contre les radiations de particules qui n’avaient pas d’influence, grâce à l’atmosphère terrestre.
Les ingénieurs avaient conçu l’unité d’habitation pour ressembler et réagir comme une bouteille thermos vide avec un double mur et un isolant particulier. La forme en thermos préviendrait la perte de chaleur et donc isolerait l’unité d’habitation afin que la chaleur irradiée par le système d’éclairage artificiel interne suffise à maintenir une température confortable à l’intérieur. L’atmosphère pour l’équipage devrait être entretenue par des réservoirs isolés contenants de l’oxygène liquide et de l’azote et l’humidité serait éliminée ainsi que le dioxyde de carbone par des éléments chimiques recyclés à travers une série d’humidificateurs. Éventuellement, si la base devenait plus permanente et si de nouvelles équipes étaient amenées à y tourner, un système de recyclage plus efficace serait installé.
L’équipe de construction initiale serait assignée à vivre dans une configuration temporaire de blocs cylindriques et leurs nombres augmenteraient avec l’ajout de modules de six hommes et de fournitures. Comme l’installation permanente, la cabine de construction temporaire serait enfouie dans une crevasse sous la surface lunaire mais elle devrait être plus petite que la cabine permanente et n’avoir aucun équipement de laboratoire qui soit construit dans la structure permanente. À partir des composants déjà envoyés sur le site d’atterrissage, l’équipe de construction aurait à assembler un ‘rover’ (baladeur) pour la surface lunaire, un véhicule pour creuser et faire des tranchées, et un véhicule de type chariot qui servirait aussi de grue. Avec juste ces trois appareils, l’Armée pensait qu’une équipe de cinquante travailleurs pourrait assembler un avant-poste avec des éléments préfabriqués. Le plan Horizon pour la construction d’installations dans un état d’apesanteur, dans un environnement privé d’air deviendrait, finalement, le modèle pour la construction des stations spatiales Soviétiques MIR et Américaines FREEDOM.
Pendant que la construction de la structure souterraine permanente serait en route, d’autres membres de l’équipage devraient disposer à l’extérieur, le système de communication par antennes multiples qui serait relié avec les satellites terrestres géostationnaires afin de relier les transmissions de et vers la Terre. L’équipement radar sur la lune maintiendrait, également, une constante surveillance de la Terre et serait capable de suivre n’importe quel véhicule orbital à la surface de la Terre aussi bien que les vaisseaux spatiaux entrant dans l’atmosphère terrestre.
Les membres de l’équipage pourraient communiquer avec les autres et avec l’avant-poste lui-même par une radio montée dans le casque de leurs combinaisons spatiales.
Au moment où l’Armée proposait le projet Horizon, les Ingénieurs militaires avaient déjà sélectionné un certain nombre de sites de lancements. Au lieu de Cap Canaveral, l’Armée choisit un site équatorial parce que la Terre tourne plus rapidement à l’Équateur et de cette façon fournit une poussée supplémentaire à toute fusée et plus spécialement à celle ayant une forte charge utile. L’Armée choisit un site secret au Brésil où elle voulait commencer à construire des installations de lancements qui couvriraient le projet en entier. Les vaisseaux seraient suivis et contrôlés par les installations à Cocoa Beach, où l’Armée et la Navy lançaient déjà leurs satellites.
Ils scindèrent le programme en six phases commençant par la faisabilité initiale de Juin 1959, laquelle était écrite en réponse à la première proposition du Général Trudeau et devint la Phase I. La Phase II, était prévue pour être finie au début de 1960, quand Corso avait été mis sur le projet, il fut appelé pour un développement détaillé et une recherche de plans en conjonction avec les expérimentations préliminaires sur quelques-uns des composants essentiels.
Durant cette phase, Corso avait planifié d’utiliser les procédures régulières des R&D afin de gérer et suivre les tests et être sûr qu’ils pourraient faire ce qu’ils disaient pouvoir faire dans l’étude initiale de faisabilité.
En Phase III, ils étudièrent le développement complet du système d’intégration et du matériel pour le projet complet. Ceci incluait les fusées, les capsules spatiales, tous les véhicules de transports et de construction lunaire, les installations de lancements sur le site proposé au Brésil et les composants de l’avant-poste lunaire, aussi bien la base temporaire que permanente. Était aussi inclus dans cette phase, le développement de tous les systèmes de communications, celui-ci incluant les stations relais, les systèmes de surveillance et les appareils personnels de protection et de communication que les Astronautes auraient à utiliser. Finalement, la Phase III fut sollicitée pour intégrer la réalisation technique de toutes les procédures nécessaires pour qu’Horizon soit un succès au niveau : des « rendez-vous » orbitaux, des ravitaillements orbitaux des véhicules lunaires de transports, du transfert de cargaison en orbite, de lancement et de test des fusées cargos.
Sous la Phase VI, le premier atterrissage lunaire aurait lieu en 1965,. L’établissement des deux premiers avant-postes d’observation pour deux hommes et la construction du premier bloc préliminaire de travail et d’espace vital serait effectué par le premier détachement de l’équipage. Les plans prévoyaient qu’après la fin de cette phase, « Un avant poste lunaire habité serait établi ».
Phase V et VI étaient les phases opérationnelles du projet et étaient prévues pour être finies dans une période de deux ans, commençant début Décembre 1966 et prenant fin en Janvier 1968. Durant ces phases, l’avant-poste progresserait de la forme préliminaire à une construction avec des installations permanentes. Ces installations commenceraient à surveiller la Terre, établissant la présence militaire Américaine par des positions fortifiées sur la Lune, et commenceraient les premières expériences scientifiques et d’explorations.
Dans la Phase VI, basée sur le succès de l’avant-poste permanent et l’exploration du terrain lunaire, l’Armée prévoyait d’étendre l’avant-poste avec plus de capacité d’atterrissage et l’apport d’équipements additionnels. De faire état des résultats de tests biologiques et chimiques et commencer les premières tentatives d’exploitations de la Lune comme entité commerciale. L’Armée croyait aussi qu'en exploitant commercialement la Lune, ils pourraient faire revenir dans les coffres Fédéraux les milliards de dollars dépensés .
Le projet Horizon avait aussi esquissé le développement d’une station orbitale autour de la Terre comme un projet annexe afin de supporter les missions d’atterrissages lunaires. Sous les spécifications de la station orbitale, les développeurs du projet suggérèrent le lancement et l’assemblage d’une « Austère et basique » plate-forme orbitale qui pourrait fournir les équipages d’astronautes en route pour la Lune. Pour échanger et accroître leurs charges utiles, leurs ravitaillements en combustible et leurs re-lancements. La station orbitale pourrait être importante, ainsi, dans les étapes d’expédition du projet Horizon, les équipages militaires pourraient transporter les cargaisons en apesanteur plus facilement que sur Terre. Les cargaisons pourraient être envoyées séparément, voyageant en orbite terrestre avec la station, puis ré-assemblées par les équipages qui pourraient vivre dans les cabines de leurs vaisseaux au lieu de retourner sur Terre une fois le plein de carburant et le ré-assemblage, des charges utiles, complétés.
Si la station spatiale préliminaire était un succès, l’Armée en envisageait une plus élaborée, avec des équipements plus sophistiqués qui pourrait avoir ses propres missions militaires et scientifiques et servir comme station relais pour les équipages en route pour l’avant-poste lunaire. Cette station serait une augmentation de la capacité militaire et rendrait les USA capables de dominer l’espace au-dessus de ses ennemis, aveuglant les satellites ennemis et détruisant leurs missiles. L’Armée voyait aussi la station spatiale orbitale comme un autre composant dans une défense élaborée contre les Extraterrestres, plus spécialement si les Militaires étaient capables de développer les lasers et les canons à particules qu’ils avaient vus à bord du vaisseau de Roswell.
La station spatiale fournirait à l’Armée la plate-forme pour tester des armes Terre-Espace, et celles-ci, le Général Trudeau et Corso étaient d’accord, seraient dirigées contre les Extraterrestres hostiles qui étaient la vraie menace de la planète.
Dans ses plans pour une gestion et un management séparés à l’intérieur de la structure de l’Armée, le projet Horizon était conçu pour être la plus grande opération de recherche, de développement, et de déploiement dans l’histoire de l’Armée. Plus grand que le projet Manhattan, Horizon aurait pu devenir une unité complètement séparée dans l’Armée elle-même.
Ainsi, le projet Horizon fut perçu comme une menace immédiate pour les autres branches de l’Armée, aussi bien que par les agences spatiales civiles. La Navy avait ses propres plans pour établir des bases sous-marines et voulait récolter les opportunités commerciales et scientifiques sous les océans au même moment, voir plus important, établir une défense anti sous-marine qui pourrait compter faire face à la menace sous-marine Soviétique.
L’Armée suspectait que les plans de la Navy, comme leurs plans de base lunaire, donneraient aussi à la Navy la capacité de surveiller les objets sous-marins non identifiés, si, en fait, c’était ce que les EBEs envoyaient sur la Terre.
Malgré l’opposition civile contre le plan militaire, le Général Trudeau écrivit que l’Armée n’avait pas d’autre choix que de défendre sa planification d’une base lunaire.
« Les Renseignements Américains sont d’accord pour confirmer que les Soviétiques disposeront, au plus tard en 1965, d’un atterrissage lunaire habité » Ceci, dit-il, établirait une jurisprudence Soviétique pour déclarer la surface lunaire comme territoire Soviétique, ce qui pourrait précipiter la prochaine guerre si les USA essayaient d’établir une présence là-bas. Être second n’était même pas une option.
« Comme le Congrès l'a noté, » continua le Général Trudeau, « nous sommes pris dans une tempête dans laquelle nous n’avons pas d’autre choix que de continuer. »
Cependant, alors qu’ils s’efforçaient de trouver le financement et le développement du projet Horizon, ils furent stoppés. Le programme spatial National était devenu la propriété de l’agence spatiale civile et la NASA avait son propre ordre du jour et son propre plan pour l’exploration spatiale. L’Armée avait réussi dans des projets discrets comme Corona, mais cela n’était pas suffisant pour lui fournir le contrôle nécessaire pour établir une base lunaire sous les conditions du projet Horizon.
Corso devint le porte-parole du Général Trudeau pour le projet à la Maison Blanche. Il était capable de faire pression pour cela et Horizon devint finalement une couverture effective pour tout le développement technologique qu’il avait mis en chantier avec le dossier Roswell. Personne ne savait combien de technologie de Roswell serait insérée dans le développement.
Après sa première année au bureau, le Président Kennedy avait aussi vu la valeur du projet Horizon même s’il n’était pas en position de démanteler la NASA et d’ordonner à la NASA de céder le contrôle à l’Armée pour le développement d’une base sur la lune. Peu de temps après que Corso ait témoigné devant le Sénat dans une séance top-secrète sur la façon dont le KGB avait infiltré la CIA et dictait certaines estimations des renseignements depuis la Guerre de Corée, le Procureur Général Robert Kennedy, qui avait lu ce témoignage secret, invita Corso à venir au Département de la Justice pour une visite.
Ils allèrent à une réunion ce jour là. Corso savait qu’il l’avait convaincu que les renseignements officiels que recevait le Président, à travers ses Agences, n’étaient pas seulement faux, mais qu’ils étaient délibérément défectueux. Robert Kennedy commença à voir que les Militaires au Pentagone n’étaient pas seulement un groupe de vieux soldats en attente d’une guerre. Il comprit qu’ils concevaient réellement une menace et que les USA étaient vraiment compromis par la pénétration Soviétique de la plupart de ses agences secrètes.
Ils ne parlèrent pas d’Extraterrestres ou de Roswell. Corso ne lui parla jamais des Extraterrestres, mais il fut capable de le convaincre que si les Soviétiques allaient sur la Lune avant eux, la victoire de la Guerre Froide leur appartiendrait à la fin de cette décennie.
Bobby Kennedy suspectait le fait qu’il y ait un autre ordre du jour dans le désir de l’Armée de déployer un avant-poste lunaire pour l’Armée, la science et les intentions commerciales, et sans jamais connaître cet ordre du jour inconnu, il promit qu’il en parlerait au Président.
Corso put seulement nous dire que pour lui ce fut un signe d’aboutissement quand le Président John Kennedy annonça à la Nation, peu de temps après la rencontre de Corso avec Bobby, qu’un de ses buts était que les USA envoient une expédition lunaire habitée avant la fin des années 60.
Il l’a fait !
Peut-être ne pouvait-il pas laisser à l’Armée un autre projet Manhattan. C’était une autre époque et une autre guerre. Mais John Kennedy avait compris, pense Corso, les vraies conséquences de la Guerre Froide et ce qui se passerait si les Russes avaient envoyé un vol habité sur la Lune avant eux.
La marche de l’histoire changea. C’était leurs expéditions lunaires, les unes après les autres, pendant toutes les années 60, qui non seulement attirèrent l’attention du monde sur Eux mais montrèrent à tous leurs ennemis que les USA étaient déterminés à la surveillance de ses territoires et à défendre la Lune. Personne ne considérait une guerre, plus spécialement les EBEs qui essayaient de les effrayer pour les éloigner de la Lune et de leurs propres bases.
Ils bourdonnaient autour des vaisseaux Américains, interféraient avec leurs communications et cherchaient à les intimider avec leur présence. Mais les Américains continuèrent et persévérèrent. Finalement, ils atteignirent la Lune et envoyèrent assez d’expéditions habitées pour explorer la surface lunaire et effectivement défier les EBEs pour le contrôle du ciel Terrien et de l’Espace.
Et bien que la proposition Horizon prévoyait un atterrissage lunaire en 1967, il présupposait que l’Armée voulait commencer à créer la bureaucratie nécessaire pour gérer l’effort et la construction du matériel nécessaire dès 1959.
Parce que la NASA gérait l’exploration spatiale, les USA mirent plus de temps pour atteindre la Lune que les Militaires ne l’avaient prévu au début, et bien sûr, ne construisirent jamais la base permanente prévue dans le projet Horizon.
Corso savait, bien qu’il soit sorti de l’Armée depuis 1969 que leurs succès pour l’exploration lunaire avaient démontré qu’ils en exerçaient le contrôle et que les EBEs n’auraient plus les rênes des cieux.
Ils démontraient aussi que si une transaction devait être faite, pour une relation de proximité à établir, les Soviétiques n’étaient pas ceux à qui parler.
Mais pour Corso, de retour en 1961, en considérant le gigantesque projet Horizon rapporté sur son bureau et en réalisant que l’Establishment Scientifique Civil s’était mobilisé contre cette tentative, Corso savait que des petites victoires pourraient suffire jusqu’à ce que la grande puisse être gagnée. Corso prit la plaquette avec les circuits imprimés récupérée de l’épave de Roswell et se dit que cela pourrait contenir le prochain projet.
Il savait à peine ce que c’était, mais si les scientifiques de White Sands avaient raison, c’était une victoire qu’ils savoureraient bien après les batailles politiques après la fin du projet Horizon.

13 – La puce à circuit intégré

Avec le projet de vision nocturne en route à Fort Belvoir et l’équipe du projet Horizon essayant de nager en amont du courant de la gestion civile pour le programme spatial, Corso tourna son attention sur le fragment suivant du crash de Roswell qui semblait particulièrement intriguant : la plaque de semi-conducteurs carbonisée qui s’était cassée en plusieurs morceaux. Corso n’en avait pas fait sa priorité, ne sachant pas réellement ce que c’était, jusqu’à ce que le Général Trudeau lui demande d’y jeter un oeil plus attentif.
« Parlez en à quelques-uns des Scientifiques des fusées à Alamogordo » dit-il, « Je pense qu’ils sauront ce que nous pourrons en faire »
Corso savait que dans les jours suivant le crash, le Général Twining avait rencontré le groupe d’Alamogordo et leur avait décrit quelques-uns des débris. Mais Corso ne savait pas jusqu'où il avait poussé ses descriptions et si les Scientifiques savaient quelque chose au sujet des plaquettes en leur possession.
« Je veux parler aussi à quelques Scientifiques, là-bas » dit Corso, « et plus spécialement je veux voir quelques ingénieurs des fournisseurs de la Défense. Peut-être pourront ils en estimer le processus de fonctionnement».
« Allez à Bell Labs, Phil » suggéra le Général Trudeau « le transistor est sorti de leur atelier et ces choses ressemblent beaucoup à des circuits transistorisés. »
Corso avait entendu dire que le Général Trudeau avait travaillé de très près avec Bell Labs et Motorola sur la recherche en communication pendant la guerre, ensuite sur le site de test de lancements de missiles V2 à Alamogordo après le crash de Roswell. Est-ce qu’il leur avait donné du matériel du crash ou leur avait il montré la minuscule puce de silicone ?c’était pure spéculation. Tout ce que Corso savait, c’est que les travaux sur la miniaturisation des circuits firent un bond de géant en 1947 avec l’invention du transistor.
À la fin des années 50, les transistors avaient remplacé les tubes à vides dans les radios et avaient changé la boîte en bois de la taille d’un mur des années 40, en radio portable en plastique que vous pouviez écouter sur la plage pendant un chaud dimanche de Juillet. L’industrie de l’électronique avait fait un bond technologique majeur en moins de 10 ans et Corso s’était demandé, en privé, si du matériel de Roswell n’était pas sorti avant son arrivée aux R&D en 1961.
Corso ne comprit pas immédiatement tout ça quand il montra ses plaques de silicones au Général Trudeau, mais il en devint rapidement et intimement convaincu de par le bourgeonnement de l’industrie informatique et par un très petit et invisible pignon d’un processus d’assemblage qui donnerait 50 ans plus tard les premiers systèmes de micro-ordinateurs et la révolution de l’ordinateur personnel.
Suite aux années qui avaient vu Corso rejoindre l’Armée en 1942, sa carrière l’avait conduit à travers les étapes d’un système basé sur les tubes à vide, comme les radios et les radars de la Deuxième Guerre Mondiale, au châssis de composants. C’étaient à l’origine de grosses unités de circuits qui, si elles réduisaient en taille, pourraient être changées en élément, voir très petits éléments, finalement en minuscules transistors et enfin en composants électroniques transistorisés. Les premiers ordinateurs militaires que vit Corso étaient de la taille d’une demi-salle, des monstres de tubes à vide cliquetants qui, aux standards d’aujourd’hui, prenaient une éternité pour calculer la plus simple réponse. Mais ils émerveillaient ceux qui n’avaient jamais vu d’ordinateur travailler auparavant.
À Red Canyon et en Allemagne, les radars de poursuite qu’ils utilisaient étaient contrôlés par de nouveaux ordinateurs à châssis transistorisés qui étaient assez petits pour être transportés en camion et suivre le bataillon. Quand Corso vit la plaque grise avec un quadrillage gravé dessus, il put faire une estimation juste sur sa fonction même s’il n’en n’avait jamais vu auparavant. Il savait, cependant, que les Spécialistes des fusées et les chercheurs Universitaires qui travaillaient avec les laboratoires de développements à Bell, Motorola et IBM feraient plus que comprendre la fonction primaire de ces puces et estimeraient ce dont ils auraient besoin pour le reproduire et se l’approprier.
Mais d’abord Corso appela le professeur Hermann Oberth pour savoir si un développement parallèle avait eu lieu après le crash de Roswell. Le Dr Oberth connaissait les Scientifiques d’Alamogordo et avait probablement reçu, en sous main, le contenu de la conversation qu’avait eu le Général Twining avec son groupe de travail dans les heures qui avaient suivi la récupération de l’appareil. Et si le Général Twining avait décrit certains débris, avait-il décrit ces petites puces de silicone ? et s’il l’avait fait, en ces mois ou l’ENIAC - le premier ordinateur - faisait ses premiers tours de manivelles à l’ « Aberdeen Ordonance Testing Ground », Maryland, qu’est-ce que ces Scientifiques avaient fait de ces puces ?
« Ils ont vu ceci à ‘Walker field hangar’ » dit le Dr Oberth à Corso, « tous ceux d’Alamogordo se rendirent à Roswell avec le Général Twining pour surveiller le chargement à Wright Field »
Oberth décrivit ce qui s’était passé le jour du crash quand une équipe de Scientifiques de l’AMC étudia soigneusement les morceaux et les débris du site. Quelques-uns de ces débris furent emballés pour être emmenés en B29. L’autre matériel, plus spécialement les caisses en partance pour Fort Riley, fut chargé dans un camion par la route.
Le Dr Oberth dit que des années plus tard, von Braun lui avait décrit comment les Scientifiques se tenaient en rang avec leurs équations prêtes afin de pouvoir les traiter sur l’ordinateur expérimental d’Aberdeen Maryland.
Von Braun avait demandé au Général Twining si quelqu’un à Bell Labs avait été contacté à propos de cette découverte. Twining avait semblé surpris au début, mais quand von Braun lui avait parlé des expériences sur les circuits intégrés, matériel dans lequel les électrons n’avaient pas besoin d’être excités par la chaleur pour conduire le courant, Twining avait été intrigué.
Et si ces puces étaient des composants d’un circuit très avancé ?lui demanda von Braun. Et si une des raisons pour laquelle l’Armée ne trouvait pas d’installation électronique dans le vaisseau était que des couches de ces plaques courraient dans tout le vaisseau ? Ces puces pouvaient être le système nerveux du vaisseau, transportant les signaux et transmettant les commandes exactement comme le système nerveux dans un corps humain.
La seule expérience du Général Twining était constituée du lourd système isolé de tubes à vide de la Deuxième Guerre Mondiale, où les fils multiples étaient protégés par des nappes. Il n’avait jamais vu, auparavant, de circuits imprimés métalliques comme ceux-ci. Comment fonctionnaient-ils ? demanda t’il à von Braun.
Le Scientifique Allemand n’en n’était pas très sûr, bien qu’il estimait qu’il s’agissait du même principe que les transistors que les laboratoires essayaient de développer jusqu’à ce qu’ils puissent être commercialisables. Cela transformerait complètement l’industrie de l’électronique, expliqua von Braun au Général Twining. Les Allemands avaient essayé, désespérément, de développer un circuit de cette sorte pendant la guerre, mais Hitler, qui pensait que la guerre serait finie en 1941, avait dit aux Chercheurs en informatique Allemands que la Wehrmacht n’avait pas besoin d’ordinateurs qui auraient un temps de développement supérieur à 1 an. Ils auraient célébré la victoire à Berlin avant la fin de cette année.
Mais la recherche sur les composants de circuits intégrés, que les Allemands avaient faite et le début du travail à Bell Labs n’étaient rien à côté de la merveille que Twining avait montré à von Braun et aux autres Scientifiques au Nouveau Mexique.
Sous une magnifique vitrine, le groupe pensa qu’il ne regardait pas seulement un simple composant de circuit intégré mais tout un ensemble de composants, intégrés les uns aux autres qui devaient contenir ce qui ressemblait à un circuit complet ou un système de circuits.
Ils n’en étaient pas sûrs parce qu’ils n’en n’avaient jamais vu auparavant. Mais ça leur montrait le futur de l’électronique, si un chemin pouvait être trouvé, afin de fabriquer cette sorte de circuit sur Terre.
Soudain, l’énorme système de guidage nécessaire pour contrôler le vol d’une fusée, en 1947 qui était trop gros pour être compressé à l’intérieur du fuselage de celle-ci, pourrait être miniaturisé de telle façon que cette fusée puisse avoir son propre système de guidage.
S’ils pouvaient copier ce qu’avaient les EBEs, ils auraient, eux aussi, la possibilité d’explorer l’Espace. Résultat, la production des composants de circuits intégrés, commença dans les semaines et les mois après le crash de Roswell, même si William Shockley à Bell Labs, travaillait déjà sur une version de son transistor dès 1946.
En été 1947, les Scientifiques à Alamogordo avaient conscience de la recherche en cours sur les composants de circuits intégrés à Bell Labs et à Motorola. Donc ils s’adressèrent à Nathan Twining afin de rechercher des Scientifiques, au sein des entreprises, susceptibles de l’aider à organiser une réunion pour définir la nature de la découverte de Roswell. L’Armée, très secrètement, avait envoyé quelques composants aux Ingénieurs, pour études et début 1950, le transistor fut inventé et maintenant les circuits transistorisés sont devenus un bien de consommation courant comme dans les systèmes électroniques militaires. L’ère des tubes à vide, vieille de 80 ans avec laquelle une génération entière de communication, tels que télévisions et ordinateurs, a été bâtie, était maintenant proche de la fin avec la découverte dans le désert d’une technologie entièrement nouvelle.
Le poste à tubes était un legs des expériences du 19éme siècle. Comme beaucoup de découvertes scientifiques historiques, la théorie derrière les tubes à vide a été découverte par chance, personne ne sut réellement ce que c’était, ni qu’en faire, seulement bien des années plus tard. Les tubes à vide trouvèrent leur plus grande utilité des années 1930 à 1950, jusqu’à ce qu’ils deviennent obsolètes, grâce à la technologie découverte à Roswell..
Bien qu’IBM et Bell Labs aient investi des sommes énormes pour mettre au point un ordinateur qui ait un rendement opérationnel faible, il semblait, étant donné la technologie informatique digitale aux alentours de 1947, qu’il n’y avait pas d’applications où l’employer. Il était simplement trop cher à construire, trop cher à démarrer, un éléphant très encombrant en fin de compte. Alors un vaisseau extraterrestre tomba des cieux au-dessus de Roswell, s’éparpillant sur le sol désertique et en un après-midi, tout changea.
En 1948, le premier transistor de dérivation - un microscopique sandwich de silicone - fut inventé par le physicien William Sockley. L’invention fut créditée à Bell Labs et comme par magie, le développement des ordinateurs dinosaures, comme l’ENIAC, fut stoppé et une génération entièrement nouvelle de circuits miniaturisés commença.
Où le tube à vide nécessitait une énorme quantité d’énergie pour chauffer, le transistor nécessitait une très faible quantité d’énergie. Comme il ne nécessitait qu’une très petite quantité d’énergie, il pouvait être alimenté par batteries. Parce qu’il ne dépendait pas d’une source de chaleur pour fournir du courant et qu’il était si petit, beaucoup de transistors pourraient être alignés dans un espace très réduit, permettant la miniaturisation des circuits.
Finalement, comme il ne brûlait pas comme les tubes, il était plus fiable. Ainsi, dans les mois suivants le crash de Roswell et le premier échantillon de la technologie des plaquettes de silicone montré aux entreprises déjà impliquées dans le développement des ordinateurs, la limitation de taille et d’énergie des nouveaux ordinateurs se réduisit soudainement et la nouvelle génération d’ordinateurs entra en développement.
Cela fournit aux R&D et plus spécialement pendant la présence de Corso, l’opportunité d’en encourager le développement auprès des fournisseurs de la Défense appelés pour la mise en oeuvre des appareils à circuits intégrés dans les générations précédentes de systèmes d’armements.
Plus d’un historien qui s’intéresse à l’âge des ordinateurs a écrit que personne avant 1947 ne prévoyait l’invention des transistors ou avait même rêvé d’une technologie entièrement nouvelle. Plus grande que l’idée d’une calculatrice ou d’un engin analytique ou de toutes autres combinaisons qui feraient les premiers ordinateurs des années 30 à 40, l’invention du transistor et son évolution naturelle dans les circuits intégrés était derrière ce que tout le monde pourrait appeler un saut quantique de technologie.
Le développement complet des tubes à vide, depuis les expériences d’Edison jusqu’aux mécanismes de l’ordinateur ENIAC, avait prit 50 ans. Le développement des transistors en silicone semblait n’être qu’une question de mois. Et si Corso n’avait pas eu en mains les plaques de silicone provenant du crash de Roswell, s’il n’en n’avait pas parlé avec Hermann Oberth, Wernher von Braun ou Hans Kohler, s’il n’avait pas pris connaissance des rapports des Scientifiques, aujourd’hui disparus, de la première réunion avec Nathan Twining, Vannerar Bush et les Chercheurs à Bell Labs, il aurait pensé que l’invention du transistor était un miracle. Il savait maintenant d’où venait ce miracle.
Comme l’histoire l'a révélé, l’invention des transistors n’a été que le début de la technologie des circuits intégrés développée dans les années 50 et qui continue aujourd’hui.
Le Général Trudeau était inquiet sur la façon de conduire les nouvelles productions électroniques basées sur la miniaturisation des circuits qui allaient créer des nouveaux marchés et qui allaient forcer des industries Américaines à la faillite. Il prédit que ça leur deviendrait meilleur marché de faire fabriquer leur production en Asie, où l’industrie s’était déjà ré outillée, après guerre pour produire des composants transistorisés. Il savait que les nouveaux besoins pour l’exploration spatiale, pour défier les EBEs hostiles, sur leur propre territoire, étaient liés au développement de la technologie du circuit intégré pour ajuster sa taille aux exigences des véhicules à propulsion comme les fusées. La course pour développer des missiles plus intelligents nécessitait aussi le développement de nouveaux types de circuits qui pourraient être rangés dans des espaces de plus en plus petits.
Mais les industries ré outillées Japonaises et Allemandes étaient les seules capables de prendre un avantage immédiat avec ce que le Général Trudeau appelait la « Nouvelle électronique ».
La recherche devait être payée par les Militaires pour que l’industrie militaire puisse entrer sur ce terrain de jeu. C’était quelque chose que le Général Trudeau était disposé à défendre au Pentagone parce qu’il savait que c’était le seul moyen pour qu’ils aient leurs armes.
Seulement quelques uns d’entre eux savaient qu’ils en avaient aussi besoin pour mener une guerre d’escarmouche contre les Extraterrestres. Arthur Trudeau était un Général, sur un terrain de combat, engagé dans une campagne militaire solitaire que même la politique nationale et les lois secrètes lui interdisaient de dévoiler. Et dans le gouffre de temps entre le crash de Roswell et les intérêts de l’expansion économique d’après-guerre, même ceux qui avaient combattu auprès du Général Trudeau étaient, un par un, en train de mourir. L’industrie pouvait faire la guerre pour eux, pensait le Général Trudeau, si le terrain était correctement ensemencé avec les idées et l’argent pour les développer.
En 1961, ils avaient porté leur attention sur le circuit intégré. Les dépenses Gouvernementales pour les armes militaires et la nécessité de l’exploration spatiale avaient déjà fortement renforcé le circuit à composants transistorisés. Les radars et les missiles que commandait Trudeau à Red Canyon, Nouveau Mexique, en 1958, dépendaient de la miniaturisation des composants pour leur fiabilité et leur mobilité. Les nouvelles générations de radars de poursuites sur les planches à dessin en 1960 étaient bien plus sophistiqués et électroniquement plus intelligents que les armes que Corso avait pointé sur les cibles Soviétiques en Allemagne.
Aux USA, les radios Japonaises ou Taiwanaises, qui tenaient dans la main, étaient sur le marché. Les ordinateurs comme l’ENIAC, n’occupaient maintenant pas plus de place que des toilettes. Les mini-ordinateurs, aidés par le financement Gouvernemental des R&D, qui seraient bientôt disponibles sur le marché étaient déjà en phase d’étude.
C’était le début d’un nouvel âge électronique, aidé en partie, par le financement Gouvernemental. Mais le vrai prix, le développement de ce qui avait été découvert à Roswell, viendrait quelques années plus tard. Quand il arriva, à nouveau stimulé par les besoins de nouveaux développements d’armes militaires et de voyage spatial, il causa une autre révolution.
L’histoire du circuit intégré et du microprocesseur est aussi l’histoire d’une technologie qui a permis aux Ingénieurs d’intégrer de plus en plus de circuits dans des espaces de plus en plus petits. C’est l’histoire du circuit intégré, qui se développa à travers les années 60, qui se développa ensuite à un haut niveau d’intégration dans les années 70, juste avant l’émergence des vrais ordinateurs individuels et le très haut niveau d’intégration au début des années 80.
Aujourd’hui, les ordinateurs à 200 méga-hertz sont le résultat de la technologie, des circuits intégrés, commencée dans les années 60 et qui continue aujourd’hui.
Le bond entre le circuit intégré basique à transistors et la haute intégration fut possible grâce au développement du microprocesseur en 1972.
Cette année marqua le début de l’industrie des micro-ordinateurs, bien que le premier ordinateur n’apparaisse sur le marché qu’avec le 8080A d’Intel. En 1979, Apple Computer avait commencé à vendre le premier ordinateur qui poussa la révolution du micro-ordinateur à une vitesse supérieure. Et au début des années 80, avec l’introduction du Macintosh d’Apple, pas seulement le lieu de travail mais le monde entier ressembla à un endroit très diffèrent de celui qu’il était au début des années 60.
C’est comme si, de 1947 à 1980, un changement fondamental avait eu lieu dans la capacité de traitement de l’information au niveau du cerveau humain.
Les ordinateurs eux-mêmes étaient devenus une sorte de forme de vie basée sur le silicone.
Si tout ceci est vrai, n’est il pas indiscutable que les plaques de silicone découvertes à Roswell étaient les vraies maîtresses et les voyageurs de l’Espace ou les Créatures extraterrestres leurs hôtes ou leurs serviteurs ?
Une fois implanté avec succès sur Terre, notre culture a atteint un point ultime de vivacité d’esprit, à travers le développement des ordinateurs digitaux qui n’est plus le courant normal de développement, en commençant par le développement du transistor qui nous a transporté à un point où nous achevons la symbiose avec le matériel de silicone qui transporte nos données et nous rend capables de devenir plus créatifs et donc victorieux.
Peut-être que le crash de Roswell qui nous a permis de développer la base de la technologie des systèmes d’armes pour protéger notre planète des EBEs, était aussi le mécanisme pour une implantation, réussie, d’une forme de vie non-humaine qui survit d’hôte en hôte comme un virus, un Ebola digital, que les hommes emmèneront un jour sur une autre planète. Á moins que, quelqu’un ne veuille implanter le parfait espion ou mécanisme de sabotage dans une autre Culture ?dès lors l’implantation des microprocesseurs dans notre technologie par les EBEs serait la méthode parfaite.
Peut-être que le crash de Roswell en 1947 était un événement qui attendait d’arriver, comme un fruit empoisonné tombant d’un arbre sur le sol. Le fruit une fois mordu, le poison ferait effet.
« Retenez vos chevaux » disait le Général Trudeau quand Corso spéculait trop. « Souvenez-vous, vous devez vous adresser à un groupe de Scientifiques, des gens chez Bell Labs qui attendent de voir vos rapports quand vous aurez fini d’en parler au groupe d’Alamogordo. »
C’était en 1951 et la miniaturisation des circuits électroniques et des ordinateurs avait déjà commencé, mais les rapports de Corso pour le Général et les rendez-vous qu’il lui avait arrangé à Sperry-Rand, Hughes, et Bell Labs étaient des réunions avec des Scientifiques afin de déterminer comment leurs unités respectives allaient procéder pour l’application des circuits miniaturisés à l’intérieur des études de systèmes d’armements.
L’inspiration pour les micro-circuits était tombée du ciel, à Roswell, et avait orienté le développement des ordinateurs digitaux dans une direction entièrement nouvelle. C’était maintenant le travail de Corso d’utiliser les processus de développements d’armes et plus précisément développement des systèmes de guidages pour les missiles balistiques, afin d’appliquer les systèmes de micro-circuits dans ces nouvelles générations d’armes.
Le Général Trudeau et Corso faisaient partie des premiers éclaireurs dans ce qui serait la guerre de l’électronique des années 1980.
« Ne vous inquiétez pas, mon Général, j’ai établi tous mes rendez-vous » dit il à Trudeau. « je pense, toutefois, que les gens à Bell Labs ont déjà vu ces choses là, auparavant ».
Et ils les avaient effectivement vu...en 1947.

14 – Le laser

Alors que Corso épluchait sa liste, écrivant des rapports consultatifs et des recommandations pour le Général Trudeau à propos du potentiel de chacun des articles, il perdit toute notion de temps.
Il pouvait suivre, sur la rive opposée du Potomac, les progrès de la vision nocturne : Fort Belvoir, alors que l’été finissait. Il se rendait compte qu’il faisait maintenant, nuit alors qu’il quittait le Pentagone. Et il faisait également noir lorsqu’il rentrait au Pentagone le matin. Il avait pris l’habitude d’utiliser différents itinéraires pour aller au Pentagone au cas où la CIA le suivrait.
Lui et le Général Trudeau étaient enracinés dans une longue journée routinière aux R&D. Ils avaient leurs réunions matinales à propos du dossier Roswell - il appelait aussi ça « le tas de vieilleries » parce que c’était plein de morceaux et de débris qui provenaient de plus grands morceaux cassés - mais ils avaient enterré si profondément les projets de développements du matériel de Roswell que même les autres, qui travaillaient avec eux tous les jours, ne savaient rien de ce qui se passait.
Ils avaient classé le travail qu’ils faisaient avec tant de précaution que lorsqu’il fallait discuter de Roswell, ils faisaient en sorte que personne d’autre ne soit dans le bureau, ou s’arrangeait pour continuer à en discuter dans un endroit où ils ne pouvaient être écoutés alors que quel qu’un était entré dans la pièce.
La mission de Corso aux R&D était d’alimenter les projets de développements en cours avec des informations et des renseignements venant de sources extérieures, hors des circuits militaires réguliers. S’ils étaient en train de développer des méthodes pour protéger la nourriture et que les Italiens ou les Allemands avaient un procédé qui semblait fonctionner, c’était le travail de Corso de tout apprendre sur celui-ci et de glisser l’information dans le processus de développement.
Même s’il n’y avait pas de développement officiel pour un article précis, si Corso entendait parler de quelque chose qui pouvait être utile à un commandant de l’Armée, même si c’était le Corps Médical, les Transmissions, le groupe Motorisé, l’Ordonnancement ou même la Timonerie, c’était le travail de Corso de trouver un moyen pour faire du goutte-à-goutte de cette information sans faire une ride en surface.
C’était la couverture parfaite pour ce que faisait Corso avec le dossier Roswell.
Le Général Trudeau et lui, avaient des réunions régulières sur les projets en cours aux R&D, ceux dont ils avaient hérités du commandement précédent et ceux qu’ils voulaient démarrer.
Les Officiers qui avaient été assignés aux R&D avant eux, avaient leurs propres projets en cours de développement, aussi, le Général avait donné à Corso la tâche de trouver ces projets avec les informations et les renseignements nécessaires, peu importe leurs provenances, sans perturber ce que les officiers faisaient et sans interférer avec leurs équipes.
C’était difficile à réaliser parce qu’il devait travailler dans le noir et clandestinement, même auprès de ses propres collègues dont les réputations auraient été détruites si une relation « au matériel de soucoupe volante » venait à s’ébruiter dans le cadre de leurs travaux en cours.
Néanmoins, au même moment, la plupart des Officiers de haut rang au Pentagone et les membres clefs de leurs équipes savaient que la technologie de Roswell flottait à travers la plupart des nouveaux projets en cours de développement. Ils avaient aussi, vaguement, connaissance de ce qui c’était passé à Roswell d’après la dernière version du Groupe de travail d’Hillenkoetter / Bush / Twining, qui avait du personnel oeuvrant au Pentagone.
En plus du travail officiel de Corso qu’il appelait « travail journalier » sur des projets réguliers et de son travail clandestin sur le dossier Roswell, son autre rôle officiel, mais bien souvent informel, était celui de délégué du Général Trudeau. Quand le Général avait besoin d’information pour l’aider à redéfinir ses priorités budgétaires ou d’informations pour l’aider à compiler des budgets supplémentaires de développements, il demandait souvent à Corso de l’aider ou de lui donner son avis.
Corso fonctionnait comme l’officier de renseignement du Général, l’aidant pour ses réunions avec les informations nécessaires, l’aidant même quand il devait rencontrer les comités du Congrès et le défendre, lui et la division, contre les attaques hebdomadaires des Officiers des autres branches militaires ou des Agences de renseignement ou de développements, civiles.
Tout le monde voulait savoir ce que les R&D savaient et à quoi étaient consacrées leurs dépenses. De cette façon ils n’avaient pas à se chamailler avec ceux qui voulaient savoir ce que l’argent du peuple Américain permettrait d’élaborer et de lui mettre, par la suite, à disposition, avec toutefois une seule exception  : Roswell.
Même les gens des R&D pouvaient se sentir frustrés quand le Général Trudeau se tournait vers Corso, en cours de réunions et pouvait dire, « Connaissiez-vous l’information sur la vision nocturne que vous avez envoyé à Fort Belvoir il y a quelque temps ?où avez-vous trouvé ce dossier ? » comme Corso ne pouvait pas rester muet, il disait, « Je ne pense pas avoir eu l’occasion de voir ça auparavant, quelqu’un d’autre devait l’avoir en charge » alors Corso haussait simplement les épaules et disait « Je ne sais pas, mon Général, peut-être que c’était quelque part dans les dossiers. Je vais aller voir. ».
C’était du cinéma et beaucoup d’Officiers, qui les suspectaient d’avoir une planque d’information quelque part, savaient qu’ils cachaient quelque chose. Mais s’ils étaient dans la carrière, c’est qu’ils savaient comment, au Pentagone, se jouait la version du voleur de jambon. Les R&D possédaient les infos et les cachaient. Personne ne trouverait quoique ce soit, tant qu’ils ne laisseraient pas faire.
La CIA était si frustrée de n’avoir aucune information d’eux qu’elle commença à observer de plus près les contrôleurs Soviétiques qui étaient dans les parages de Washington et qui travaillaient pour les contrôleurs du KGB dans les Ambassades.
Parce que la CIA savait parfaitement comment les Universités étaient infiltrées, elle pensa qu’elle pourrait avoir des informations, par rebond, en photographiant ce qui se trouvait à l’intérieur des photocopieuses de l’ambassade Russe, à Washington.
Et bien sûr, il y avait la rumeur circulant autour de l’échange de Scientifiques entre l’industrie et le milieu universitaire.
La CIA savait qu’il se passait quelque chose aux R&D et c’est pourquoi les R&D essayaient de garder le cercle autour d’eux aussi serré que possible. Corso devait donc garder un oeil sur le Général, ne pas le laisser aller à des réunions sans protections, en étant tout le temps sûr que la CIA sache bien qu’elle devrait passer par-dessus Corso pour avoir le Général Trudeau et tout ce qu’il savait.
Et la CIA savait que Corso savait ce qu’elle faisait, sachant qu’un jour il y aurait une confrontation. Corso et le Général Trudeau avaient rapidement établi leurs routines dès 1961 et la façon dont ils effectuaient leur travail semblait bien fonctionner. La vision nocturne était en cours de développement à Fort Belvoir, et les Chercheurs qui travaillaient pour eux avaient fait en sorte que les plaquettes de silicone arrivent dans les mains de ceux qui travaillaient, pour eux, à Bell Labs en leur assurant que ça avait déjà trouvé une voie de développement dans une nouvelle génération de circuit transistorisé.
Les puces de silicone étaient un camouflage de réintroduction pour les gens de Bell Labs parce que les puces avaient été présentées initialement aux Fournisseurs de la Défense suite au crash de Roswell dés 1947, dans les semaines suivant l’envoi du matériel de Wright Field.
Une histoire similaire d’introduction et de réintroduction s’était déjà produite avec la stimulation d’un rayonnement d’énergie. Une arme, pensèrent les premiers Analystes en regardant l’épave du vaisseau de Roswell.
Bien que la technologie du rayon d’énergie dirigé ait été déjà déployée pendant la Deuxième Guerre Mondiale, ce qu’ils en voyaient maintenant était une version très avancée de cette technologie, tellement avancée qu’elle devait venir d’un autre monde.
Ça excitait tellement les Analystes qu’ils voulaient le passer aux Scientifiques aussi vite que possible. Au début des années 50, une version du rayonnement d’énergie stimulée avait trouvé son chemin dans la Communauté scientifique, version à partir de laquelle furent développées de nouvelles productions autour du processus de génération de micro-ondes.
La plupart des Américains vivant en 1950 se rappellent l’introduction du four à micro-ondes qui les aidèrent à « vivre mieux électriquement » dans leurs nouvelles cuisines modernes. Un des dispositifs miraculeux qui surgit sur scène, dans les années 50, fut la promesse de cuire la nourriture en deux fois moins de temps que les fours traditionnels, même si la nourriture était initialement complètement gelée.
La théorie derrière le four à micro-ondes qui commença à apparaître, pour un long et profitable chemin, fut formulée en 1945 avec la première commercialisation d’un four à micro-ondes au Massachusetts en 1947, avant toute dissémination de renseignement ou de matériel provenant du crash du vaisseau de Roswell.
Mais dans l’épave de ce vaisseau, les Scientifiques des essais de vols à longues portées, à Alamogordo, rapportèrent que les occupants du vaisseau semblaient utiliser des instruments de stimulation d’ondes très avancés, qui d’après leurs analyses, établiraient la base pour la physique de base d’un générateur micro-ondes.
L’équipe de récupération qui avait enlevé l’épave du désert avait aussi trouvé un petit appareil tronqué avec une source lumineuse interne qui lançait un intense rayon de lumière, sur une courte distance et qui pouvait couper le métal.
Ceci, pensaient les ingénieurs de Wright Field, était aussi basé sur une stimulation d’ondes. Les questions étaient : comment les EBEs utilisaient la stimulation d’onde et comment les Américains pourraient-ils l’adapter à une utilisation militaire ou la glisser dans un développement déjà en cours ?
En 1954, alors que Corso était à la Maison blanche, le NSC recevait déjà une théorie, développée par Charles H. Townes, qui décrivait le comportement des atomes d’un gaz qui pouvaient être excités à un très haut niveau d’énergie par l’application d’énergie explosive.
Ce gaz délivrant son excès d’énergie sous forme de micro-ondes et à une fréquence très précise pouvait être contrôlé. En théorie, pensaient-ils, le rayon d’énergie pourrait être un signal de support de transmission de communications, voire même un amplificateur de ce signal. Quand le premier maser fut assemblé aux laboratoires Labs en 1956, il fut utilisé comme chronomètre en raison du calibrage exact de sa fréquence.
Le maser, toutefois, était seulement le précurseur de la production à venir ; le laser, qui révolutionnerait tous les aspects de la technologie qu’il toucherait. Il pouvait être aussi utilisé comme une arme qui les aiderait à déployer une menace réaliste face aux EBEs qui semblaient vouloir déclencher une guerre nucléaire entre les Super-puissances.
Là où le maser n’était qu’une amplification de micro-ondes, le laser était, lui, une amplification de lumière, et les théories conduisant à son élaboration circulaient dans la petite communauté des développeurs d’armes, bien avant que Bell Labs ne produise le premier maser.
Corso avait vu des descriptions du laser EBE dans les rapports du crash de Roswell, un faisceau de lumière si fin qu’on ne pouvait le voir que lorsqu’il se fixait sur une cible. Quel était l’usage de ce générateur de faisceau ? avait demandé le groupe à Alamogordo. Il ressemblait à un appareil de communication ou de ciblage, semblait avoir une portée limitée et si un bon support de puissance était découvert pour amplifier le faisceau de lumière afin de traverser le métal, il pourrait se transformer en perforateur, poste à souder, ou même en arme dévastatrice.
Alors que Corso était à la Maison Blanche, les trois branches militaires travaillaient déjà avec des Chercheurs universitaires sur le développement d’un laser fonctionnel. Finalement, en 1958, l’année où Corso quitta la Maison Blanche, il y eut une poussée dans l’activité de recherche et plus spécialement à l’Université de Colombia, où, deux ans plus tard, le physicien Théodore Maiman construisit le premier laser opérationnel.
La première démonstration pratique du laser prit place en 1960 au moment ou Corso rejoignit le Pentagone. Au Pentagone, le Général Trudeau avait mit le laser dans leur liste de développements prioritaires à buts militaires. Comme l’appareil à stimulation d’énergie était au milieu des débris technologiques découverts à Roswell, le développement Américain du laser englobait les conditions spéciales d’urgences de la mission de Corso sur Roswell. Il devait écrire un rapport au Général Trudeau suggérant les possibilités d’utilisations de la technologie laser par les EBEs dans leurs missions sur Terre et comment ils pouvaient développer la même chose sous le couvert d’un développement conventionnel.
En d’autres termes, une fois qu’ils auraient imaginé comment les Extraterrestres l’utilisaient, ça devait devenir leur modèle de développement pour des applications similaires.
Ils pensaient que les EBEs utilisaient les lasers pour la navigation, en émettant des rayons dans l’espace et en les récupérant afin de trianguler une trajectoire, pour communiquer, en utilisant le laser comme vecteur de signal ou comme signal lui-même, pour la surveillance, en peignant des cibles potentielles avec un faisceau ou pour un moyen de transport d’énergie, d’illumination et même comme accumulateur de données. L’intensité et l’intégrité du faisceau laser aurait pû servir aux EBEs comme moyen de communication primaire pour de grandes distances et même comme moyen de stocker des communications en paquets pour une livraison future.
Toutefois, c’est l’utilisation du laser par les EBEs comme outil médical ou, en fin de compte, comme arme qui les fit frissonner car pour eux, il était évident que les Extraterrestres avaient des intentions hostiles.
Si les Extraterrestres considéraient les Humains comme de vrais ennemis à détruire ou alors voyaient la Terre comme un laboratoire de spécimens à fin d’expérimentation, les résultats faisant suite à toutes les carcasses d’animaux ramassés sur le terrain par les équipes chimiques, biologiques et nucléaires de récupérations pourraient être très semblables.
De 1961 à 1963, au Pentagone, Corso eut connaissance de rapports de terrain d’agences de police locale et d’État, à propos de la découverte de bétail mort dans lequel les carcasses semblaient systématiquement avoir été mutilées, ainsi que des témoignages de personnes disant avoir été enlevées par les Extraterrestres et avoir été l’objet d’expériences.
Un des fils conducteurs de ces théories était constitué avec les rapports d’enlèvements qui décrivaient comment les personnes avaient été soumises à une sorte d’opération chirurgicale avec un faisceau de lumière, fin et intense. La police locale rapporta que lorsque les vétérinaires étaient appelés sur le terrain pour examiner le bétail mort, ils trouvaient souvent des preuves que, non seulement le sang de l’animal avait été pompé, mais que des organes entiers étaient déplacés avec une adresse chirurgicale ce qui ne pouvait pas être le fait d’un prédateur ou d’un vandale prenant les organes pour quelque rituel dépravé. On pouvait aussi trouver des preuves de meurtres ou de mise en scènes macabres, d’habitude mises en évidence par la maladresse de l’effort de mise en scène intentionnelle des carcasses.
Et dans la grande majorité des cas où l’animal était tué par un prédateur qui avait consommé son sang et transporté au loin des organes internes, les marques de dents ou la brève lutte lors du passage de la vie à la mort étaient des indicateurs évidents sur ce qui c’était passé.
Mais dans les cas où les enquêteurs disaient avoir été déconcertés par ce qu’ils avaient trouvé : l’ablation d’organes et le drainage complet du sang de l’animal, étaient faits de manière si sophistiquée qu’il n’y avait pas de dommages subis par les tissus environnants. On supposa même, dès le début des années 60, que quel que soit ce qu’utilisaient les EBEs, ce quelque chose n’avait même pas besoin de pénétrer ou d’endommager les tissus environnants. Les instruments médicaux disponibles à l’époque étaient loin d’égaler les capacités de ce qu’avaient les Extraterrestres. Le résultat était bien supérieur à la précision de leurs propres appareils chirurgicaux.
Corso fut intrigué par ces rapports alors qu’il se trouvait à la Maison Blanche et par la suite au Pentagone. Il se rappelle également qu’aussi bien le Personnel civil que militaire, attaché aux Équipes qui travaillaient pour les groupes de Twining et d’Hillenkoeter sur les ovnis, dans les années 50, était activement engagé dans la recherche de méthodes chirurgicales qui pourraient produire des « Preuves du crime » comme celles-ci.
Les Russes y étaient-ils mêlés, pensèrent-ils d’abord ? Étant donné le climat tendu de la Guerre froide, la peur que les Soviétiques expérimentent sur le bétail Américain afin de développer une arme biologique ou une toxine qui pourrait dévaster les troupeaux n’était pas si paranoïaque. Il suffit de dire sans rentrer dans les détails, que les Américains pensaient aux mêmes types d’armes, donc ce n’était pas aller chercher bien loin que de prétendre qu’ils protégeaient leurs propres stratégies du « jugement dernier », au vu de ce que les Russes pouvaient, peut-être avoir.
Mais ce n’était pas les Russes qui s’en prenaient au bétail. C’était les EBEs qui expérimentaient avec les organes, peut-être pour la transplantation dans d’autres espèces ou pour produire une sorte de bloc nutritif ou même pour créer une nouvelle entité biologique hybride. C’était ce à quoi pensaient les gens rattachés au groupe de travail dans les années 50 et 60.
Bien que le premier rapport public sur les mutilations de bétail ait fait son apparition en 1967 au Colorado, à la Maison blanche, ils étaient au courant des mutilations depuis le milieu des années 50, et plus particulièrement dans la zone englobant le Colorado. On spécula aussi sur le fait que les compagnies pharmaceutiques pouvaient être derrière tout ça voulant utiliser les organes et tissus pour des expérimentations biologiques, mais cette hypothèse fut rejetée parce que toutes ces compagnies avaient leurs propres élevages et pouvaient disposer de tout ce dont elles avaient besoin.
Les Organisations de renseignement et surtout le Groupe de travail pensaient que les mutilations de bétail qui ne pouvaient pas être expliquées par des prédateurs, des farces ou par des massacres rituels, étaient le résultat direct de l’intervention des Extraterrestres pour la recherche d’organes.
Donc si les troupeaux Terriens avaient autant d’importance pour les EBEs, au point de prendre tellement de risques et de s’exposer, il s’imposait de savoir pourquoi.
Les EBEs avaient une efficacité froide et clinique, qui rappelait la méthode Nazie, ils ne perdaient pas de temps au sol, où ils étaient très vulnérables à une attaque, s’ils n’avaient pas une bonne raison de le faire.
Dans les années 50 et 60, les Américains ne connaissaient pas les raisons de ces agissements et pouvaient seulement spéculer, ça les plongeait dans la terreur jusqu’à ce qu’ils trouvent le moyen de se protéger des EBEs qui se servaient d’eux comme tissus de remplacement ou de source nutritionnelle.
En 1997, cela ressemble au cauchemar sorti d’un film d’horreur de soucoupes volantes, mais en 1957, c’était ce à quoi ils pensaient, aussi bien à la Maison Blanche que dans l’Armée.
Ils ne comprenaient pas mais avaient des preuves irréfutables selon lesquelles les EBEs atterrissaient dans les fermes, récupéraient les organes vitaux du bétail pour ensuite laisser les carcasses sur le sol sachant que les humains ne pouvaient rien faire.
Quiconque en avait après le bétail était particulièrement intéressé par les mamelles, le système digestif, et les organes de reproduction, spécialement l’utérus des vaches. Dans beaucoup de cas, les yeux et la gorge étaient retirés par une méthode chirurgicale où la ligne de démarcation était microscopique et les tissus environnants démontraient que l’incision était soumise à très haute température, vu qu’ils étaient noircis après refroidissement.
Dans ces rapports de mutilations, l’examen médico-légal ne montrait pas de preuves de traumatismes collatéraux ou même d’inflammation. Par conséquent, pensaient-ils, les coupures pour extraire les tissus étaient si rapidement faites et la blessure étanchée si vite que les tissus environnants n’étaient jamais détruits. Cela montrait que, quel que fut ce qui opérait les animaux, ce quelque chose le faisait en quelques minutes.
Donc s’ils ne pouvaient pas protéger le bétail et s’ils ne réagissaient pas avec intelligence aux histoires d’abductions humaines, sauf par dé-bunkage (fausses allégations) ou en faisant croire aux personnes ayant été enlevées qu’elles avaient eu une hallucination, ils devraient trouver les armes qui les mettraient sur un pied d’égalité, face aux EBEs. Une de ces armes, qui avait un large potentiel d’application, était le laser, l’objet que l’Armée avait trouvé dans le vaisseau de Roswell et qu’elle développerait plus tard comme arme en coopération avec Hughes Aircarft.
Peu de temps après la première démonstration réussie d’un laser rouge à l’université de Columbia, les trois branches militaires réalisèrent qu’elles avaient misé juste. L’année suivant les résultats des tests à Columbia, l’intérêt industriel pour le développement du laser et le rapport de Roswell sur l’énergie stimulée arrivèrent tous les deux sur le bureau de Corso. Maintenant, c’était à son tour d’être impliqué et de rassembler l’information pour le développement du laser avec des fonds militaires avant que l’opération entière ne soit expédiée à un spécialiste des R&D qui voudrait faire suivre la production aux niveaux suivants.
C’était leur façon de travailler : Corso alimentait le jeu, assurant le coup, puis disparaissait. Pendant que le porteur de la balle faisait son chemin, Corso était déjà hors jeu.
Corso commença par lister les besoins de l’Armée par rapport à ce que le laser était capable d’accomplir. En se basant sur ce que les Analystes militaires avaient vu dans le vaisseau de Roswell, il semblait à Corso, que si le laser de Roswell était un couteau ou un outil chirurgical, le faisceau pourrait être aussi analysé comme une arme avancée de tir rapide.
Avec un faisceau dirigé si précis, le laser pourrait se révéler aussi un excellent télémètre et gestionnaire de cible pour l’artillerie. Si le faisceau était capable de se réajuster instantanément et d’être incorporé dans un ordinateur, il serait aussi le parfait système de ciblage pour un char d'assaut, surtout un char d'assaut en mouvement.
Et si un laser pouvait peindre la cible d’un char d'assaut et trouver la distance de tir, Corso spécula qu’il pourrait faire la même chose d’un hélicoptère.
Corso suggéra au Général Trudeau que toutes les recherches qu’ils allaient entreprendre pour les hélicoptères tactiques se rejoindraient parfaitement considérant les possibilités du laser comme mécanisme de télémétrie. Ils pourraient peindre les troupes amies pour les localiser, identifier leurs ennemis et détruire leurs cibles potentielles avec une lumière invisible à tous.
Comme signal, un laser est si intense, et parfaitement stable qu’il est inaccessible à toutes sortes de perturbations. Pour cette raison, Corso fit valoir au Général Trudeau que les EBEs devaient utiliser une sorte de forme avancée de laser pour leurs communications, eux pouvaient aussi le faire. Les lasers avaient aussi la capacité de transporter des signaux multiples. Par conséquent ils devaient pouvoir assembler un grand nombre de fréquences de transmissions dans un signal laser qu’ils pourraient ensuite récupérer avec leurs systèmes de transmissions habituels. Cela voulait dire qu’ils pouvaient littéralement inonder une zone de combat avec différentes sortes de canaux de communication, chacun portant différentes qualités de transmissions dont certaines restaient à inventer.
Le Général Trudeau se dit aussi intéressé par un article écrit par d’autres Observateurs, dans un des rapports de spécifications que les lasers pourraient aussi servir comme moyen de protection en projections de grands écrans.
Les lasers étaient si lumineux que les projections pouvaient se faire dans une pièce éclairée. Le Général vit la possibilité de monter des « salles de situation » avec des projections grand écran équipées pour les transmissions de satellites radars. La pièce permettrait aux informaticiens de suivre ce qu’ils faisaient sur leur clavier tout en surveillant les écrans et en recevant les instructions.
Corso suggéra que la division militaire de cartographie serait particulièrement intéressée par la capacité de mesure du laser pour les cartes. La même capacité de mesure pouvant générer une image digitale du sol pour aider les hélicoptères en vol à basse altitude. Corso avait eu l'idée de cette évolution en lisant les rapports d’analyses sur des ovnis qui avaient eux aussi cette capacité.
C’est ce qui leur permettait de se déplacer très près du sol et de se mouvoir à des vitesses supérieures à 1000 miles/heure au niveau de la cime des arbres sans heurter quoi que ce soit.
L’appareil laser à l’intérieur de l’ovni fournissait instantanément la topographie du paysage et le vaisseau s’adaptait automatiquement au terrain.
Fin 1961, le Général Trudeau encouragea Corso à visiter Fort Belvoir de nouveau, cette fois pour rencontrer le Dr Mark Johnston, un des chercheurs en aéronautique de Hughes Aircraft.
Fort Belvoir était un des lieux sécurisés où les R&D pouvaient avoir des réunions. Les allése et venus de Corso de là-bas jusqu’au R&D étaient pure routine, même si les équipes de surveillances de la CIA suivaient parfois sa voiture à la sortie du Pentagone. La réunion de Corso avec Johnston était faite pour évoquer le programme de développement des hélicoptères Hughes, pas pour lui donner ses rapports sur les appareils de mesure à laser qu’ils pensaient avoir trouvé dans le vaisseau de Roswell. Il parla sommairement à Johnston de ce que l’équipe de Scientifiques d’Alamogordo pensait se trouver dans le vaisseau, il lui demanda de ne pas parler de tout ça et lui suggéra que l’équipe de développement de Hughes devait considérer intégrer le nouveau développement du laser dans leur dispositif de mesure de terrain servant aussi à l’acquisition des cibles, dans leurs hélicoptères.
« Oui, bien sûr » lui assura Corso, « le bureau des R&D aurait un budget de développement pour le projet de laser, si l’équipe R&D de Hughes pensait que leurs idées étaient réalisables et qu’ils pourraient les développer. »
C'est exactement ce qui arriva. Aujourd’hui, le laser est devenu le H.E.L., High Energy Laser, déployé pour le S.D.C. (Space Defense Command) étant entre autres choses, une arme anti-missile et anti-ogive.
La rencontre de Corso avec Hughes fut brève et directe. Comme beaucoup de Chercheurs que Corso avait rencontré à Hughes, Dw, IBM et Bell, Johnson avait disparu derrière un bureau, des écrans radars ou des tubes à essais dans l’arrière-salle et il ne le revit jamais.
Quand le Général Trudeau demanderait à Corso de suivre le projet des mois plus tard, un représentant d’une nouvelle entreprise le rencontrerait et le projet ressemblerait à tous les autres contrats de recherche démarrés par les R&D.
Toutes traces de Roswell auraient disparu et le projet se serait inséré dans les rouages normaux des R&D.
Bien évidemment l’appareil n’était jamais sorti de l’incident de Roswell. L’incident était juste un mythe, il n’avait jamais eu lieu. Cela était venu du bureau des Technologies Étrangères, quelque chose sur lequel travaillaient les Italiens ou les Français et que les Américains avaient récupéré à travers leurs sources de renseignement.
Leurs efforts sur la production du laser avaient tellement bien réussi fin 1961, que le Général Trudeau pressa Corso à diffuser cette richesse à toutes les bases militaires possibles.
Corso s’entretint, par exemple, avec des experts en armements à Fort Riley, Kansas, à propos de l’utilisation du laser sur le terrain par les troupes. Peut-être comme télémètre, suggéra-il.
Dans une de leurs dernières impulsions pour le développement de systèmes d’armements basés sur le laser, ils argumentèrent, avec succès, pour un budget de développement d’un système de suivi des missiles. Ce fut un projet ou ils trouvèrent une très forte opposition de la part des autres branches militaires. Le laser était trop nouveau, argumentèrent-ils. L’interférence atmosphérique ou les gros nuages déformeraient le laser sur les longues distances, dirent-ils ou il utiliserait trop d’énergie et serait intransportable.
Le Général Trudeau et Corso avaient un autre programme en vue pour ce projet qu’ils ne pouvaient pas partager avec tout le monde.
Ils pensaient que les lasers pouvaient être utilisés pour autre chose que le suivi des missiles, c’était évident. Ils voyaient le laser comme la meilleure arme pour, non seulement suivre les ovnis au sol, mais aussi, s’ils pouvaient en augmenter, la puissance à un niveau adéquat, pourquoi pas les descendre.
Descendons quelques ovnis, pensaient-ils, et ils ne violeront plus l’espace aérien avec tant d’impunité. Équipons les avions de chasse ou les intercepteurs avec des appareils de tirs lasers et nous pourrons devenir une menace crédible face à Eux.
Équipons nos satellites avec des appareils de tirs lasers et nous pourrons trianguler une fenêtre de tir sur les ovnis qui garderont leurs distances de nos vaisseaux orbitaux.
Mais tout cela n’était que spéculation en 1961.
Seules quelques personnes dans les autres branches des R&D soupçonnaient ce que Corso et Trudeau faisaient. La NASA avait ses propres plans pour développer un système de poursuite laser et ne voulait pas partager de budget de développement avec l’Armée, il y avait donc une aide très limitée à espérer de la NASA.
L’Air Force et la Navy gardaient leurs propres budgets de développements pour les armes lasers et ils ne pouvaient pas compter sur les Agences Civiles de renseignement.
Donc Corso et le Général Trudeau commencèrent à plaider en faveur d’un plan de couverture au développement du pisteur laser et d’autres projets sophistiqués de surveillance. Ça paraissait un peu excessif, comme ça mais il trouva vite des partisans, de cette manière le vrai programme pourrait être complètement masqué. Ils ne pourraient jamais l’appeler appareil anti-ovni, donc ils l’appelèrent le missile anti-missile. C’était un des projets le plus couronné de succès jamais sorti des R&D. Il produit bien plus que les théories sur la découverte du laser dans le vaisseau de Roswell.

15 – Le projet missile anti-missile

Durant la présence de Corso au Pentagone, il y eut certaines fois, où celui-ci se posa la question de savoir s’il n’y avait pas un plan global plus vaste que son propre travail.
Corso avait lu, au cours des années qui suivirent son départ à la retraite de l’Armée, des propos sur le concept de la synchronicité ou confluence et comment des choses où des événements tendaient à un même but, avec un fil conducteur commun. Comme fil conducteur, il y avait le développement du missile anti-missile qui englobait le travail de Corso aux R&D, sa brève période comme conseiller d’équipe pour le sénateur Thurmond, et ses années à Rome, pendant la guerre, comme assistant du chef d’équipe (G2), au « Rome Area Allied Command ».
Début 1963, juste après que Corso ait quitté le Pentagone, le sénateur Thurmond lui demanda de rejoindre son équipe comme consultant ou conseiller sur les problèmes de Sécurité Nationale et Militaire. Le Congrès venait juste d’approuver un budget de 300 millions de dollars afin d’enquêter sur la faisabilité d’un programme de missile anti-missile. Mais celui-ci s’était retrouvé bloqué au moment où Corso quittait le Sénat. Le secrétaire à la Défense, Robert Mc Namara, refusait carrément de dépenser l’argent parce que, disait-il, non seulement ce programme intensifierait la course avec les Soviétiques, mais il constituerait une offense pour le Kremlin en dévoilant ce que les Américains tentaient de mettre en place : une force de première frappe afin de neutraliser leurs ICBMs. Encore pire, dit-il au Congrès, les Militaires Américains n’avaient simplement pas besoin de cette arme.
Le sénateur Thurmond était irrité et Corso était profondément soucieux. Mc Namara était vraiment mal informé sur la façon dont les Soviétiques réagiraient face à un déploiement d’armes de la part des USA. Les Russes négocieraient avec les Américains seulement dans leur meilleur intérêt. La CIA avait l’oreille de Mc Namara et lui donnait exactement les informations de désinformation que les experts Soviétiques voulaient qu’il ait : ne développez pas le missile anti-missile.
Le Général Trudeau et le Colonel Corso avaient un programme secret qu’ils avaient utilisé au Pentagone les années précédentes. Le missile anti-missile, en utilisant le ciblage et le pistage laser, était supposé être le parfait mécanisme pour obtenir les fonds afin de développer une arme à canon laser qu’ils pourraient utiliser, finalement, contre les ovnis.
En définitif, c’est le parcours qu’ils planifièrent. Le Général l’avait porté dans les dédales de la bureaucratie du Pentagone pendant que Corso se couvrait du côté législatif, certifiant au comité militaire l’efficacité d’une arme capable de protéger les forces stratégiques militaires Américaines avec un parapluie.
Si un pays était assez fou pour essayer de les attaquer, le missile anti-missile émousserait, non seulement leur offensive, mais rendrait les USA capables de non seulement dévaster les forces militaires ennemies mais aussi de tenir leurs populations en otages.
Pour le Département de la Défense, le déploiement d’un missile anti-missile encouragerait leurs ennemis à attaquer en premier leurs cités et à anéantir leurs populations civiles. Quels étaient les intérêts d’avoir une capacité de première frappe si les dommages à attendre en retour étaient déjà en route ?
Le seul moyen de préserver les populations civiles était que chaque côté possède le moyen de tenir la force nucléaire ennemie en otage. Si chaque côté pouvait dévaster la force nucléaire de l’autre, cela donnerait le temps de s’arrêter avant une destruction mutuelle des populations.
Mais le secrétaire à la Défense ne comprenait pas la guerre. Il ne voyait pas les leçons qu’avait apprise l’Union Soviétique pendant la Deuxième Guerre Mondiale quand ses populations avaient été dévastées et que les gens en étaient arrivés à un point de privation tel, qu’ils se cannibalisaient les uns les autres. Ce genre d’expérience ne vous endurcit pas, elle vous éduque.
Le seul espoir de victoire des Soviétiques dans la Guerre Froide était de faire baisser la garde des USA et de les faire capituler. En refusant d’aller de l’avant avec le missile anti-missile, le secrétaire à la Défense écoutait les arguments qui lui étaient donnés au compte-goutte, par des gens des renseignements civils qui étaient dirigés par le KGB. La réaction du sénateur Thurmond, suite au refus de Bob Mc Namara d’affecter les sommes au projet missile anti-missile, fut d’en appeler au sous-comité afin d’étudier ce problème.
Le département de la Défense ne voulait pas divulguer une information classifiée sur les capacités d’une arme proposée ainsi que sur sa politique de défense avant une séance publique au Congrès. Donc Fred Buzhardt, qui devint plus tard le conseiller de Nixon, suggéra que le sénateur Thurmond utilise un privilège sénatorial pour clore la séance du Sénat, de manière à ce que la discussion sur le problème du missile anti-missile puisse être discutée, en privé, avant la séance du Sénat. D’abord, il devait se procurer des informations spécifiques auprès du Département de la Défense, cette tâche revint à Corso parce qu’il était le consultant du sénateur. Personne ne savait que Corso était celui qui avait élaboré les débuts du projet missile anti-missile et qui probablement le connaissait le mieux.
La première réunion avec le Département de la Défense eut lieu dans le nouveau bureau de Corso, dans les sous-sols du Capitole. Le sénateur Mc Namara envoya son propre conseiller scientifique, Harold Brown, qui devint plus tard le secrétaire à la Défense, accompagné par un Colonel de l’Armée qui était devenu le responsable du développement du projet missile anti-missile. Brown ne savait pas qui était Corso mais son assistant de l’Armée devait sûrement le savoir.
« Mon Colonel », commença l’officier dès que Corso lui posa une question sur leur demande d’information. Brown se tenait bien droit dans son siège. Graduellement, comme pour évacuer les éclats d’un bloc de granite, Corso questionna l’officier à propos des détails spécifiques du programme missile anti-missile : Combien de budget ils avaient déjà dépensé au Pentagone pour ce projet et quel serait leur délai de développement.
Puis il posa plus de questions techniques à propos de la recherche dans les radars souterrains, les radars satellites, spécula sur les stratégies Soviétiques des missiles anti-missiles.
Montés sur des camions où des véhicules ferroviaires, les missiles mobiles Soviétiques seraient impossibles à suivre même lorsqu’ils devraient s’arrêter pour faire le plein de carburant.
« Je vois que mon assistant continue à vous appeler Colonel, Mr. Corso » dit Harold Brown, « et vous semblez connaître beaucoup de détails sur ce sujet. ».
« Effectivement Monsieur, » dit Corso, « je ne suis à la retraite que depuis quelques mois mais quand j’étais au Pentagone, j’étais l’officier responsable du projet missile anti-missile. »
« Alors il n’y a aucune raison de rester sur nos gardes » dit Harold Brown qui finalement sourit pour la première fois. Il sortit de sa poche une enveloppe pliée.
« Voici vos copies avec les détails complets du projet dont nous avons déjà instruit le Président Kennedy. Tout est là et je présume que c’est ce que vous vouliez, officiellement » dit-il en insistant sur le mot « officiellement ».
Il savait que Corso savait ce qui se trouvait dans l’enveloppe mais ne pouvait pas le dévoiler avant la consultation du Sénat parce qu’elle contenait des informations classifiées et Corso violerait le pacte de Sécurité Nationale en l’ouvrant.
Toutefois, en lui remettant cette enveloppe, Brown donnait à Corso la pleine autorisation pour sa diffusion. Brown réalisait que, probablement lors de séances privées, Corso avait déjà dû parler de cette enveloppe mais il ne lui était pas possible d’en parler de façon formelle. Maintenant qu’il pouvait le faire, il apprécia la sincérité de Brown.
La bataille pour l’appropriation était sur le point d’être emportée, mais Corso ne pouvait pas prendre connaissance du contenu de l’enveloppe, dont une partie était ses propres notes, sans repenser à la suite des événements qui avaient conduit à cette réunion et au projet qui en découlerait comme résultante.
Cela avait commencé début 1962 alors que Corso travaillait sur la liste des priorités qu’il s’était imposées. On y trouvait un rapport médical sur les Créatures extraterrestres. C’était un rapport sur la fonction possible et la structure apparente du cerveau extraterrestre. Un rapport qui émerveillait par les similitudes entre le cerveau EBE et le cerveau humain. Toutefois, un article dans le rapport laissait Corso perplexe. L’examinateur médical y disait que les mesures de l’activité du cerveau prises sur l ’EBE, encore en vie, à Roswell montraient que sa signature électronique, en fait tout ce qu’ils étaient capables de mesurer avec l’équipement de 1947, présentait une signature similaire à ce que qu’ils appelaient, les ondes basse fréquence. Et l’examinateur se référait à une description d’un médecin de la base de Roswell selon laquelle les lobes du cerveau de la Créature ne semblaient pas seulement physiologiquement et neurologiquement intégrés mais aussi intégrés par un courant électromagnétique.
Corso aurait aimé penser que c’était seulement la spéculation d’un analyste qui n’avait pas l’expérience de ce type d’analyse et sûrement pas d’expérience avec des Extraterrestres.
Par conséquent, ce qu’il avait écrit n’avait aucun sens. Mais le rapport médical perturbait Corso bien plus qu’il ne voulait l’admettre parce qu’il le renvoyait à l’époque où il avait été assistant du chef d’équipe, à Rome, là où il était devenu ami avec certains membres de l’Université de Rome.
Il avait 25 ans et était Capitaine et ingénieur durant cette période. Lors d’une de ses visites à l’Université, il rencontra le Dr Gislero Flesh, un professeur de criminologie et d’anthropologie, qui avait lu à Corso ce qu’il appelait sa théorie et ses expériences sur « les bases de la vie ». Corso pensa que c’était une théorie sauvage et super-naturelle. Le Dr Gislero parlait d’un filament dans la cellule. Le filament était activé par une action cosmique ou par une radiation électromagnétique qui bombardait la Terre continuellement de l’espace et résonnait contre l’activité électrique constamment rafraîchie du cerveau.
« Mon Capitaine » disait-il toujours dès qu’il commençait une explication. Corso pensait que le docteur était très surpris que quelqu’un de si jeune lui soit envoyé par le nouveau monde pour faire respecter la Loi et la Justice à Rome, la Capitale de l’ancien monde. Le vieux professeur avait aussi des scrupules devant quiconque, même devant ses étudiants, il était extraordinairement respectueux.
« Les forces électromagnétiques dans le corps sont les moins compréhensibles » continua t-il, « bien qu’elles soient responsables de plus d’activités qu’on ne le pense. »
En tant qu’ingénieur pour qui l’expérience avec l’énergie était faite avec des expériences vérifiables, Corso était plus que sceptique au début. Comment mesurer une activité électrique, dans le cerveau, que vous ne pouviez voir ? Comment des ondes invisibles d’énergie, que vous ne pouviez sentir ou voir, excitaient certaines parties des cellules humaines et qu’elles étaient leurs finalités ?
Le professeur Flesh présenta Corso au professeur Casmiro Franck, un des premiers Scientifiques à avoir photographié les ondes cérébrales. Le professeur Franck devint un ami de Corso parce que durant les jours de sa présence à Rome, en combattant les agents de la Gestapo, les partisans Communistes et les familles de la pègre locale, il était toujours engagé dans une guerre. Mais quand il avait du temps, il voulait rencontrer du monde, pour étendre son expérience, pour tomber amoureux de la ville de ses ancêtres qu’il se devait de protéger.
Dans les premières expériences de Franck, celui-ci utilisa un cerveau de lapin comme sujet de test. Il mesura ce qu’il disait être la longueur des ondes basses fréquences que le cerveau animal génèrerait, il décrivait comment il était en mesure de tracer la forme que prenaient ces ondes lorsqu’elles étaient transmises du cerveau de l’animal à ses muscles. Certains muscles, disait le professeur, étaient accordés pour répondre à certaines longueurs d’ondes cérébrales, des ondes à une fréquence précise. En cas de paralysie musculaire, ce n’est pas le muscle qui est nécessairement endommagé, c’est le muscle qui règle le mécanisme qui devient infirme, comme s’il n’avait pas la bonne fréquence. C’est comme une radio, disait-il, si la radio ne peut pas recevoir de signal, la radio n’est pas nécessairement cassée, son antenne ou son cristal doivent être ajustés à la fréquence correcte. Corso fut l’invité de ses expériences de nombreuses fois et il le regardait conduire ses expériences sur des lapins vivants, interférant avec la propagation de leurs ondes cérébrales électromagnétiques en implantant des électrodes pour voir quels muscles devenaient cataleptiques et quels autres répondaient.
Il disait que c’était la fréquence qui était altérée, parce que lorsque l’animal était retiré de la table d’expériences, il pouvait marcher et sauter comme s’il ne s’était rien passé.
Alors, le professeur présenta Corso à un autre de ses collègues, le célèbre chercheur en biologie et physicien docteur Castellani, qui avait, quelques années plus tôt, isolé et identifié la maladie appelée, « La maladie du sommeil » et qui perfectionna ce qui, de 1930 à 1940, serait connu comme « La pommade Castellani ». Un traitement pour une variété de maladies de peau.
Où les autres Chercheurs, disaient, s’être focalisés sur le traitement des symptômes qu’ils pouvaient constater sur la peau, le docteur Castellani, lui, prétendait que beaucoup de problèmes de peau, comme le psoriasis, les inflammations, qui ressemblaient à des infections bactériennes étaient, en fait, corrigibles en changeant la résonance électromagnétique de la peau.
Les pommades, disait-il, n’attaquaient pas l’infection avec des drogues. Elles étaient des réactifs chimiques qui changeaient la condition électromagnétique de la peau, permettant aux ondes basse-fréquence du cerveau de faire la guérison.
Ces trois hommes utilisaient ces ondes électromagnétiques pour provoquer la guérison dans des voies qui étonnaient Corso.
Ils firent des déclarations à propos de la capacité du traitement électromagnétique afin d’influencer la vitesse de division des cellules et la croissance de tumeurs. Ils déclarèrent qu’avec des ondes électromagnétiques dirigées, ils pourraient guérir les maladies du coeur, l’arthrite, tous les types d’infections bactériologiques qui parasitaient le fonctionnement des cellules, et même certaines formes de cancers.
Si cela semble surnaturel en 1997, imaginez comment cela devait être perçu pour les oreilles d’un jeune homme et officier inexpérimenté des renseignements en 1944.
Corso passa beaucoup de temps avec les professeurs Flesh, Franck et Castellani, à Rome, et suivit leurs expériences avec toutes sortes de cerveaux d’animaux. Ils n’avaient pas les fonds pour élargir leur travail ou pour traiter des patients avec leurs méthodes non-conventionnelles. Ainsi, la plupart de leurs découvertes trouvèrent leurs voies dans la recherche par voie de monographie, dans des articles de journaux académiques, ou des lectures Universitaires en conférences. Corso quitta Rome en 1947, dit au revoir à ses amis et retira leurs travaux – relégués comme du surnaturel - de son esprit pour se concentrer sur son nouveau travail à Fort Riley, à la Maison Blanche, à Red Canyon, en Allemagne et au Pentagone.
Et le jour où il tomba sur le rapport parlant de la structure des cerveaux extraterrestres de Roswell, tout ce qu’avaient dit les professeurs Flesh, Franck et Castellani resurgit tel un coup de tonnerre. Corso se retrouvait là-bas, à nouveau, fixant une feuille de papier volante et le forçant à reconsidérer des idées et des notions vieilles de 10 ans qui défiaient tout ce que la Science tentait d’expliquer sur le fonctionnement du cerveau.
Alors que Corso lisait les rapports sur l’autopsie du cerveau de l’extraterrestre et ce que les Examinateurs médicaux pensaient des ondes basse fréquence appliquées sur le tissu, il vit aussi les rapports d’un militaire, attaché au bureau du consulat de Stalingrad, qui décrivait des expériences Soviétiques sur le psychisme. Ces expériences essayaient d’exercer une forme de contrôle psychokinétique sur des objets traversant l’air, les déplaçant d’un point à un autre. Ces rapports, écrits à la fin des années 50, intéressèrent le Général Trudeau parce qu’ils montraient que les Soviétiques s’y intéressaient.
« Ils ne perdent pas leur temps » dit le Général à Corso lors d’une réunion matinale, après avoir lu les rapports que lui avait fourni Corso le jour précédent, « S’ils s’intéressent à ce sujet, alors ils savent qu’il y a quelque chose qui mijote. »
« Vous ne pensez pas que ce rapport est simple spéculation ? » demanda Corso. Il savait, à l’expression du visage du Général que c’était une question qu’il n’aurait pas dû poser.
« Si vous pensez que c’est juste de la spéculation, mon Colonel, » dit-il très abruptement, « alors vous ne vous montrez pas à la hauteur pour que je vous dise pourquoi ».
Le Général Trudeau avait une certaine façon de vous remettre en place lorsqu’il pensait que vous aviez dit quelque chose de stupide. Et ce que Corso avait dit, était très stupide pour un officier avec son expérience et sa formation.
« Vous avez raison d’être soucieux à ce propos » dit le Général, plus doucement, en voyant la façon dont Corso le regardait. « Vous avez raison si vous restez dans votre bureau et si vous travaillez comme un forcené sur ce que veut dire tout ça. Et vous savez très bien ce qui nous inquiète tous les deux. Dois-je le rappeler ? »
Non, il n’avait pas à le faire. C’était évident. Si les Soviétiques avaient entre les mains le mécanisme d’un vaisseau extraterrestre qui était tombé en 1947- et Corso ne savait combien il y en avait eu depuis - ils devaient se figurer que les Extraterrestres utilisaient une sorte de contrôle d’onde cérébrale pour la navigation. Comment les Extraterrestres dirigeaient cette onde et la transféraient dans un circuit électronique, ils ne le savaient pas. Mais ils savaient qu’il n’y avait pas de gouvernail ou de méthodes conventionnelles de contrôle du vaisseau, les « bandanas » qu’ils y avaient trouvé avec des capteurs électroniques étaient étudiés pour récupérer en quelque sorte des ondes du cerveau.
Les analystes, à Wright Field, croyaient que les censeurs sur les « bandanas » correspondaient à des points précis sur les lobes multiples du cerveau extraterrestre qui généraient des ondes basse-fréquence, donc les « bandanas » formaient une partie intégrante du circuit. Si les Américains étaient capables d’y penser, les Soviétiques étaient aussi capables de penser à la même chose. De plus, le Général n’avait pas besoin d’en parler parce que Corso y avait déjà pensé : et si les Soviétiques, seuls dans l’Espace au début des années 60, avaient quelques communications avec les Extraterrestres que les Américains n’avaient pas ? Qui dit que les EBEs étaient anti-communistes ?
Le Général Trudeau fit part aussi à Corso de quelques rapports des renseignements qui décrivaient des tests Soviétiques de missiles anti-missiles conduits avec des radars de poursuite très performants. Trudeau et Corso connaissaient ces radars parce qu’ils les avaient vu travailler durant leurs exercices en Allemagne quand chaque côté voulait tester les réponses de l’autre au-dessus de la ligne de démarcation en Allemagne de l’Est.
Leurs radars et leurs capacités à se caler sur une cible étaient aussi bons que ceux des Américains. Mais ce que le Général montrait à Corso, c’étaient des rapports qui décrivaient des tirs Soviétiques de missiles d’interception à partir de véhicules ICBM et qui réussissaient à faire exploser leurs ogives cibles. Un de ces tests d’interception fut réussi à travers un nuage atomique en Asie. C’était très perturbant parce que quiconque connaissant la nature d’un nuage atomique savait que les impulsions électromagnétiques éliminaient immédiatement toute forme d’électronique. Donc, si les Soviétiques pouvaient endurcir leurs systèmes de guidage de missile anti-missile tiré de chez eux jusqu’à une cible dans un nuage chargé électro-magnétiquement, cela voulait dire qu’ils utilisaient une technologie bien plus avancée que celle des Américains.
« Quand vous étiez en Allemagne aux commandes du bataillon Nike,» demanda le Général Trudeau à Corso, « n’avez vous pas expérimenté des manoeuvres d’évasion serrées dans des entraînements avec des avions cibles téléguides, n’est ce-pas ? »
La mémoire du Général était bonne. Leurs bataillons anti-avions, déployaient le Nike, un des missiles guidés les plus avancés à cette époque. le Nike était un missile guidé par radar et le Hawk était un missile à tête chercheuse. Donc, même si un pilote essayait d’éviter les missiles, les ogives Hawk le suivaient et détruisaient son engin.
« Quand nous tirions sur les avions guidés, dans des formations simulées de bombardement, nous faisions toujours un bon score mais quand les pilotes effectuaient des manoeuvres d’évasions rapides contre nos missiles, nous ne parvenions pas à les toucher. » dit Corso.
« Expliquez-moi comment cela fonctionnait » demanda Trudeau.
« Les missiles Nike se déplaçaient comme des bateaux sur l’eau » expliqua Corso, « ils faisaient de grandes courbes et prenaient un angle qui les conduisait jusqu’à leurs cibles. À toute manoeuvre d’évasion que faisait le pilote, le missile compensait sa course en suivant sa source de chaleur. Mais si le pilote était capable de s’échapper, au dernier moment, de la trajectoire du Nike, le missile continuait sa course et ne parvenait pas à retrouver sa piste. Les pilotes de bombardiers devaient rester en formation et gardaient leurs trajectoires pour pouvoir atteindre leur cible et ensuite avoir assez de fuel pour rentrer chez eux, donc leurs manoeuvres d’évasions étaient strictement limitées. Mais pour des pilotes de chasse, c’était plus facile. N’importe quel MIG, ou Phantom étaient en mesure de déjouer un Nike. »
« Donc si les Soviétiques ont quelque chose qui peut emmener une ogive de missile au travers d’un nuage atomique, il se peut qu’ils utilisent des équipements qui peuvent provenir d’une technologie extraterrestre, nous avons quelque raison de nous inquiéter. » dit le Général.
« Nous avons à nous inquiéter, à ce propos » acquiesça Corso, « car nous n’avons rien d’équivalent, excepté les systèmes de pistage par laser, mais c’est encore à des années d’un réel développement, même en estimant que le Président veuille en parler au Congrès afin de débloquer l’argent du développement. »
Le Général Trudeau frappa le bureau de la paume de ses mains avec assez de force pour le faire vibrer. Corso était sûr que l’employé de bureau du Général Trudeau, qui était dehors, pensait que Corso était en train de se faire engueuler mais ce n’était qu’une façon du Général pour renforcer sa décision.
« Phil, vous êtes l’administrateur du projet missile anti-missile pour le temps à venir. Je ne m’inquiète pas sur tout ce que vous avez à faire, écrivez-moi un rapport sur ce dont nous avons discuté ici et ensuite nous préparerons ensemble une proposition que je pourrai utiliser pour avoir un peu d’argent afin de le développer » dit Trudeau, « Je sais que nous sommes sur la bonne voie, même si nous sommes dans une étrange galère. Contrôle par la pensée. » dit-il, en spéculant sur la façon d’un cerveau humain d’être relié à la navigation d’un missile guidé.
« Hé bien, si les Soviétiques y regardent sérieusement, nous devons le faire aussi, avant qu’ils ne nous doublent comme ils l’ont fait avec Spoutnik » dit Trudeau.
« Pourquoi moi ? » se-demanda Corso alors qu’il redescendait les escaliers, vers son bureau. C’était comme faire une dissertation trimestrielle quand il n’y avait aucune recherche utilisable ou qui puisse être raisonnable. Il devait écrire sur des systèmes de contrôles de navigation, sans fonctions médicales et biologiques en soi cela rendait tout le reste bien difficile.
Corso se rappela son fils, lui disant qu’il était capable d’arranger des engins cassés et des moteurs électriques qui ne fonctionnaient plus, parce qu’il pensait que les parties mobiles lui parlaient. En pensant ce avec quoi jouaient les Soviétiques, peut-être que son fils ne semblait pas aussi fou, après tout. C’était une chose sur laquelle il devait poursuivre ses recherches.
Si les informations que les professeurs Flesh, Franck et Castellani lui avaient donné, il y a 50 ans, avaient une quelconque validité, alors les vagues références du rapport de Roswell, que Corso avait lues, pouvaient être plausibles.
Donc il commença.
« Les références aux fonctions du cerveau EBE dans les rapports médicaux de Roswell » écrivit-il dans son mémo pour le Général Trudeau, « suggèrent de nouvelles voies de recherches dans les contrôles de navigation et de guidage. L’intégration électromagnétique dans les lobes du cerveau EBE et la possible intégration avec d’autres fonctions du cerveau, ceux-ci incluant la capacité psychokinésique, la possibilité de déplacer les objets sur de longues distances, est renversante et ressemble plus à de la science-fiction qu’à un fait. Si nous pouvons faire une corrélation sur les ondes basse-fréquence et leur intégration électromagnétique, c’est une voie qui aidera à identifier un phénomène mesurable avec un procédé que nous ne comprenons pas. Pour commencer, je recommande que nous étudiions le phénomène, dans un effort d’application de nos découvertes, pour réunir et utiliser toute donnée que nous pourrions développer sur les ondes basse-fréquence et l’intégration électromagnétique, afin de les concilier dans nos systèmes de guidages et de contrôles actuels et de la sorte créer une nouvelle étape dans l’art des missiles suiveurs.
Un avertissement : La CIA a commencé un programme dans lequel elle travaille avec des « prophètes », comme ils les appellent, des parapsychologues, à qui ils espèrent donner les mêmes capacités de formation que ceux du KGB avec la « technologie psychotronique ».
Ces agences de renseignement sont très proches de notre approche militaire et nous devons faire attention à ne pas laisser nos recherches tomber dans leur marmite. Nous pourrions être discrédités et peut-être stoppés dans nos efforts. Par conséquent, je recommande que le fond de nos expériences avec les ondes cérébrales basse-fréquence soit complètement effacé de toutes données historiques en rapport avec cette analyse. »
Les bases de Corso, au sujet du missile anti-missile, étaient que les Soviétiques avaient enregistré un certain succès dans le contrôle de la trajectoire d’une ogive ICBM en vol et la réussite relative que les Américains avaient dans le ciblage d’ogives, avec leur propre missile anti-missile en développement.
« Dans les récents mois » écrivit-il,
« Il est venu à notre attention que les Soviétiques pouvaient changer la course d’un ICBM après lancement, après avoir stabilisé sa trajectoire vers sa cible. De plus, les Soviétiques avaient testé, deux fois, un missile anti-missile tiré travers un nuage atomique, sur un ICBM en approche. Par conséquent, une proposition technique devrait être étudiée aussi tôt que possible :
Un missile anti-missile qui serait capable de se caler sur un ICBM en approche et de rester calé dessus malgré toute manoeuvre d’évasion, pour le détruire avant qu’il n’atteigne sa cible.
Tous les circuits devaient être renforcés pour résister aux radiations, explosion, chaleur, et pulsion électromagnétique d’une détonation atomique et ceci en incluant l’intensité de l’explosion de la bombe Russe de 60 mégatonnes.
PRÉMISSE :
Nos missiles antiaériens tels que les Nike-Ajax, Nike-Hercule et Hawk ne sont pas adéquats contre les ICBM. Les systèmes actuels ne peuvent pas suivre un ICBM en approche ou trouver la cible à détruire si elle change de trajectoire, capacité que les derniers tests Soviétiques rendraient peut-être utilisables au cours de la décennie.
Nos satellites espions devraient être capables de localiser les ogives Soviétiques une fois celles-ci lancées, mais les Soviétiques développaient aussi la capacité de mettre hors service nos satellites, aussi bien en les détruisant avec des armes nucléaires qu’en les envoyant hors de leurs orbites.
Et enfin, la capacité Soviétique de générer une pulsion électromagnétique à travers une détonation nucléaire dans l’Espace, rendrait nos satellites aveugles. Les rapports secrets des Renseignements confirment que les Soviétiques sont déjà capables de mettre hors service deux de nos satellites et un autre lancé par les Britanniques.
Par conséquent, nous avons un double problème : non seulement les circuits du missile anti-missile doivent être renforcés mais les circuits des satellites espions doivent aussi être renforcés contre les radiations, émissions ioniques et pulsions ELM.
Mais parce que les essais nucléaires sont bannis par voie de traité, les USA n’auront pas l’opportunité de pratiquer des tests donc nous devons dépoussiérer nos données sur les résultats des tests actuels pour arriver à calculer si nous pouvons présumer qu’ils sont bons. »
Quand le Général Trudeau eut fini de lire le rapport complet de Corso, il lui demanda de parler aux Scientifiques qui avaient participé à leur ‘brain trust’ .
« Ne vous inquiétez pas, de la façon dont ça va circuler » rassura le Général Trudeau, « Je veux seulement le montrer à quelques membres de la maison, du Sénat et des commissions du Sénat pour la Défense, ils ont promis de le garder confidentiel. »
« Je sais que vous voulez que cela se passe bien, mon Général » dit Corso, « Puis-je avoir le reste de la journée pour travailler dessus ? »
« Vous avez jusqu’à demain matin » dit Trudeau, « parce qu’après le déjeuner, vous et moi avons rendez-vous avec la sous-commission du Sénat et je veux leur lire ce rapport. »
Corso dit à sa femme qu’il serait à la maison plus tard dans la matinée pour changer d’uniforme, puis qu’il irait à Capitol Hill pour une réunion. Ensuite, il prit quelques sandwiches, remplit sa cafetière et s’enracina dans le bureau pour un long moment.
« Le dessin et la configuration de nos ICBM est adéquat. » écrivit-il dans son bloc-note, puis il raya la phrase et écrivit à nouveau, « Toutefois, des changements internes sont nécessaires, et plus spécialement, dans les capsules d’ogives. »
Ce que voulait recommander Corso était, on ne peut plus radical. Ils avaient besoin d’un nouveau système de navigation informatisée, entièrement nouveau, qui pourrait tirer parti du circuit transistorisé en cours de développement à la fin des années 60.
Corso suggéra qu’ils devaient modeler les ordinateurs internes des missiles sur le modèle des doubles hémisphères du cerveau. Avec un hémisphère ou lobe recevant les données de positionnement des satellites en orbites, l’autre contrôlerait les fonctions de contrôles du missile comme les réacteurs, les changements de position et la séparation des propulseurs. Il recevrait les données à travers une émission de basse fréquence de l’autre lobe. Le lobe de contrôle transmettrait aussi la télémétrie de vol au lobe de positionnement, ainsi les deux lobes travailleraient ensemble, en tandem.
Ceci, résonnait Corso, rendrait le système plus difficile à brouiller. Si un de leurs satellites détectait la menace d’un missile anti-missile en approche, il relaierait les informations à l’ogive, dont l’ordinateur actionnerait les propulseurs pour effectuer une action évasive avant l’approche de la cible finale.
Vu que, comme le pensait Corso, c’était à travers l’application et l’amplification des ondes cérébrales basse-fréquence que les EBEs pilotaient le vaisseau trouvé à Roswell, leur implication dans cette technologie les rendrait capables d’utiliser leurs cerveaux pour contrôler les vols d’objets. Ils pourraient utiliser une sorte de système d’onde cérébrale pour piloter leurs ogives ICBM si leurs ordinateurs de bord détectaient la menace d’un missile anti-balistique. Ils pourraient utiliser aussi ce système pour conduire le missile jusqu’au lanceur d’ogives ennemi, tout en étant capables de pratiquer quelques manoeuvres échappatoires.
À partir du moment où le missile serait calé sur sa trajectoire finale, sa détonation pourrait s’effectuer même s’il était poussé hors de sa course et pourrait encore exploser et faire assez de dommages pour que ça compte comme un tir au but. La conclusion de Corso était :
« Une affectation de 300 millions de $ doit être demandée pour l’Année Fiscale 1963 à venir, comme une affectation de développement d’urgence. »
Corso relut ses propres notes de l’enveloppe d’ Harold Brown et le regarda.
« Colonel » dit l’assistant de Brown, « Nous comprenons l’urgence de votre requête de l’année dernière et nous apprécions vos efforts pour la maintenir. »
« Mais le Département de la Défense ne va simplement pas permettre à l’Armée d’aller de l’avant pour un missile anti-missile en ce moment. Pas en 1963 » dit Mr Brown.
« Quand ? » demanda Corso.
« Le moment venu »,dit le Colonel, « quand l’impact du déploiement de ce système sera plus important que maintenant. Les Russes savent que nous avons une perle avec ce type de satellites, et que nous pouvons prendre les leurs, en un battement de cil, bien plus rapidement qu’ils ne peuvent prendre les nôtres. »
Corso commença à répondre, mais Harold Brown se leva pour partir. Ils se serrèrent la main et il marcha vers la porte. Le Colonel resta devant le bureau de Corso. « Peut-être que juste vous et moi pouvons parler, mon Colonel » dit-il. Le propre associé de Corso du comité du sénateur Thurmond quitta également le bureau.
« Au Pentagone, nous comprenons que votre recherche précédente dans la technologie des missiles anti-balistiques est la vraie raison de votre soutien, mon Colonel » dit le directeur de projet, « c’est en de bonnes mains ».
Mais Corso savait qu’il ne connaissait pas la vraie raison : les EBEs.
Seul le Général Trudeau connaissait l’ordre du jour caché sous-jacent.
« Mais quand pensez-vous que le développement commencera ? » demanda Corso.
« Dans une poignée d’années, nous aurons un vaisseau lunaire en orbite autour de la lune » dit-il, « nous aurons des satellites en orbites qui cartographieront chaque centimètre de l’Union Soviétique. Nous verrons ce qu’ils pourront envoyer contre nous. Alors nous aurons effectivement besoin de la sorte de missile anti-missile que vous proposez, parce qu’alors, même le Congrès y verra une bonne raison. »
« Mais jusqu’à quand... ? » commença Corso
« Jusqu’à quand ?! » dit le Colonel, « tout ce que nous pouvons faire, c’est attendre. »
Cela prendrait encore vingt ans pour que les débuts d’un antimissile soient déployés. Et cela prendrait aussi un Président qui serait bien disposé à reconnaître la menace extraterrestre pour faire accepter une arme antimissile dans un Congrès hostile.

16 – Ma dernière année au R&D

Les dossiers Hoover, les fibres optiques, la super-résistance et autres produits.

Corso en avait à peine fini avec les dossiers de son bureau sur les propositions techniques pendant les mois d’hiver de 1961. Le travail ne s’était même pas arrêté pendant les vacances de Noël.
Corso avait beaucoup voyagé durant les derniers mois de 1961, voyant les armes subir des tests de terrain de par le pays, rencontrant les Chercheurs Universitaires pour des sujets très divers, comme la préservation de la nourriture ou la conversion de pile atomique usée en arme, ainsi qu’à développer des rapports de renseignements pour le Général Trudeau sur les sortes de technologies qui pourraient créer le développement de nouvelles armes dans la prochaine décennie.
Corso jetait aussi un oeil sur tous les rapports en provenances de l’AIC (Air Intelligence Command) à propos des observations d’ovnis desquelles devaient s’inspirer les Renseignements de l’Armée. L’AIC était le niveau de classification qui suivait, à destination des gens du projet Blue Book.
Leur travail, derrière leur fonction manifeste de déplacer tout rapport d’ovni jugé urgent sur l’échelle de sécurité jusqu’aux prochains niveaux de sécurité où ils disparaissaient derrière le voile du camouflage, était de classifier le type d’événement ou d’incident que l’observation semblait indiquer. D’habitude, cela impliquait de séparer les observations de vrais avions qui devaient être étudiées par les Renseignements militaires des vraies observations d’ovnis qui nécessitaient d’être traitées par des éléments du premier groupe de travail, affectés à cette surveillance ou des faux témoignages qui devaient ensuite être suivis au projet Blue Book afin d’être démolis.
L’AIC adorait avoir des observations erronées à faire valoir : l’évidence d’une météorite qu’ils pouvaient confirmer, quelques anomalies visuelles dues à un alignement de planètes ou le meilleur de tous, un couple de clowns qui avait décidé d’effrayer les habitants d’une ville avec une farce d’Halloween.
Il y avait des gars qui couraient avec des chaussures de skis dans les champs de blés, ou quelqu’un qui envoyait des photos de moule à gâteau volant aux journaux locaux…. etc. Alors les gens du Blue Book pouvaient envoyer l’histoire à la Presse pour publication, tout le monde se flattait pour le travail accompli. La vie pouvait être amusante dans les années 60, plus particulièrement si vous ne saviez pas la vérité.
Dans les années 50, Hoover était intéressé par les rumeurs sur Roswell parce que tout ce à quoi s’attaquait la CIA l’énervait. Si c’était seulement les Militaires qui faisaient une opération de maquillage, il pouvait vivre avec cela, bien qu’il pensait que les Militaires n’avaient jamais lancé l’OSS pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Mais une fois qu’il avait suspecté la CIA de faire partie de l’histoire de Roswell, il voulait en faire partie aussi.
Mais durant ses années de présence à la Maison Blanche, Corso ne put rien lui dire. Ce n’est qu’en 1961 qu’il eut en main ce qui s’était réellement passé à Roswell, mais à ce moment-là, il n’eut pas besoin de le contacter. Hoover l’appela.
Ils découvrirent qu’ils pouvaient s’aider mutuellement. Hoover était un fanatique de l’information. S’il y avait un peu d’information à récolter alentour, rumeur ou vérité, il était obsédé de l’insérer dans ses dossiers. L’information était une valeur marchande très valable pour lui, il pouvait l’échanger avec n’importe qui au Gouvernement.
En Janvier 1962, tout ce qu’avait à l'esprit Corso était de rétablir une relation avec J. Edgar Hoover. Non seulement il possédait les morceaux et les pièces de l’histoire de Roswell que voulait Hoover mais il avait aussi des informations sur les activités domestiques de la CIA. Hoover fut plus qu’intéressé par le partage de ces informations et ils continuèrent à discuter durant toute l’année 1962, jusqu’à ce que Corso quitte l’Armée et rejoigne l’équipe du sénateur Thurmond.
Leur relation continua durant toute l’année 1963, et en 1964 quand Corso fut l’enquêteur pour le sénateur Russel dans la commission Warren, Hoover poursuivit sa propre enquête indépendante sur l’assassinat du Président.
Corso n’est pas sûr que J. Edgar Hoover ait réellement crû en l’histoire de Roswell, peut-être était ce une conspiration pour cacher autre chose ou juste une illusion devenue une hystérie collective en provenance du désert.
Il y avait tant de détails enterrés dans les mémos militaires et maintenus sous secret qu’il n’avait pas la possibilité de savoir la vérité. Mais comme tout bon flic qu’il était, il récupérait toute l’information qu’il pouvait trouver et continuait de chercher que quelque chose ait un sens.
Si l’Armée envisageait une menace pour la Société, alors Hoover pensait qu’il y avait une réelle menace. À chaque fois qu’il pouvait suivre un rapport sur une observation, avec une très discrète apparition d’agents du FBI pour interroger les témoins, il le faisait. Ils faisaient plus que de partager de l’information avec Corso, c’est comme cela que Corso trouva quelques histoires non publiées de mutilations de bétail au début des années 60.
Sa relation avec Hoover était importante pour lui alors qu’il commençait son travail dans les premières semaines de 1962, parce que le niveau de recherche des développements devenait très intense.
Quand le directeur du FBI parlait avec Corso, celui-ci avait ses questions déjà prêtes. Aucune information échangée ne fut écrite et toutes les notes que Corso prit pendant les conversations furent détruites par ses soins.
Même aujourd’hui, bien que des agents du FBI aient contacté Corso à propos d’enregistrements oubliés dans de vieux dossiers, il ne sait pas quelles notes le directeur du FBI prit pendant leurs conversations.
Parce qu’ils se faisaient mutuellement confiance et qu’ils se voyaient tous les 6 mois, même après le départ de Corso du Gouvernement, il ne donna jamais suite à ce qu’il avait dit et ne demanda jamais une vérification des informations contenues dans les dossiers. Corso pense qu’Hoover l’apprécia.
En Février 1962, Corso avait garni ses dossiers de projets pour une course finale qui l’entraînerait jusqu’à la fin de cette même année. Le premier dossier disponible, sur le bureau était « Le filament en verre »

Fibres optiques

Les membres de l’équipe de récupération qui avaient fouillé à l’intérieur du vaisseau, le matin de la découverte, avaient dit au Colonel Blanchard, de retour au 509e Groupe, qu’ils étaient stupéfiés de ne pas trouver d’installation électrique conventionnelle. Où étaient les connexions électriques ? se demandèrent-ils, parce que, manifestement, le vaisseau avait de l’électronique. Ils ne comprirent pas la fonction des circuits intégrés qu’ils trouvèrent, ils étaient complètement intrigués par les filaments en verre qui couraient le long des panneaux du vaisseau.
Au début, quelques Scientifiques pensèrent qu’ils contenaient le système électrique manquant, celui qui avait aussi intrigué les Ingénieurs alors qu’ils emballaient le vaisseau pour l’expédier.
Peut-être qu’il faisait partie du harnachement qui s’était cassé pendant le crash. Mais ces filaments avaient une étrange propriété.
Le harnachement, en question, semblait avoir été descellé d’un panneau de contrôle et avait été séparé en douze filaments qui ressemblaient à quelque chose comme du quartz.
Quand, de retour au hangar du 509e, les Officiers de l’équipe de récupération appliquaient de la lumière à une des extrémités du filament, l’autre bout propageait une couleur spécifique. Différents filaments émettaient différentes couleurs. Les fibres, en réalité des tubes de cristaux, allaient vers une boîte de jonction qui semblait reconnaître les différentes couleurs électriques pulsantes, à travers le tube.
Lorsque les Ingénieurs, évaluant le matériel de Roswell, surent que chaque couleur de lumière avait sa propre longueur d’onde, ils estimèrent que la fréquence de la longueur d’onde activait un composant spécifique dans le panneau de contrôle du vaisseau. Malgré tout, les Ingénieurs et les Scientifiques restaient déconcertés.
Ils ne pouvaient même pas déterminer la source d’énergie du vaisseau. Et la chose la plus folle de toutes, était que les filaments étaient non seulement flexibles mais émettaient de la lumière, même quand ils étaient inclinés ou pliés comme une feuille de papier.
Comment la lumière faisait-elle pour tourner ? les ingénieurs étaient stupéfaits. C’était un des mystères du vaisseau de Roswell qui resta caché jusqu’aux années 50, jusqu’à ce que quelqu’un leur parle des expériences sur les fibres optiques à Bell Labs.
La technologie était très nouvelle, dit Hans Kohler à Corso durant un bref entretien privé en 1962 mais la possibilité d’utiliser la lumière pour transporter toutes sortes de signaux, à travers un simple filament de verre, faisait entrevoir de grandes promesses.
Il expliqua que les prémisses de la fibre optique étaient d’avoir un filament de verre si fin et libre de toutes impuretés que rien ne pouvait empêcher la lumière de se déplacer le long de l’axe.
Vous deviez aussi avoir une source lumineuse à un des bouts, expliqua-t-il, pour générer le signal, Corso pensa aux essais réussis du laser rouge, testé à l’Université de Columbia. Il savait que les Extraterrestres avaient intégré ces deux technologies pour leurs communications par câble de verre dans leurs vaisseaux.
« Mais qu’est-ce qui fait tourner la lumière ? » demanda Corso au professeur Kohler, incrédule à l’idée que les extraterrestres avaient réussi à défier une des lois de la physiques.
« C’est une sorte d’illusion ? »
« Ce n’est pas une farce » expliqua le Scientifique, « cela ressemble à une illusion parce que les fibres sont si fines que vous ne pouvez pas en voir les différentes couches sans microscope. »
Il montra à Corso, quand celui-ci lui donna les morceaux de filament brisés qu’il avait dans sa mallette, que chaque brin, qui était enrobé dans un matériau solide, avait une double épaisseur.
Quand vous regardiez au centre de l’axe, vous pouviez voir que l'extérieur du filament était une autre couche de verre. Le Dr Kohler expliqua que les rayons individuels de lumière étaient réfléchis vers le centre par la couche de verre extérieure de la fibre, ainsi la lumière ne pouvait pas s’échapper. En faisant courir les fibres de verre autour des coins et, dans le cas du vaisseau de Roswell, à l’intérieur des murs de l’appareil, les Extraterrestres étaient capables de tordre la lumière et de la focaliser de la même façon que l’on peut diriger un flot d’eau dans un pipeline. Corso n’avait jamais encore rien vu de semblable.
Kohler expliqua que, comme les lasers, la lumière pouvait transporter toutes sortes de signaux : lumière, son, et même des données digitales. « Il n’y a pas de résistance au signal » expliqua t-il, « et vous pouvez disposer d’encore plus d’information dans le rayon de lumière. »
Corso lui demanda comment les Extraterrestres avaient pu utiliser ce type de technologie. Kohler suggéra que toutes les communications de l’appareil, images visuelles, télémétrie et tout signal amplifié que le vaisseau envoyait ou recevait d’autres vaisseaux ou de bases sur la lune ou sur la terre, devaient utiliser ces câbles de fibres de verre.
« Ils semblent avoir une énorme capacité pour transporter n’importe qu’elle sorte d'information » suggéra-t-il « et si un laser peut amplifier le signal, ces câbles peuvent transporter une multiplicité de signaux au même moment. »
Corso était plus qu’impressionné. Avant même de lui demander quelles applications cela pourrait avoir dans l’Armée, il pouvait voir comment ils pourraient communiquer dans des zones de combats avec plus de sécurité, parce que les signaux seraient moins vulnérables aux interférences.
Alors le professeur Kohler suggéra l’utilisation de ces fibres pour transporter les images de minuscules cameras directement sur les armes afin de contrôler les systèmes de lancements.
« Imaginez » dit-il, « être capable de tirer un missile et de voir où il va avec les yeux du missile. Imaginez être capable de visualiser la cible et même si elle essayait de s’échapper, vous pourriez vous en apercevoir et faire les ajustements nécessaires. ».
Kholer commença à décrire le potentiel des senseurs basés sur les fibres optiques qui pourraient un jour suivre les mouvements ennemis au sol, transporter des données visuelles de satellites de surveillance et rassembler des systèmes de communications très compliqués dans de très petits espaces.
« Le programme spatial est entièrement dépendant du transport des données, voix et images. » dit-il, « Mais maintenant, cela prend trop de place pour stocker tous les relais et les commutateurs et il y a trop d’impédance au signal. Cela limite ce que nous prétendons faire pendant une mission. Mais imaginez si nous pouvions adapter cette technologie à nos propres besoins. »
Puis il regarda Corso droit dans les yeux et dit ce à quoi pensait Corso, « Vous savez que c'est LEUR technologie. C’est une partie de ce qui les rend capables d’entreprendre des missions d’explorations. Si cela devient aussi NOTRE technologie, nous serons capables de rivaliser avec Eux. »
Ensuite il questionna Corso sur les engagements militaires. Il expliqua que quelques-uns de leurs laboratoires de recherches étaient déjà en train de considérer les propriétés du verre comme signal conducteur.
« Où se passe la meilleure recherche sur les fibres optiques ? » demanda Corso.
« Bell Labs » répondit Kholer, « cela prendra 30 ans pour développer mais un jour, une grande partie du trafic téléphonique sera transportée par câble de fibre optique. »
Les R&D avaient des contacts avec Bell Labs comme avec bien d’autres fournisseurs avec lesquels ils travaillaient, donc Corso écrivit un court mémo et une proposition au Général Trudeau sur le potentiel des fibres optiques pour une série de productions dont Kholer et lui-même avaient discuté. Il décrivit les propriétés de ce qu’ils avaient d’abord appelé un harnais de fils électriques, il expliqua comment cela transportait le signal laser, et plus important, comment ces fibres faisaient passer un rayon de lumière en angle et le conduisait de la même façon qu’un courant électrique.
Imaginez un rayon de lumière de haute intensité suivre le même chemin que vous donneriez à un courant d’eau dans une baignoire, écrivit Corso. Imaginez le pouvoir et la flexibilité qu’elle donne aux EBEs, et plus particulièrement, lorsqu’ils utilisent le signal lumineux pour transporter une information codée.
Cela permettrait à l’Armée de recréer entièrement son infrastructure de communication et permettrait à nos satellites de surveillance de trouver et d’enregistrer des informations sur des cibles potentielles directement dans les installations de commandements et de contrôles.
La Navy serait capable de voir le déploiement complet de la flotte ennemie, l’Air Force pourrait voir les escadrons ennemis approcher et les cibler même si nos avions étaient encore au sol et ce serait pour l’Armée un avantage stratégique insoupçonné.
Corso n’eut pas à attendre longtemps pour avoir la réponse du Général.
« Faites-le » ordonna t’il, « et faites que ça aille vite. Je vous donnerai tous les moyens de développements nécessaires. Dites leur ça ». Et avant la fin de la semaine, Corso avait un rendez-vous avec un chercheur au « Western Electric Research Facility » à l’extérieur de Princeton, New-Jersey.
Corso lui dit que ça provenait d’une technologie étrangère, quelque chose que les Renseignements avaient récupéré des nouvelles armes que les Allemands de l’Est développaient.
« Si vous pensez que ce que vous avez » dit le chercheur au téléphone, « peut nous intéresser pour nos recherches en cours, nous serions fous de ne pas vous prêter une oreille attentive et de vous rencontrer un de ces après-midi. »
« Je n’ai besoin que de quelques heures pour vous montrer ce que j’ai » dit Corso. Il rangea les rapports de Roswell dans sa mallette, s’acheta un billet d’avion et se mit en route.

Les fibres super-résistantes

Même avant 1960, quand Corso était dans l’équipe de la Sécurité Nationale, l’Armée avait commencé à considérer les fibres pour les gilets de protection. Une armure corporelle protégeant des éclats, des parachutes, et une peau protectrice pour les autres articles militaires.
La soie à toujours été le matériel de prédilection pour les parachutes parce qu’elle est légère, a une très forte résistance à la traction qui lui permet de s’allonger, de garder sa forme et de résister à des forces énormes. L’Armée cherchait ce qu’ils appelaient la « Fibre Résistante ». Corso pense que c’est la découverte sur le site du crash qui lança la recherche de l’Armée.
Parmi les articles, dans le dossier de Roswell, qu’ils conservaient de la récupération, il y avait des brins d’une fibre que même le rasoir ne pouvait pas couper. Quand Corso les regardait à travers une loupe grossissante, c’était gris terne et entremêlé. Il supposait que c’était ce qui donnait les propriétés surnaturelles à cette fibre.
Vous pouviez la tirer, la tordre autour d’objets, lui faire subir une torsion qui aurait déchiré n’importe qu’elle autre fibre et lorsque vous la relâchiez, elle retrouvait sa longueur et sa forme originales. Cela rappela à Corso les filaments d’une araignée.
Ils se montrèrent très intéressés par cette matière et commencèrent à étudier une variété de technologies, toile d’araignée incluse parce que dans la nature, cette dernière démontrait des propriétés naturelles de super-résistance.
Quand les Scientifiques à Roswell virent comment cette fibre, pas un vêtement, pas de la soie, mais quelque chose comme de la céramique, enveloppait le vaisseau et formait l’autre couche de peau des EBEs, ils réalisèrent que c’était une voie de recherche très prometteuse. Quand Corso examina le matériel et reconnut les similitudes avec la toile d’araignée, il réalisa qu’une des clefs pour la produire, commercialement, était de synthétiser des protéines et de trouver un moyen pour simuler un procédé d’extrusion.
Le Général Trudeau encouragea Corso à contacter des manufacturiers du plastique et de la céramique, plus particulièrement Monsanto et Dow Corning, pour savoir qui faisait des recherches sur la matière super-résistante, plus particulièrement dans les laboratoires Universitaires.
Corso ne découvrit pas seulement que Monsanto cherchait un moyen pour développer un procédé de production à grande échelle d’une toile similaire à celle d’une araignée, mais il appris qu’ils travaillaient déjà avec l’Armée. Les Chercheurs de l’Armée, du Corps Médical, essayaient de reproduire la chimie d’une toile d’araignée. Des années plus tard, après que Corso eut quitté l’Armée, les Chercheurs des Universités du Wyoming et de Dow Corning commençaient aussi des expériences sur le clonage des gènes de la soie industrielle, ainsi qu’à développer un processus pour extruder les fibres de soie dans une substance utilisable qui pourrait être incorporée dans un vêtement.
Leur contact, dans le Corps Médical, les informa que la reproduction des fibres à haute résistance était en cours depuis 1962, mais que toute aide de la part des R&D pourrait être utile aux Entreprises qui y travaillaient déjà et que ça ne nécessiterait pas de budget séparé.
Corso savait que, quel que soit le secret, un amalgame de peau autour d’un vaisseau donnerait, à celui-ci, la protection que le vaisseau de Roswell avait et resterait relativement léger.
Corso ne découvrit rien d’autre à ce propos que seulement bien plus tard, mais la recherche dans cette sorte de fabrication était déjà mise en route par un Scientifique qui deviendrait, des années après, prix Nobel. Au cours d’une réunion, trois ans plus tôt, à l’American Physical Society, le Dr Richard Feynman exposait sa théorie sur les possibilités de créer des substances dans lesquelles la structure moléculaire serait si condensée que la matière résultante aurait des propriétés complètement différentes, de la même matière non compressée. Par exemple, suggéra Feynman, si les Scientifiques pouvaient créer une matière dans laquelle les structures moléculaires ne seraient pas seulement compressées mais arrangées différemment de la structure moléculaire normale, Ils seraient capables d’altérer les propriétés physiques de la substance qui conviendrait à des applications spécifiques.
Cela ressemblait à des sottises pour l’American Physical Society. Toutefois les structures moléculaires compressées furent une des découvertes qui fut faite par quelques-uns des Scientifiques faisant partie des groupes d’études aussi bien à Alamogordo, juste après le crash de Roswell, qu’à Wright Field, pour ceux qui avaient récupéré le matériel.
Bien que Corso n’eût jamais vu de mémo sur ce sujet, il lui fut dit que Feynman était entré en contact avec des membres du groupe d’Alamogordo et qu’il connaissait un peu les découvertes sur le site du crash à Roswell. Corso ne sut pas si ces découvertes lui suggérèrent ses théories sur les propriétés des structures moléculaires compressées ou si ses idées étaient les extensions de ses théories sur la mécanique quantique. Mais les théories du Dr Feynman concordent avec les efforts de l’Armée pour reproduire la composition des fibres à haute résistance et de leur processus d’extrusion.
Dans le milieu des années 60 le travail n’était pas seulement en route dans l’industrie céramique et chimique mais aussi dans les laboratoires des Universités Américaines, ainsi qu’en Europe, en Asie et en Inde.
Les Scientifiques firent savoir aux R&D qu’une des voies de développement de la super résistance résidait dans l’alignement croisé de matériaux composites en couches. C’est ce qui constitua les prémisses d’une armure corporelle qui protégerait contre les blessures par pénétration de la peau ou des éclats résultant d’explosions.
« Maintenant ça ne va pas vous protéger des contusions » dit le Général Trudeau à Corso après une réunion avec les chercheurs du Corps Médical de l’Armée, à Walter Reed, « et le choc d’un impact pourra être assez puissant pour tuer quelqu’un mais il ne provoquera pas de déchirures dans le corps ».
Corso pensa aux multiples traumatismes visibles lors d’une bataille et pouvait imaginer l’impact laissé par un grand choc, même s’il ne pénétrait pas la peau.
Malgré l’élan donné par le Général et les contacts qu’il avait pris pour Corso avec Du Pont et Monsanto, ils poursuivirent leur recherche, avec agressivité, afin de développer une matière pour gilet pare-balles. Corso apporta les dossiers décrivant le matériel découvert à Roswell dans ses réunions avec ces entreprises et montra ce produit aux Scientifiques qui leur rendaient visite à Washington.
En 1965, Du Pont annonça la création du Kevlar qui, à partir de 1973, fut disponible à la vente comme gilet pare-balles et qui est d’ailleurs toujours utilisé de nos jours dans l’Armée. Corso ne sait combien de vies ont été épargnées mais à chaque fois qu’il entend dire qu’un officier de police a été sauvé par un gilet en Kevlar, il se rappelle les jours où ils commençaient à prendre en considération la valeur d’un matériau fait de couches alignées et il en remercie les Officiers qui prirent part au développement.
Une des plus grandes rumeurs qui flottait, des années après que l’histoire de Roswell soit devenue publique suite aux révélations d’un officier de l’Air Force à la retraite, le Major Jesse Marcel, fut que la technologie Stealth, pour les avions, était le résultat de ce qu’ils avaient appris à Roswell.
Tout ça est vrai, mais ce ne fut pas le résultat d’un transfert direct de technologie. Les Renseignements militaires savaient que sous certaines conditions, le vaisseau EBE avait la capacité de disparaître des écrans radars mais ils ne savaient pas comment les EBEs y arrivaient. Ils avaient aussi des morceaux de la peau du vaisseau, laquelle était une matière composite de fibres avec molécules alignées. Corso pense qu’ils n’essayèrent même pas de trouver le processus pour recréer le même composite, de la même façon qu’ils ne furent pas capables de reproduire le système de navigation électromagnétique. Toutefois à travers l’étude du comportement de ces matériaux, ils copièrent ces composites qui conduisirent à une nouvelle génération d’appareils volants.
Bien que le Public apprit l’existence de la technologie Stealth pendant la campagne de Jimmy Carter en 1976, il ne vit le Stealth en action que durant la Guerre du Golfe.
Invisible aux radars, invisible aux têtes chercheuses des missiles, frappant dans la nuit comme un démon, le chasseur Stealth, avec sa forme d’aile volante, ressemblait étrangement au véhicule spatial qui s’était écrasé à Roswell. Mais derrière les apparences, la peau composite du Stealth, qui l’aidait à le rendre invisible à toutes formes de détections, était inspirée de la recherche des R&D sur la peau du vaisseau de Roswell qu’ils avaient divisé en morceaux afin de les distribuer aux laboratoires, dans tout le pays.

Obus d’artillerie invisible à l’uranium appauvri

Pour l’Air Force, la technologie Stealth voulait dire qu’un appareil aérien pouvait approcher une cible, tout en restant invisible aux radars et maintenir son avantage pendant toute la durée de sa mission. Pour l’Armée, la technologie Stealth fournissait à ses hélicoptères un avantage considérable dans la mise au point de missions de recherche et destruction, de missions de reconnaissances en territoires ennemis.
Mais la possibilité d’un obus Stealth, qu’ils avaient conçu aux R&D en 1962, fournirait quelque chose que les Armées avaient toujours recherché depuis le premier déploiement d’une artillerie, par Henry V, à Azincourt au début du 15e siècle. Dans toute bataille d’artillerie, une fois qu’un obus est tiré, il peut être suivi par un observateur jusqu’à sa source, pour ensuite pouvoir la détruire. Le camouflage permit de s’en protéger jusqu’à l’arrivée des radars qui permirent de suivre la trajectoire des obus jusqu’à leur source. Mais qu’en serait il, si les obus étaient faits d’un matériau les rendant invisibles aux radars ?
C’était ce que proposa Corso au Général Trudeau : un obus d’artillerie invisible. Les obus pourraient commencer à tomber et l’ennemi ne pourrait pas déterminer leur provenance avant au moins 5 salves, voire plus. Avec l’avantage de la surprise, les dommages seraient bien plus grands. S’ils utilisaient une artillerie mécanisée, ils pourraient prendre position, tirer plusieurs séries de salves rapides, se déplacer et reprendre position.
La recherche pour un composant céramique, de molécules alignées, fut inspiré par le matériel trouvé dans le vaisseau spatial de Roswell. D’analyses en analyses, l’Armée essaya de déterminer comment les Extraterrestres avaient fabriqué la matière qui formait la coque du vaisseau.
La recherche sur les composants avec molécules alignées commença dans les années 50, bien avant que le Général Trudeau ne prenne les commandes des R&D et continua durant la présence de Corso aux R&D quand les premières expérimentations « Stealth » commencèrent, chez Lockheed, ce qui donna le chasseur F117 ainsi que le bombardier Stealth, et elles continuent encore aujourd’hui.
Le Général était aussi plus qu’intéressé par les variétés d’ogives qu’ils pourraient proposer comme obus. Il en fut une qui arriva en 1961 et serait ensuite déployée, avec succès, durant la Guerre du Golfe.
L’uranium appauvri était un métal lourd et dense. Si dense, en fait, que les armes conventionnelles ne pouvaient atteindre de vitesse suffisante avec lui. Le plutonium appauvri leur donnerait un avantage décisif, sur une zone de bataille, de par sa capacité à perforer les cuirasses des chars d'assaut puis à exploser une fois à l’intérieur.
En privé, Corso suggéra à Trudeau que le plutonium appauvri satisferait leur ordre du jour caché. C’était une autre arme qu’ils construiraient contre les Extraterrestres. Si l’uranium appauvri pouvait percer les armures, peut-être pourrait-il pénétrer la peau composite du vaisseau spatial et plus spécialement, si le vaisseau était au sol ? Corso suggéra que cela méritait un développement à Aberdeen Proving Grounds, Maryland et que s’ils prouvaient que ça en valait la peine, ça deviendrait une arme qu’ils pourraient déployer.
Les ogives, chargées d’uranium appauvri, utilisées pendant la guerre en Irak furent un des grands succès de développements des R&D qui faisaient suite à ce qu’ils avaient appris de Roswell.

HARP : le projet de recherche haute altitude

Harp fut un autre projet de recherche suggéré par le challenge posé par les soucoupes volantes. Les Américains ne possédaient pas de missiles qui pouvaient les amener de force au sol, ils n’avaient pas non plus d’armes pour les descendre. Ils exploraient aussi des systèmes d’armes qui avaient une double ou une triple utilisation et HARP, ou « Le gros canon », était un de ces systèmes.
HARP était l’idée originale de l’artillerie Canadienne et du scientifique Gerald Bull.
Le Dr Bull avait étudié le problème posé par la « Grosse Bertha » Allemande pendant la Première Guerre Mondiale et les V3 Nazi à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Il réalisa que les canons n’étaient pas seulement une solution pratique pour envoyer de grandes charges utiles mais étaient aussi rentables une fois la recherche initiale et le développement finis. La production en masse de gros canons pourrait fournir une énorme capacité de feu, loin derrière les lignes ennemies. Ils pourraient devenir une arme stratégique pour faire pleuvoir la destruction nucléaire sur la population ennemie ou sur les zones militaires.
Le Dr Bull suggéra aussi que le canon pouvait être utilisé comme lanceur de véhicule. Si l’Armée avait besoin de lancer des satellites en urgence ou d’envoyer des satellites explosifs pour menacer les véhicules extraterrestres en orbites, le super canon était un des moyens pour y arriver.
Il y avait 3 potentiels différents, à considérer pour le super canon. Le Général Trudeau entrevoyait la capacité de cette arme à lancer des objets en orbite lunaire. Si la guerre commençait entre les USA et l’URSS ou entre la Terre et les Extraterrestres, les Américains seraient capables de monter une base militaire lunaire sans avoir besoin de fusées de lancement qui demanderaient beaucoup de temps et seraient une cible facile.
Un super canon camouflé leur donnerait toutes les possibilités d’une artillerie de terrain ou d’une unité antiaérienne mais avec aussi la possibilité d’envoyer des charges utiles dans l’Espace. Ce sont ces différentes options qui enchantaient le Général Trudeau parce que ce projet des R&D créerait beaucoup de systèmes différents.
Les USA, le Canada et l’Angleterre joignirent leurs efforts militaires pour trouver un moyen de développer le super canon du Dr Bull avec le Général Trudeau. Mais au moment même où les décisions sur le budget militaire pour fabriquer l’arme, durent être prises, les différents Gouvernements s’engagèrent dans la voie du missile guidé et les lancements de véhicules par fusées plutôt qu’avec le super canon. Bien que le super canon ait un certain potentiel, les USA, le Canada et l’Angleterre étaient allés trop loin dans leurs propres programmes de missiles guidés pour commencer une arme d’un type complètement nouveau. Et à la fin, ils décidèrent de stopper les recherches sur le super canon.
Dans les années 1980, Gerald Bull, que Corso rencontra lors d’une réception en l’honneur du Général Trudeau en 1986, entrait en négociations avec Israël, ainsi qu’avec l’Irak. La longue guerre entre Saddam Hussein et l’Iran fournissait un territoire fertile pour la vente d’armes en général et en particulier pour Gerald Bull qui était courtisé par les deux côtés. À la fin, il coupa court à son marché avec les Iraniens : il fallait tester des versions expérimentales du super canon et en planifier la construction avant que les Anglais n’interviennent.
À cette période, Bull devint une menace pour les Iraquiens, pour les Israéliens et pour les Américains et fut tué par balle dans son appartement en Belgique, avant la fin de la Guerre du Golfe.
Comme Jules Verne dans son ouvrage « De la terre à la lune », Bull avait la vision d’une pièce d’artillerie à longue portée. Le meurtre de Gerald Bull ne fut jamais résolu et quels qu’aient été les secrets qu’il possédait, tout disparut avec lui.

Liste des omissions

Alors qu’il travaillait sur ces différents projets, durant le printemps 1962, Corso se rendit compte qu’il avait passé le plus clair de son temps sur le dossier de Roswell plutôt que sur les autres dossiers en développements.
Il lui semblait clair que le trésor trouvé à Roswell était en train de se rentabiliser dans des voies que même lui ne pouvait concevoir. La vision nocturne, les lasers et la communication par fibre optique, étaient des projets évidents mais il y avait d’autres zones à explorer en regardant simplement les problèmes posés par ce qu’ils avaient trouvés à Roswell, et non seulement avec ce qu’ils avaient récupéré de l’épave.
« Soyez plus précis » demanda le Général, « que voulez vous dire ? ».
« Si vous regardez ce que nous n’avons pas trouvé sur le site du crash» dit Corso, « cela prendra longtemps avant d’expliquer les différences entre ce que nous avons et ce qu’ils ont. Cela nous démontre aussi ce que nous avons besoin de développer si nous voulons nous préparer au voyage dans l’Espace pour de longues périodes. »
« Pouvez vous m’en faire une liste ? » demanda le Général « Il y a beaucoup de contrats de recherches en cours, avec l’extérieur qui pourraient bénéficier de la liste de ce que nous avons. »
Quand la réunion fut finie, le Général Trudeau demanda à Corso de, non seulement faire une liste de ce qu’ils appelaient, les « omissions », mais aussi de faire un bref rapport détaillant les zones où Corso pensait que le développement devrait se faire. Donc il rassembla tous les rapports et les informations du dossier Roswell et commença à regarder ce qu’il pourrait manquer dans ce qu’il pensait être un crash de voyageurs spatiaux.
Il n’y avait pas de trace de source de nourriture ou de nutrition dans aucuns des rapports et aucune unité de conditionnement de nourriture ne fut trouvée à bord, pas plus que de stockage de nourriture. Il n’y avait pas de trace de réfrigérateurs pour la préservation de la nourriture.
Il n’y avait pas d’eau potable non plus dans le vaisseau, pour se laver, ni de toilettes. Les rapports de terrains disaient que l’équipe de récupération avait trouvé ce qui semblait être un kit de première urgence parce qu’il contenait du matériel qui d’après un médecin était un bandage, mais il n’y avait pas de médicaments ni d’installation médicale. Et pour finir, il n’y avait pas non plus d’installation de repos, pas de lit ou de couchette.
D’après ces données, l’Armée supposa que l’ovni était un appareil de reconnaissance et qu’il pouvait rapidement retourner à un vaisseau mère où tout le matériel manquant se trouvait. L’autre explication, par le Dr Hermann Oberth, était que le vaisseau était un appareil à voyager dans le temps qui ne parcourait pas de grandes distances dans l’espace. En fait, il « sautait » d’une ligne de temps à une autre ou d’une dimension à une autre, et retournait instantanément à son point de départ. Mais ce n’était que spéculation de la part du Dr Oberth.
Toutefois, Corso pense que les EBEs n’avaient pas besoin de nourriture ou d’installation sanitaire parce qu’ils étaient fabriqués comme des robots ou des androïdes, pour le voyage spatial et pour des tâches spécifiques sur les planètes qu’ils visitaient. Exactement comme le rover (balladeur) lunaire en 1970, qui était un robot.
Peut-être que leur programmation pouvait être modifiée à partir d’une source lointaine mais Ils n’étaient pas des formes de vies qui avaient besoin de se sustenter.
C’étaient les créatures parfaites pour voyager dans l’Espace et pour visiter d’autres planètes. L’humain toutefois n’était pas un robot et avait besoin de se sustenter. Donc il était nécessaire de fournir des aliments et des sanitaires, pour une longue période, si l’homme voulait voyager dans l’espace.
Les Scientifiques des R&D pensaient que le vaisseau n’était peut-être qu’une soucoupe éclaireuse et qu’elle fut touchée par un éclair d’orage cette nuit-là. Ils croyaient que le vaisseau était dirigé par un système de propulsion électromagnétique. D’autres Scientifiques pensaient qu’avant de pouvoir générer une puissance suffisante pour un système de navigation identique, ils devaient développer d’abord une source de puissance nucléaire.
Comme pour l’absence de nourriture, cela poserait un énorme problème pour l’exploration spatiale, longue distance, par l’homme.
Ainsi, dans sa rapide liste au Général Trudeau, Corso suggéra qu’ils devraient développer deux articles : un approvisionneur de nourriture qui ne devrait jamais tomber en panne et qui ne nécessiterait pas de réfrigération et une machine nucléaire qui pourrait être assemblée dans l’Espace afin de fournir l’énergie nécessaire à un vaisseau interplanétaire.

Nourritures irradiées

Le Général lut les notes de Corso quelques jours plus tard et sembla impressionné. Puis il prit son téléphone, composa un numéro et dit à la personne au bout du fil qu’il était prêt, enfin il regarda Corso.
« Prenez votre chapeau, Phil » dit-il « Rejoignez-moi sur l’héliport. Nous sommes invités à déjeuner. »
Dix minutes plus tard, ils arrivèrent sur le « Quarter-Master Center. ».
Un officier anonyme les rejoignit à l’héliport. Il les salua et dit « Voulez-vous bien me suivre »
Il les emmena jusqu’à une salle de stockage où se trouvaient des rayons de tous types de viandes, de fruits et de légumes. « Regardez ce porc » dit-il « il est stocké ici sans réfrigération depuis des mois et il est vierge du ver solitaire. » Il montra deux oeufs et du blanc de poulet. « Oeufs, non réfrigérés et poulet. Complètement vierge de Salmonelle. Et c’est la même chose pour la nourriture marine. »
L’homme escorta Corso et Trudeau le long des rayons et expliqua les vertus de chaque article, comme un vendeur. La nourriture était emballée, mais non salée, dans une cellophane transparente.
« Sans champignons, ni spores » dit-il à propos des légumes, « Pas de moisissures ou d’insectes dans le fruit. » dit-il également « Et le lait, ici depuis deux ans, n’a pas encore tourné. Nous avons franchi de grandes étapes dans la préservation de la nourriture sans salage, fumage, réfrigération, congélation ou mise en conserve. »
« Est-ce que cela répond à vos questions, mon Colonel ? » lui demanda le Général Trudeau.
Le Commandant Général du Centre les rejoignit. « Prenez votre déjeuner, messieurs » dit-il en choisissant un gros steak pour lui-même. « Je vais prendre ceci et, si vous le permettez, je vais demander la même chose pour vous, Général Trudeau et pour vous aussi mon Colonel. Et pourquoi pas quelques pommes de terre et quelques fraises pour le dessert. Tout est frais, délicieux et inoffensif. » puis il fit une pause « et complètement bombardé, par ce que quelques personnes appelleraient, des doses létales de radiations pour détruire toutes les bactéries et les infections. »
Ils furent escortés jusqu’à la salle à manger du Commandant où ils furent rejoints par d’autres Officiers et par des Chercheurs civils dans la technologie alimentaire.
Ceux-ci expliquèrent la technique par radiations ionisantes afin de détruire les bactéries, afin de préserver la nourriture sans mise en conserve ou fumage.
Toutefois comme l’atmosphère à l’extérieur était sale, les aliments étaient protégés par de la cellophane.
Les autres aliments étaient empaquetés dans du plastique transparent et étaient étalés pour les visiteurs comme s’ils se trouvaient dans un supermarché.
Pendant qu’ils dînaient, les experts continuèrent leurs explications et dirent qu’ils testaient sur des volontaires de la nourriture irradiée puis ensuite congelée.
« Mais attendez une minute » dit Corso, « Je ne comprends pas pourquoi vous irradiez la nourriture et ensuite la congelez. »
L’ingénieur attendait cette question parce qu’il avait une réponse toute prête. « Parce que » dit-il « nous testons seulement les effets nocifs de la radiation. Ce que nous devons prouver, ce sont les effets nocifs du procédé d’irradiation sur l’animal et l’homme. Aucun effet toxicologique de quelque sorte, de plus nous sommes très minutieux avant de tester cette nourriture sur des volontaires humains. »
« Et l’étape suivante ? » demanda Corso
« Nous allons tester le goût des aliments favoris à Fort Lee, Virginie, pour voir comment les troupes sur le terrain réagissent avec ceux ci. Nous pensons qu’avant la fin de la décennie, nous aurons une variété de repas prêt à consommer pour les troupes sur le terrain qui n’auraient pas les moyens de cuisiner. »
Le Général Trudeau regarda Corso et celui-ci inclina la tête. C’était une excellente nourriture.
« Messieurs, » dit le Général Trudeau alors qu’il se levait. Comme Général trois étoiles, il était le plus gradé dans cette pièce et quand il parlait, tout le monde était silencieux. « Mon assistant pense que votre travail est très important pour l’Armée, pour notre pays, et pour le monde et qu’il va contribuer à nous faire voyager dans l’Espace. J’ai la même opinion que lui. Nous sommes très impressionnés par vos résultats et nous voulons vous aider à étendre vos opérations et à accélérer le processus de test. L’Armée a besoin de ce que vous développez. Dans les deux semaines qui viennent, faites moi suivre les valeurs de budget supplémentaire nécessaire pour étendre vos opérations et je l’inclurai ainsi dans le budget de l’année prochaine. »
Ensuite il se tourna vers Corso, inclina la tête et ils remercièrent le Commandant Général pour le dîner et retournèrent à l’hélicoptère du Général Trudeau.
« Que pensez vous de tout ceci, Phil ? » demanda t-il, alors que le pilote l’aidait à monter dans l’hélicoptère.
« Alors qu’en pensez vous ? » demanda t’il à nouveau.
« Je pense que si nous sommes assez rapides, nous aurons bientôt les EBEs ici pour nous demander un peu de notre nourriture irradiée » dit Corso.
Le Général Trudeau se mit à rire alors que l’hélicoptère s’élevait pour les ramener au Pentagone.
« Maintenant vous devez travailler sur votre système de propulsion atomique. Si la NASA n’a jamais eu la tête à développer la construction d’une station spatiale, j’aimerais que les Militaires aient une source de puissance qui puisse les envoyer là-bas pour un certain temps. Si nous arrivons à avoir une fenêtre de surveillance sur nos Visiteurs, je veux que cela soit plus tôt que plus tard. »
Et avant la fin de la semaine, Corso se rendit à Fort Belvoir, Virginie, pour apprécier les développements que l’Armée avait entrepris sur le réacteur portable.

Réacteur atomique portable

Un des challenges les plus directs posé par la découverte de Roswell était que le vaisseau n’était pas propulsé par un moteur conventionnel. Mais les Américains n’avaient pas de tel système.
La forme de propulsion la plus proche qu’ils possédaient était l’énergie atomique qui était elle-même en cours de développement. Toutefois à la fin de guerre, ils eurent le contrôle de cette énergie grâce au développement de la bombe atomique.
Donc pour les Ingénieurs de l’Armée, réfléchissant sur la source de puissance du vaisseau de Roswell, la puissance atomique était la forme de propulsion la plus facile parce que la plus immédiate.
Le Président Truman décida que le programme nucléaire National serait géré par une commission civile. Ainsi, en 1947, l’Armée fut mise hors course pour le commerce de la puissance nucléaire, cela ne voulant pas dire que les recherches sur les applications militaires de l’énergie atomique étaient stoppées.
Ils avaient besoin de développer un réacteur nucléaire, non seulement pour fournir la propulsion aux navires de la Navy, mais aussi pour expérimenter les manières de rendre portable la puissance nucléaire dans l’Espace, par assemblage de systèmes en orbites à partir de composants séparés.
Ça les rendrait capables de maintenir des avant-postes à long terme et même d’alimenter des navires interplanétaires qui pourraient servir de force défensive face aux Extraterrestres hostiles.
Si ça ressemble à de la science-fiction, il faut se rappeler que tout ça se passait en 1947 que la nation venait à peine de sortir de la Deuxième Guerre Mondiale et qu’elle entrait dans la Guerre Froide. La guerre, pas la paix, était dans les esprits des Officiers qui avaient la responsabilité de la découverte de Roswell et l’analyse de l’épave.
L’Armée, dans des rapports sur les « Réacteurs atomiques militaires » découverts par Corso à Fort Belvoir, n’avait pas seulement un programme de réacteur portable très sophistiqué déjà en route mais en avait déjà fabriqué un, en coopération avec l’Air Force, à la station radar de Sundance, Wyoming, en 1962. C’était un générateur qui fournissait de la vapeur d’eau à la station radar et de l’énergie électrique à la base.
Mais ce ne fut toutefois pas le premier réacteur portable comme la plupart des gens le pensent.
Le premier réacteur portable fut destiné à une installation de recherche au Groenland, le camp Century, un projet d’Ingénieurs militaires à 900 miles du Pôle Nord. Le camp effectuait des recherches sur l’hiver arctique et était aussi un poste d’observation vital sur les activités Soviétiques ou toute autre activité en rapport avec des observations d’ovnis ou des atterrissages.
Pendant les années où Corso se trouva à la Maison Blanche, le groupe de travail sur les ovnis avait continuellement poussé le Président Eisenhower à établir des postes d’écoutes électroniques, constituées d’équipes de l’Air Force et de l’Armée, un peu partout sur la planète, pour rapporter toute l’activité des ovnis.
Le Général Twining du groupe de travail, avait fait valoir que si les EBEs avaient des plans pour installer des bases terriennes semi-permanentes, cela ne se ferait pas dans des zones habitées ou dans des zones où les Militaires pourraient les observer.
Ce serait aux pôles, au milieu des régions les plus isolées qu’ils pourraient les trouver, voire même sous les océans.
Les pôles semblaient manifestement les plus probables parce que durant les années 50, les Américains n’avaient pas de surveillance satellites qui permettait de suivre l’activité extraterrestre, ils n’avaient pas non plus de présence permanente aux deux pôles.
Il fut évoqué qu’ils ne pourraient pas implanter d’installations sophistiquées aux pôles parce qu’ils n’avaient pas d’énergie suffisamment compacte transportable. Toutefois, le programme de l’Armée sur la puissance nucléaire, développé dans les années 50 à Fort Belvoir, leur fournirait la capacité d’installer une base alimentée en énergie nucléaire partout sur la planète.
En 1958, le travail commença au camp Century, lequel fut construit sous la glace. Au début, cela fut supposé être top-secret parce qu’ils ne voulaient pas que les Soviétiques sachent ce qu’ils faisaient.
Toutefois, le niveau de sécurité fut trop complexe à conserver à cause des trop nombreux entrepreneurs extérieurs impliqués dans la logistique. Donc les Renseignements de l’Armée décidèrent de dé-classifier complètement le plan et le traita comme une expédition scientifique par ses chercheurs polaires.
Comme l’opération de camouflage protégea l’existence du groupe de travail, le camp Century fournit la couverture parfaite pour tester la procédure de construction d’un réacteur nucléaire préfabriqué. Il fournit aussi à l’Armée la possibilité de tester les performances du réacteur et évaluer la façon de l’entretenir dans un endroit totalement isolé, dans des conditions extrêmes de climat.
La construction complète prit seulement 77 jours et le camp fut opérationnel d’Octobre 1960 à Août 1963. Ensuite le site du camp fut complètement restauré dans son état naturel.
Corso reçut des rapports sur les opérations du camp durant les derniers mois de 1962. Il fut si enthousiasmé du succès de leur réacteur atomique portable qu’il pressa le Général de fournir autant de financement que possible, de la part des R&D, pour le programme de réacteur nucléaire de Fort Belvoir, de manière à construire et tester autant de réacteurs portables que possible.
Une fois qu’ils eurent démontré leur capacité de se protéger dans n’importe qu’elle région de la Terre, ils furent en meilleure position pour établir une présence dans l’espace.
Le programme nucléaire, qui était directement lié au challenge posé par les analyses du vaisseau de Roswell, les aida, en phase finale, pour développer des piles atomiques portables, lesquelles sont actuellement utilisées aussi bien dans les satellites que dans les navires de la Navy.
Il fournit aussi les bases de recherche pour envoyer des installations nucléaires dans l’Espace.
Et forts de leur succès avec l’atome, ils tournèrent leur attention vers le développement d’armes qu’ils pourraient installer dans les satellites de surveillance en orbite.
Des armes qu’ils développèrent directement à partir de ce qu’ils avaient trouvé dans la soucoupe volante de Roswell.

17 – Le rayon de la mort de Tesla et le canon à particules accélérées

Intégré dans les rapports militaires, analysant le vaisseau de Roswell, il y avait des descriptions sur la façon dont le vaisseau devait utiliser une forme d’énergie connue comme « énergie dirigée » .Un faisceau puissant de particules accélérées qui pourrait être dirigé, avec précision, sur une cible.
Ils ne connaissaient pas grand-chose de l’énergie dirigée en 1947 mais ils ne savaient pas non plus, qu’en réalité, ils en connaissaient beaucoup plus qu’ils ne le pensaient. L’information était déjà disponible depuis les années 30 et était séquestrée dans une unité de stockage civile, sous l’autorité du Gouvernement Fédéral.
Il s’agissait des notes d’un mystérieux inventeur, Nikola Tesla dont les expériences et découvertes, reconnues, étaient devenues un truc bizarre mais aussi une légende qui excitait l’imagination.
Le laser chirurgical trouvé dans l’épave de Roswell était une des formes de faisceau d’énergie dirigée, lequel démontrait les capacités bien plus étendues des Extraterrestres par rapport aux humains. Toutefois, si le vaisseau avait été descendu par un éclair, lui-même un rayon d’énergie dirigée de grande magnitude, cela montrait leur vulnérabilité pour maintenir les électrons en place.
Cela stimula les Scientifiques et les Chercheurs dans l’analyse du potentiel d’une arme à rayon d’énergie dirigée.
Aujourd’hui, 50 ans après le crash du vaisseau spatial à Roswell, ces armes sont bien plus que les appareils de l’Empereur Ming dans la série Flash Gordon. Elles sont une réalité. Cette arme a été un des vrais succès des R&D.
« Les possibilités de bénéfices pour l’Armée sont énormes » écrivit Corso au Général Trudeau, dans ses analyses de 1962, sur le potentiel du rayon d’énergie dirigée.
Le concept d’une arme reliée à un rayon d’énergie dirigée, quelle que soit la nature du rayon, n’était pas un concept entièrement nouveau pour la communauté militaire, bien que ses origines soient restées totalement secrètes.
Le premier test de faisceau d’énergie dirigée eut lieu en 1958 et se nommait « Seesaw », deux ans avant la démonstration réussie du laser et fut exécutée par l’ARPA (Advanced Research Projects Agency). Corso fut au courant de ce projet lorsqu’il était au NSC, à la Maison Blanche.
En théorie, le rayon d’énergie dirigée était, ce à quoi il ressemblait. Il y avait toujours eu un modèle de ce genre de rayon dans la nature : l’éclair d’orage. Les Scientifiques, de Benjamin Franklin à Nikola Tesla, avaient essayé de canaliser la puissance de l’éclair comme source de puissance. Maintenant l’ARPA expérimentait cette théorie dans une nouvelle arme meurtrière.
S’ils pouvaient concevoir la machinerie et définir le software, les Développeurs de l’ARPA décidèrent qu’ils seraient capables de générer un intense rayon d’électrons ou d’atomes d’hydrogène neutre, le pointer sur une cible et faire feu avec ce rayon. Les pulsations voyageraient à la vitesse de la lumière et exciteraient les atomes de la cible, jusqu’à ce qu’ils explosent littéralement. Ce qui ne pourrait pas exploser, serait détruit électriquement et rendu inutile.
Officiellement, le projet devait rester secret jusqu’à ce qu’ils aient la technologie pour construire un prototype opérationnel. La grande crainte des développeurs de l’ARPA était que les Soviétiques, réalisant ce qu’ils essayaient de faire, veuillent accélérer leur effort pour en fabriquer un avant Eux, ce qui rendrait le nouveau développement Américain obsolète avant même qu’il ne soit sur une rampe de lancement.
L’ARPA était un réseau très secret de Scientifiques de la Défense, de membres des Industriels liés à la Défense et de Chercheurs Universitaires.
L’ARPA fut fondée en 1958, en partie, pense Corso, parce qu’à ce moment-là, les R&D avaient un département de recherche à peine capable de gérer la recherche nécessaire pour rendre leur technologie supérieure à celle de leurs ennemis. Cela créa un manque dans la recherche et l’ARPA fut créée pour le combler. L’ARPA fut souvent en conflit avec l’Armée parce qu’elle avait son propre ordre du jour et plus particulièrement, après que le Général Trudeau ait réorganisé complètement les R&D et l’ait transformé de telle façon que ça tourne comme une horloge.
En 1969, l’ARPANET est née. En 1970, après que l’ARPA soit devenue le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), elle institua un projet pour relier et unifier en réseau tous les ordinateurs existant dans les systèmes de l’Armée, instituant les protocoles des logiciels qui pourraient relier les stations de travail fonctionnant à différents endroits.
En 1974, le TCP/IP était né et l’ARPANET devint l’Internet. À la fin des années 80, le laboratoire Européen pour la physique des particules lança un langage hypertexte, comme mécanisme de recherche sur Internet et en 1990, l’intégra avec une interface graphique, qui combinait le graphisme et le texte. Le World Wide Web (WWW) était, à son tour, né.
En 1958, pendant les premiers développements du canon à particules, l’ARPA avait seulement 1 an. Elle fut formée en 1957, en réponse au succès du lancement de Spoutnik par les Soviétiques.
L’ARPA n’apparut pas de nulle part, son ancêtre, le NSC, avait été formé sous le Président Wilson pour organiser et gérer la recherche scientifique.
Une des premières tâches déférées, au NSC fut le développement d’un sous-marin.
Pendant la Première Guerre Mondiale, les U-Boats Allemands avaient ravagé les flottes de l’Atlantique. La Navy cherchait désespérément un moyen pour détecter les sous-marins, et bien que Nikola Tesla ait fournit les plans d’un détecteur à faisceau d’énergie qui pouvait envoyer des ondes basse-fréquence à travers l’eau pour se réfléchir sur n’importe quel objet occulté, la NSC pensa que l’idée était trop ésotérique et chercha une technologie plus conventionnelle.
De toute façon, l’onde de basse énergie ne fonctionnait pas correctement dans l’eau mais des années après, la description de Tesla de son invention fut la base d’un des plus importants appareils apparus pendant la Deuxième Guerre Mondiale : le radar.
Le problème avec l’ARPA, c’est quelle était politique et qu’elle avait son propre ordre du jour. Il n’était pas inhabituel que des conflits surviennent entre le chef des R&D, le Général Trudeau, opérant dans une structure militaire et l’ARPA, à propos des fonds disponibles ou sur des problèmes d’ordre politique.
Les équipes de l’ARPA et le Pentagone croisèrent le fer plus d’une fois et plus d’une fois l’ARPA essaya de jeter le blâme, de ses propres défauts et erreurs, sur le dos des Militaires.
Pendant les premières années de la Guerre du Vietnam, par exemple, l’ARPA essaya de condamner le Général Trudeau pour les erreurs de déploiement de l’Agent Orange.
Mais les R&D et le Général Trudeau n’étaient pas responsables du tout de l’Agent Orange. C’était, au début, le bébé de l’ARPA. Mais quand les rapports de terrains commencèrent à arriver sur les dégâts que l’Agent Orange causait à leurs propres troupes, l’ARPA prétendit qu’il aurait dû être certifié avant utilisation par le Congrès et de fait le Général Trudeau s’en trouvait responsable.
Corso sauta au plafond. Il fit savoir aux équipes de l’ARPA qu’il ne se ferait pas prier, d’aller en parler aux commissions du Congrès, sans plus de protocole que ça, jusqu’à ce que tout le monde sache que l’ARPA essayait de rejeter sa responsabilité dans la négligence du déploiement d’un mauvais agent chimique. L’ARPA fit machine arrière mais cela créa un froid entre eux.
Quand le concept de l’ARPA fut discuté à la Maison Blanche, Corso vit tout le potentiel de la chose aussi bien que le problème mais il savait aussi qu’un ordre du jour secret dirigeait toute la politique du Groupe de travail sur les ovnis. Pour le Groupe, l’ARPA constituait un avantage parce que ça les autoriserait à avoir des liens avec la Communauté Universitaire et de cette façon ils pourraient trouver, à l’extérieur, toutes les informations, sur les ovnis, qui n’étaient pas fournies par les Militaires.
En d'autres termes, l’ARPA, en plus d’être un groupe de recherche, était aussi une autre agence de collecte de renseignements, dédiée aux communautés scientifiques et académiques.
Par conséquent, quand l’urgence s’en fit sentir en 1957, dans la course à la technologie pour le programme spatial contre les Soviétiques, cela ne surprit personne que ce soit l’ARPA qui ait la responsabilité de développer une réponse militaire. Et contre le challenge opposé par le programme de satellites Soviétiques, le rayon à particules était la direction logique à prendre comme réponse.
Les USA devaient développer une arme qui pourrait, théoriquement, descendre les satellites Soviétiques ou les rendre aveugles, ainsi ils ne pourraient pas prendre de photos. Ils devaient mettre leurs ressources dans la Communauté Académique de recherche pour voir si un groupe de talent pouvait développer une telle arme.
Dans le même temps, ils ne voulaient pas déranger la recherche militaire dans le domaine des armes exotiques pendant que les Militaires essayaient de mettre leurs propres satellites en orbite.
Mais plutôt que de mettre le plan directement dans les mains des Militaires des R&D, ils suivirent une trajectoire, probablement initialisée par le groupe de travail sur les ovnis et cherchèrent une organisation qui ne soit pas directement impliquée dans la recherche militaire.
Durant la présence de Corso à la Maison Blanche, il put voir la main de la CIA dans tout ça. Il savait que le Gouvernement créait un autre budget et une autre subvention bureaucratique que la CIA, en fin de compte, contrôlerait.
Cela ne fut pas une surprise, non plus, que la première arme, dont la mission était dirigée contre les véhicules spatiaux et les véhicules en entrées atmosphériques, fut celle à énergie dirigée, un canon à particules accélérées. Le créateur original en était Nikola Tesla et certains de ses papiers se trouvaient sur le bureau de Corso quand il arriva aux R&D en 1961.
Tesla avait écrit sa théorie sur les armes à énergie dirigée avant le début du vingtième siècle. Son fameux « rayon de la mort » était une version d’un canon à particules qui, pensait-il, installerait la paix sur la terre parce qu’il pourrait détruire des cités entières partout dans le monde et instantanément.
Mais avant l’annonce de son rayon de la mort, Tesla fit fortune grâce à ses expériences sur la transmission électrique sans fil et à son faisceau d’électrons dirigés. En 1890, Tesla expérimenta un appareil qui deviendrait le cyclotron du vingtième siècle ; un autre appareil qui deviendrait la télévision ; il formula les concepts de ce qui est aujourd’hui la télévision mondiale et les réseaux radiophoniques.
Nikola Tesla arriva aux USA en 1884 pour rencontrer et travailler avec un autre génie, Thomas Edison.
Les deux hommes étaient très différents dans l’approche de leurs inventions. Edison était un bricoleur qui construisait à partir d’une idée, reconstruisait, défaisait et refaisait jusqu’à ce que ça marche.
Tesla, pensait entièrement le projet dans sa tête, le visualisait dans toute sa complexité et ensuite l’assemblait d’après sa propre vision. C’était déconcertant pour Edison, qui souvent commenta à son ancien assistant, Charles Batchelor, que la capacité de Tesla de construire quelque chose d’après les schémas de son esprit, n’était pas naturelle. Tesla était aussi un fastidieux académicien qui aimait discuter de théorie alors qu’Edison était plutôt un inventeur autodidacte qui bien souvent travaillait et dormait dans les mêmes vêtements pendant des jours.
Il est ironique que la rivalité entre les deux hommes, jusqu’à leurs morts, ait fourni des inventions à travers lesquelles la plupart de la technologie moderne est construite. Cette rivalité engendrant deux grandes compagnies, Général Electric et Westinghouse qui perpétuent cette rivalité encore aujourd’hui.
La rivalité entre Edison et Tesla servit, aussi, à définir la nature de l’industrie électrique des USA et du dispositif électrique industriel.
Edison mourut en 1930 et Tesla en 1943.
Tesla était un génie, un homme en avance sur son temps. Avant même qu’Isaac Asimov invente le terme « Robotique » dans son roman de science-fiction « I robot », Nikola Tesla avait inventé le premier « automaton » ou soldat mécanique et un modèle de bateau contrôlé robotiquement.
Tesla fut l’homme dont les idées aidèrent les scientifiques de l’ARPA face à la menace du premier satellite en orbite, Spoutnik, mais encore plus face aux EBEs, qui, voyant le satellite Russe, seraient convaincus que si la colonisation de la Terre était leur but, les Russes pourraient les aider.
Quelle était l’idée de Tesla ?
En 1899, Tesla écrivit sa théorie sur la transmission sans fil du courant électrique, ce qui allait révolutionner les communications. Tesla rapporta qu’il avait expérimenté un rayon d’énergie électrique, qui excitait les atomes dans la substance où pointait le rayon. Une telle arme, disait-il, allait révolutionner la guerre. En fait, cet appareil était très similaire à l’outil de coupe laser, trouvé sur le site de Roswell.
Quand Corso réalisa que Tesla avait démontré qu’un bateau radio piloté pouvait emmener des torpilles directement au coeur de la flotte ennemie, il ne comprit pas pourquoi la Navy n’avait pas sauté sur cette idée pour la Première Guerre Mondiale et pas plus pour la Deuxième Guerre Mondiale, alors qu’elle savait que les Allemands étaient en train de l’expérimenter.
Aujourd’hui, ils dépensent des millions de dollars pour la conception d’un véhicule télécommandé similaire au concept que Tesla avait inventé 100 ans plus tôt.
En 1915, Tesla écrivit au Département de la Guerre Américain qu’en plus de son bateau télécommandé, ils devaient considérer d’urgence l’appareil volant radiocommandé « sans ailes, ailerons propulseurs et autres appendices externes, qui serait capable de se déplacer a très grande vitesse. Cette machine entièrement propulsée par réaction (type moteur de fusée), pourrait être contrôlée par radio ou mécaniquement. »
La description de Tesla, qui parle d’un appareil bien plus évolué que les V2 Allemands, était le précurseur des ICBM actuelles.
Les expériences de Tesla sur le canon à particules étaient déjà bien avancées lorsque que Corso fut invité dans une station expérimentale qui prouverait qu’on pouvait transmettre la puissance électrique en utilisant l’atmosphère terrestre plutôt qu’en utilisant un lourd câble. Tesla décrivit son expérience dans un article pour le 30e anniversaire de « Electrical World and Engineer » en 1904.
En 1899, il y eut des rumeurs selon lesquelles Tesla expérimentait un « rayon de la mort » au Colorado, mais celui-ci n’en parla jamais et en fait ne dit jamais rien sur ces expériences même quand les Anglais, les Allemands, les Russes et les Américains, dans les années 20, s’apprêtaient à appliquer les brevets de l’invention.
Dans les années 30, toutefois, Tesla écrivit qu’il avait fait une nouvelle découverte qui rendrait la guerre obsolète parce que chaque nation aurait le même pouvoir de destruction envers l’autre. Cela fournirait un mur de puissance qui offrirait un obstacle insurmontable face à une agression.
Mais ce n’était pas un rayon de la mort, parce que les Scientifiques dans les années 70, réalisèrent que les rayons avaient tendance à se diffuser sur de grandes distances et que quelque chose était nécessaire pour en maintenir l’intensité.
Bien que Tesla décrive comment ce rayon pouvait transmettre une émission de télévision et la projection d’images, il décrivait, réellement, le canon à particules accélérées que l’ARPA essayait de développer 25 ans après qu’il ait écrit à ce sujet et 11 ans après que les objets, tel que l’outil laser, furent trouvés à Roswell.
Dans les années 1930, Tesla dit que son canon à particules pourrait détruire les avions en vol et protéger les cités. ll fit des propositions aux Russes, pour développer une telle arme, parce que Staline était effrayé par une possible invasion du Japon.
Il décrivit aussi au Ministre Britannique les capacités de son canon à protéger Londres contre les attaques des Allemands. Mais personne ne pensa que son canon à particules était réalisable.
Le rayon de la mort de Tesla ne fut jamais développé durant sa vie. Mais comme il y eut des allusions selon lesquelles les Allemands et les Russes étaient intéressés par les idées de Tesla, quand celui-ci mourut en Janvier 1943, le FBI, récupéra immédiatement tous les papiers, schémas, textes, dessins et les rangea à l’OAP (Office of Alien Property) où ils seraient, théoriquement, stockés jusqu’à ce qu’ils soient renvoyés à l’ambassadeur de Yougoslavie. Ces fichiers restèrent stockés à Manhattan jusqu’au début des années 50, ensuite ils furent retournés à la Yougoslavie. Cependant, le gouvernement Yougoslave pensait que le FBI avait photographié et mit sur microfilms tous les documents de Tesla.
J. Edgar Hoover le nia mais des copies de photographies des papiers de Tesla se trouvaient aux R&D quand Corso arriva en 1961. Comment étaient-elles arrivées là ?
En fait, une autre copie de la monographie de Tesla fut envoyée au groupe de travail du Général Twining, puis à l’ARPA. Elle fit son apparition quand le Groupe de travail réalisa, suite au lancement de Spoutnik, que les USA n’avaient absolument aucune défense contre les Russes et encore moins contre les EBEs.
Ils avaient, cependant, une seule possibilité qui pourrait interférer avec le champ électromagnétique que les Extraterrestres utilisaient, pensaient-ils : un canon à particules qui pourrait interrompre l’onde électromagnétique autour du vaisseau spatial et pénétrer la zone d’anti-gravité.
Le rayon détruirait complètement l’onde électromagnétique du vaisseau. Avec ce moyen, même si le vaisseau n’explosait pas, il serait forcé de s'écraser en raison de la suppression de sa capacité à s’opposer à la gravité.
Tesla avait compris que le canon à particules était comme un éclair d’orage, avec la même capacité destructrice, mais mieux contrôlée.
Les recherches et expériences conduites après 1980, pour un prototype de canon à particules, définirent 2 types d’armes :
Celles qui seraient utilisées exclusivement dans l’Espace et celles qui seraient utilisées sur Terre. Chacune avait des caractéristiques différentes mais les similitudes du canon à particules étaient les mêmes pour les deux.
Alors que Corso commençait à travailler sur la recherche de base pour le canon à particules, les Scientifiques lui dirent que l’arme devait avoir des caractéristiques lui permettant de détruire sa cible :
Le rayon devait se propager à très haute vitesse, proche de celle de la vitesse de la lumière, pour que les cibles ne puissent s’échapper. Même les ovnis voyagent moins vite que la lumière.
Le rayon devait rester assez longtemps sur sa cible pour lui causer des dommages. Sur Terre, il suffirait de quelques secondes, mais dans l’espace, où les distances sont plus grandes, il faudrait un peu plus de temps pour détruire la cible.
On devait être capable de pointer immédiatement le rayon sur la cible. Comme, par exemple, s’il fallait pointer le rayon sur des ogives multiples. Ça devait pouvoir être faire en quelques secondes : tir, déplacement, tir, déplacement, etc.
Le rayon devait être capable de pénétrer la cible pour lui causer de vrais dommages et pour détruire son électronique.
Le rayon devait être capable de tuer à travers sa pulsion électromagnétique. Utilisée comme arme spatiale, la pulsion électromagnétique aurait un effet similaire sur les satellites ennemis, tuant leurs programmes de contrôles et rendant leurs systèmes de guidages inopérants.
Un canon à particules, comme le laser, devait pouvoir être utilisé sous n’importe qu’elles conditions météorologiques.
À la fin des années 50, alors que les Scientifiques réfléchissaient sur la façon de faire un prototype opérationnel, ils réalisèrent qu’ils avaient besoin d’un générateur de puissance assez fort pour générer le rayon.
Quand Corso quitta le Pentagone, le travail continua sur la théorie d’une telle arme mais rien de plus ne fut fait pour réunir les sommes importantes de ces technologies comme : l’accélérateur de particules atomiques, les ordinateurs de ciblage, les lasers à haute énergie et la façon de rendre l’ensemble portable.
Aujourd’hui, toutefois, des versions basse énergie, de ces armes à énergie dirigée, sont actuellement sur le marché pour l’installation sur les voitures de police comme arme contre les véhicules en fuites, comme moyen pour arrêter une poursuite avant même qu’elle ne commence. L’onde électromagnétique détruirait le système de démarrage de la voiture.
Pour Corso, l’ironie à toujours été dans le lien étroit entre le travail historique, les découvertes de Nikola Tesla, et la technologie développée par les Extraterrestres d’après les évaluations de l’épave de Roswell.
Tesla avait expérimenté la transmission d’énergie sans fil et les Extraterrestres semblaient avoir utilisé une sorte de transmission d’énergie sans fil pour leurs systèmes de défense et de navigation. Tesla avait écrit des théories sur la manipulation ou la distorsion du champ gravitationnel à travers les ondes électromagnétiques, les Extraterrestres semblaient l’avoir justement utilisé, comme système de propulsion. Les descriptions de Tesla sur le rayon de la mort étaient devenues, en fin de compte, les bases de la Défense Américaine face aux Extraterrestres.
Pendant que les Scientifiques, des années 50 aux années 70, argumentèrent sur le coût d’une telle arme, d’autres, qui comprenaient la vraie menace venant de l’Espace, argumentèrent qu’il y avait des ennemis autres que l’Union Soviétique qui auraient, un jour, la technologie pour lancer des missiles nucléaires contre les USA.
Personne n’aurait osé dire qu’ils devaient se défendre contre les soucoupes volantes.
En fait ce n’est pas avant l’élection de Ronald Reagan, en 1980, que le canon à particules revint sur scène puisqu’il faisait partie du débat, très chaud mais stratégie réussie à la clef, du SDI (Strategic Defense Initiative) ou « Star Wars ».
Une stratégie comme « Star Wars » et le test de quelques-uns de ses composants, suffirait à mettre les USA en position favorable en temps de guerre contre les EBEs et montrerait aux Soviétiques que les Américains avaient, finalement, une vraie dissuasion nucléaire.
L’histoire complète, derrière le SDI et la façon dont il changea le cours de la Guerre Froide en forçant les Extraterrestres à changer leurs stratégies à l’encontre de notre planète est une histoire qui n’a jamais été racontée. Mais aussi spectaculaire que cela semble être, le déploiement restreint du SDI est l’histoire sur la façon dont l’humanité a gagné sa première victoire, contre un ennemi supérieur en puissance et en technologie.

18 – Star Wars

Au printemps 1962, le Général Trudeau dit à Corso son intention de partir à la retraite. Il ne serait pas le commandant des forces US au Vietnam, lui avait-on dit.
Tous ceux qui le connaissaient, le respectaient ou le craignaient.
« Il n’y aura plus d’autres Pork Chop Hill » dit-il quand il apprit que le Général Maxwell Taylor, avec le support de l’Armée, était passé au-dessus de lui pour le commandement du Sud-Vietnam.
Cela voulait dire que c’était son dernier commandement et qu’il se retirerait comme Lieutenant Général.
« Nous gagnerions si nous étions là-bas, Général » dit Corso avec fureur, « vous et moi savons ce que nous avons appris en Corée. »
Peut-être que le Général vit le visage de Corso rougir parce qu’il dit « Non, nous irions probablement en cour martiale à cause de ce que nous avons appris en Corée. Pensez à ce qu’ils nous auraient fait si nous avions gagné la guerre ».
Puis il rigola, « nous aurions fait passer les Communistes comme mauvais. Vous savez bien que vous ne pouvez pas le faire ».
Le Général faisait ses ‘adieux’ et commençait à compter les jours qui lui permettrait de changer son uniforme contre des vêtements civils. Il avait commandé les R&D pendant 6 ans. Bien que le Général ne commente pas explicitement les faits incroyables qu’ils avaient découverts dans le dossier de Roswell, parce qu’il estimait que ce n’était qu’une partie de son travail, il en plaisanta, de temps en temps, avec son vieil ami, le sénateur Strom Thurmond.
Plus d’une fois, Corso trouva le sénateur et le Général assis dans le divan du Général qui le regardaient alors qu’il entrait.
« Dans quelles sinistres histoires pensez vous que Phil se trouve ? » disait le sénateur Thurmond en dissimulant à peine son sourire.
« Vous étiez dans votre dossier de vieilleries ? » répondait le Général.
« J’espère que vous savez lire l’avenir » dit le sénateur Thurmond, « avec ce que vous lisez, vous pouvez tout prédire. »
« Juste en me comportant comme un bon officier de Renseignement » répondit Corso, « mon travail est de lire les renseignements et d’en faire des analyses. »
« Hé bien, ils ne vous ont pas encore rendu fou » dit le Sénateur et tout le monde dans la pièce savait ce que « ils » voulaient dire même s’ils n’étaient pas autorisés à parler de « ils » en public.
Corso préparait ses dossiers pour le Général Beech, le nouveau chef des R&D, tout en sachant qu’il préparait sa propre retraite qui viendrait à la fin de 1962.
Donc il devait se préparer à devenir silencieux à propos de Roswell tout en préparant le maximum de projets dans les 6 mois restants. Corso et son nouveau patron avaient un accord tacite de ne rien diffuser sur Roswell et sur les dossiers.
À la fin de l’été 1962, d’encombrants rapports circulaient à Washington à propos de cargos Russes entrant dans les eaux Cubaines. Le trafic était intense mais les Gens du Renseignement ne savaient pas ce qui ce passait.
La CIA était complètement muette. Quelle qu’en soit la raison, la CIA devait minimiser la chose parce que l’administration de Kennedy ne voulait pas de confrontation avec l’Union Soviétique.
Qu’est ce que c’était ? Pourquoi les Russes amassaient ils des troupes là-bas ? Étaient-ce des exercices militaires ? La réponse vint avec une série de photographies de surveillances, prisent par avion espion, que Corso put voir grâce à des amis à l’intérieur du Pentagone. Sur ces photos, on pouvait y voir des missiles balistiques Soviétiques qui pouvaient atteindre Washington en quelques minutes.
Malgré ces photos, l’Armée n’avait rien à dire, pas plus que l’US Air Force ou que la Navy.
Quelqu’un devait mettre à jour tout ceci et donc Corso appela un de ses amis, le sénateur de New-York, Kenneth Keating, et lui demanda ce qu’il savait.
« Que voulez vous dire par missiles, mon Colonel ? » dit-il, « quels missiles ? Où ? »
C’était en Octobre 1962.
« À Cuba, Sénateur » dit Corso, « ils se tiennent à Cuba en attendant d’être déployés sur des lanceurs. Vous ne le savez pas ? »
La vérité est que le sénateur Keating n’en savait rien, pas plus que le député Mike Feighan, que Corso appela aussi.
« Ces informations viennent de nos meilleures sources » leur dit Corso, « J’ai pu voir les missiles moi-même. Je sais à quoi ils ressemblent. Ce n’est pas une simple photo mais toute une série qui suit depuis des semaines les cargos Soviétiques. »
Le sénateur Keating demanda à Corso si le Président Kennedy était au courant de l’existence de ces missiles. Mais Corso lui répondit qu’il n’avait pas les moyens de le savoir. Pour Corso, il était clair que l’Administration essayait de garder les informations à l’écart du Public, ainsi ni les Soviétiques et ni les Cubains ne seraient embarrassés.
Corso savait aussi qu’il prenait un grand risque en en parlant au sénateur Kealing et au député Feighan. Il faisait fuir des informations militaires.
Un des vieux amis de Corso, dans la presse de Washington était Paul Scott. Ses articles apparaissaient dans le « Boston Globe » et le « Washington post ». Si Corso lui donnait son histoire, elle serait diffusée dans le Globe et le Post en même temps, obligeant le Président à faire face et l’obligeant à prendre des décisions.
Corso n’aimait pas ça, mais il n’y avait pas d’autres moyens. Donc lui, Keating et Feighan coordonnèrent une stratégie.
Corso appela Scott et lui dit qu’il avait vu quelques photos. Ils se rencontrèrent et Corso lui décrivit les copies de photos qu’il avait vues et lui expliqua, sans révéler quoi que ce soit de classifié, leur méthode de surveillance, comment les photos avaient été prises, pourquoi elles étaient authentiques et surtout ce qu’elles voulaient dire.
« Vous comprenez que j’ai vu ces cylindres » lui dit Corso, en dessinant sur un bloc-note de fins cylindres. « Ce sont des missiles balistiques qui peuvent toucher Washington, New-York, ou Boston 15 minutes après le lancement. Nous ne pourrons détecter ces bébés que lorsqu’ils seront en dessous de l’orbite et en descente. Ils nous laissent, à peu près, 5 minutes pour nous cacher sous nos bureaux. Mais avec des têtes nucléaires, toute personne se trouvant proche du lieu de détonations ne sera pas protégée. »
« Pourquoi les Cubains voudraient-ils entrer en Guerre avec les USA ? » demanda Scott.
« Ce n’est pas les Cubains » répondit Corso, « ce sont les Soviétiques. Ils ont le contrôle complet. Ils ont leurs propres troupes sur l’île et ils vont nous menacer d’un lancement si, nous ou quelqu’un d’autre, essayons d’expulser Castro. »
« Pourquoi me dites vous cela ? » demanda Scott.
« Parce que » dit Corso, « le Président est au courant mais ne fera rien du tout. »
Le journaliste était choqué. Il se doutait que Kennedy voulait éviter toute confrontation jusqu’à son second mandat mais c’était une complète capitulation. Il dit : « Il ne peut pas laisser faire ça ».
« Bien sûr que, oui ! il le peut » dit Corso, « si nous ne sortons pas l’histoire, il laissera passer. Le Président s’est mis la tête dans le sable en espérant que personne ne viendrait le déranger. Vous devez mettre cette histoire dans le Globe afin de l’obliger à faire face à tout ça. Alors les Soviétiques sauront que Kennedy sait et ça créera un désordre total. »
« Mais si ça déclenchait une guerre ? » demanda Scott.
« Au-dessus de Cuba ? Écoutez, même le propre peuple de Khrouchtchev n’est pas prêt à sacrifier Moscou pour La Havane. » répondit Corso « C’est un stratagème Russe ».
L’histoire apparut dans le Boston Globe et le Washington Post dans les jours qui suivirent, forçant le Président à revenir à Washington pour se confronter à la crise.
Avec sagesse, le Président Kennedy ne décida pas l’invasion de Cuba. Leur blocus de Cuba humilia Nikita Khrouchtchev et son stratagème échoua. Kennedy fut un héros.
Si la Guerre froide semblait complexe et chaotique au début des années 60, imaginez ce que cela devait être lorsque vous deviez faire face à une autre Guerre Froide, ou la « vraie » Guerre Froide contre les Extraterrestres, comme le disaient certains.
C’était comme si un éléphant se trouvait dans une pièce, tout le monde le voyait mais chacun l’ignorait et sa présence était si imposante que vous deviez marcher autour. Ses balancements de trompe étaient si forts que vous deviez vous baisser lorsqu’elle passait au-dessus de votre tête. Vous deviez faire attention à ce que le gros éléphant ne vous marche pas sur les pieds et vous deviez faire attention à ne pas vous tenir trop prêt de son arrière train pour ne pas être enterré avec ce qui pouvait en sortir.
Les mains de l’Armée étaient liées par la censure et par le refus du Gouvernement à laisser les Militaires gérer la menace Extraterrestre avec leurs propres ressources.
Mais plus d’un membre du Congrès était au courant de l'immense maquillage et étaient aussi ennuyés que les Militaires par l’intrusion des EBEs, par les enlèvements humains, les mutilations de bétail et l’appui de l’ordre du jour militaire pour un programme de développement d’armes dans l’Espace.
Les Militaires étaient convaincus que, quelle que soit la provenance des ovnis extraterrestres, ils tripatouillaient sur Terre, opérant en tout impunité, manipulant les humains continuellement et secrètement. Ceux qui dans l’Armée savaient ce qui se passait, pensaient aussi qu’ils pourraient faire l’expérience d’une invasion qui serait bien plus qu’une infiltration.
Les EBEs compromettaient les systèmes de défense et le Gouvernement Américain, suggéra Corso ; quand le temps du conflit viendrait, les humains seraient vulnérables.
Pour sa part, le Général Trudeau, dans les quelques mois avant sa retraite, fit un certains nombres d’apparitions devant le Congrès. Il argumenta que l’Armée devait avoir une vraie place dans l’Espace et qu’ils se devaient d’avoir une capacité de défense par missiles.
L’Armée avait été capable d’utiliser les Scientifiques Allemands dans les mois qui suivirent la fin des combats en Europe. Ce n’était pas simplement une histoire pour avoir le budget maximum, certifia le Général.
L’US Air Force était un service militaire et avait des officiers et du personnel qui savait comment se battre. Mais, le Congrès et le Président décidèrent que la NASA devrait contrôler le programme spatial. À la fin des années 60, toutefois, ils avaient inversé leur décision et avaient réalisé qu’il y avait un très sérieux aspect militaire dans l’exploration spatiale.
Le Général Trudeau avait aussi ses alliés dans les entreprises qui travaillaient pour la Défense. Pas seulement des Scientifiques mais aussi des membres de direction qui suspectaient l’Armée d’avoir une urgence pour le développement d’armes à utiliser dans l’Espace.
Quelques-uns d’entre eux réalisèrent que les Militaires devaient avoir un ordre du jour occulte, parce que chacun des projets qu’Ils proposaient, comme le programme Horizon, semblait conçu pour une guerre contre un ennemi bien plus puissant que les Soviétiques.
Le Général Trudeau était le père du missile balistique et la personne qui, des années 50 aux années 60, fit en sorte que les Forces Armées utilisent ces missiles pour eux-mêmes.
Quand vous regardez, ce que Corso appelle l’histoire secrète des USA depuis 1947, vous savez qu’il y a un éléphant invisible dans la pièce qui marche tout autour.
Le trou noir est une meilleure analogie : Les trous noirs, restes d’étoiles qui se sont effondrées sur elles-mêmes, avalent la lumière et la gravité et les compressent, comme un compresseur galactique, en quelque chose que seuls les physiciens sur les particules sub-atomiques, peuvent décrire et qui ne peut pas être vue.
Seuls les effets peuvent être déterminés de la façon dont la lumière et la gravité semblent se comporter autour d’eux.
Donc vous en déduisez qu’un trou noir se trouve à un endroit précis en voyant la façon dont la lumière et la gravité se comportent, un peu comme la trajectoire que suit l’eau dans un évier qui se vide.
C’est ce à quoi ressemblait la vérité autour de leur stratégie de la Guerre Froide et le développement d’armes exotiques.
Depuis 1947 et la formation du Groupe de travail, chaque nouvelle couche de bureaucratie opérait dans le trou noir de la stratégie ovni et la collecte de renseignements se trouvait elle-même encore plus prise au piège dans la confusion de ce qui était vrai ou faux.
En l’absence d’une politique claire qui aurait pu maintenir le tout de génération en génération, la stratégie sur les EBEs s’emmêla dans sa propre toile.
Après Décembre 1947, quand le Général Hoyt Vandenberg, le chef d’équipe de l’Air Force, dirigea l’Air Force pour évaluer et suivre les observations d’ovnis, ceci à la demande du Groupe de travail, le Projet Sign commença.
Sign fut si critiqué que même J. Edgar Hoover, en 1947, ordonna que tous les futurs rapports ne soient pas étudiés par des agents du FBI mais envoyés à l’ Air Force.
Bien que l’Air Force n’observât pas, officiellement, les ovnis, le projet Sign examina 243 observations et envoya ses rapports en Février 1949. Mais au même moment, Sign faisait son évaluation, le « Air Technical Intelligence Center » émit son propre document appelé « Estimation de la situation ».
Au fond, mais naïvement, le document en vint à la conclusion qu’ils devaient traiter avec les Intrus extraterrestres qui les observaient depuis des ovnis.
Le Général Vandenberg en fut furieux.
Corso se demanda pourquoi ce Général qui était, après tout, le premier à avoir ordonné ce rapport, refusa de se joindre aux Général Twining et à l’amiral Hillenkoetter pour recommander au Président de commencer à diffuser l’ information.
Quand le Général Vanderberg lut l’« estimation de la situation », il fulmina et ordonna que le rapport soit réduit en cendres avant que quiconque ne puisse le lire. Ce fut une des dernières estimations officielles sur la situation des ovnis avant que la vraie opération de maquillage ne se mette en place.
Mais l’absence chronique de politique Gouvernementale concernant les rapports sur les ovnis continua. Le Projet « Grudge » lista et évalua 244 observations d’ovnis.
Le Général Twining et Vandenberg en avaient assez. En 1952, l’Air Force initialisa le Projet Blue Book.
En fait, s’ils ne pouvaient rien faire contre le fait que les ovnis soient connus du public, ils devaient faire en sorte de calmer la peur du public à propos des observations d’ovnis. Blue Book fut donc cette pommade.
Quoi que soit ce que le groupe de travail était supposé devoir faire en 1952, cela ne satisfaisait pas la NSC, qui ordonna à la CIA de déterminer si l’existence des ovnis pouvait créer un danger pour les USA.
Bien sûr, la CIA le savait déjà, parce que deux de ses directeurs avaient été membres du Groupe de travail, ils savaient que les ovnis avaient des intentions hostiles et pas seulement avec les USA, mais aussi avec les Soviétiques, les Italiens et les Scandinaves.
Le 14 janvier 1953, juste avant l’investiture du Président Eisenhower, des officiels de la CIA et des officiers de l’Air Force se réunirent au Pentagone pour discuter la situation des ovnis et de ce que leur groupe de travail avait appris sur ce point.
La commission Robertson passa trois jours à lire les observations d’ovnis rassemblées par l’Air Force et vit deux films contenant des supposées soucoupes volantes. La commission conclut qu’il n’y avait pas de danger pour les USA et recommanda au Gouvernement de commencer à dé-classifier les observations d’ovnis en général.
Ceci, comme le rapporta la CIA en 1988, fut la seule réponse officielle du Gouvernement à propos des observations d’ovnis.
Une année après, la Maison Blanche reconnut qu’il était nécessaire d’avoir une politique Gouvernementale pour diffuser l’information sur les ovnis à la Presse. Le Général Twining, maintenant chef de l’Air Force, signa la note 200-2, qui donnait la permission de diffuser un rapport au médias seulement quand l’objet était identifiable, comme une météorite ou un gaz de marécage.
Mais seule l’ATIC (Air Technical Intelligence Center) pouvait donner l’autorisation de diffuser une information sur les ovnis. C’est elle qui disait quel objet était identifiable et quel autre ne l’était pas.
Au cours des années 1950, Corso vit comment le Gouvernement devint de plus en plus secret sur les ovnis et même en privé.
À côté de cela, les Soviétiques avançaient à grandes enjambés dans la course pour l’Espace et les Américains se demandaient s’ils coopéraient avec les Extraterrestres.
C’était une guerre dans la guerre.
En 1961, l’Air Force commença deux projets secrets.
« Moon dust » (poussière de lune) avait pour but d’établir des équipes de récupérations des véhicules spatiaux « étrangers » crashés. Officiellement, l’Air Force cherchait à récupérer les satellites Russes qui pouvaient tomber au sol mais en fait il s’agissait de récupération d’ovni.
Dans le projet « Blue Fly », l’Air Force autorisa la livraison immédiate des vaisseaux spatiaux étrangers crashés, emmagasinés à la base Wright-Patterson, Ohio, pour évaluation.
C’était une répétition de la récupération du véhicule de Roswell par le Général Twining, en 1947.
La NASA avait le mandat du Président pour gérer l’exploration spatiale mais l’Armée devait organiser la défense face à une menace extraterrestre.
Les projets de l’Air Force, « Saint » et « Blue Gemini », des années plus tard furent les excroissances de l’USAF 7795, un numéro de code pour le premier programme de l’USAF anti-satellite.
Une opération agressive fut conçue pour localiser, suivre, et détruire des satellites de surveillance ennemis ou plus important, des ovnis en orbites.
En utilisant la technologie développée par les R&D, l’Air Force, puis l’Armée, marquaient la première étape pour la défense du système de missiles US contre les attaques Soviétiques venant de l’Espace et celle de la planète contre les intrusions ovnis.
« Saint » était un satellite fait pour inspecter les ovnis, une version du satellite Agenda B que la CIA avait déjà utilisé. Son travail était la surveillance. Trouver un satellite ennemi potentiel ou un ovni et se caler sur lui avec sa camera et son radar.
Une fois le calage fait, Blue Gemini, le satellite tueur, pouvait se déplacer. Blue Gemini était une version militaire du satellite Gemini de la NASA. Sa mission était de surgir d’une orbite supérieure et de détruire le satellite ennemi ou l’ovni.
Si possible, Blue Gemini devait essayer de « capturer » un ovni en le rendant immobile en attendant que des Astronautes militaires viennent récupérer tout ce qu’ils pourraient.
Ces deux armes, sous la couverture d’autres missions, sont déployées et aujourd’hui forment des lignes de défenses dans un système de surveillance anti-missile et anti-ovni.
Saint et Gemini furent les premières étapes importantes dans leur guerre contre les ovnis. La technologie venue des R&D, dans les années 60 et récupérée des Extraterrestres, leur donna la capacité d’installer une telle défense contre les Extraterrestres même si dans les heures qui suivirent le crash de Roswell, la situation semblait perdue.
Le 17 Décembre 1969, le secrétaire de l’Air Force annonça la fin du projet Blue Book. Il dit que Blue Book avait vu plus de 3000 cas et qu’il n’y avait pas de menace pour la Sécurité Nationale. Le projet Blue Book avait rempli son office et maintenant le ciel était sans danger. Mais les évaluations militaires sur les ovnis continuèrent sans interruptions.
En 1975 et début 1976, les entrepôts militaires d’armes nucléaires à Loring AFB, Maine, au SACF, Dakota du Nord et d’autres dans le Montana et le Michigan avaient été sérieusement approchés par les ovnis. Pas seulement pour des observations aléatoires. Les ovnis continuaient à surveiller et à enregistrer les manoeuvres de ces bases.
Pendant 50 ans, la guerre entre les Américains et les ovnis continua et les Américains essayèrent de s’en défendre. À la fin des années 70, ils réalisèrent que l’arme à énergie-dirigée et le laser haute-énergie seraient bien plus efficaces qu’un satellite explosif, leur capacité défensive serait bien meilleure.
Dans les années 80, le Président Reagan et le Président Gorbatchev reconnurent la nécessité de coopérer contre un ennemi commun. Pour sa part, le Président Reagan poussa fort pour le développement et le déploiement rapide d’une technologie spatiale de défense pour défendre la planète. Appelée la SDI et appelée « Star War » par la presse, la SDI fut décrite par le Président lui-même, comme « Un écran défensif inoffensif pour la population mais qui abattrait les armes nucléaires en approche avant qu’elles ne causent des dégâts à la population »
Tout cela malgré les avertissements selon lesquels la SDI ne fonctionnait pas, qu’elle constituait un grand risque non-scientifique, qu’elle ne pourrait pas fournir le bouclier suffisant contre les missiles nucléaires, qu’elle violerait le traité ABM.…… ben  voyons ! ?
Elle fonctionna !
Ils n’auraient pas à descendre des centaines de missiles nucléaires Russes et les Soviétiques ne s’étaient jamais vraiment souciés du traité ABM parce qu’ils savaient qu’ils ne lanceraient pas de première frappe. Ils savaient tous quelles étaient les véritables cibles du SDI ; ce n’était pas des ogives ICBM. C’était les ovnis, qui pensaient être invulnérables et invisibles.
Ces Créatures n’étaient pas bienveillantes, pas venues pour éclairer la race humaine.
C’étaient des robots humanoïdes génétiquement modifiés, des clones, qui enlevaient des spécimens sur Terre pour leurs propres expériences.
Cachez la vérité et la vérité devient votre ennemie. Dites la vérité et elle devient votre arme. Les Américains cachèrent la vérité et les EBEs l’utilisèrent contre Eux jusqu’en 1974 où les Humains réussirent à descendre un ovni à la base de Ramstein, Allemagne.
Les Extraterrestres avaient essayé d’interrompre le programme spatial depuis des années : Mercury, Gemini, Apollo et même la navette spatiale. Les Américains n’avaient pas de réponse à leur donner, jusqu’au SDI.
Une fois lancés et testés, les lasers spatiaux ou HEL, faisaient la même chose que les éclairs d’orages pendant les nuits du 3 et 4 juillet 1947, lesquelles avaient perturbé la propagation de l’onde électromagnétique du vaisseau spatial volant au-dessus de Roswell.
Quand ils essayèrent leurs canons à particules en orbite de manière à ce qu’ils soient vus de tous , les EBEs l’ont su et eux-mêmes ont su que les EBEs savaient qu’ils avaient une défense effective de la planète.
Gorbachev était aussi satisfait parce que Reagan avait garanti que les USA étendraient leur bouclier de défense au-dessus de l’Union Soviétique. Les deux leaders se congratulèrent et s’étreignirent en public. Ce qu’ils avaient accompli ensemble, coopérant alors qu’ils étaient supposés se battre, n’était rien moins qu’un miracle.
Maintenant, quand la navette spatiale s’accroche à MIR et que les Astronautes et Cosmonautes mangent ensemble et boivent de la vodka dans des tubes en plastique, ils peuvent regarder dans les profondeurs de l’espace, ils savent qu’il y a un bouclier électronique autour d’eux.
Maintenant que la guerre est sur le point de finir, la vérité va finalement être révélée. La vraie vérité derrière 50 ans d’histoire.
Quand la vérité sur l’intervention extraterrestre sur notre planète sera finalement révélée, cela n’effraiera plus même si ça doit être un choc.

Conclusion

De retour aux années 1950, Corso se rappelle avoir vu à la télévision une série qui s’appelait « J’ai vécu trois vies ». Cela racontait les exploits de Herbert A. Philbrick, qui décrivait la « fantastique mais véridique » histoire de sa vie comme membre du Parti Communiste et comme agent pour le FBI.
Des années plus tard, après son passage aux R&D, Corso se rappelle avoir pensé comment sa propre vie était aussi « fantastique mais vraie » et comment lui et le Général Trudeau avaient changé le cours de l’histoire.
Quelques personnes savaient que ce qui sortait des R&D dans les années 60 avait comme base le crash d’un ovni qui « officiellement » n’avait jamais eu lieu. Les vies étaient menacées, les carrières détruites, les enfants effrayés par les hommes des Renseignements de l’Armée, s’ils racontaient ce qui s’était passé.
Mais ils étaient tous des Américains loyaux et même s’ils avaient quelques doutes à propos du fait de cacher la vérité, ils le faisaient parce que c’est ce que l’Armée voulait.
Beaucoup de gens ont critiqué l’Armée et le Gouvernement sur le fait d’avoir maintenu une opération de censure à propos de Roswell, pas seulement sur le moment mais dans les années à suivre. Pour cette raison Corso eut besoin de faire passer le mot pour défendre ce que l’Armée a fait.
Il est facile de critiquer si vous n’êtes pas quelqu’un qui comprend la politique qui gouverne les pensées à un moment de l’histoire. La transition, d’un pays en guerre à un pays en paix, ne s’est pas faite d’un coup.
La dernière fois où une annonce publique fut faite sur l’atterrissage des Extraterrestres, même si c’était du cinéma, une panique s'ensuivit. Suite à la guerre et aux craintes entourant la Guerre Froide, ils ne voulaient pas risquer une autre panique.
Donc les Militaires recommandèrent à la Maison Blanche de rester silencieuse. Et comme le secret entourant le Projet Manhattan, aucun mot n’en sortit.
Et pendant 50 ans, cette politique gouverna le comportement du Gouvernement et des Militaires sur l’existence des ovnis et le crash de Roswell.
Vous pouvez aussi vous demander pourquoi ce secret a subsisté si longtemps. Y a t’il eu une autre opération de maquillage aussi efficace et inconnue des Présidents successifs, année après année, jusqu’à ce qu’elle soit stoppée ?
En fait, il n’y eu qu’une opération de censure semblable qui commença après la guerre, son nom était « Shamrock ».
James Forrestal, un des membres du Groupe de travail sur les ovnis, parvint à convaincre son patron, le Président Truman, en 1947, de continuer à travailler avec ITT (International Telephone and Telegraph), avec Western Union, et RCA, pour mettre leurs communications internationales sous écoute par les Renseignements militaires Américains.
Même si sa proposition initiale était de surveiller toute communication, comme les transmissions militaires secrètes, il n’y eut pas de contrôle sur ce qui était inspecté et ce qui ne l’était pas.
Ce programme continua durant les 28 années suivantes et resta secret pour tous les Présidents jusqu’à ce qu’il s’arrête sous l’administration Ford, en 1975.
Est-ce que Shamrock voulait dire que les ovnis existaient ? bien sur que non. Mais il révèle la capacité du Gouvernement Américain à garder un projet secret, même aux yeux du Président des USA, comme le Groupe de travail sur les ovnis à l’époque de James Forrestal.
Donc que pense Corso de tout cela, de tout ce qui s’est passé et de tout ce qu’il a fait ?
À cette époque, il était dans la routine d’un officier des Renseignements militaires et ne s’était pas réellement arrêté pour penser aux implications des ovnis et des EBEs.
Il comprenait qu’ils combattaient dans une Guerre Froide contre les Soviétiques et dans une guerre d’escarmouche contre les Extraterrestres. Il pense que les intentions des Extraterrestres étaient et restent hostiles, et il pense que les Américains ont pris l’avance nécessaire pour développer des armes qui pourraient atténuer leur crainte.
En fait, les Militaires Américains ont des armes bien plus puissantes, plus précises que celles utilisées dans le film « Independance Day ».
Ils peuvent frapper tout ce beau monde demain, avec des lasers à haute-énergie et des canons à particules qui viennent directement du film « Star Wars ». Ces armes ne sont pas de la science-fiction, elles sont la réalité.
Si vous voulez en savoir plus, allez faire un tour sur le site web de l’ « US Army Space Command ».
Le SDI est le résultat direct des recherches de Corso et du Général Trudeau aux R&D en 1962.
Quelquefois, les choses poursuivent leur route comme elles sont supposées le faire. Quelquefois, vous avez la chance de sauver votre pays, votre planète et même votre espèce. Et quand ce moment arrive, comme disait David Crockett :
Soyez sûr d’avoir raison et alors allez-y..

 source: http://ovni.free.fr/roswell.htm